Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 122 sur 263

Niger : une nouvelle ère dans la lutte contre la drogue avec la CNCLD

Niger : un nouveau front contre la drogue, lancement de la CNCLD pour coordonner la lutte vitale

Niamey, 6 avril 2025 — Niamey a vibré d’un élan résolu contre un fléau qui ronge en silence : la drogue. Dans une cérémonie empreinte de gravité, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, M. Alio Daouda, a présidé l’installation officielle de la Commission Nationale de Coordination de la Lutte Contre la Drogue (CNCLD). Ce nouvel organe, pivot stratégique, marque un tournant dans la croisade du Niger contre un mal qui menace la santé, la sécurité et les fondations mêmes de la société.

Face à un ennemi insidieux : le constat et l’arsenal juridique du Niger

« La drogue est un fléau complexe, multiforme et profondément destructeur », a martelé M. Alio Daouda, dressant un tableau sans complaisance de ses ravages. Au-delà des corps qu’elle empoisonne, elle alimente la criminalité organisée, fragilise l’économie et érode les institutions. Conscient de cette menace, le Niger s’appuie sur un arsenal juridique robuste, à l’image de l’ordonnance n°99-42 de 1999, qui réprime le trafic et l’usage de stupéfiants. Mais le ministre va plus loin, rappelant l’adhésion du pays aux conventions internationales des Nations Unies – de 1961, 1971 et 1988 – qui tissent un filet mondial contre ce commerce illicite. La CNCLD s’inscrit dans cette dynamique, conçue comme un rempart pour coordonner, analyser et agir avec précision.

La CNCLD : un cerveau pour la lutte, entre stratégie transversale et partenariats essentiels

Investie de responsabilités cruciales, la CNCLD se veut le cerveau de la lutte antidrogue nigérienne. Elle pilotera les politiques sectorielles, collectera des données fiables pour éclairer les décisions et tissera des partenariats internationaux, notamment avec l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC). « Vous êtes les architectes d’une gouvernance cohérente et efficace », a déclaré le ministre aux membres de la commission, les exhortant à s’inspirer des principes onusiens : respect des droits humains, protection des plus vulnérables et réduction des risques. Cette approche, ancrée dans la prévention, est jugée par la Déclaration de Politique des Stupéfiants de l’ONU comme « la plus rentable, humaine et efficace à long terme ».

En plus, le ministre a insisté sur l’importance d’une stratégie transversale, où l’éducation et la santé jouent un rôle central. Sensibiliser les jeunes dans les écoles, renforcer les campagnes de santé publique, mobiliser les communautés : tels sont les leviers pour couper l’herbe sous le pied de ce fléau. Cette vision fait écho aux récents efforts régionaux, comme la visite en novembre 2024 d’une délégation nigérienne à l’Observatoire des Communautés Sahéliennes (OCS) pour renforcer la coopération au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Une volonté unie face à l’urgence : la Commission prête à planifier l’action

M. Maï Moussa Elhaji Basshir, président de la CNCLD, a salué une « étape majeure » dans la planification de cette lutte. Regroupant des représentants de ministères clés – santé, éducation, sécurité –, la commission incarne une approche collaborative, essentielle face à un problème qui transcende les secteurs. « Notre réussite dépendra de notre capacité à unir nos forces », a-t-il affirmé, soulignant l’urgence d’agir dans un pays où le trafic, notamment dans le nord, alimente violences et instabilité.

Un signal fort pour la résilience : l’outil dont le Niger avait besoin face au fléau

L’installation de la CNCLD n’est pas un simple acte administratif ; elle est un signal fort. Dans un contexte où le Niger fait face à des défis sécuritaires et économiques, cette commission symbolise la volonté de protéger la jeunesse et de préserver l’avenir. Les récents rapports de l’ONUDC soulignent que l’Afrique de l’Ouest reste une plaque tournante du trafic de stupéfiants, avec des saisies record de cocaïne et de tramadol en 2024. Face à cette réalité, le Niger se dote d’un outil pour riposter, tout en s’appuyant sur des partenariats internationaux et régionaux.

En concluant la cérémonie, M. Alio Daouda a lancé un appel vibrant : « Vous avez l’obligation de réussir. » À la CNCLD, désormais, de transformer cet élan en actions concrètes, pour que le Niger, terre de résilience, triomphe d’un ennemi qui n’a que trop prospéré dans l’ombre. Sur les rives du fleuve Niger, un nouveau front s’ouvre, porté par l’espoir d’une nation plus forte.

Les marchés du Niger dans la valse des prix : tomates et poivrons s’envolent

Marchés nigériens : la valse des prix s’accélère, entre flambée de la tomate et chute du citron, selon le SIMA

Sous le ciel changeant de cette fin avril 2025, les étals des marchés nigériens vibrent d’une énergie contrastée. Selon le dernier bulletin du Système d’Informations sur les Marchés Agricoles (SIMA), publié pour la semaine du 23 au 29 avril, les prix des fruits et légumes dessinent un tableau sur lequel hausses et baisses se répondent, reflet des caprices saisonniers et des dynamiques d’approvisionnement. Si la tomate fraîche et le poivron frais caracolent en tête des augmentations, d’autres produits, comme le citron ou la pomme de terre, offrent un répit bienvenu aux ménages. À Niamey, Maradi ou Agadez, chaque kilogramme vendu raconte une histoire de terres, de pluies et d’espoirs.

Flambée rouge et verte : la tomate et le poivron caracolent en tête des hausses

La tomate fraîche, reine des cuisines nigériennes, voit son prix grimper de 17 %, passant de 336 à 394 FCFA/kg. Cette envolée, observée du 23 au 29 avril, s’explique par un recul de l’offre, les récoltes peinant à suivre une demande toujours vive. À Dosso, on la trouve à 150 FCFA/kg, mais à Katako, cœur battant de Niamey, elle atteint 615 FCFA/kg. Le poivron frais, lui, subit une tension similaire : +5 %, avec un prix moyen de 960 FCFA/kg, dopé par une offre insuffisante face à une appétence soutenue.

À Agadez, son coût culmine à 1 750 FCFA/kg, un record qui pèse sur les bourses. La courge, moins flamboyante, mais tout aussi prisée, bondit de 8 % à 263 FCFA/kg, victime d’une raréfaction sur les étals. Ces hausses, loin d’être isolées, s’inscrivent dans une tendance annuelle marquée : +46 % pour le poivron, +41 % pour la courge et +14 % pour la tomate par rapport à 2024.

