La réception de nouvelles batteuses sur les périmètres irrigués de la région d’Agadez marque une étape clé dans la stratégie de souveraineté alimentaire portée par Niamey.
L’image est forte pour les paysans de l’Aïr. Ce mardi 28 avril 2026, au cœur de la commune rurale d’Ingall, le silence du désert a laissé place au fracas métallique des nouvelles machines. Quatre batteuses de blé flambant neuves ont été officiellement réceptionnées sur les périmètres irrigués de Tiguirwit 1 et 2. Pour les coopératives locales, cette dotation fournie par l’Office National des Aménagements Hydro-Agricoles (ONAHA) n’est pas qu’un simple ajout technique ; c’est le signal d’un changement de paradigme.
En plus, cette initiative concrétise une promesse faite par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Mahamane Elhadji Ousmane. Dans ces zones arides où chaque grain compte, la mécanisation répond à une urgence : réduire les pertes post-récolte, souvent considérables lors du battage manuel traditionnel. Ces équipements viennent compléter une première batteuse multifonction déployée par la municipalité dès le 9 mars dernier, renforçant ainsi un arsenal technologique encore rare dans la région.
« Faciliter la tâche des producteurs, c’est garantir que l’effort fourni sous le soleil ne soit pas gâché par des méthodes rudimentaires », expliquait un responsable technique lors de la cérémonie, organisée en présence des autorités administratives, des techniciens et des coopératives d’exploitants agricoles.
Mais l’ambition ne s’arrête pas aux machines. En marge de la réception, les autorités et les représentants des coopératives ont inspecté un chantier d’envergure : l’aménagement d’un nouveau périmètre de 115 hectares. Selon les premières observations, les travaux avancent à un rythme satisfaisant, laissant présager une extension significative de la capacité productive d’Ingall dans les mois à venir.
Dans un contexte régional marqué par les défis climatiques et les impératifs de sécurité alimentaire, le dynamisme de Tiguirwit illustre la volonté de l’État nigérien de transformer ses zones irriguées en véritables pôles de croissance. Pour la région d’Agadez, l’enjeu est double : fixer les populations par des revenus agricoles stables et contribuer ainsi à l’autosuffisance nationale. À Ingall, la révolution du blé semble bel et bien en marche.
Au premier jour d’un deuil national de deux jours marqué par la disparition du général Sadio Camara, le Premier Ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga a pris la parole pour dénoncer des attaques coordonnées d’une ampleur inédite. Entre hommages funèbres et rhétorique de combat, Bamako pointe du doigt des « sponsors » étrangers et réaffirme sa marche vers le « Mali Kura ».
C’est un exercice de haute voltige politique auquel s’est livré, ce lundi, le chef du gouvernement malien. Dans une atmosphère lourde, alors que les drapeaux sont en berne sur les bâtiments publics, le Premier ministre a rompu le silence après les événements tragiques du 25 avril. Si le pays est meurtri par la perte du général Sadio Camara, figure centrale de l’appareil sécuritaire, le message de la Primature se veut sans ambiguïté : la Transition ne vacillera pas.
Au-delà de l’émotion légitime, l’analyse livrée par Bamako dessine les contours d’une menace qui dépasse le simple harcèlement djihadiste. Selonle Général de Division Abdoulaye Maïga, les assauts simultanés ayant visé plusieurs localités du territoire ne visaient rien de moins qu’un basculement de régime. « Le but de l’ennemi était de conquérir le pouvoir en démantelant les institutions », a-t-il affirmé, transformant ces incidents en une tentative de coup de force avortée.
Trois objectifs étaient recherchés : semer la peur, briser la cohésion nationale et affaiblir la détermination collective. Trois réponses ont été données : confiance, unité et engagement renforcé. Pour Bamako, l’ampleur du mode opératoire trahit une logistique qui ne peut être le seul fait de groupes isolés.
En évoquant explicitement des « sponsors » et des « États parias », le gouvernement déplace le curseur du conflit vers une dimension géopolitique, accusant des puissances extérieures — sans toutefois les nommer — d’instrumentaliser la terreur pour entraver le processus de Refondation.
