Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 272 sur 283

Le Niger fête l’artisanat et le fleuve Niger

Le samedi 24 février 2024, le Niger va vibrer au rythme de la 31ème édition de la Journée de la Fête de l’Artisanat, une occasion unique de célébrer le talent, la créativité et la diversité de nos artisans. La Ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Mme Soufiane Aghaichata Guichene, invite « tous les nigériens à se mobiliser pour soutenir les artisans en se rendant massivement aux expositions ventes qu’ils organisent dans les différents villages et centres artisanaux du pays ».

La promotion du patrimoine culturel et naturel du Niger et le soutien aux artisans locaux

Cette année, la fête sera encore plus belle, car elle sera couplée à la 5ème édition du Festival des Civilisations du Fleuve Niger, qui se déroulera le même jour à Boubon, région de Tillaberi. Ce festival mettra en valeur la richesse culturelle, historique et naturelle du fleuve Niger, qui traverse neuf pays africains et nourrit des millions de personnes.

Le Ministère de l’Artisanat et du Tourisme, en collaboration avec les organisations professionnelles d’artisans, organise également des expositions-ventes des produits artisanaux dans toutes les régions du Niger. Vous pourrez y découvrir et acheter des objets de qualité, fabriqués avec des matières premières locales et respectueuses de l’environnement.

La Ministre en charge de l’Artisanat a expliqué que le thème choisi pour cette 31ème édition de la Journée de la Fête de l’Artisanat, à savoir « l’Artisanat, Facteur de Développement Endogène Durable », reflète la conviction du gouvernement que le secteur de l’artisanat peut jouer un rôle moteur dans le développement socio-économique du pays, grâce à ses nombreux atouts.

Elle a cité entre autres, la disponibilité de la main d’œuvre et d’un vaste marché de consommation ; le savoir-faire millénaire de nos artisans ; la disponibilité des matières premières et intrants à moindre coût, ainsi que l’existence des nombreuses infrastructures.

Elle a également souligné l’existence d’un cadre juridique et institutionnel favorable, la capacité de résistance aux crises comme les sanctions imposées injustement à notre pays, empêchant ainsi l’acheminement de certains produits de 1ère nécessité pour le bien être de la population et enfin la diversité de l’artisanat nigérien.

La Ministre a rappelé que « le secteur de l’artisanat au Niger occupe un pan important de la vie sociale et économique par le nombre d’emplois créés et les revenus générés. Et c’est à juste titre qu’il demeure un facteur de lutte contre la pauvreté, le chômage et le désœuvrement ».

 Le Niger fête l’artisanat et le fleuve Niger : une occasion unique de célébrer le talent, la créativité et la diversité des artisans nigériens.

« En outre, il favorise également le développement local ainsi que le renforcement de la résilience des groupes socio-économiques vulnérables que constituent les femmes, les jeunes et les personnes » a-t-elle ajouté.

Elle a précisé que la diversité de l’artisanat se traduit par l’existence de deux cent quatre-vingt-onze (291) métiers repartis autour de trois domaines qui sont : l’artisanat de production ou de transformation, l’artisanat de service et l’artisanat d’art subdivisés en huit (08) branches professionnelles.

« Ces 291 métiers occupent plus de 1 200 000 personnes composées de tous genres et de tous âges qu’on retrouve aussi bien en milieu urbain que rural », a-t-elle affirmé, tout en assurant que « malgré le contexte particulièrement difficile que vous connaissez, le Gouvernement pour sa part, s’engage à travers mon Département Ministériel, à apporter tous les appuis nécessaires au secteur afin de promouvoir l’artisanat nigérien au plan national, régional et international ».

Mme Soufiane Aghaichata Guichene, a, alors, lancé un appel aux vaillants artisans pour qu’ils continuent à produire des œuvres de qualité, originales et innovantes, qui valorisent le patrimoine culturel et naturel du Niger.