Un souffle de fraîcheur : citron, pomme de terre et chou en tête des baisses

Mais tous les produits ne suivent pas cette fièvre haussière. Le citron, généreux cette semaine, chute de 11 % à 478 FCFA/kg, porté par une abondance dans les vergers de Maradi (254 FCFA/kg) jusqu’à Agadez (750 FCFA/kg). Une aubaine pour les consommateurs, d’autant que son prix a plongé de 36 % comparé à l’an dernier. La pomme de terre, pilier des repas, s’allège de 4 % à 507 FCFA/kg, grâce à des récoltes robustes inondant les marchés, de Bonkanèye (383 FCFA/kg) à Diffa (1 100 FCFA/kg). Le chou pommé (-6 %, 254 FCFA/kg) et la datte (-4 %, 679 FCFA/kg) suivent cette tendance apaisée, tout comme l’orange (-1 %, 418 FCFA/kg) et la banane (-1 %, 900 FCFA/kg), qui offrent un répit face à l’inflation. Ces baisses, liées à une saisonnalité favorable, contrastent avec des hausses annuelles pour certains, comme le chou (+11 %) ou la datte (+16 %).

Pourquoi cette valse ? Saisonnalité, logistique et facteurs structurels expliquent les variations

Ces fluctuations ne sont pas le fruit du hasard. La saisonnalité, reine des marchés, joue un rôle clé : les tomates et poivrons, en fin de cycle dans certaines régions, se raréfient, tandis que les agrumes et pommes de terre profitent de récoltes abondantes. Les données du SIMA, corroborées par des rapports récents de l’Agence Nigérienne de Presse, soulignent aussi des facteurs structurels : la dépendance aux importations pour certains produits, comme la tomate en saison creuse, et les défis logistiques dans des zones reculées comme Agadez. Comparé à 2024, le marché reste sous pression, avec des produits comme le poivron (+46 %) ou la courge (+41 %) reflétant une inflation persistante, exacerbée par des coûts de transport et des aléas climatiques.

Du marché à l’assiette : comment la valse des prix touche le quotidien des ménages

Pour les Nigériens, ces variations sont plus qu’une question de chiffres : elles touchent le quotidien. Une tomate plus chère, c’est une sauce moins généreuse ; un citron abordable, c’est un thé partagé sous l’arbre à palabres. Le SIMA, en scrutant 80 marchés à travers le pays, met en lumière cet équilibre fragile entre offre, demande et pouvoir d’achat. Si les baisses de prix offrent un souffle d’optimisme, les hausses rappellent la vulnérabilité d’un marché tributaire des saisons et des routes. À l’approche du Ramadan 2026, période de forte consommation, les autorités et les maraîchers devront redoubler d’efforts pour stabiliser les approvisionnements.

Entre abondance et rareté : la saga agricole qui reflète la résilience du Niger

Dans cette valse des prix, le Niger oscille entre abondance et rareté, entre espoirs et contraintes. Sur les marchés, chaque fruit, chaque légume porte en lui le labeur des paysans et les attentes des familles. À l’image d’un pays résilient, les étals de Niamey ou d’Agadez continuent de vibrer, prêts à écrire la prochaine page de cette saga agricole.

Bangoula, un rêve de pierre et d’espoir : le Niger bâtit l’avenir de ses citoyens

Niger : le Ministre de l’Habitat au cœur des Chantiers, des Logements Sociaux et 15 000 parcelles pour un foyer digne à Bangoula

Bangoula, 6 mai 2025 – Sous le soleil éclatant de ce mardi , le Colonel AbdoulKadri Amadou Daouda, ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, a arpenté les terres de Bangoula, près de Niamey, pour sa première immersion dans les chantiers qui redessinent l’avenir du Niger. En effet, accompagné du Colonel-Major Ahmed Sidien, Haut Commandant de la Garde Nationale, il a scruté l’avancée de deux projets emblématiques : la construction de 882 logements sociaux pour les gardiens de la nation et l’ambitieux programme de 15 000 parcelles viabilisées destinées aux fonctionnaires. Cette visite, bien plus qu’une inspection, incarne une promesse : celle d’un Niger où chaque citoyen peut aspirer à un foyer digne.

Logements sociaux : 882 unités pour honorer le devoir des Gardiens de la Nation

Le premier arrêt du ministre s’est tenu sur le site des logements sociaux, un projet de 6,32 milliards de FCFA financé par la Banque de l’Habitat du Niger. Lancée le 11 octobre 2024, la première phase, comprenant 300 logements, affiche un taux d’avancement de 40 %. Par ailleurs, ces bâtisses, destinées au personnel de la Garde Nationale, ne sont pas de simples murs : elles symbolisent la reconnaissance d’un État envers ceux qui veillent sur sa sécurité. « Nous exigeons la rigueur dans l’exécution, car chaque détail compte pour offrir un cadre de vie digne », a déclaré le ministre, insistant sur le respect des normes et la qualité des matériaux. Les entreprises, mobilisées par cet appel, savent que l’enjeu dépasse le béton : il s’agit d’ériger des foyers dans lesquels des familles construiront leur avenir.

15 000 parcelles viabilisées : un horizon concret pour l’accès à la propriété

À quelques pas, le site des 15 000 parcelles viabilisées s’étend comme une toile vierge où s’écrira le destin de milliers de fonctionnaires. Sur 1 050 murs de clôture entrepris, 714 sont déjà réceptionnés, dont 226 parcelles attribuées et 488 en attente de leurs futurs propriétaires. Initié en juin 2020 et accéléré sous l’impulsion du Général Abdourahamane Tiani et du Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, ce projet est une réponse audacieuse à la crise du logement. « C’est une opportunité unique, un geste social fort », a martelé le Colonel Daouda, exhortant les travailleurs à s’inscrire pour saisir cette chance de devenir propriétaires. Pourtant, des défis subsistent : la viabilisation complète, notamment l’accès à l’eau et à l’électricité, demande une coordination sans faille avec la NIGELEC et la SPEN.

