juin 2026 - Page 8 sur 12 - Journal du Niger

Inondations au Niger : l’alerte maximale du COVACC pour 2026

NIAMEY, 10 juin 2026 — Alors que le front intertropical amorce sa progression et que la saison des pluies s’installe progressivement sur l’ensemble du territoire nigérien, les autorités chargées de la gestion des risques sont passées en état de vigilance accrue. Dans un communiqué officiel publié le 8 juin 2026, le Centre opérationnel de veille, d’alerte et de conduite de crises (COVACC) a formellement alerté sur l’imminence de précipitations d’une intensité critique, susceptibles d’engendrer des inondations dévastatrices dans plusieurs régions du pays.

Cette sortie institutionnelle du COVACC ne relève pas d’une simple routine saisonnière ; elle traduit, au contraire, une profonde inquiétude face à la vulnérabilité structurelle des infrastructures et des systèmes de subsistance aux dérèglements hydrométéorologiques actuels.

Une menace multidimensionnelle sur l’économie rurale et les infrastructures

En effet, l’analyse prospective du COVACC met en évidence une configuration de risques particulièrement préoccupante pour les prochaines semaines. Les inondations redoutées ne menacent pas uniquement les centres urbains, souvent caractérisés par des systèmes de drainage insuffisants ou obstrués ; elles font également peser un péril immédiat sur le monde rural, véritable colonne vertébrale de l’économie nigérienne.

L’institution pointe explicitement trois vecteurs d’impact majeurs :

  • La décimation du cheptel : les crues soudaines et le ruissellement de surface menacent directement le bétail, un capital productif irremplaçable pour les communautés pastorales et agropastorales.
  • La rupture des axes et infrastructures de transport : la destruction potentielle de ponts, de digues et de pistes rurales menace d’isoler des zones entières, entravant l’acheminement de l’aide humanitaire et perturbant les flux commerciaux essentiels.
  • La précarisation des habitations : dans de nombreuses localités, la fragilité des matériaux de construction expose les populations à des effondrements massifs, synonymes de déplacements internes de grande ampleur.

L’impératif d’une gouvernance préventive et décentralisée

Face à l’imminence du choc climatique, le COVACC insiste sur la nécessité d’une réponse décentralisée et sur la responsabilisation des échelons locaux. Ainsi, l’appel à la vigilance s’accompagne d’une exhortation adressée aux autorités municipales et régionales, ainsi qu’aux leaders communautaires, afin qu’ils engagent sans délai des mesures préventives adaptées.

« Il est impératif d’anticiper les dynamiques de crise par des mesures concrètes : curage des canaux d’évacuation, identification des zones d’accueil sécurisées pour les populations vulnérables et mise en place de systèmes d’alerte précoce au niveau communautaire. »

L’enjeu des prochaines semaines dépassera la simple gestion de l’urgence humanitaire. Pour le Niger, la récurrence de ces épisodes pluvieux extrêmes pose le défi du passage d’une logique de réaction post-catastrophe à une véritable culture de la résilience et de l’adaptation climatique à long terme.

Fusillade à Johannesburg : 12 morts dans un bidonville de Cleveland

JOHANNESBURG, 10 juin 2026 — Dans la nuit de mardi à mercredi, une attaque armée a fait douze morts et au moins neuf blessés dans un quartier informel de Cleveland, à la périphérie de Johannesburg. Selon la police sud-africaine, un groupe de plus de dix hommes est arrivé en minibus avant d’ouvrir le feu sur des habitants, puis de prendre la fuite à bord du même véhicule. Onze victimes sont mortes sur place, tandis qu’une douzième a succombé à ses blessures à l’hôpital. Aucune arrestation n’avait été effectuée au moment du dernier point de situation et le mobile de l’attaque demeurait indéterminé.

L’attaque s’inscrit dans une série d’événements sanglants qui ont secoué l’Afrique du Sud ces derniers mois, notamment deux fusillades de grande ampleur survenues en décembre et ayant fait plus de vingt morts. À Johannesburg et dans sa périphérie, ces épisodes ont ravivé les inquiétudes quant à la capacité des forces de sécurité à prévenir des violences collectives liées à la criminalité organisée, aux conflits autour des ressources ou aux règlements de comptes entre bandes.