Néanmoins, les autorités conservent tout leur réalisme militaire. Reconnaissant la nature asymétrique du combat, le Premier ministre a admis l’obligation de tirer les leçons du 25 avril. Si le bilan officiel fait état de « centaines de terroristes neutralisés », la porosité des menaces impose une remise en question permanente des dispositifs de sécurité.
Le gouvernement présente cette capacité d’ajustement comme le rempart indispensable contre l’objectif psychologique des assaillants : semer le doute au sein de la cohésion nationale. À cet égard, l’hommage au général Camara, décrit comme ayant choisi de « mourir les armes à la main », sert de catalyseur à une mystique du sacrifice que Bamako souhaite infuser dans toute la population. Le Premier ministre a également salué la résilience des Maliens, qui continuent de croire en leur armée et en la Refondation.
L’horizon non négociable du « Mali Kura »
Malgré la rudesse des temps, le ton est resté empreint d’une fermeté souverainiste. En citant le troisième couplet de l’hymne national — « La voie est dure, très dure » —, le chef du gouvernement a préparé les esprits à une guerre de longue haleine.
Pour le pouvoir en place, la lutte contre le terrorisme est désormais indissociable de l’édification du Mali Kura (le Mali nouveau). Au lieu de freiner le projet de refondation, les récentes attaques lui donnent au contraire la force de durcir sa posture. En s’adressant directement à ceux qui se laissent « manipuler », le Premier ministre a lancé un ultime appel au ralliement patriotique, rappelant que pour la Transition, la dignité nationale ne fera l’objet d’aucune concession, même sous la pression des balles.
En conclusion, le Général de Division Abdoulaye Maïga a invoqué une référence spirituelle tirée du Coran : « Toute âme goûtera la mort », rappelant que le sacrifice des militaires et des civils tombés est un choix de dignité et de patriotisme. Ensemble, a-t-il martelé, « nous ferons le Mali Kura ».
La capitale nigérienne a vibré, le dimanche 26 avril 2026, au rythme d’une mobilisation citoyenne d’envergure. Pour la 24ᵉ édition de sa journée mensuelle de salubrité, la Ville de Niamey a transformé ses artères en un vaste chantier de propreté. Derrière l’opération de nettoyage se cache un enjeu politique majeur : ancrer le civisme dans l’ADN de la transition.
Alors que Niamey s’étend et se modernise, la gestion des déchets demeure un défi structurel pour les autorités municipales. Ce dimanche, dès les premières lueurs du jour, l’ambiance était particulière dans les cinq arrondissements communaux. Services municipaux, acteurs communautaires et simples citoyens se sont relayés sur plusieurs sites stratégiques pour une opération de « salubrité totale ».
Toutefois, au-delà du ramassage des ordures, cette 24ᵉ édition marque une étape symbolique. En franchissant le cap des deux ans de régularité pour ce rendez-vous mensuel, la municipalité prouve que l’assainissement n’est plus une action ponctuelle, mais une véritable politique publique de long terme.
Pourquoi un tel déploiement de moyens ? Pour les autorités de la Ville, ce rendez-vous s’inscrit en droite ligne des orientations de la « Refondation ». L’idée est simple mais ambitieuse : bâtir une capitale centenaire où la propreté n’est pas imposée, mais pratiquée par conviction.
Engagement collectif : la mobilisation massive de ce dimanche témoigne d’une prise de conscience croissante des populations.
Changement de paradigme : en impliquant directement les citoyens, la Ville de Niamey tente de réduire la fracture entre l’administration et les administrés autour d’un objectif commun : la santé publique.
« La salubrité est l’affaire de tous », martèle l’hôtel de ville, rappelant que la préservation de l’environnement est le socle de tout développement durable.
Cependant, le plus dur reste à faire : transformer cet élan dominical en une habitude quotidienne. Si la journée mensuelle permet de traiter les points noirs de la capitale, la gestion des déchets ménagers et le curage des caniveaux nécessitent une vigilance de chaque instant.
En effet, pour que Niamey devienne cette vitrine saine et respectueuse des règles d’hygiène tant espérée, les autorités municipales insistent sur la nécessité de maintenir cet esprit de volontariat au-delà des journées officielles.