Vision et accessibilité : un engagement pour la qualité et le crédit social

Cette visite n’a pas seulement permis de mesurer des pourcentages d’avancement ; elle a révélé une ambition plus vaste. À Bangoula, l’État nigérien ne construit pas seulement des maisons, mais des quartiers modernes, pensés pour le bien-être. « Nous sommes globalement satisfaits », a confié le ministre, tout en appelant à une vigilance accrue sur les cahiers des charges. D’ailleurs, Cette exigence de qualité s’accompagne d’un dialogue avec les partenaires financiers : une réunion récente avec les banques, le 10 avril 2025, a souligné la nécessité d’assouplir l’accès au crédit social, avec des taux d’intérêt plafonnés à 6 % pour faciliter l’acquisition.

Bangoula, symbole d’un Niger résilient : le logement, un droit au cœur de l’action gouvernementale

Bangoula, c’est l’histoire d’un Niger qui se réinvente. Chaque mur érigé, chaque parcelle attribuée, est un pas vers un idéal dans lequel le logement cesse d’être un fardeau pour devenir un droit. À cet égard, le Colonel Daouda, par sa présence, a réaffirmé l’engagement des autorités à faire de ce projet un pilier du Programme de Résilience pour la Sauvegarde de la Patrie (2024-2026). « À chaque fonctionnaire son toit, à chaque Nigérien une maison », proclame l’adage porté par ce ministère, un écho aux aspirations d’un peuple.

L’espoir prend forme quand les chantiers deviennent les fondations d’un avenir digne

Alors que les grues continuent de danser sous le ciel de Bangoula, l’espoir prend forme. Ces chantiers, bien plus que des amas de briques, sont les fondations d’une nation qui croit en ses citoyens. Dans ce coin du Niger, le futur s’écrit, et il a le visage de la dignité.

Tahoua : le projet RUTSATA promet eau et dignité

Tahoua : 2 milliards des Pays-Bas pour vaincre la soif et l’insalubrité, lancement du projet RUTSATA porteur d’espoir

Ce mardi 6 mai, la salle de réunion du gouvernorat de Tahoua a vibré d’un élan d’optimisme palpable. Sous l’égide du Gouverneur de la région, le Colonel-Major Oumarou Tawayé, le projet RUTSATA Ruwa da tsapta – littéralement « eau et propreté » – a été officiellement lancé, portant en son sillage une promesse audacieuse : transformer la vie de milliers d’habitants en leur offrant un accès durable à l’eau potable, à l’assainissement et à une gestion éclairée des ressources hydriques. Par ailleurs,  financée à hauteur de deux milliards de francs CFA par le Royaume des Pays-Bas pour l’année 2025 et portée par l’ONG internationale Helvetas, cette initiative s’inscrit comme une réponse vibrante aux défis qui pèsent sur cette région aride du Niger.

Une région assoiffée : l’eau, conquête quotidienne et défi vital à Tahoua

Tahoua, nichée au cœur du Niger, est un territoire où l’eau, source de vie, reste une conquête quotidienne. Entre sécheresses récurrentes et infrastructures défaillantes, l’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires demeure un luxe pour beaucoup. Face à ce constat, RUTSATA déploie ses ambitions sur cinq départements – Abalak, Keita, Bouza, Madaoua et Malbaza – touchant 24 communes. En effet, l’objectif est  de briser le cercle vicieux de la vulnérabilité en offrant des services sécurisés et équitables, tout en renforçant la résilience des communautés face aux aléas économiques et climatiques.

Investissements vitaux : de l’eau potable aux latrines, des actions concrètes pour la vie

Le projet ne se contente pas de belles paroles : il s’ancre dans des actions concrètes. Trois systèmes d’approvisionnement en eau multi-villages et une station de pompage pastorale verront bientôt le jour, désaltérant près de 28 000 âmes. Dans 25 écoles, 5 000 élèves et enseignants bénéficieront de latrines adaptées à l’hygiène menstruelle, un geste qui transcende l’infrastructure pour toucher à la dignité humaine. Six centres de santé, accueillant 3 600 patients, se doteront quant à eux de blocs de latrines, posant les bases d’une santé publique renforcée. « Ce projet est une réponse vitale à l’épineuse question de l’eau à Tahoua », a déclaré le Gouverneur Tawayé, soulignant combien ces investissements s’alignent sur les priorités nationales, notamment le Programme Sectoriel Eau, Hygiène et Assainissement (PROSEHA) 2016-2030.

Tahoua, Niger : Lancement du projet RUTSATA, financé par les Pays-Bas, pour apporter eau et assainissement durable à des milliers
© Tahoua, Niger : Lancement du projet RUTSATA, financé par les Pays-Bas, pour apporter eau et assainissement durable à des milliers
Une alliance internationale solide : Pays-Bas et Helvetas unis pour transformer Tahoua

RUTSATA est le fruit d’une synergie exemplaire. En outre , le Royaume des Pays-Bas, par la voix de sa représentante Charlotte Verburg, a réaffirmé son engagement auprès du Niger. « Nos deux pays tissent une coopération solide, et ce projet illustre notre volonté d’améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les zones rurales », a-t-elle confié, saluant ainsi l’accueil chaleureux des autorités locales. De son côté, Lawaly Yahouza, représentant de Helvetas, a mis en avant l’expertise de l’ONG suisse, présente au Niger depuis 2012. « Notre succès avec des projets comme PHRASEA repose sur une approche qui responsabilise les acteurs locaux. » « Avec RUTSATA, nous reproduirons cette recette gagnante », a-t-il assuré, confiant dans le soutien des autorités et des services techniques.

Clé de la durabilité : l’appropriation locale par les collectivités, une approche essentielle

Au-delà des briques et des tuyaux, RUTSATA mise sur une gouvernance ancrée dans le terroir. En adoptant l’approche de Maîtrise d’Ouvrage par les Collectivités Territoriales (MOCT), le projet confie aux communes un rôle de pilote, garantissant une appropriation durable des réalisations. « L’ampleur de la tâche exige que chacun s’engage pleinement », a exhorté le Gouverneur, appelant à une mobilisation collective pour faire de cette vision une réalité tangible.

Une goutte d’espoir : RUTSATA, le projet qui veut faire de l’eau un droit pour tous

Dans une région où l’eau est aussi précieuse que rare, RUTSATA se dresse comme un phare. Plus qu’un projet, c’est un élan vital, un pari sur l’avenir où l’accès à l’eau et à l’assainissement ne sera plus un rêve, mais un droit. En somme, à Tahoua, cette journée marque le début d’un nouveau chapitre, porté par la détermination d’une communauté et la solidarité d’un partenariat international. L’eau coulera-t-elle bientôt pour tous ? L’espoir, lui, jaillit déjà.