La configuration de l’attaque de Cleveland — arrivée coordonnée d’un groupe d’assaillants en véhicule, tirs sur des civils et fuite organisée — rappelle le mode opératoire observé lors de plusieurs incidents antérieurs impliquant des réseaux criminels locaux. Les enquêtes en cours mobilisent des détectives provinciaux et de district, des équipes du renseignement criminel ainsi que des spécialistes médico-légaux, selon la porte-parole de la police, Athlenda Mathe. Le commissaire national, Tommy Mthombeni, a qualifié les auteurs d’« insensibles », sans établir pour autant de lien formel avec l’exploitation minière illégale tant que l’enquête n’aura pas livré ses conclusions.

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Exploitation minière illégale et violence : quelle relation ?

Si le commissaire national de la police, Tommy Mthombeni, s’est refusé à établir un lien formel entre cette tuerie et les réseaux d’exploitation minière illégale avant les conclusions des investigations, la géographie et le contexte socio-économique de Cleveland conduisent certains observateurs à envisager cette hypothèse.

La région de Johannesburg, historiquement façonnée par l’exploitation aurifère, fait face aujourd’hui  aux activités des zama zamas, ces mineurs clandestins qui exploitent des puits désaffectés de la ceinture aurifère. Ce secteur informel, particulièrement lucratif, est souvent associé à des groupes criminels lourdement armés, parfois transnationaux. Les affrontements pour le contrôle des sites d’extraction et des circuits d’approvisionnement donnent régulièrement lieu à des violences meurtrières.

Néanmoins, établir un lien direct entre chaque fusillade et l’exploitation minière illégale serait prématuré. Les motivations peuvent être multiples : règlements de comptes, rivalités entre bandes, actes d’intimidation ou différends économiques locaux. L’enquête devra retracer les déplacements des assaillants, analyser les éléments balistiques, exploiter les images de vidéosurveillance ainsi que les témoignages des riverains, et déterminer la provenance des véhicules utilisés.

La vulnérabilité des quartiers informels

Ce drame met également en lumière la vulnérabilité des zones résidentielles non planifiées. Caractérisés par une forte densité d’habitat précaire et un déficit d’infrastructures de base, ces quartiers sont souvent difficiles à sécuriser. Le manque d’éclairage public, l’étroitesse des voies d’accès et l’urbanisation anarchique offrent aux groupes criminels des conditions favorables à leur mobilité, tandis que les forces de l’ordre interviennent fréquemment de manière réactive plutôt que préventive.

Face à l’émotion suscitée par le massacre, la porte-parole nationale de la police, Athlenda Mathe, a annoncé la mobilisation d’un dispositif associant détectives provinciaux, services du renseignement criminel et experts de la police scientifique. Au-delà de la traque des suspects, cette tragédie relance le débat sur l’efficacité des stratégies de sécurité intérieure en Afrique du Sud.

Sécurité et développement : l’équation complexe de la reconquête territoriale

Les forces de sécurité disposent de plusieurs outils pour mener leurs investigations : opérations ciblées de renseignement, surveillance des réseaux de transport informel, contrôle des marchés illicites de minerais et renforcement des capacités médico-légales. Toutefois, ces mesures doivent concilier efficacité et respect des libertés publiques. Des opérations excessivement coercitives risqueraient d’accroître la méfiance des populations et de réduire la coopération des témoins.

Sur le plan structurel, les interventions doivent également viser à réduire l’attractivité de l’économie illégale, notamment par la création d’alternatives d’emploi, le renforcement de la gouvernance foncière et une meilleure coordination entre les autorités locales, provinciales et les acteurs de la société civile. À terme, des programmes associant sécurité, développement économique et réinsertion pourraient contribuer à réduire la fréquence des affrontements liés aux activités clandestines.

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L’impératif d’une réponse globale face à la territorialisation du crime

Dans un pays affichant l’un des taux d’homicides les plus élevés au monde, la multiplication des fusillades de masse témoigne de la capacité d’adaptation et de la sophistication croissantes des réseaux criminels. La tragédie de Cleveland illustre les défis auxquels sont confrontées les autorités face à des formes de violence de plus en plus organisées et territorialisées.

Ce drame rappelle la vulnérabilité persistante des périphéries urbaines de Johannesburg face à une criminalité qui prospère sur les fractures socio-économiques et les insuffisances institutionnelles. La réponse ne saurait se limiter à l’arrestation des auteurs du massacre. Elle suppose également des politiques de long terme capables de s’attaquer aux causes profondes de l’économie criminelle et de restaurer durablement la sécurité dans des quartiers longtemps marginalisés.

Mali : le journaliste Abdramane Keïta incarcéré

Le journaliste Abdramane Keïta a été incarcéré le 9 juin 2026 par le Procureur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Il est poursuivi pour des propos tenus lors d’une émission télévisée sur la situation à Kidal. Son procès est fixé au 17 août 2026. Il est le deuxième directeur de publication malien emprisonné en moins de vingt-quatre heures.

