Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 33 sur 262

Côte d’Ivoire-Mali : Pourquoi Alassane Ouattara a gracié Mamadou Hawa Gassama

Libéré le 10 février après sept mois de détention à la Maca, l’ancien député malien Mamadou Hawa Gassama bénéficie d’une clémence présidentielle signée Alassane Ouattara. Derrière cette mesure de grâce se dessine une subtile partie d’échecs diplomatiques entre Abidjan et Bamako.

 

Le dénouement d’un bras de fer juridico-politique

Le verrou de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) a fini par céder. Condamné le 30 janvier dernier à trois ans de prison ferme pour « offense au chef de l’État », Mamadou Hawa Gassama a recouvré la liberté. En effet, le couperet judiciaire, qui semblait s’être abattu définitivement sur cet homme de 67 ans, s’est effacé devant un décret de grâce présidentielle.

C’est son conseil, l’influent ancien ministre malien de la Justice Me Mamadou Ismaïla Konaté, qui a officialisé la nouvelle sur les réseaux sociaux. L’avocat décrit un client « lucide et profondément soulagé », mettant ainsi fin à une séquence qui menaçait de raviver les tensions entre les deux capitales.

 

De « l’ennemi » à « l’admiration » : la stratégie du repentir

L’affaire remonte au 2 juillet dernier. Alors qu’il s’apprêtait à quitter le sol ivoirien après un séjour familial, ce membre du Conseil national de transition (CNT) malien est cueilli à l’aéroport d’Abidjan par la Direction de la surveillance du territoire (DST).

L’origine de cette arrestation tient à des déclarations incendiaires datant de septembre 2022, en pleine crise des « 49 soldats ivoiriens ». À l’époque, Gassama n’avait pas mâché ses mots, qualifiant Alassane Ouattara d’« ennemi du Mali ».

Pourtant, dans l’ombre des cellules, la rhétorique a changé. Pour obtenir cette clémence, la défense a joué la carte de la diplomatie directe :

  • L’âge du capitaine : les avocats ont mis en avant ses 67 ans pour des raisons humanitaires.
  • Le mea culpa : dans un courrier formulé dès le 10 juillet à Alassane Ouattara, Gassama a opéré un virage à 180 degrés, évoquant aussi son « admiration » pour l’implication du président ivoirien.

« En politique, l’insulte est souvent une monnaie d’échange, mais le regret reste la meilleure clé de sortie », confie un observateur de la sous-région.

 

Un miroir aux 49 soldats : la diplomatie du geste

Cependant, cette grâce présidentielle ne se lit pas sans un regard dans le rétroviseur. Elle fait écho, presque point par point, à celle accordée en janvier 2023 par le colonel Assimi Goïta aux soldats ivoiriens.

Si le geste d’Alassane Ouattara apaise les esprits, il n’efface pas tout. Le « franc-parler » de Gassama lui coûte une interdiction de séjour sur le territoire ivoirien pour une durée de trois ans. C’est aussi une manière pour Abidjan de signifier que si la porte de la prison est ouverte, celle du pays reste, pour l’heure, entrouverte avec méfiance.

 

 La justice est-elle devenue le prolongement de la diplomatie ?

Cette libération pose toutefois une question de fond : la justice nationale est-elle devenue un outil de régulation des crises régionales ?

Alors que l’espace CEDEAO se fragilise, ces « arrestations-négociations » interrogent sur la frontière entre le droit pénal et la raison d’État. En sélectionnant la grâce plutôt que l’appel, les parties privilégient le compromis politique à la vérité judiciaire. Un précédent qui, s’il évite l’escalade, rappelle que les orages ne se dissipent pas pour autant dans le ciel des relations Mali–Côte d’Ivoire.

Niger : Salem Bazoum acquitté par la justice – Fin du dossier

Accusé de « complot contre l’autorité de l’État » et de financement du terrorisme, le fils de l’ancien président nigérien, Salem Bazoum, a été blanchi par la justice nigérienne. Un acquittement assorti de dommages et intérêts qui sonne comme un désaveu pour l’accusation.