Elle a, enfin, exhorté la population à consommer les produits artisanaux, en disant que « c’est faire preuve de patriotisme ».La Journée de la Fête de l’Artisanat est une manifestation annuelle qui vise à accroître la visibilité du secteur de l’artisanat au plan national par l’organisation des expositions ventes des produits artisanaux ; susciter à la consommation des produits locaux par les nigériens. Elle est née grâce à une ordonnance depuis juillet 1992, suite à l’adoption de la politique nationale de développement de l’artisanat.

Alzanayé : Boubon accueille la 5e édition du festival

Les 23 et 24 février 2024, la commune rurale de Boubon, située dans le département de Kollo, région de Tillabérri, sera le théâtre du festival Alzanayé, qui signifie « tam-tam du fleuve » en langue songhaï. Ce festival, qui en est à sa 5e édition, célèbre les civilisations du fleuve Niger, qui traverse neuf pays d’Afrique de l’Ouest. Le thème de cette année est : « Festival des civilisations du fleuve, facteur de cohésion et d’intégration des peuples ».

Le déroulé de la 5e édition du festival Alzanayé

Le festival Alzanayé vise à promouvoir le tourisme culturel et à valoriser le patrimoine culturel de la vallée du fleuve Niger, riche en diversité et en histoire. Il s’agit également de renforcer la cohésion sociale, l’unité nationale et la culture de la paix entre les populations de la région, qui ont connu des périodes de troubles et de violences. Le festival Alzanayé se veut aussi un vecteur de coopération sous-régionale, de développement socioéconomique et de visibilité du Niger.

Pendant deux jours, les festivaliers pourront assister à des spectacles variés qui mettront en scène des troupes traditionnelles, des artistes individuels, des instruments ancestraux, des danses, des chants, des rituels et des démonstrations de pouvoir traditionnel. Ils pourront également participer à des activités sportives, comme une course de pirogues ou un concours de lancer de filet, ou encore admirer des produits artisanaux exposés sur place. Le festival proposera aussi des activités touristiques, telles que:  une excursion ou une randonnée sur le fleuve. Enfin, il y aura des séances de sensibilisation sur l’extrémisme violent, la cohésion sociale, la paix et le développement.

Le festival Alzanayé est couplé à la 31e édition de la fête de l’artisanat, qui marque le retour progressif de la paix dans cette région, autrefois capitale du tourisme. C’est donc une occasion unique de découvrir ou de redécouvrir les richesses culturelles et naturelles du fleuve Niger et de ses habitants.

Iran-Niger renforcent leur coopération dans plusieurs domaines

Le Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, a reçu le mercredi 21 février 2024, une délégation d’officiels iraniens, conduite par le vice-ministre des affaires étrangères chargé des affaires économiques, Dr Mehdi Safari en présence du ministre du pétrole, M. Barké Mahaman Moustapha. Cette délégation est en visite de travail et de coopération au Niger pour trois jours, dans le but de développer des partenariats dans les secteurs de l’habitat, du transport, de l’énergie et de l’agriculture.

Devant la presse, Dr Mehdi Safari a indiqué que sa délégation et lui ont eu plusieurs réunions avec les autorités nigériennes, dans divers domaines, notamment l’énergie, l’électricité, la santé, les équipements médicaux, les transports ferroviaire, aérien et terrestre. Il a aussi mentionné avoir discuté du domaine de l’agriculture et avoir évalué les possibilités d’importer de la viande nigérienne vers l’Iran.

Dr Mehdi Safari a également souligné que l’Iran dispose de capacités et de potentiel dans différents domaines, tels que le médical, avec la biotechnologie, la nanotechnologie et les infrastructures. Il a annoncé que des experts iraniens en collaboration avec les ministres de l’habitat, du transport et de l’équipement du Niger exécuteront les projets conclus. Il a aussi fait savoir que l’Iran est prêt à coopérer avec le Niger dans le domaine pétrolier, la raffinerie, les terminaux et les réservoirs.