Le Procureur de la République en charge du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité à Bamako a placé sous mandat de dépôt, le mardi 9 juin 2026, le journaliste Abdramane Keïta, directeur de publication du bihebdomadaire Le Témoin. La Maison de la Presse du Mali a confirmé l’information dans un communiqué officiel.

Sa mise en détention provisoire fait suite à des déclarations tenues lors de l’émission de débat « Grand Jury » sur Renouveau TV. Invité à s’exprimer sur la situation sécuritaire dans le nord du pays, le journaliste avait évoqué la situation administrative de la ville de Kidal, sous le contrôle des jihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et des rebelles du FLA (Front de libération de l’Azawad) depuis le 25 avril 2026. Ces déclarations ont immédiatement suscité des réactions virulentes sur les réseaux sociaux.

Chefs d’inculpation retenus :

« Délit à caractère régionaliste tendant à porter atteinte à l’unité nationale et au crédit de l’État »

« Publication et diffusion d’informations fausses et trompeuses dans l’intention que ces informations soient considérées comme authentiques par le biais d’un système d’information »

Ainsi, Abdramane Keïta reste placé en détention provisoire jusqu’à son procès, fixé au 17 août 2026.

 

Le contexte des déclarations incriminées

 

Lors de son passage à l’émission « Grand Jury », Abdramane Keïta avait évoqué la situation à Kidal — ville du nord du Mali où, selon plusieurs sources, dont des médias internationaux et des organisations indépendantes de suivi des conflits, des groupes armés exercent un contrôle effectif depuis le 25 avril 2026. Le journaliste avait notamment mentionné le rôle d’Iyad Ag Ghaly, chef du JNIM, dans l’administration de facto de cette zone.

 

Ces propos, selon AllAfrica et Studio Tamani, ne constituaient pas en eux-mêmes un soutien déclaré au JNIM, mais une description de la situation sur le terrain telle que rapportée par diverses sources. Toutefois, les autorités de transition maliennes ont considéré ces déclarations comme portant atteinte à l’unité nationale. Les soutiens du gouvernement de transition sur les réseaux sociaux ont qualifié le journaliste de « terroriste », tandis que ses défenseurs ont questionné la présence effective de représentants de l’État malien à Kidal.

 

La loi sur la cybercriminalité comme instrument judiciaire

 

Ce n’est pas la première fois que le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité intervient dans des affaires impliquant des journalistes au Mali. En avril 2025, ce pôle a placé sous mandat de dépôt Alfousseini Togo, directeur du Canard de la Venise, après la publication d’un article critiquant les statistiques du ministre de la Justice. En mars 2026, le même pôle judiciaire a condamné le journaliste Youssouf Sissoko à deux ans de prison ferme.

Par ailleurs, la loi malienne sur la cybercriminalité s’applique à tout contenu diffusé ou relayé via un « système d’information », une notion qui peut couvrir les plateformes numériques mais aussi les émissions télévisées accessibles en ligne. Les organisations de défense de la presse citent régulièrement ce texte comme un instrument aux contours juridiques larges, susceptible d’englober certaines formes d’expression journalistique.

 

Deux journalistes emprisonnés en moins de vingt-quatre heures

 

L’incarcération d’Abdramane Keïta survient moins de vingt-quatre heures après celle de Chahana Takiou, directeur de publication du journal « 22 Septembre », lui aussi placé sous mandat de dépôt le 8 juin 2026 par le même Pôle national de lutte contre la cybercriminalité.

La justice reproche à Chahana Takiou une « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire ». Lors d’un forum sur le journalisme panafricain, tenu la semaine précédente à Bamako, il avait déclaré que la justice malienne ne respectait pas les droits des médias et que les magistrats « violent la procédure ».

C’est le même pôle judiciaire qui instruit les deux dossiers. La Maison de la Presse a exprimé son « incompréhension » face à la survenance de ces deux arrestations dans un délai aussi bref.

 

La Maison de la Presse et les organisations professionnelles réagissent

 

Communiqué officiel de la Maison de la Presse du Mali et des organisations professionnelles des médias :

« La Maison de la Presse prend acte de cette décision judiciaire, exprime sa préoccupation face à la détention d’un professionnel des médias et réaffirme son attachement à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et au droit à l’information. » — Communiqué nᵒ 009-2026, publié le 9 juin 2026.