 

Un verdict sans équivoque

L’épilogue est tombé, et il est en faveur de la défense. Salem Bazoum, 23 ans, fils du président déchu Mohamed Bazoum, est désormais libre de toute charge. En effet, la justice nigérienne a prononcé son acquittement définitif dans l’affaire qui le lie à de présumées activités de déstabilisation.

Non seulement la Cour a prononcé la relaxe pure et simple , mais elle a également franchi une étape rare dans ce type de dossiers sensibles : elle ordonne aux accusateurs le versement de dommages et intérêts au profit du jeune homme. Un signal fort qui souligne l’absence de preuves matérielles dans un dossier qui aura tenu le pays en haleine pendant de longs mois.

Rappel des faits : Un dossier sous haute tension

Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, Salem Bazoum se trouvait dans l’œil du cyclone. d’abord  Les autorités l’ont détenu Salem Bazoum aux côtés de ses parents à la résidence présidentielle, avant de le transférer devant le tribunal militaire pour des poursuites.

Les charges portées contre lui étaient lourdes :

  • Complot et atteinte à la sûreté de l’État : Il lui était reproché d’avoir participé à des manœuvres visant à renverser les nouvelles autorités de transition.
  • Financement de groupes armés : L’accusation le soupçonnait également de servir de relais financier pour des mouvements hostiles au Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP).

Pourtant, dès janvier 2024, une première brèche s’était ouverte avec sa mise en liberté provisoire et son départ pour Lomé, suite à une médiation togolaise. Par ailleurs, ce verdict du 10 février 2026 vient clore définitivement le chapitre judiciaire de son exil.

Une justice nigérienne à l’épreuve de la politique

Pour de nombreux observateurs à Niamey, cet acquittement réaffirme l’indépendance de certains segments de la magistrature face aux dossiers à forte portée publique.

« La Cour a su dissocier le nom du prévenu de la charge politique de son dossier », commente un analyste local.

Finalement, en ordonnant une indemnisation financière pour le préjudice subi, la justice nigérienne envoie un message de stabilité et de prévisibilité, éléments essentiels pour la crédibilité des institutions en période de transition.

Diffa : la FDS inflige un coup au groupe armé MPLJ

Une opération menée par les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans la région de Diffa a permis de neutraliser plusieurs dizaines d’éléments armés affiliés au groupe MPLJ, actif dans le bassin du lac Tchad. Un coup dur porté à une organisation qui cherchait à renforcer sa présence dans une zone déjà fragilisée par des années d’insécurité.

 

Une opération ciblée dans un contexte de pression sécuritaire

La région de Diffa reste l’un des principaux théâtres de la lutte antiterroriste au Niger. Confrontées à des incursions répétées de groupes armés non étatiques, les Forces de défense et de sécurité poursuivent une stratégie de harcèlement et de démantèlement des cellules actives.

Selon des sources sécuritaires, une récente opération a permis de mettre hors d’état de nuire environ une trentaine de combattants appartenant au MPLJ, un groupe armé dont les activités visent à perturber la stabilité locale et à imposer par la violence son influence sur certaines zones rurales.

 

Le MPLJ, une menace sous surveillance

Peu connu du grand public, le MPLJ figure parmi les groupes armés surveillés par les services de sécurité pour ses tentatives de structuration et de recrutement dans le sud-est nigérien. Son leadership, attribué à Moussa Kounai, ferait l’objet d’un suivi particulier, notamment en raison de soupçons de coordination à distance et de soutiens extérieurs.

Les autorités nigériennes estiment que l’élimination de ces combattants constitue un coup d’arrêt significatif aux ambitions opérationnelles du groupe dans la région de Diffa, sans pour autant relâcher la vigilance.

Infos Militaires
© Infos Militaires

Une pression militaire maintenue

Cette action s’inscrit dans une dynamique plus large de sécurisation du territoire, alors que les FDS multiplient les patrouilles, les opérations de ratissage et le renseignement de proximité. L’objectif affiché reste inchangé : protéger les populations civiles, sécuriser les axes stratégiques et empêcher toute reconstitution de groupes armés.

Sur le terrain, les forces engagées continuent de faire face à des conditions difficiles, dans un environnement marqué par la mobilité des groupes armés et la porosité des frontières.