Dr Mehdi Safari a enfin déclaré que la priorité pour les autorités nigériennes est la question de l’énergie et de l’électricité. Par conséquent, il promet que l’Iran installera des centrales pour améliorer la situation du peuple nigérien, notamment pendant le mois de Ramadan.

Baleyara: un nouveau centre de santé grâce à la Fondation BOA

Le Centre de santé intégré (CSI) de Baleyara, situé à 100 km de Niamey, dans la région Est de Tillabéry, a bénéficié d’un important don de la Fondation BOA au Niger, qui a permis de rénover et d’équiper entièrement le centre. Ce geste de solidarité vise à améliorer les conditions de prise en charge des patients et à renforcer le système de santé local.

Le CSI de Baleyara reçoit un don de plus de 24 millions de FCFA de la Fondation BOA.

Le CSI de Baleyara, qui dessert une population de plus de 20 000 habitants, était dans un état de délabrement avancé, avec des infrastructures vétustes et insuffisantes et un manque de matériel médical. Face à cette situation, la fondation BOA au Niger, qui œuvre dans le domaine de la santé depuis sa création en 2017, a décidé d’apporter son soutien au centre, en lui octroyant un don de plus de 24 millions de FCFA.

Ce don a permis de réaliser des travaux de rénovation du bloc de soins curatifs, qui comprend désormais des salles d’hospitalisation, une salle d’accueil, une salle de tri, un bureau pour le major, une salle de garde, une pharmacie, un bloc de 3 latrines et un hangar. Le centre a également reçu du matériel médical et des médicaments, ainsi que des équipements de protection individuelle pour le personnel soignant.

Cérémonie d’inauguration du nouveau CSI

La cérémonie d’inauguration du nouveau CSI a eu lieu le mardi 20 février 2024, en présence des autorités locales, des représentants de la Fondation BOA au Niger et des membres de la communauté de Baleyara. Les intervenants ont salué l’initiative de la Fondation BOA au Niger, qui contribue à offrir un meilleur accès aux soins de santé à la population de Baleyara et ses environs et à réduire la mortalité infantile et maternelle. Ils ont également appelé à la pérennisation du partenariat entre la fondation BOA au Niger et le CSI de Baleyara, afin de garantir la qualité et la continuité des services de santé.

La fondation BOA au Niger est une organisation à but non lucratif, créée en 2017 par le groupe BANK OF AFRICA, qui intervient dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’environnement et du développement social. Elle a pour mission de soutenir les actions de développement durable au Niger, en faveur des populations les plus vulnérables.

Le Général Gowon appelle à la sauvegarde de la CEDEAO

Le général Yakubu Gowon, ancien président du Nigeria et membre fondateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a adressé une lettre ouverte aux chefs d’États de la région, le mercredi 21 février, dans laquelle il exprime son inquiétude face à la crise que traverse l’organisation. Il dénonce la décision du Burkina Faso, du Mali et du Niger de se retirer de la CEDEAO, suite aux sanctions imposées par celle-ci après les coups d’État militaires survenus dans ces pays. Il critique également la gestion actuelle de la CEDEAO, qu’il accuse de négliger le bien-être des citoyens et de favoriser les intérêts politiques et économiques de certains États.

Le général Gowon, qui a présidé le Nigeria de 1966 à 1975 et qui a participé à la création de la CEDEAO en 1975, rappelle les objectifs initiaux de l’organisation : promouvoir la coopération et l’intégration régionales, garantir la libre circulation, l’installation et le commerce des personnes et des biens, et assurer la paix, la sécurité et la stabilité dans la région. Il souligne que les tensions et les divisions actuelles  menacent les objectifs de la CEDEAO, qui risquent de compromettre le développement et la cohésion de l’Afrique de l’Ouest.