En définitive, le succès de cette 24ᵉ édition est un signal fort envoyé aux partenaires du Niger. Il démontre que la capitale est capable de se mobiliser pour améliorer son cadre de vie. Pour les observateurs, cette dynamique est aussi un test de crédibilité pour la gouvernance urbaine, prouvant que la « Refondation » se joue aussi — et peut-être surtout — au coin de la rue, un balai à la main.
À Niamey, le vaste chantier du complexe universitaire de l’Université Abdou Moumouni (UAM) tente de rattraper le temps perdu. Entre impératifs sécuritaires et ambitions académiques, le ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Mamadou Saidou, s’est rendu sur place, lundi 27 avril, pour sceller un nouveau pacte de confiance avec les bâtisseurs.
Le soleil de plomb qui pèse sur Niamey ce lundi ne semble pas entamer l’optimisme de la délégation ministérielle. Sur le site de 20 hectares destiné à devenir le nouveau poumon de l’Université Abdou Moumouni, l’heure est au constat, mais surtout à la remobilisation. Quinze mois après le coup d’envoi officiel donné le 4 février 2025 par le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, le Pr Mamadou Saidou est venu observer de visu la mue de ce qui doit devenir un pôle d’excellence pour la jeunesse nigérienne.
Si le projet est d’envergure, son accouchement ne se fait pas sans douleur. En effet, le taux d’exécution affiche aujourd’hui un modeste 6 %, selon les techniciens mobilisés sur place. Ce chiffre, qui pourrait paraître dérisoire pour un chantier lancé début 2025, est le reflet direct des turbulences que traverse le pays. La priorité absolue accordée à l’effort de guerre et à la sécurisation du territoire a, par effet de ricochet, ralenti les flux financiers initialement fléchés vers les infrastructures éducatives.
Toutefois, ce retard semble désormais appartenir au passé. « Je suis satisfait de ce que j’ai vu », a martelé le ministre, entouré d’un aréopage de techniciens et de cadres du rectorat. Pour les autorités, l’enjeu dépasse la simple pose de briques : il s’agit de prouver que l’État, malgré les crises, reste capable d’investir dans le capital humain.
Sur le terrain, les engins s’activent pour sortir de terre une véritable cité dans la cité. Le futur complexe prévoit notamment :
Des amphithéâtres de dernière génération ;
Des dortoirs pour pallier la crise récurrente du logement étudiant ;
Un restaurant universitaire dimensionné pour la démographie croissante de l’UAM.
Le représentant de l’entreprise Builders, Mahamadou Bakoye, ne cache pas les défis logistiques rencontrés lors de la phase de démarrage. Tout en rassurant sur la poursuite fluide des travaux, le chef de projet a néanmoins lancé un plaidoyer feutré en direction de l’exécutif. Selon lui, la réussite de ce « vaste chantier » repose sur une condition sine qua non : la stabilité de l’environnement administratif et financier. En somme, une fluidité institutionnelle qui permettrait d’éviter de nouveaux arrêts de travail.
Au-delà de l’inspection technique, cette visite prend une dimension politique notable. En se déplaçant avec le Secrétaire Général, le Vice-Recteur de l’UAM, le Directeur Général de l’EMIG, mais aussi la Directrice des Marchés publics et l’Inspecteur général des services, le Pr Mamadou Saidou affiche une unité de commandement. Il s’agit de rassurer une communauté estudiantine souvent prompte à l’inquiétude face aux promesses d’infrastructures qui s’éternisent.
« Créer les conditions de l’évolution sans entrave », tel est désormais le leitmotiv des parties prenantes. Alors que le Niger cherche à diversifier ses leviers de développement par l’innovation technologique, le complexe de l’UAM apparaît comme le symbole d’une résilience académique. Si les fondations sont encore fragiles, la volonté politique, elle, semble vouloir s’inscrire dans le béton.
Le Mali a connu, ce samedi 25 avril 2026, l’une des journées sécuritaires les plus critiques de ces derniers mois. Des attaques coordonnées attribuées à des groupes armés terroristes ont visé simultanément plusieurs localités stratégiques, provoquant une réaction immédiate des autorités et un resserrement sécuritaire à l’échelle nationale.
Une offensive d’envergure sur plusieurs fronts
Selon nos informations, les attaques ont ciblé plusieurs villes clés du pays, notamment Bamako, Kati, Sévaré, Gao et Kidal.