 

Résilience des populations et enjeu de stabilité durable

À Diffa, les populations civiles, éprouvées par des années de violences et de déplacements forcés, demeurent au cœur des préoccupations sécuritaires et humanitaires. Ainsi, les autorités appellent à renforcer l’articulation entre action militaire, soutien aux communautés locales et programmes de stabilisation.

Si cette opération marque une victoire tactique, elle rappelle aussi que la lutte contre l’insécurité dans le bassin du lac Tchad reste un combat de long terme, nécessitant constance, coordination régionale et résilience collective.

Pétrole : Le Niger et l’Indonésie vers une coopération (Pertamina)

À Niamey, l’Ambassadeur de la République d’Indonésie, Bambang Suharto, a tracé les contours d’une alliance stratégique avec le ministère du Pétrole. Objectif : une collaboration en « joint-venture » pour doper l’exploration et atteindre l’ambitieux cap des 400 000 barils par jour à l’horizon 2030.

 

Le Niger, nouveau carrefour des ambitions pétrolières en Afrique de l’Ouest, continue de diversifier son portefeuille de partenaires. Après les géants chinois et les intérêts régionaux, c’est au tour de l’Asie du Sud-Est de manifester son appétit pour le brut nigérien. À l’occasion de la présentation de ses lettres de créance, l’Ambassadeur indonésien Bambang Suharto a multiplié les signaux d’intérêt lors d’une séance de travail cruciale avec les cadres du ministère du Pétrole.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole

L’ombre du géant Pertamina

Au cœur de cette offensive diplomatique se trouve un acteur de poids : Pertamina. La société d’État indonésienne, qui opère déjà sur des marchés complexes comme l’Irak, l’Algérie ou le Nigeria, souhaite désormais s’implanter à Niamey. D’ailleurs, l’Indonésie ne vient pas en novice. L’ambassadeur a rappelé la puissance de frappe de son pays, citant également l’inauguration récente d’une méga-raffinerie d’une capacité de 330 000 barils par jour.

Pour Jakarta, l’offre est claire : une coopération sous forme de joint-venture axée sur deux piliers :

  1. Le transfert de technologie pour monter en compétence les cadres locaux.
  2. L’intensification de l’exploration pour libérer le potentiel encore enfoui du sous-sol nigérien.

 

Un potentiel sous-exploité : le chiffre qui interpelle

Face aux hôtes indonésiens, le Secrétaire général du ministère nigérien du Pétrole, Abdoul Karim Mohamed Ali, a dressé un état des lieux sans fard. Cependant, si le Niger est officiellement entré dans le club des exportateurs significatifs, le chemin reste long.

Le pays dispose de 45 blocs pétroliers, mais seulement neuf sont en exploration et un seul en production. Le chiffre clé avancé par le Secrétaire général est frappant : 70 % de la surface du Niger repose sur un bassin sédimentaire, mais seulement 6 % de cette zone ont été explorés à ce jour. Plus révélateur encore, la production actuelle de 110 000 barils par jour ne représente que 11 % du potentiel identifié sur cette infime portion explorée.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole

Cap sur les 400 000 barils en 2030.

L’ambition de Niamey est désormais chiffrée. Grâce au pipeline export le plus long d’Afrique, le Niger exporte déjà 90 000 barils par jour sur le marché international, tout en sécurisant 20 000 barils pour sa consommation domestique via sa raffinerie locale.

Mais pour atteindre l’objectif de 400 000 barils/jour d’ici 2030, le Niger sait qu’il doit briser ses monopoles de fait et attirer de nouveaux capitaux. Ainsi, l’arrivée de l’Indonésie dans le jeu pétrolier nigérien pourrait bien être le catalyseur nécessaire pour transformer ce « potentiel dormant » en une réalité économique sonnante et trébuchante.

Niger : Incendie au Grand Marché de Maradi, d’importants dégâts matériels

Dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 février 2026, un incendie d’une rare violence a ravagé le cœur économique de la capitale du Katsina. Alors que les sapeurs-pompiers luttaient encore contre les derniers foyers ce dimanche, l’heure est au constat d’un sinistre majeur pour le commerce régional.