Allemagne : Friedrich Merz, nouveau chancelier

Allemagne : Friedrich Merz élu chancelier dans la douleur, un second vote qui annonce un mandat sous haute tension

Ce 6 mai, Berlin a vibré d’un nouveau souffle. Friedrich Merz, avocat chevronné de 69 ans, a été élu chancelier de l’Allemagne au terme d’un second vote au Bundestag, succédant au social-démocrate Olaf Scholz. En effet,  ce couronnement, arraché après une première défaite historique – une première dans l’après-guerre dans laquelle un candidat désigné a trébuché au premier tour –, marque l’avènement du 10ᵉ chancelier de l’Allemagne moderne. À la tête d’une coalition fragile entre son bloc conservateur CDU/CSU et les sociaux-démocrates (SPD), Merz incarne l’espoir d’un redressement pour une nation aux prises avec une économie vacillante et des tensions sociales. Mais ce triomphe, teinté d’amertume, annonce un mandat sous haute tension, où chaque pas sera scruté.

Le Camouflet du premier vote : un revers historique qui révèle les fractures

Le chemin vers la chancellerie n’a pas été un long fleuve tranquille pour Friedrich Merz. Lors du premier vote, ce mardi matin, l’homme fort de la CDU, qui avait conduit son parti à la victoire aux élections fédérales de février 2025, a essuyé un camouflet retentissant. Avec seulement 310 voix, il a manqué de six suffrages l’absolue majorité requise de 316, malgré les 328 sièges de sa coalition. Ce revers, qualifié de « catastrophe complète », a révélé des dissensions internes, certains élus SPD ou CDU ayant, dans le secret de l’isoloir, retenu leur soutien. « Un échec sans précédent », a tonné Bernd Baumann, porte-parole de l’AfD, exploitant la brèche pour dénoncer une coalition « instable ».

Convoqué à 15h15, le second vote a toutefois rectifié le tir. Merz, galvanisé par l’urgence, a rallié les suffrages nécessaires, scellant son investiture. Cet épisode, bien que clos, laisse une ombre : dans une Allemagne habituée à la rigueur démocratique, ce faux pas inaugural fragilise un chancelier déjà contesté par 56 % des citoyens, selon un sondage ZDF. Angela Merkel, présente dans les travées du Bundestag, a observé en silence, son ombre tutélaire rappelant l’exigence d’unité que Merz peine encore à incarner.

Allemagne : Friedrich Merz est élu Chancelier au second tour, face à des défis colossaux après un vote laborieux qui annonce un mandat sous haute tension.
© Allemagne : Friedrich Merz est élu Chancelier au second tour, face à des défis colossaux après un vote laborieux qui annonce un mandat sous haute tension.
Friedrich Merz : un profil de droitier et une vision contestée par ses flirts politiques

À 69 ans, Friedrich Merz n’est pas un novice. Avocat prospère, ancien député européen et figure de l’aile droitière de la CDU, il a longtemps incarné une alternative à la modération merkelienne. Sa campagne, bâtie sur des promesses de rigueur budgétaire et de leadership européen, a séduit un électorat lassé par les crises en cascade : récession persistante, tensions commerciales avec les États-Unis et montée de l’Alternative für Deutschland, désormais seconde force au Bundestag. Pourtant, son positionnement controversé vis-à-vis de l’AfD, dénoncé par Merkel, a fracturé les centristes et alimenté les doutes sur sa capacité à unifier.

L’Allemagne à la croisée des chemins : les colossaux défis économiques et politiques qui attendent Merz

Merz hérite d’un pays à la croisée des chemins. Avec une croissance timide au premier trimestre 2025, l’Allemagne, première économie européenne, redoute l’impact des tarifs douaniers américains. Sur le plan diplomatique, Merz ambitionne de renforcer les liens avec Paris et Varsovie, bien que ses voyages prévus mercredi aient été reportés. À l’intérieur, la percée de l’AfD, qualifiée d’extrémiste par les services de renseignement, complique l’équation. « Merz doit être un unificateur, pas un diviseur », avertissent Chris Reiter et Will Wilkes, pointant ses instincts clivants.

Une coalition sur un fil : majorité étroite et tensions latentes menacent le mandat

La coalition CDU/CSU-SPD, avec une majorité étroite de 52 % des sièges, est un édifice fragile. Les frictions internes, exacerbées par le vote raté, laissent présager des négociations ardues. Un cadre éminent de la CDU/CSU a minimisé l’incident, promettant une victoire au second tour, tandis que Lars Klingbeil, leader SPD, a plaidé pour une discipline collective. Mais l’AfD, par la voix d’Alice Weidel, appelle à la dissolution du Bundestag, surfant sur l’humiliation de Merz pour exiger de nouvelles élections. Si les 14 prochains jours échouent à produire un chancelier, le président Frank-Walter Steinmeier pourrait nommer un candidat ou convoquer des élections anticipées.

Sous pression immédiate : défis colossaux et attente impatiente, les premiers tests du nouveau chancelier

À peine investi, Merz doit relever des défis colossaux. La guerre en Ukraine, les tensions transatlantiques et la lutte contre l’extrémisme exigent un leadership ferme. Sa proposition d’un programme d’emprunt massif pour la défense et les infrastructures illustre son ambition, mais suscite des critiques sur l’abandon du conservatisme fiscal. En somme, dans les rues de Berlin, où les manifestations contre l’AfD ont marqué l’hiver, l’attente est palpable : les Allemands, éreintés par six mois de vide politique, veulent des résultats. Merz, avec son verbe acéré et son passé d’avocat, a désormais la barre. Sa victoire, arrachée au forceps, est un prélude à une chancellerie sous haute surveillance. Comme le dit un proverbe allemand : « Le chêne le plus fort ploie sous la tempête. » À Merz de prouver qu’il peut tenir et fédérer, face aux bourrasques d’une Allemagne en quête de renouveau.

Niamey : L’Université Islamique secouée par une vague de violences

Chaos et colère à l’Université Islamique de Niamey : vandalisme et agressions attribués à l’USN, la communauté académique réclame justice !