 

La Maison de la Presse, qui regroupe plusieurs organisations professionnelles de journalistes au Mali, a indiqué « prendre acte » de la décision judiciaire tout en soulignant sa « profonde préoccupation ». Cependant, le communiqué ne conteste pas formellement les poursuites judiciaires, mais rappelle les principes fondamentaux de la liberté de la presse et du droit à l’information.

En somme, en l’espace de vingt-quatre heures, le débat public malien vient de perdre deux de ses voix régulières. Une double incarcération qui pose une question de fond : jusqu’où les journalistes maliens peuvent-ils documenter la crise sécuritaire sans basculer dans le viseur de la justice ?

Omar Artan, refoulé par Washington, accueilli à bras ouverts par Vancouver

À la veille du coup d’envoi de la Coupe du monde, le premier arbitre somalien jamais sélectionné pour un Mondial a été renvoyé chez lui depuis l’aéroport de Miami. Le premier ministre de la Colombie-Britannique propose de l’accueillir en territoire canadien, où Vancouver accueille sept rencontres du tournoi.

 

Il devait entrer dans l’histoire. Omar Abdulkadir Artan, 34 ans, était sur le point de devenir le premier arbitre somalien à officier lors d’une phase finale de Coupe du monde. Mais, le samedi 7 juin, à son arrivée à l’aéroport international de Miami, les agents de la douane américaine (CBP) lui ont signifié un refus d’entrée sur le territoire, mettant brutalement fin à un rêve de carrière.

 

La police aux frontières américaine a justifié sa décision par des « problèmes liés à la vérification des antécédents ». Une formulation elliptique qui n’a convaincu personne. En effet, selon le haut conseiller du ministère somalien de la Jeunesse et des Sports, Ciise Aden Abshir, Artan « disposait d’un visa en règle » et d’un passeport diplomatique. Malgré celà , l’entretien avec les services d’immigration aurait duré onze heures.

 

La FIFA capitule, la Somalie proteste

 

Dans les heures qui ont suivi, la Fédération internationale de football a confirmé l’exclusion d’Artan du tournoi dans un communiqué sobre, qui a lui-même suscité l’indignation. L’instance s’est bornée à rappeler qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas » et que « c’est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire ». Aucun mot de soutien à l’arbitre. Aucune démarche déclarée auprès des autorités américaines.

 

Du côté de Mogadiscio, en revanche, la réaction a été plus tranchée. « Lui refuser l’entrée aux États-Unis et l’empêcher d’officier porte préjudice non seulement à sa personne, mais sape également l’engagement du football en faveur de l’équité, du mérite et de l’esprit du fair-play », a déclaré Ciise Aden Abshir. L’ambassade somalienne aux États-Unis a aussi indiqué travailler à une résolution de la situation avant le coup d’envoi du tournoi, prévu le jeudi 11 juin.

« J’avais tous les papiers en règle. J’avais le visa nécessaire. Je ne suis qu’un simple arbitre qui tente de réaliser son rêve. » — Omar Abdulkadir Artan

 

La Somalie dans le collimateur de Washington

 

Le refoulement d’Artan ne survient pas dans un vide politique. Depuis fin novembre 2025, Donald Trump a qualifié la Somalie de « pays pourri » et signifié son intention de mettre fin au statut de protection temporaire dont bénéficient les ressortissants somaliens aux États-Unis. De plus, la Somalie figure parmi les nations soumises à des restrictions de voyage renforcées dans le cadre de la politique migratoire de l’administration Trump.

 

Andrew Giuliani, responsable du dossier Coupe du monde à la Maison-Blanche, a lui-même évoqué la nécessité d’empêcher « des acteurs malveillants de venir dans le pays sous couvert de la Coupe du monde ». Des déclarations qui ont alimenté les soupçons d’une motivation politique derrière le refoulement d’Artan, hypothèse que les autorités américaines n’ont ni confirmée ni formellement démentie.

 

David Eby tend la main depuis Vancouver

 

C’est dans ce contexte que le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a publié, mardi 9 juin, un message sur X (anciennement Twitter) qui a rapidement circulé au-delà des frontières canadiennes. Le message est direct et politique : Vancouver, ville hôte de sept matchs du Mondial, dont un huitième de finale, est prête à accueillir Omar Artan.

 

David Eby, premier ministre de la Colombie-Britannique :

« Omar Artan serait accueilli et célébré en Colombie-Britannique pour ce qu’il a accompli. Laissons-le arbitrer à Vancouver. » — Publié sur X, le 9 juin 2026.