 

L’ambiance est au recueillement et à la désolation devant les grilles closes du grand marché de Maradi. En effet, ce dimanche matin, une fumée blanche s’échappe encore des décombres fumants du hangar central, témoignant de l’intensité du brasier qui a illuminé la nuit de samedi.

Le Souffle de Maradi
© Le Souffle de Maradi

Le cœur économique de la ville en cendres

Les premières évaluations, bien qu’encore provisoires et émanant principalement des commerçants sinistrés, sont alarmantes. Par ailleurs, le feu a concentré sa fureur sur le secteur nord-ouest, important dans sa course le hangar central et de nombreuses boutiques adjacentes. Sur place, les visages sont graves. Pour beaucoup, c’est le travail d’une vie qui est parti en fumée dans l’espace de quelques heures.

 

Un ballet de solidarité et de consternation

Très tôt ce matin, les autorités morales et politiques se succèdent au chevet des victimes :

  • Le sultan du Katsina, Son Altesse Dan Baskore Ahmed Maremawa Ali Zaki, s’est rendu sur les lieux pour apporter son soutien aux populations et constater l’ampleur des dégâts.
  • Le ministre du Commerce, Abdoulaye Saïdou, en visite de travail fortuite dans la région, a immédiatement modifié son agenda pour se rendre aussi au cœur du sinistre.

Les forces de l’ordre et les sapeurs-pompiers, toujours mobilisés à 11 heures ce dimanche, coordonnent leurs efforts pour sécuriser la zone et prévenir toute reprise de feu, tandis que l’accès à l’intérieur du marché reste strictement contrôlé.

Le Souffle de Maradi
© Le Souffle de Maradi

Un élan de solidarité nationale

Le drame a suscité une vague d’émotion au-delà des frontières de la région de Maradi. Des acteurs du secteur privé, à l’image de la direction régionale de Nita Transfert d’Argent, ont exprimé leur solidarité, s’associant aux prières nationales pour l’apaisement des cœurs.

L’enjeu, désormais, sera d’évaluer avec précision l’origine de l’incendie — souvent lié aux installations électriques dans ces zones denses — et de mettre en place les mécanismes de reconstruction du capital commercial pour ces centaines de familles désormais privées de ressources.

Dogueraoua : escale du ministre de la santé pour évaluer les priorités sanitaires

De retour d’une mission dans l’est et le centre du pays, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a marqué une halte stratégique dans le département de Malbaza, au cœur d’une région engagée dans le renforcement de son dispositif sanitaire.

 

Le département de Malbaza, dans la région de Tahoua, a accueilli le lundi 9 février 2026 une étape significative de la tournée nationale du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique. En transit vers Niamey après une mission ayant conduit le membre du gouvernement à Diffa, Zinder et Tahoua, le ministre a été reçu à Dogueraoua par le préfet de Malbaza et l’administratrice déléguée de la commune, Rahannatou Aliou Malam Barmou.

Cette rencontre, à la fois institutionnelle et opérationnelle, a offert un cadre d’échanges directs sur les défis sanitaires auxquels font face le département de Malbaza et la commune de Dogueraoua, dans un contexte marqué par des besoins croissants en matière de prévention et d’accès aux soins.

Miroir de l'Ader
© Miroir de l'Ader

Santé publique : bilan et perspectives

Au cœur des discussions figuraient les actions récemment menées dans le domaine de la santé, notamment la campagne de vaccination contre la poliomyélite qui s’est achevée quelques jours plus tôt dans la zone. Une opération d’envergure, saluée par le ministre, qui a souligné l’engagement des autorités locales dans la mise en œuvre des politiques nationales de santé publique.

Le ministre a particulièrement félicité l’administratrice déléguée Rahannatou Aliou Malam Barmou pour les efforts consentis en faveur de l’amélioration de l’hygiène publique et de la couverture sanitaire, reconnaissant ainsi son rôle dans la mobilisation des acteurs locaux autour des priorités sanitaires.

 

Un dialogue au service des populations

Cette escale a également permis de dresser un état des lieux des infrastructures et des services de santé dans le département, tout en esquissant des pistes pour renforcer la qualité des soins et la prévention des maladies. Les échanges ont porté sur les besoins en équipements, en personnel et sur la consolidation des campagnes de vaccination et de sensibilisation communautaire.