Le 17 avril dernier, l’Université Islamique de Niamey, havre de savoir et de spiritualité, a été le théâtre d’une tempête d’une rare gravité. Des actes de vandalisme et d’agressions, attribués au secrétaire général de l’Union des scolaires nigériens (USN) et à des membres de sa Commission des affaires sociales et de l’ordre (CASO), ont plongé le campus dans la stupeur. Selon une pétition signée par 115 enseignants, chercheurs et personnels, ce déferlement de violence a laissé derrière lui plusieurs blessés, dont quatre étudiantes hospitalisées, ainsi que des attaques ciblées contre le vice-recteur, un chef de département et l’imam de la mosquée universitaire. Face à ce chaos, la communauté académique exige des poursuites judiciaires, dans un Niger où les tensions estudiantines, loin d’être nouvelles, menacent désormais la sérénité des institutions éducatives.

L’Éruption brutale qui a semé le chaos : récit des agressions et des victimes

Les événements du 17 avril, survenus en plein cœur du quartier Lazaret, ont transformé ce campus, qui accueille près de 5 000 étudiants, en un champ de désordre. Selon les pétitionnaires, des membres de la CASO, bras armé officieux de l’USN, auraient orchestré une série d’agressions, dégradant locaux et matériel – salles de cours, bureaux administratifs et équipements informatiques. Des assaillants ont directement pris pour cible le vice-recteur, un chef de département et l’imam, trois figures respectées. Quatre étudiantes, victimes collatérales, ont dû recevoir des soins médicaux. Un enseignant a qualifié ces actes de « profanation », faisant écho aux plaintes antérieures d’étudiantes dénonçant des agressions sur le campus, restées sans réponse concrète.

L’USN et sa CASO : au cœur de la controverse et des accusations

Par ailleurs, l’USN, principale organisation estudiantine du Niger, fédérant lycéens, collégiens et universitaires depuis 1960, est au cœur de la controverse. Sa CASO, créée pour maintenir l’ordre et gérer des services comme le transport ou la restauration, est régulièrement accusée de dérive autoritaire. Les incidents d’avril 2025, loin d’être isolés, ravivent les critiques contre une structure perçue comme un « État dans l’État » par certains enseignants.

L’université, reflet d’un pays sous tension : des campus, arènes de frustrations chroniques

L’Université Islamique, fondée en 1986 avec le soutien de l’Organisation de la coopération islamique, se veut un bastion d’excellence académique et religieuse. Pourtant, elle n’échappe pas aux soubresauts qui secouent le système éducatif nigérien. En 2018, l’Université Abdou Moumouni de Niamey, paralysée par une grève après l’agression d’un enseignant par la CASO, avait vu cinq responsables étudiants exclus. Ces antécédents, conjugués à la montée des tensions post-coup d’État de 2023, placent l’USN sous une pression croissante. Le Niger, confronté à l’insécurité djihadiste et à une crise économique, voit ses universités devenir des arènes dans lesquelles s’expriment frustrations et revendications. Les étudiants, dont 70 % vivent sous le seuil de pauvreté selon le PNUD, protestent souvent contre le retard des bourses ou l’état des infrastructures, comme lors des heurts de 2017 ayant causé la mort d’un étudiant.

Le cri des 115 signataires : la communauté académique exige justice et impunité zéro

La pétition des 115 signataires, en exigeant des poursuites judiciaires, marque une rupture. « Ces actes sapent la mission sacrée de l’éducation », déclarent-ils, appelant les autorités à « restaurer la dignité du campus ». Cette démarche fait écho à une prise de conscience collective : l’impunité ne peut perdurer. Déjà, des étudiantes, soutenues par des associations féminines, avaient dénoncé des agressions similaires en 2024, sans suite judiciaire.

Quel avenir pour l’Université Islamique ? Entre silence officiel, déni et recherche de solutions

L’éducation, pilier de la souveraineté nationale proclamée lors des Assises nationales de février 2025, est un enjeu stratégique. Pourtant, la réponse des autorités reste floue. Le ministère de l’Enseignement supérieur n’a pas commenté les incidents, tandis que l’USN, par la voix de son secrétaire général, nie toute implication, évoquant une « manipulation » visant à discréditer le mouvement étudiant. Cette posture rappelle 2018, lorsque l’USN dénonçait une « manœuvre » après l’exclusion de ses leaders. À Niamey, où l’Harmattan porte encore les échos des combats pour la justice sociale, l’Université Islamique attend des réponses.

La pétition, largement relayée sur les réseaux sociaux, a suscité une vague de solidarité, des enseignants d’Agadez et de Zinder exprimant leur soutien. Mais le défi est de taille : rétablir la confiance sans exacerber les tensions. Une médiation pourrait apaiser les esprits, à condition que les responsables soient identifiés et jugés. Dans un pays où 1,5 million d’enfants risquent la malnutrition, l’éducation reste un rempart contre le désespoir. Comme le dit un proverbe hausa : « La lumière de la connaissance éclaire même les nuits les plus sombres. » À l’Université Islamique, cette lumière vacille, mais refuse de s’éteindre.

Niamey s’illumine : une lueur d’espoir pour la capitale nigérienne

Niamey s’illumine ! 350 lampadaires solaires chassent l’ombre et révèlent le nouveau visage de la capitale

Niamey, cœur vibrant du Niger, a franchi une étape lumineuse vers la modernité ce 5 mai. Grâce à l’initiative « Opération Éclairage Niamey », portée par la municipalité avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de ses partenaires, 350 lampadaires solaires ont été offerts pour éclairer 8 kilomètres de voies urbaines. Inaugurée en présence de la ministre de l’Énergie, cette ambitieuse entreprise ne se contente pas de dissiper les ténèbres : elle promet sécurité, dynamisme économique et dignité pour les 1,4 million d’habitants de la capitale. Dans une ville où l’obscurité freinait la vie nocturne, cette lueur verte porte les germes d’une transformation profonde.

Niamey s'illumine : 350 lampadaires solaires installés dans la capitale, un projet vert porteur de sécurité et d'espoir pour les habitants.
© Niamey s'illumine : 350 lampadaires solaires installés dans la capitale, un projet vert porteur de sécurité et d'espoir pour les habitants.

350 lampadaires contre l’ombre et l’insécurité : le criant besoin d’éclairage qui freinait la capitale

Niamey, carrefour sahélien où se croisent commerçants, étudiants et éleveurs, souffrait jusqu’alors d’un déficit chronique d’éclairage public. Selon un rapport de la Banque mondiale, seuls 20 % des centres urbains nigériens bénéficiaient d’une électrification stable en 2023, contraignant les habitants à vivre au rythme du soleil. Les rues plongées dans l’obscurité devenaient le théâtre de petits larcins et d’insécurité, décourageant les activités économiques après le crépuscule. L’installation de ces 350 lampadaires solaires, couvrant 8 kilomètres linéaires, répond à un besoin criant. « Il ne s’agit pas seulement de lumière, mais de sécurité, de mobilité et de dignité humaine », a déclaré le colonel Soumana Garanké, administrateur délégué de Niamey, dans une allocution.