 

La déclaration d’Eby est certes symbolique : la décision d’accréditer un arbitre reste du ressort de la FIFA, non d’une province canadienne. Mais elle constitue un signal politique fort. En effet, à la veille d’un tournoi coorganisé entre trois nations, le Canada affiche publiquement une posture d’ouverture en contraste direct avec la décision américaine.

 

Vancouver accueille sept rencontres au stade BC Place, dont un huitième de finale. Le magazine Sports Illustrated a désigné la ville comme la meilleure ville hôte du Mondial 2026, saluée pour la qualité de ses transports, son accessibilité piétonne et la douceur de son climat. David Eby, qui se prend régulièrement en photo sur fond de BC Place illuminé, avait déjà exprimé sa fierté d’accueillir le tournoi dans sa province.

 

Une blessure symbolique à la veille du coup d’envoi

 

L’affaire Artan cristallise, à quelques heures du début du tournoi, les tensions que la décision d’attribuer la coorganisation du Mondial à une Amérique sous mandat Trump avait suscitées bien avant le coup d’envoi. Après les difficultés d’accréditation de membres du staff iranien, c’est cette fois un officiel désigné par la FIFA elle-même qui se retrouve exclu.

 

Pour la communauté footballistique africaine, le symbole est particulièrement douloureux. Artan était non seulement le premier Somalien à atteindre une phase finale de Coupe du monde en tant qu’arbitre, mais aussi le meilleur arbitre africain de l’année 2025 selon la CAF. Dès lors, sa mise à l’écart laisse un sentiment d’injustice que ni le silence de la FIFA ni les formules administratives de la CBP n’ont suffi à dissiper.

 

À Vancouver, David Eby a au moins fourni une réponse politique, même si elle reste, pour l’heure, sans suite institutionnelle. La balle est désormais dans le camp de la FIFA, dont le mutisme face aux pressions migratoires américaines est, lui aussi, lourd de sens.

Niger : le procès de l’activiste Nassirou Bodo renvoyé au 30 juin

NIAMEY, 9 juin 2026 – Le dossier Nassirou Bodo joue les prolongations. Prévu pour s’ouvrir ce mardi 9 juin devant les juges, le procès de l’activiste politique nigérien a finalement été repoussé à la fin du mois. Incarcéré depuis début juin à la prison civile de Niamey, l’accusé reste dans les liens de la détention après le rejet de sa demande de remise en liberté.

Un renvoi consensuel et un maintien en détention

L’audience de ce mardi matin a tourné court. Dès l’ouverture des débats, les avocats de la défense ont introduit une demande formelle de renvoi afin de mieux préparer le dossier de leur client. Une requête à laquelle le ministère public ne s’est pas opposé. Le tribunal a donc logiquement prononcé le renvoi du jugement au 30 juin 2026.

Dans la foulée, le pôle d’avocats de Nassirou Bodo a tenté d’obtenir une mise en liberté provisoire pour l’activiste. Si le tribunal a déclaré cette demande recevable sur la forme, il l’a catégoriquement rejetée sur le fond. Par conséquent, l’activiste a regagné sa cellule de la prison civile de Niamey en attendant sa prochaine comparution.

La loi sur la cybercriminalité au cœur des poursuites

Pour rappel, les ennuis judiciaires de Nassirou Bodo ont débuté dans les premiers jours du mois de juin. Son interpellation, suivie de son placement sous mandat de dépôt, s’inscrit dans le cadre de l’application de la très stricte ordonnance sur la cybercriminalité en vigueur au Niger.

La justice reproche à l’accusé la publication sur les réseaux sociaux d’un texte critique à l’encontre de la « Refondation », le vaste programme politique et institutionnel porté par les autorités de transition. Les observateurs suivront de près ce procès, désormais programmé pour la fin du mois, tant il cristallise les débats autour de la liberté d’expression en ligne et de l’usage de la loi sur la cybercriminalité dans le pays.

Niger : La DGI et l’ONECCA consolident leur partenariat fiscal

NIAMEY, 9 juin 2026 – Le Directeur Général des Impôts, M. Ali Gazibo Moussa, a reçu en audience, ce mardi, une délégation du Conseil de l’Ordre National des Experts-Comptables et des Comptables Agréés du Niger (ONECCA), conduite par son président, M. Hama Hamadou Garba. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de consolidation du partenariat entre l’administration fiscale et la profession comptable.

DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS - DGI
© DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS - DGI

Un cadre d’échanges salué par les deux parties

D’entrée de jeu, le président de l’ONECCA a exprimé sa reconnaissance aux responsables de la Direction Générale des Impôts pour la qualité de la collaboration existante entre les deux institutions. Il a, par ailleurs, adressé ses félicitations au Directeur Général des Impôts et à son adjoint pour leur promotion à la tête de la DGI, tout en leur souhaitant plein succès dans l’exercice de leurs fonctions.

Dans la même dynamique, le président de l’ONECCA a salué l’accompagnement et l’encadrement dont bénéficient les membres de l’Ordre, notamment sur les dispositions du Code Général des Impôts (CGI). Il a réaffirmé, à cet effet, la disponibilité de son organisation à poursuivre et à renforcer cette coopération, en vue d’améliorer le système fiscal et le climat des affaires au Niger.

DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS - DGI
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Des préoccupations évoquées dans un climat constructif

Par ailleurs, les échanges ont permis à la délégation de l’ONECCA de soulever plusieurs préoccupations liées à l’exercice de la profession comptable. Ces discussions se sont déroulées dans un climat qualifié de constructif, marqué par une volonté commune de compréhension et de concertation.

En réponse, le Directeur Général des Impôts, M. Ali Gazibo Moussa, s’est félicité de la qualité des relations entre la DGI et l’ONECCA. Tout en prenant acte des préoccupations exprimées, il a assuré que celles-ci seront examinées avec attention, afin d’identifier des solutions adaptées dans le cadre du partenariat entre les deux institutions.

En définitive, cette audience illustre la volonté partagée de la DGI et de l’ONECCA de renforcer leur collaboration. Ainsi, les deux parties entendent œuvrer conjointement pour la promotion d’une fiscalité moderne, efficace et favorable au développement économique du Niger.

NIGELEC : 36 heures de délestages prévues à Agadez, Arlit et Tchirozérine

AGADEZ, 9 juin 2026 – Les habitants d’Agadez, d’Arlit et de Tchirozérine devront faire face à des perturbations dans la fourniture d’électricité au cours des prochaines heures. La Direction régionale d’Agadez de la NIGELEC a annoncé, ce mardi 9 juin, la mise en place de délestages tournants en raison de travaux de maintenance engagés sur les infrastructures de la centrale à charbon de la SONICHAR.

Selon la société d’électricité, ces interruptions ont débuté à partir de 11 heures et devraient s’étendre sur une durée estimée à 36 heures. Cette opération vise à permettre la réalisation des travaux nécessaires au bon fonctionnement des installations de production.

Les lignes prioritaires préservées

Face à cette situation, la NIGELEC assure avoir mobilisé l’ensemble des moyens de production locale disponibles afin de garantir l’alimentation des infrastructures jugées essentielles. Les hôpitaux, les stations de pompage d’eau ainsi que les casernes figurent notamment parmi les sites prioritaires qui continueront d’être desservis.

L’entreprise précise toutefois que le rétablissement de l’électricité pourrait intervenir avant l’expiration du délai annoncé, en fonction de l’évolution des travaux de maintenance.

Appel à la vigilance des abonnés

En attendant le retour à une situation normale, la Direction régionale d’Agadez invite ses abonnés à considérer leurs installations électriques comme étant constamment sous tension. Cette mesure de précaution vise à prévenir tout risque lié à une remise en service anticipée du réseau.

La NIGELEC a enfin remercié sa clientèle pour sa compréhension face aux désagréments occasionnés par ces perturbations temporaires, rendues nécessaires par les travaux effectués sur les installations de la SONICHAR.

Niamey : La police de Kalley Plateau multiplie les actions de proximité

Le commissariat de police de Kalley Plateau a intensifié, ces derniers jours, ses actions de sensibilisation dans plusieurs quartiers relevant de son ressort. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre de la police de proximité, de la stratégie nationale de sécurité de proximité et de la mobilisation générale.

Sous la conduite du commissaire de police Batouré Aminou, les fonctionnaires ont multiplié les échanges avec les habitants afin de renforcer la prévention, d’améliorer la circulation de l’information et de consolider la coopération entre la population et les forces de défense et de sécurité.

Police Nationale-Niger
© Police Nationale-Niger

Une série de rencontres ciblées

Après des séances tenues dans les quartiers Gourou Kayna Bantagneydo, Kalley Plateau II, Kalley Plateau Djamba Koira, Gorou Kayna Golay, Cité Députés et Gorou Kayna Alfa Koira, le commissariat a organisé trois nouvelles rencontres les 31 mai, 3 et 7 juin 2026.