De son côté, l’administratrice déléguée de Dogueraoua a réaffirmé sa détermination à poursuivre les efforts engagés afin de garantir un meilleur accès aux soins de santé pour les populations de la commune, en particulier dans les zones les plus vulnérables.

Miroir de l'Ader
© Miroir de l'Ader

Une étape révélatrice des enjeux territoriaux

Au-delà de son caractère protocolaire, cette rencontre illustre l’importance des concertations de terrain dans la conduite des politiques sanitaires au Niger. Dans des territoires où les défis logistiques et humains restent nombreux, le dialogue entre autorités centrales et responsables locaux apparaît comme un levier essentiel pour adapter les réponses publiques aux réalités du terrain.

La mission ministérielle se poursuit ainsi sous le signe de la coordination et du suivi, avec pour objectif affiché de consolider les acquis et de renforcer durablement le système de santé au service des populations nigériennes.

Agadez : le Groupe SOS renforce les capacités sanitaires de la région

Avec la remise d’un centre de traitement de la tuberculose, d’ambulances médicalisées et d’équipements municipaux, l’organisation humanitaire consolide son ancrage dans une région aux enjeux sanitaires et sociaux majeurs.

 

La région d’Agadez a franchi une nouvelle étape dans le renforcement de ses infrastructures sanitaires et urbaines. En effet, ce mardi 10 février 2026, le gouverneur de la région, le général de division Ibra Boulama Issa, a présidé au Centre hospitalier régional (CHR) d’Agadez la cérémonie officielle de réception d’un important lot de dons offerts par le Groupe SOS.

Au cœur de ce soutien figure un centre de traitement de la tuberculose, entièrement construit et équipé au profit du CHR d’Agadez. Une infrastructure stratégique dans une région confrontée à des défis persistants en matière de santé publique, notamment la prise en charge des maladies infectieuses.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Des équipements pour rapprocher les soins des populations

Le don comprend également trois ambulances médicalisées, destinées à renforcer la chaîne des urgences sanitaires dans des zones parfois enclavées. Par ailleurs, les autorités ont affecté ces véhicules respectivement au district sanitaire d’Arlit, au Centre de santé intégré (CSI) de Tabelot et à celui d’Abdineze, dans le département de Tanout.

À cet appui sanitaire s’ajoute un camion-benne remis à la commune urbaine d’Agadez, destiné à améliorer la gestion des déchets et l’assainissement urbain, un enjeu crucial dans une ville en forte croissance démographique.

L’ensemble de ces dons fait environ 262,5 millions de francs CFA. Un investissement significatif, dont l’objectif affiché est d’accompagner durablement les structures bénéficiaires afin d’améliorer la qualité des services rendus aux populations.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Une mobilisation institutionnelle et communautaire

La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses autorités civiles, militaires et coutumières, témoignant de l’importance accordée à cette initiative. Étaient notamment présents le secrétaire général de la région, le représentant du président-directeur général du Groupe SOS, le sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, par ailleurs président de l’Association des chefs traditionnels du Niger (ACTN), ainsi que l’administrateur délégué de la commune urbaine d’Agadez.

Le directeur régional de la Santé et de l’Hygiène publique, aux côtés des responsables des forces de défense et de sécurité, a également pris part à la cérémonie, soulignant la dimension transversale de ce partenariat, à la croisée des enjeux sanitaires, sociaux et territoriaux.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

À Agadez, le Groupe SOS renforce la résilience des services publics.

 

Dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires et des besoins croissants en infrastructures de base, l’appui du Groupe SOS illustre le rôle croissant des partenariats entre autorités publiques et acteurs humanitaires. À Agadez, région stratégique à la fois carrefour migratoire et zone sensible sur le plan sécuritaire, ces investissements contribuent à renforcer la résilience des services publics locaux.

Au-delà de la symbolique, ces équipements sont attendus comme des leviers concrets pour améliorer l’accès aux soins et les conditions de vie des habitants, dans une région où les défis restent nombreux et structurels.