Niamey s'illumine : 350 lampadaires solaires installés dans la capitale, un projet vert porteur de sécurité et d'espoir pour les habitants.
© Niamey s'illumine : 350 lampadaires solaires installés dans la capitale, un projet vert porteur de sécurité et d'espoir pour les habitants.
Un élan vert et solidaire : la technologie solaire au service d’un développement durable

Fruit d’une collaboration entre la ville, le PNUD et des partenaires internationaux, cette opération s’inscrit dans une vision durable. Les lampadaires, alimentés par l’énergie solaire, réduisent la dépendance au réseau thermique, qui représente 80 % de l’énergie nigérienne. Leur design, inspiré de projets comme celui d’Agadez en 2016, intègre des batteries enterrées pour décourager le vol, un problème récurrent. La ministre de l’Énergie a salué un projet qui « favorise un environnement propice au développement économique et social ». Déployés sur des axes stratégiques, ces lampadaires prolongeront les heures d’activité des marchés, des boutiques et des échoppes, tout en sécurisant les déplacements nocturnes, notamment pour les femmes et les jeunes.

La jeunesse, force vive : comment l’éclairage solaire crée emplois et compétences

L’impact de l’« Opération Éclairage Niamey » transcende l’infrastructure. En mobilisant des jeunes pour l’installation et la maintenance des lampadaires, l’initiative crée des opportunités d’emploi dans une ville où 41 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon le PNUD. À Niamey, les bénéficiaires, formés par des techniciens locaux, acquièrent des compétences en énergie renouvelable, un secteur en plein essor. « Ces jeunes ne sont pas seulement des installateurs, ils sont les architectes d’un avenir plus lumineux ». Ce modèle, qui conjugue inclusion et innovation, pourrait devenir un blueprint pour d’autres villes sahéliennes.

Un défi dans un contexte fragile : assurer la durabilité face aux risques

Malgré son éclat, le projet s’inscrit dans un Niger sous tension. La conférence nationale de refondation, tenue en février 2025 à Niamey, a appelé à des investissements dans les infrastructures durables pour relancer l’économie. Dans ce contexte, l’« opération Éclairage Niamey » apparaît comme un symbole de résilience, prouvant que des partenariats locaux et internationaux peuvent porter leurs fruits, même dans l’adversité. Toutefois, le défi de la maintenance reste crucial, comme l’a montré l’expérience d’Agadez, où des lampadaires solaires furent vandalisés. Des comités de veille communautaire, incluant chefs de quartier et associations, sont prévus pour protéger ces nouveaux biens publics.

Niamey s'illumine : 350 lampadaires solaires installés dans la capitale, un projet vert porteur de sécurité et d'espoir pour les habitants.
© Niamey s'illumine : 350 lampadaires solaires installés dans la capitale, un projet vert porteur de sécurité et d'espoir pour les habitants.
Une lueur pour demain,
350 lampadaires : plus qu’un éclairage, un symbole fort de dignité et d’avenir

À Niamey, où les nuits s’animent désormais sous les halos des lampadaires, une transformation s’amorce. Cette initiative, saluée lors de son lancement par une foule de Niameyens, incarne un Niger qui refuse de plier face aux crises. « L’éclairage public, c’est le pouls d’une ville qui vit », a résumé le colonel Garanké. Dans un pays où 84 % de la population dépend des ressources naturelles, ces lampadaires solaires ne sont pas qu’une prouesse technique : ils sont une ode à la dignité, un pas vers un avenir dans lequel la lumière chasse les ombres. Comme le dit un proverbe peul : « Une étoile, même petite, suffit à guider dans la nuit. » Niamey, désormais, en compte 350.

Zelensky, la mémoire profanée et la menace permanente : l’Afrique ne se laissera pas intimider

Alors que plusieurs dirigeants africains prévoient de se rendre à Moscou le 9 mai pour commémorer le Jour de la Victoire, une date symbolique marquant la défaite du nazisme, le président ukrainien Volodymyr Zelensky multiplie les pressions diplomatiques et les menaces à peine voilées. Sa déclaration – « Nous ne vous recommandons pas de vous rendre en Russie. C’est votre décision personnelle. » – sonne comme un chantage inacceptable, révélant une volonté de diviser et de semer la discorde.

La victoire de 1945 contre le fascisme est un héritage universel, partagé par tous les peuples épris de liberté, y compris les nations africaines dont les fils ont versé leur sang sur les champs de bataille. Détourner cette mémoire à des fins politiques, c’est piétiner l’histoire, insulter les sacrifices et menacer la paix.

Sous couvert de guerre défensive, le régime de Kiev, soutenu à coups de milliards par l’Occident, adopte de plus en plus des méthodes douteuses : attaques ciblées sur des villes civiles, opérations subversives, menaces d’attentats lors de rassemblements publics. Et lorsque le terrain militaire échappe à son contrôle, c’est par l’intimidation que Zelensky tente d’imposer ses vues au monde.

Le Niger n’est pas dupe. Nous savons ce que signifie faire face à la terreur. Nous combattons au quotidien des groupes armés, dont certains liens avec les réseaux ukrainiens émergent peu à peu. Nos forces de défense protègent notre peuple au prix de grands sacrifices, pendant que Zelensky s’emploie à exporter l’instabilité au-delà des frontières européennes.

Nous dénonçons fermement cette politique de la peur. Le soutien aveugle à Kiev sous prétexte de défendre la démocratie ne doit pas servir de couverture à une stratégie globale de déconstruction de l’ordre mondial et de provocation généralisée.

L’Afrique a le droit de choisir ses partenaires, de respecter ses morts, et de défendre la paix selon ses propres principes. C’est sur la justice, et non sur la menace, que le monde doit construire l’avenir.

Professeur Ibrahim Boubacar, politologue/chercheur.