Ces échanges ont réuni successivement le chef du quartier Banizoumbou 2 et sa délégation à son domicile, des conducteurs de Faba-Faba, de taxis-motos et de tricycles desservant l’axe Kalley Plateau-Gorou Kongou, puis les habitants de Dan Zama Koira. À chaque étape, les discussions ont commencé par une Fatiha, dans une ambiance jugée conviviale et marquée par l’accueil favorable réservé aux policiers.

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Sécurité, vigilance et information

Les séances ont porté sur plusieurs sujets jugés essentiels pour la sécurité locale. Les intervenants ont abordé le contexte sécuritaire actuel, la nécessité d’une vigilance accrue et l’importance d’une collaboration étroite entre les populations et les forces de sécurité.

La lutte contre la désinformation sur les réseaux sociaux a également occupé une place importante dans les échanges. Les policiers ont insisté sur les effets néfastes des fausses informations, susceptibles d’alimenter la peur, la confusion ou des comportements à risque dans les quartiers.

Les formateurs ont mis en avant d’autres points clés, notamment l’usage de la carte nationale d’identité biométrique, les conséquences de la consommation de stupéfiants, de drogues et de chicha, ainsi que l’obligation de signaler toute personne ou situation suspecte. Enfin, les agents ont rappelé aux participants les mécanismes de dénonciation existants et la garantie de confidentialité des informations transmises.

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Le transport urbain en première ligne

Les acteurs du transport urbain ont été particulièrement interpellés. Les autorités policières leur ont demandé de rester attentifs à leur environnement, d’éviter de transporter des colis au contenu douteux et de collaborer sans réserve lors des contrôles de sécurité.

Cette orientation traduit une lecture pragmatique de la sécurité urbaine : les conducteurs de taxis-motos, de Faba-Faba et de tricycles constituent souvent les premiers témoins de mouvements inhabituels dans les quartiers. Leur implication est donc considérée comme un maillon essentiel dans la prévention des actes de délinquance.

Vers une sécurité partagée

Les interventions des participants ont montré une volonté d’accompagner les forces de sécurité dans l’exercice de leurs missions. Plusieurs habitants ont exprimé leur disponibilité à contribuer davantage à la surveillance communautaire et au maintien de l’ordre public.

Le commissariat a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de restructurer et de réactiver les comités de vigilance au niveau des quartiers, un levier jugé utile pour améliorer la remontée rapide des informations et renforcer la prévention de proximité.

Au terme des rencontres, les participants ont salué l’initiative et ont dit espérer la poursuite de ce dialogue direct entre la police et les populations. La séance s’est achevée sur une Fatiha pour la paix, la stabilité et la prospérité du pays.

Zinder : Un important réseau de voleurs de motos démantelé par la PJ

Le Service interrégional de la police judiciaire de Zinder a mis fin aux activités d’un réseau de malfaiteurs spécialisé dans le vol et le recel de motos. L’opération fait suite à une plainte déposée le 3 juin 2026 pour la disparition d’une moto dans la commune I, au quartier Birni.

L’enquête a permis d’interpeller trois hommes âgés de 23 à 38 ans. Deux ont été arrêtés à Zinder et un troisième à Bakin Birgi. Selon les premiers éléments recueillis, le groupe se compose de deux auteurs présumés des vols et d’un receleur. Une autre personne, soupçonnée d’être impliquée dans la revente des engins, reste activement recherchée.

Police Nationale-Niger
© Police Nationale-Niger

Un mode opératoire bien rodé

Selon les enquêteurs, le principal suspect parcourait la ville — le plus souvent aux heures de prière — à la recherche de motos isolées ou laissées sans surveillance. Une fois les engins dérobés, il les remettait à des receleurs qui se chargeaient de les écouler, principalement sous forme de pièces détachées.

Par ailleurs, les mis en cause affirment avoir fourni près de onze motos à quatre receleurs principaux, dont trois sont actuellement en prison à la maison d’arrêt de Zinder. Selon les déclarations recueillies par la police, le réseau revendait les engins à des prix dérisoires, compris entre 60 000 et 80 000 francs CFA.

 

Cinq victimes identifiées

À ce stade de l’enquête, les policiers ont déjà identifié cinq victimes. Les investigations se poursuivent afin d’établir l’ampleur exacte du réseau et de retrouver les autres personnes susceptibles d’avoir bénéficié de la revente des motos volées.

En outre, les perquisitions menées par les services de police ont permis de saisir plusieurs éléments matériels liés aux activités du groupe. Les enquêteurs ont notamment retrouvé des carcasses de motos et diverses pièces détachées, dont un pneu, un réservoir, deux fourches, deux selles, des couvre-chaînes et d’autres accessoires.