Football U17 : les entraîneurs en formation à Abidjan avec l’UFOA-B

La quête de performance pour le football de base nigérien passe par la Côte d’Ivoire. Depuis le 8 février, le sélectionneur des nationaux U17 et son adjoint, Ibrahim « Himou » Lompo, participent à un séminaire de haut niveau organisé par l’UFOA-B. Objectif : s’imprégner des nouvelles tendances tactiques pour préparer la relève du Mena.

 

Le football moderne ne tolère plus l’improvisation, surtout dans les catégories de jeunes. C’est avec cette certitude que l’encadrement technique des cadets nigériens a posé ses valises à Abidjan. En effet, du 8 au 10 février 2026, la capitale économique ivoirienne devient le laboratoire du football de demain pour la zone Ouest B de la Confédération africaine de football (CAF).

Fédération Nigérienne De Football
© Fédération Nigérienne De Football

Décrypter les « nouvelles tendances »

Placé sous le thème évocateur des « nouvelles tendances du football moderne », ce séminaire zonal réunit quatorze techniciens issus des sept fédérations membres de l’UFOA-B. Pour le Niger, la présence du duo de tête de la sélection U17 est stratégique. ainsi Durant trois jours, les participants plongent dans une immersion théorique et pratique couvrant les piliers du haut niveau :

  • L’évolution tactique : une analyse fine de l’intelligence de jeu et des nouveaux schémas d’entraînement.
  • La dimension psychologique : un accent particulier est mis sur la préparation mentale, un facteur souvent négligé mais crucial pour la progression des jeunes joueurs.
  • Le cadre institutionnel : les modules abordent également l’arbitrage et les exigences liées aux licences CAF.

Fédération Nigérienne De Football
© Fédération Nigérienne De Football

Un investissement pour l’avenir du Mena

Pour la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT), ce renforcement de capacités vise aussi à harmoniser les méthodes locales avec les standards internationaux. En outillant ses sélectionneurs aux meilleures pratiques, le Niger espère non seulement stabiliser ses résultats régionaux, mais surtout assurer une transition de qualité vers l’équipe nationale A.

À Abidjan, Ibrahim « Himou » Lompo et son patron ne se contentent pas de recycler leurs acquis ; ils dessinent également les contours de ce que sera le jeu nigérien de demain : plus intelligent, mieux structuré et résolument moderne.

FICSA 2026 : Le Niger à l’honneur pour le Festival des Cultures Sahariennes au Tchad

Depuis le 6 février 2026, une importante délégation nigérienne conduite par le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine séjourne au Tchad. Entre diplomatie et traditions, le Niger s’impose au cœur de la 6ᵉ édition du Festival international des cultures sahariennes (FICSA) à Amdjarass.

 

Ouvert ce week-end dans le nord-est du pays, le festival met à l’honneur le Niger, désigné « Pays invité d’honneur ». La présence du Premier ministre, accompagnée d’une délégation de haut rang, dépasse le cadre folklorique pour réaffirmer l’unité de l’espace saharien et la solidité des liens entre Niamey et N’Djamena.

Arrivé vendredi dernier dans la capitale tchadienne avant de rejoindre les sables d’Amdjarass, Ali Mahamane Lamine Zeine n’est pas venu en simple observateur. Aux côtés du ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Mme Aghaichata Guichene Atta, du Colonel-Major Karimou Hima, conseiller technique du Chef de l’État ainsi que du ministre de la Refondation, il porte la voix d’un Niger pleinement engagé dans ce rendez-vous majeur de la région saharienne.

Mme Aghaichata Guichene ATTA
© Mme Aghaichata Guichene ATTA
Mme Aghaichata Guichene ATTA
© Mme Aghaichata Guichene ATTA

Le Niger, invité d’honneur d’un Sahel qui se raconte

En tant qu’invité d’honneur de cette édition 2026, le Niger ne s’est pas contenté d’une présence protocolaire. Pour Niamey, Amdjarass est une tribune pour réaffirmer son engagement en faveur de la promotion des cultures sahariennes et du développement d’un tourisme durable.

Ainsi , Lors du lancement officiel le samedi 7 février, les officiels ont privilégié le thème de la « refondation » des valeurs sociales, un sujet prioritaire pour les autorités nigériennes. La présence du ministre burkinabè de la Culture aux côtés de ses paires tchadiens et nigériens a également donnée à l’événement une dimension régionale, rappelant la convergence des pays de l’espace saharien sur les enjeux identitaires.