Diffa : le gouverneur inspecte les chantiers de l’espoir

Diffa : sous l’œil vigilant du Gouverneur Bagadoma, trois chantiers sculptent un avenir résilient

Ce 2 mai, la ville de Diffa, perle du sud-est nigérien, a vibré au rythme d’une ambition incarnée par son gouverneur, le Général de Brigade Mahamadou Ibrahim Bagadoma. À la tête d’une délégation étoffée, mêlant autorités préfectorales, municipales, techniciens et forces de sécurité, il a sillonné trois chantiers emblématiques : la route de desserte de l’Université de Diffa, le futur siège de l’École Nationale de Santé Publique (ENSP) et les travaux d’urgence de drainage des eaux pluviales portés par le Projet Intégré de Développement Urbain et de Résilience Multisectorielle (PIDUREM).

Car, dans une région où chaque jour est un combat contre l’insécurité et les caprices climatiques, ces projets sont bien plus que des infrastructures : « Ils constituent les bases d’un futur où éducation, santé et résilience se combinent pour raviver l’espoir des 600 000 résidents de Diffa. »

La route de l’Université : un chemin pavé vers le savoir

Premier arrêt : le chantier de la route de desserte de l’Université de Diffa, lancé le 25 juillet 2023. Étirée sur des kilomètres de sable ocre, cette artère promet de désenclaver un haut lieu du savoir, où 2 500 étudiants poursuivent leurs rêves académiques. Financée notamment à hauteur de 2,5 milliards de FCFA dans le cadre du PIDUREM, la route, avec ses 3,2 km de chaussée pavée, est un trait d’union entre la ville et l’université, facilitant la mobilité des étudiants et des enseignants. Pourtant, malgré des retards dans l’acheminement des matériaux, le taux d’exécution frôle les 70 %, une prouesse saluée par le gouverneur.

Commentant l’avancée, « Cette route n’est pas qu’un ruban d’asphalte ; elle pave le chemin de l’avenir pour notre jeunesse », a déclaré Bagadoma, scrutant les bulldozers avec une satisfaction contenue. Les techniciens, galvanisés, promettent une livraison d’ici fin 2025, un horizon qui pourrait transformer l’accès à l’éducation dans cette région reculée.

Le futur bastion de la santé prend forme : l’ENSP en chantier

Deuxième étape : le chantier de l’ENSP, un projet de 5,482 milliards de FCFA entamé en 2024 pour doter Diffa d’un bastion de formation sanitaire. Sur ce site, sur 15 hectares, ce futur complexe – avec ses salles de classe, son laboratoire et son amphithéâtre – formera des soignants capables d’affronter les défis d’une région où la rougeole (6 840 cas en 2025) et la malnutrition touchent durement. Les 584 élèves actuels, dont 71 % de filles, cohabitent encore avec le lycée technologique, mais l’avancée des travaux, à 63,38 % pour les salles de classe, laisse entrevoir une émancipation prochaine. Lors de son inspection, Bagadoma, inspectant les fondations, a loué le « travail méthodique » des équipes, tout en pressant pour une accélération. Avec force, « chaque jour gagné est une vie sauvée demain », a-t-il martelé, conscient que l’ENSP, une fois achevée, renforcera un système de santé fragilisé par des années de crises.

À Diffa, la visite du gouverneur sur trois chantiers majeurs symbolise l'espoir et l'engagement à bâtir un avenir de résilience
© À Diffa, la visite du gouverneur sur trois chantiers majeurs symbolise l'espoir et l'engagement à bâtir un avenir de résilience
Contre les inondations : des travaux de drainage, rempart pour Diffa

Dernier jalon : les travaux d’urgence de drainage des eaux pluviales, lancés le 8 mars 2025 sous l’égide du PIDUREM, financés par la Banque Mondiale à 140 milliards de FCFA pour l’ensemble du Niger. À Diffa, spécifiquement, où les inondations transforment les quartiers en marécages chaque saison des pluies, ce projet de 3 277 mètres de collecteurs et de caniveaux est une bouffée d’oxygène. En plus, les travaux, couvrant des zones comme Kinin Bassa, progressent à 55 %, avec des chaussées drainantes qui réduiront les risques sanitaires liés à l’eau stagnante. Pour le gouverneur, « ces caniveaux sont des veines qui feront respirer la ville », a souligné Bagadoma, saluant l’engagement des entreprises face aux défis logistiques. Effectivement, ce projet, couplé à la future digue de protection, incarne une réponse concrète aux inondations qui ont déplacé 10 000 personnes en 2024.

Un gouverneur en action avec de multiple chantiers: leadership et engagements tenus sur le terrain

Mahamadou Ibrahim Bagadoma, figure centrale de cette dynamique, ne se contente pas de présider des cérémonies. Au contraire, depuis sa prise de fonction, il multiplie les visites de terrain, de l’aménagement hydro-agricole de Kololla à la réception de logements sociaux à Gueskérou. D’ailleurs, sa tournée du 2 mai, ponctuée de directives précises, illustre un leadership ancré dans le concret. Selon lui, « ces chantiers sont des promesses tenues envers notre peuple », a-t-il affirmé, exhortant les équipes à respecter les délais. Clairement, sa présence, aux côtés des techniciens et des élus, envoie un message clair : à Diffa, le développement ne souffre ni de retard ni de complaisance.

Un horizon de résilience : éducation, santé, urbanisme, les piliers de la Diffa de demain

Au-delà de ces réalisations spécifiques, ces trois projets, bien que distincts, convergent vers un même idéal : faire de Diffa une région où l’éducation éclaire, la santé protège et l’urbanisme résiste. Dans un contexte dans lequel Boko Haram, bien qu’affaibli, reste une menace et où 129 015 déplacés cohabitent avec des communautés hôtes, chaque avancée est un acte de foi. À ce titre, le PIDUREM, avec ses 8,5 milliards de FCFA investis localement, traduit cette ambition, soutenue par des partenaires comme la Banque Mondiale. En guise de clôture, Bagadoma, en concluant sa visite, a réitéré son appel à l’unité : « Ces infrastructures changeront des vies, mais c’est ensemble que nous bâtirons une Diffa prospère. »

Visite des chantiers: un jour pour graver l’avenir de Diffa dans le sable

En somme dans le courant de cette journée, Diffa n’a pas seulement vu des chantiers progresser ; elle a vu s’élever, sous le regard d’un gouverneur déterminé, les prémices d’un avenir dans lequel les routes mènent au savoir, les écoles forgent des héros de la santé et les eaux pluviales cessent d’être une malédiction. Dans le sable du Manga, ces projets plantent des racines profondes, prêtes à défier les tempêtes.