Police Nationale-Niger
© Police Nationale-Niger

De la drogue saisie pendant l’opération

Au cours des fouilles, les policiers ont également découvert une quantité de produits stupéfiants et de substances psychotropes, qu’ils ont immédiatement remise à l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants. La saisie comprend 95 grammes de chanvre indien, 40 gélules de prégabaline, 25 comprimés de diazépam, 38 comprimés d’Exol et 5,5 comprimés de tramadol.

Ainsi, cette découverte élargit le dossier au-delà du seul vol de motos et met en évidence l’existence d’activités parallèles susceptibles d’alimenter un trafic plus vaste.

 

La police appelle à la vigilance

Le Service interrégional de la police judiciaire de Zinder invite la population à renforcer sa vigilance et à signaler tout comportement suspect. L’institution rappelle que la collaboration des citoyens demeure un élément clé dans la lutte contre la criminalité urbaine et les réseaux de recel.

Dans cette affaire, la police a porté un coup sérieux à un circuit qui profitait de la vulnérabilité des propriétaires de motos et de la facilité de revente des pièces détachées. Les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des complices et de remonter toute la chaîne de distribution des engins volés.

Niger : à Zinder, la cocaïne voyage dissimulée dans les fripes

En démantelant un réseau transnational le vendredi 5 juin 2026, l’OCRTIS a mis la main sur 920 grammes de cocaïne astucieusement cachés dans des balles de vêtements d’occasion à Zinder . Elle a procédé à l’arrestation de deux suspects – un Nigérien et un Béninois – dans le quartier Djaguindi. Une saisie qui révèle l’ingéniosité croissante des trafiquants, lesquels exploitent le corridor Lomé-Niamey-Lagos.

C’est une saisie qui en dit long sur la sophistication des réseaux narcotrafiquants à l’œuvre en Afrique de l’Ouest. En effet, le vendredi 5 juin 2026, l’antenne régionale de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) de Zinder a mené avec succès une opération coup-de-poing dans le quartier Djaguindi, en plein cœur de la capitale régionale. Agissant sur la foi d’une information fiable transmise par la population, les enquêteurs ont démantelé un réseau de trafic de cocaïne et procédé à l’interpellation de deux suspects.

Les deux individus arrêtés présentent des profils révélateurs de la dimension transnationale du trafic : le premier est de nationalité nigérienne et réside à Zinder, tandis que le second est ressortissant béninois, simplement de passage dans la ville. Ainsi, ce binôme illustre la fluidité des réseaux qui mobilisent des acteurs locaux et des intermédiaires étrangers le long des axes commerciaux d’Afrique de l’Ouest.

Police Nationale
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Le circuit du trafic : l’astuce des « Bocho »

La drogue était dissimulée à l’intérieur de balles de vêtements de seconde main — les fameux « Bocho » — en provenance de Lomé (Togo). Ces marchandises, dont le flux commercial intense constitue un parfait camouflage, transitaient par Niamey avant d’atteindre leur destination finale au Nigeria.

Par ailleurs, le modus operandi dévoilé par l’enquête illustre une tendance bien documentée par les agences régionales de lutte antidrogue : le recours à des flux commerciaux légaux et de grande ampleur pour dissimuler les stupéfiants. Les balles de fripes, communément désignées sous le terme « Bocho » dans la région, constituent en effet un vecteur d’importation et d’exportation massif entre le Togo, le Niger et le Nigeria, ce qui en fait un support de camouflage redoutablement efficace pour les trafiquants.

« La Police Nationale, c’est votre sécurité et celle de vos biens. » — Message officiel de l’OCRTIS Niger, Police Nationale.

Au-delà de la saisie elle-même, cette opération met également en lumière le rôle déterminant joué par la population dans la lutte antidrogue. L’OCRTIS a tenu à saluer publiquement la collaboration des habitants de Zinder, dont le signalement a permis l’intervention des services. En effet, dans un contexte sécuritaire sahélien particulièrement tendu, le maintien du lien de confiance entre les forces de l’ordre et les communautés représente un enjeu stratégique majeur pour enrayer les trafics qui fragilisent les économies locales et alimentent d’autres formes de criminalité organisée.

Appel à la vigilance citoyenne

Enfin, l’OCRTIS invite l’ensemble de la population à redoubler de vigilance face aux agissements des réseaux de trafic. Pour transmettre tout renseignement confidentiel, la Police Nationale met à disposition ses numéros verts gratuits : le 8383 et le 17.