Mme Aghaichata Guichene ATTA
© Mme Aghaichata Guichene ATTA
Mme Aghaichata Guichene ATTA
© Mme Aghaichata Guichene ATTA

Entre traditions millénaires et diplomatie de proximité

La deuxième journée du festival, le dimanche 8 février, a été marquée par l’une des épreuves les plus emblématiques du désert : la course de dromadaires. En effet, réunissant des participants venus de treize pays africains, cette compétition a non seulement mis en lumière le savoir-faire local, mais aussi la robustesse des dromadaires tchadiens, véritables symboles de résilience dans cet environnement aride.

Par la suite, dans l’après-midi, la délégation a parcouru les allées du Village artistique du FICSA. Ainsi, la visite des stands a permis de découvrir la richesse de l’artisanat saharien, allant des bijoux touaregs aux cuirs travaillés, qui constituent de véritables leviers économiques pour les populations nomades.

Mme Aghaichata Guichene ATTA
© Mme Aghaichata Guichene ATTA

De plus, pour le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, cette immersion représente un signal fort : celui d’un Niger fier de son patrimoine et prêt à transformer sa diversité culturelle en un outil de rayonnement diplomatique et de stabilité régionale.

Enfin, à travers sa participation active au FICSA 2026, Niamey réaffirme son ambition : faire de la culture le ciment d’une coopération régionale renouvelée, où le tourisme et les valeurs sociales servent de remparts contre l’instabilité.

À Diffa, le ministre de l’Enseignement supérieur en mission

Diffa, 9 février 2026 – Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation technologique, le professeur Saidou Mamadou, a entamé ce lundi une visite de travail dans la région de Diffa. Prévue pour s’étendre jusqu’au 13 février, cette mission s’inscrit dans le cadre du suivi des politiques publiques du secteur et du renforcement de l’appui de l’État aux universités régionales.

 

Un accueil officiel à l’aéroport de Diffa

À son arrivée à l’aéroport Tandja Mamadou, le ministre a été accueilli par le gouverneur de la région, le général de division Mahamadou Ibrahim Bagadoma, entouré de plusieurs autorités administratives, coutumières et sécuritaires. Étaient notamment présents le recteur de l’Université de Diffa, Dr Moussa Mamoudou Boubacar, le secrétaire général de la région, le chef de canton de la Komadougou, ainsi que des représentants des forces de défense et de sécurité et des services techniques de l’État.

Cette mobilisation traduit l’importance accordée à une visite placée sous le signe de la concertation entre l’administration centrale et les acteurs locaux de l’enseignement supérieur.

 

Évaluer les infrastructures et les conditions académiques

Durant son séjour, le ministre Saidou Mamadou prévoit de visiter plusieurs infrastructures universitaires, achevées ou en cours de réalisation. Ces déplacements sur le terrain visent à apprécier l’état d’avancement des chantiers, mais aussi à identifier les contraintes auxquelles font face les établissements dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et logistiques.

Des rencontres avec les responsables académiques, les enseignants-chercheurs et les étudiants sont également au programme, afin d’échanger sur les conditions d’enseignement, de recherche et d’innovation à l’Université de Diffa.

 

Les Doctorales, temps fort de la mission ministérielle

Moment central de cette visite, le ministre procédera le 11 février à l’ouverture officielle de la quatrième édition des Doctorales de l’Université de Diffa, sur le campus universitaire. Par ailleurs, cette rencontre scientifique réunira doctorants, chercheurs et experts autour du thème de la gestion durable des écosystèmes et de la souveraineté alimentaire, une problématique majeure pour le Niger.

À travers cet événement académique, les autorités entendent valoriser la recherche scientifique comme levier de développement, en lien avec les priorités nationales et les réalités environnementales du pays.

En somme, la mission du ministre à Diffa illustre la volonté du gouvernement de rééquilibrer l’offre d’enseignement supérieur et de renforcer les capacités des universités régionales. Dans un contexte où l’éducation et la recherche sont des piliers de la résilience nationale, cette visite se veut à la fois un acte de suivi, d’écoute et de projection.