Diffa : l’initiative Flagship, tisseuse d’espoir au cœur des crises

À Diffa, l’Initiative Flagship tisse la résilience au fil des solidarités

Diffa, 2 mai 2025 — Ce matin, dans la salle Kafougou Abba de la commune urbaine de Diffa, une réunion aux allures de pacte communautaire s’est tenue sous la houlette de M. Mahamadou Seyni, secrétaire de la mairie. Ce cinquième rendez-vous mensuel du Comité communal de coordination a réuni les artisans d’un ambitieux dessein : l’Initiative Flagship, un programme multisectoriel qui, tel un tisserand patient, renforce la résilience des villages vulnérables de cette région nigérienne éprouvée par l’insécurité, les crises humanitaires et les caprices du climat. À cette occasion, dans un élan d’échanges vibrants, des ONG comme ID-Vert, DEDI, Garkua, SOS Villages d’Enfants, ADESA et Oxfam ont dévoilé leurs avancées, traçant des sillons d’espoir dans un terroir aride.

Une mosaïque d’actions pour bâtir la résilience sur le terrain

L’Initiative Flagship, pilotée par l’Office de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) et lancée en 2023, incarne une vision audacieuse : placer les communautés au cœur de leur propre relèvement. En effet, à Diffa, où 129 015 déplacés internes cohabitent avec des hôtes sous la menace de Boko Haram et des inondations récurrentes, ce programme mise sur des interventions intégrées. Lors de la réunion, les partenaires ont exposé leurs réalisations de mars et avril 2025, couvrant un spectre aussi large que vital : sécurité alimentaire, éducation, protection de l’enfance, accès à l’eau potable et cohésion sociale.

Ainsi, ID-Vert, cheville ouvrière de la lutte contre l’insécurité alimentaire, a brillé par son soutien aux groupements agricoles. À travers des formations, des intrants et des projets d’irrigation, l’ONG a permis à des villages comme Boudouri ou Chétimari de cultiver malgré les sécheresses. De son côté, Garkua, fort de son expérience dans le programme de stabilisation financé par l’Union Européenne, a mis l’accent sur la gouvernance sécuritaire et les initiatives de retour des déplacés, avec 4 millions d’euros investis depuis 2022 pour revitaliser l’économie locale.

Parallèlement, SOS Villages d’Enfants, fidèle à sa mission, a renforcé la protection des orphelins et des enfants séparés, tandis qu’ADESA et DEDI ont multiplié les points d’eau potable, atteignant 5 601 personnes avec des campagnes d’hygiène. Enfin, Oxfam, quant à elle, a consolidé la cohésion sociale via des dialogues intercommunautaires, apaisant les tensions dans une région où les déplacés et les hôtes partagent des ressources rares.

Échanges fructueux : la synergie des acteurs éclaire le chemin

La réunion n’a pas été un simple défilé de bilans ; elle a vibré d’une synergie rare. Loin de là, les débats, qualifiés d’« enrichissants » par les participants, ont permis de confronter expériences et stratégies. À titre d’exemple, un représentant de DEDI a ainsi partagé comment les kits d’hygiène menstruelle distribués à 719 femmes ont restauré dignité et inclusion dans les villages. De même, de son côté, SOS Villages d’Enfants a plaidé pour une meilleure coordination des acteurs pour protéger les 24 écoles fermées à cause de l’insécurité. C’est pourquoi ces échanges, loin des monologues protocolaires, ont forgé une harmonisation des efforts, essentielle dans un contexte dans lequel chaque goutte d’eau, chaque sac de mil comptes.

La réunion du comité Flagship à Diffa a mis en lumière les efforts concertés des ONG et de la mairie pour bâtir la résilience des communautés
© La réunion du comité Flagship à Diffa a mis en lumière les efforts concertés des ONG et de la mairie pour bâtir la résilience des communautés
Les comités de plaintes : la voix essentielle des communautés vulnérables

Un point fort de la réunion a été la volonté de muscler les comités de plaintes, ces mécanismes qui captent les doléances des bénéficiaires. En effet, dans des villages dans lesquels l’accès aux autorités est un luxe, ces comités sont une bouée de sauvetage, garantissant que les préoccupations – qu’il s’agisse d’un puits défaillant ou d’une aide mal distribuée – remontent aux décideurs. Face à cela, les participants ont recommandé un accompagnement renforcé, via des formations et des ressources, pour que ces structures incarnent pleinement l’esprit participatif de Flagship. Comme le souligne un adage kanuri cité par Mamadou Brem, bénéficiaire à Boudouri : « Celui qui a besoin d’une aiguille n’a que faire d’une épée. »

Diffa : un terreau de défis, un horizon de résilience grâce à Flagship

Diffa, avec ses 600 000 habitants, est un microcosme des crises sahéliennes : insécurité liée à Boko Haram, déplacements massifs, inondations dévastatrices et malnutrition endémique. À titre d’illustration, en 2025, 6 840 cas de rougeole et 14 décès ont frappé le Niger, tandis que 1,6 million d’enfants risquent la malnutrition aiguë dans la région. Pourtant, Flagship, avec ses 49 communes engagées, transforme ce tableau sombre. En 2024, 32 086 personnes ont été sensibilisées à l’hygiène et des projets comme RECOSOC, lancé par Oxfam en 2023, ont renforcé la cohésion sociale dans des zones frontalières. Collectivement, ces efforts, modestes, mais cumulatifs, bâtissent une résilience qui défie l’adversité.

Au-delà de la réunion : un engagement collectif pour l’avenir de Diffa

En clôture de la réunion, Mahamadou Seyni a salué l’engagement des partenaires et réaffirmé le rôle pivot de la mairie comme trait d’union entre les communautés et les ONG. Unis dans cette vision, les acteurs, unanimes, ont promis de pérenniser ce cadre de concertation, véritable boussole pour des interventions cohérentes.

Dès lors, à Diffa, où le vent charrie autant de sable que d’espoir, l’initiative Flagship n’est pas qu’un programme : c’est un serment collectif, celui de faire germer la vie là où la survie semblait être l’unique horizon. Ainsi, alors que les villageois de Boudouri cultivent leur riz et que les écoliers retrouvent leurs salles de classe, chaque réunion comme celle du 2 mai est une pierre posée sur le chemin d’une Diffa plus forte, plus unie, plus vivante.