Le général Gowon lance donc un appel solennel aux dirigeants de la CEDEAO, au nom des pères fondateurs, pour qu’ils mettent de côté leurs différends et qu’ils se réunissent pour trouver une solution à la crise. Il propose la levée des sanctions contre les pays frondeurs et l’organisation d’un sommet extraordinaire pour discuter de l’avenir de la CEDEAO. Il affirme que seuls le dialogue et la solidarité peuvent permettre de sauver l’organisation et de préserver les intérêts des populations de l’Afrique de l’Ouest.

 

Coupe nationale : les 36 clubs du tour préliminaire sont connus

La fédération nigérienne de football (FENIFOOT) a organisé, ce jeudi 15 février 2024, le tirage au sort des équipes qui participeront au tour préliminaire de la coupe nationale, édition 2023-2024. Ce tirage a concerné 36 clubs issus des Ligues régionale et Nationale, qui devront s’affronter pour accéder au second round. Seuls 18 clubs pourront continuer la course au trophée national.

Le Secrétaire général de la FENIFOOT, M. Moumoui Amadou, a accueilli les participants à cette cérémonie, qui s’est déroulée au siège de la fédération à Niamey. Il a souligné l’importance de cette compétition, qui suscite l’intérêt des autorités et du public. Il a également rappelé que la coupe nationale est la troisième compétition du football nigérien, après la super ligue et la ligue nationale.

Le Directeur de la compétition de la FENIFOOT, M. Lawali Garba, a expliqué le déroulement du tour préliminaire, qui débutera le 23 février 2024. Il a précisé que sur les 18 clubs qualifiés, 3 seront éliminés pour retenir les 15 clubs qui rejoindront les 17 clubs de la super ligue pour la phase éliminatoire. Il a invité tous les acteurs du football à se mobiliser pour le bon déroulement de cette compétition.

Le tirage au sort a été effectué en présence du président de l’association régionale de ligue de Maradi, des présidents des Associations régionales de football, des représentants des clubs et de certains acteurs du football. Il a donné lieu à 18 rencontres, dont voici la liste :

  • N DENDI-AS VOLCAN
  • ENTENTE FC-LANTARKI FC
  • NASSARAT- ET FILANTE
  • SULTANAT FC-NASSARA
  • AC AVENIR-BARKA FC
  • AS CBK-TELWA FC
  • ETOILE ROUGE-KANDADJI SP
  • NIIMA FC-AS SAGA
  • DAN GOURMOU-MALBAZA FC
  • AS ZAM-AS UAM
  • SONIANTCHA FC-DILERAM FC
  • ATLANTIQUE FC-WOMBAYE AC
  • MARHABA FC-AS TOUDOU
  • MONIO FC-ABZIN FC
  • DAN KASSAWA-KANDARGA FC
  • AS LIBORE-BOBOYE FC
  • BAGAZAM FC-AMINTCHI FC
  • AS BOURJA-AS SONICHAR

Première session extraordinaire des Ministres des pays de l’AES

Les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Administration territoriale des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger, se sont réunis ce jeudi 15 février 2024 à Ouagadougou, pour faire le point sur les avancées de cette initiative régionale lancée en septembre 2023.

Le point sur les avancées des initiative régionales lancées en septembre 2023 pas pas les pays de l’AES.

L’AES, qui repose sur la signature de la Charte du Liptako-Gourma, vise à renforcer la coopération entre les trois pays voisins, confrontés à des menaces communes, telles que le terrorisme, l’instabilité politique, la pauvreté ou le changement climatique. Les ministres ont salué la vision des chefs d’État qui ont impulsé ce projet, fondé sur la fraternité, la solidarité et la complémentarité.

 

les pays de l' AES se sont réunis ce jeudi 15 février 2024 à Ouagadougou, pour faire le point sur les avancées de cette initiative régionale
© les pays de l' AES se sont réunis ce jeudi 15 février 2024 à Ouagadougou, pour faire le point sur les avancées de cette initiative régionale

Ils ont également fait état des progrès réalisés par l’AES, notamment dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, grâce à la mise en commun des moyens militaires et des renseignements, ainsi que dans le domaine de la diplomatie, grâce à des positions communes et cohérentes sur la scène internationale.  Ils ont souligné l’importance de communiquer efficacement sur les actions et les résultats de l’AES, afin de la rendre plus visible et plus crédible auprès des populations et des partenaires.

Par ailleurs, les ministres ont réitéré leur soutien à la décision des chefs d’État de quitter la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qu’ils ont jugée inefficace et inadaptée aux réalités et aux besoins de leur pays. Ils ont affirmé leur volonté de construire leur propre modèle de développement, basé sur leurs ressources et leurs capacités propres.

Enfin, les Ministres ont réaffirmé leur engagement à poursuivre le processus de mise en œuvre de l’AES et de la création de la Confédération des trois États, qui devrait aboutir à une intégration plus poussée entre les trois pays, conformément à la vision des Chefs d’État et aux aspirations des populations.

L’Alliance des États du Sahel renforce sa coopération

Une délégation ministérielle malienne, conduite par le colonel Abdoulaye MAIGA, Ministre d’État, Ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Porte-parole du Gouvernement, est arrivée le mercredi 14 février 2024 à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Les ministres d’État burkinabè chargés de la Défense et des Affaires étrangères ont reçu la délégation malienne, en vue de participer à la réunion des ministres de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui se tiendra le jeudi 14 février.

L’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, est une initiative régionale visant à renforcer la sécurité, la stabilité et le développement dans la zone sahélienne, confrontée à de multiples défis. Le Mali, qui compte sept représentants au sein de cette réunion, dont Son Excellence Monsieur Abdoulaye DIOP, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, affiche sa volonté de s’impliquer pleinement dans ce processus de coopération.

Par ailleurs, la réunion des ministres de l’Alliance des États du Sahel  sera l’occasion d’aborder des sujets stratégiques pour l’avenir de l’Alliance, tels que l’extension de ses domaines d’intervention, la mise en place de ses organes de décision ou encore la création d’une confédération entre les trois pays. Ensuite, les ministres soumettront ces questions à l’approbation du collège des chefs d’État et de gouvernement de l’AES, qui se réunira ultérieurement.

L’Alliance des États du Sahel est un centre de formation et de recherche dédié à la promotion et à la diffusion des modes alternatifs de règlement des différends, tels que l’arbitrage, la médiation, la conciliation, la négociation, etc. Il propose des formations certifiantes, des séminaires, des conférences, des publications, ainsi qu’un service d’accompagnement et d’orientation des parties vers le mode de règlement le plus adapté à leur situation.

La BOAD et la CEDEAO discutent du retrait de trois pays

En marge des travaux du Conseil exécutif de l’Union africaine qui se tiennent au siège de l’organisation panafricaine à Addis-Abeba, le président de la Banque Ouest africaine de développement (BOAD), M. Christian Adovelande, a eu, à sa demande, une séance de travail avec le Dr Omar Alieu Touray, président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ce mercredi 14 février 2024.

 Le retrait de trois pays de l’AES compromet l’intégration économique et la stabilité politique de la région

L’objectif de cette rencontre était d’échanger sur la situation qui prévaut dans la communauté régionale, à la suite de l’annonce du retrait de trois pays membres, à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger, qui ont formé l’Alliance des États du Sahel (AES), le 16 septembre 2023.

Le président de la BOAD a exprimé sa préoccupation face à cette décision qui risque de compromettre l’intégration économique et la stabilité politique de la région. Il a souligné le rôle de la BOAD comme acteur du développement et partenaire financier des pays membres de la CEDEAO et a réaffirmé son engagement à soutenir les efforts de dialogue et de médiation entre les parties.

la CEDEAO respecte le choix souverain des trois pays

Le président de la Commission de la CEDEAO a remercié le président de la BOAD pour son soutien et sa sollicitude. Il a fait part de sa lecture du contexte qui a conduit au retrait des trois pays, qui ont invoqué des raisons de sécurité, de souveraineté et de développement. Le Dr Omar Alieu Touray a rappelé les mesures prises par la CEDEAO pour tenter de résoudre la crise, notamment les sanctions économiques et diplomatiques, les missions de bons offices et les sommets extraordinaires.

Il a également évoqué les conséquences du retrait des trois pays sur le fonctionnement de la CEDEAO, notamment sur le plan juridique, institutionnel, financier et commercial. Le président de la Commission de la CEDEAO a indiqué que la CEDEAO respectait le choix souverain des trois pays, mais qu’elle restait ouverte au dialogue et à la coopération.

Les deux responsables ont convenu de maintenir le contact et de poursuivre les consultations sur cette question, qui revêt une importance stratégique pour l’avenir de la région. Ils ont également réaffirmé leur volonté de renforcer la collaboration entre la BOAD et la CEDEAO, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des Objectifs de développement durable.

 

La lutte indépendante contre le terrorisme : le défi de l’AES

Au cours de la dernière décennie, la région du Sahel a connu de nombreuses fluctuations dans le domaine sécuritaire, avec la propagation de groupes armés au Mali, Burkina Faso, Niger, et d’autres pays malgré la présence de bases militaires étrangères en divers localités de cette région à l’époque.

Face à cette situation critique entre ces pays voisins qui partagent des milliers de kilomètres, les leaders militaires qui sont aux pouvoirs ont pris des décisions résolues avec la résiliation de l’accord militaire avec la France, l’ancienne puissance coloniale et ont parvenu à la conclusion d’un pacte de défense mutuelle appelé l’Alliance des États du Sahel (AES).

L’objectif de cette alliance créée le 16 septembre 2023, c’est la lutte commune contre le terrorisme sous toutes ses formes et à combattre la criminalité organisée dans cette région cruciale à travers la capacité militaire aux frontières partagés.

Au-delà de la lutte contre le terrorisme, les pays de l’AES s’engagent à assister leurs membres en cas d’attaques extérieures. L’officialisation tacite de la décision du Mali et du Burkina Faso de renflouer le Niger en cas d’intervention militaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Cette coopération avait un impact efficace sur la situation sécuritaire dans la région, notamment avec les succès réalisés par les armées locales. Le 14 novembre 2023, les forces armées maliennes (FAMa) ont parvenu à reprendre la région de Kidal située au nord du pays à travers une opération militaire. En outre, le 14 février dernier dans une récente opération militaire hautement ciblée, orchestrée par les FAMA dans la zone des trois frontières, une frappe aérienne a été déclenchée sur la base de renseignements fournis par l’AES. L’opération visait un convoi terroriste en mouvement vers Tessit, au Mali, emmené par un chef terroriste notoire et très recherché. Cette action stratégique a permis de surveiller et traiter efficacement la base.

Au Burkina Faso, l’armée locale ne cessent pas de monter en puissance. Le 13 février dernier, les forces armées du capitaine Ibrahim Traoré qui dirige actuellement le Burkina Faso, ont réussi à neutraliser plusieurs dizaines de terroristes dans la région du Centre-Nord. Un départ réussi qui augure d’un avenir prometteur pour cette organisation.

Il convient à noter que la principale raison qui a poussé les gouvernements en place de ces pays de l’Afrique de l’Ouest à prendre ces décisions est due à l’échec et l’incapacité des forces étrangères notamment les forces françaises dans leur mission face aux groupes armés qui menacent la sécurité publique depuis plus de dix ans.

En effet, les populations locales et les autres dirigeants africains saluent cette initiative qui contribuera à protéger efficacement les frontières communes entre les trois pays, ce qui créera des obstacles majeurs aux mouvements des groupes terroristes et facilitera leur contrôle jusqu’à atteindre l’objectif principale, qui est de rétablir la sécurité dans l’intégralité de la région.