Les autorités évoquent des attaques complexes et coordonnées, visant des positions militaires et des points sensibles, confirmant une montée en puissance tactique des groupes jihadistes opérant sur le territoire.
Le bilan officiel fait état d’au moins 16 blessés, civils et militaires confondus, tandis que des dégâts matériels sont signalés, bien que qualifiés de limités.
À Bamako comme dans les villes ciblées, ces événements ont provoqué un climat de tension palpable, poussant de nombreux habitants à limiter leurs déplacements et à suivre avec inquiétude l’évolution de la situation.
Les Forces armées maliennes (FAMa) ont engagé une riposte immédiate face à cette offensive.
Face à cette offensive, les Forces armées maliennes (FAMa) ont engagé une riposte rapide.
L’État-major affirme que :
les attaques ont été contenues puis repoussées
plusieurs assaillants ont été neutralisés
des opérations de ratissage sont toujours en cours dans plusieurs zones
L’armée a fait preuve de professionnalisme et de réactivité. Selon ses communications, elle évoque la neutralisation de “plusieurs centaines de terroristes” – un bilan avancé par les autorités militaires et qui ne peut, à ce stade, faire l’objet d’une confirmation indépendante.
Un pays sous tension sécuritaire maximale
Dans la foulée des attaques, les autorités ont pris des mesures exceptionnelles.
À Bamako, un couvre-feu de 72 heures a été instauré, de 21 h à 6 h du matin, reconductible si nécessaire. La décision, signée par le gouverneur du district, vise à faciliter les opérations militaires et à prévenir toute infiltration.
Dans le nord, la région de Gao a également vu son couvre-feu réaménagé, désormais fixé de 19 h 30 à 6 h 00, signe d’une vigilance accrue dans une zone historiquement instable.
Les autorités appellent par ailleurs la population :
au calme et à la vigilance
à éviter la diffusion d’informations non vérifiées
à se référer uniquement aux canaux officiels
Dans ce contexte, les autorités rappellent les numéros d’urgence à contacter en cas de situation suspecte ou de danger :
Police : 101
Gendarmerie Nationale : 111
Protection civile : 122
Les populations sont appelées à faire preuve de vigilance et à signaler tout comportement suspect via ces canaux officiels.
Communication politique et démonstration d’autorité
Le gouvernement a pris la parole dans un communiqué dans la soirée pour :
condamner fermement les attaques
saluer l’engagement des forces de défense
rassurer la population sur un retour au contrôle total de la situation
Dans un ton résolument martial, les autorités promettent de traquer et de traduire en justice les auteurs, complices et commanditaires.
Cette communication s’inscrit dans une stratégie désormais bien rodée : afficher fermeté, maîtrise et souveraineté face à une menace persistante.
Entre contrôle affiché et incertitudes persistantes
Malgré les assurances officielles, plusieurs éléments invitent à la prudence.
Si les autorités affirment que la situation est désormais sous contrôle, la simultanéité des attaques sur plusieurs villes révèle une capacité de coordination élevée des groupes armés et soulève des interrogations sur leur aptitude à frapper en profondeur.
Par ailleurs :
certaines zones du territoire restent difficilement contrôlables
les bilans militaires avancés ne peuvent être confirmés de manière indépendante
la question du renseignement demeure centrale : comment une telle offensive a-t-elle pu être préparée et menée sans être détectée ? Les Maliens attendent des explications sur les failles de leurs services de renseignement, censés prévenir ce type de scénario.
Ces événements rappellent que, malgré les offensives répétées des FAMa, la menace jihadiste demeure profondément enracinée.
Un tournant sécuritaire ?
Cette journée du 25 avril pourrait marquer un tournant dans la crise malienne :
soit comme une démonstration de résilience de l’État, capable de contenir une attaque d’ampleur
soit comme le signe d’une nouvelle phase d’intensification du conflit
Dans un contexte régional déjà fragilisé, le Mali demeure plus que jamais au cœur des enjeux sécuritaires du Sahel. Au-delà des bilans et des communiqués, c’est désormais la capacité du Mali à anticiper plutôt qu’à subir qui sera scrutée.
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C’est un signal fort pour la coopération militaire au Sahel. Le jeudi après‑midi, le cabinet du Ministre d’État, Ministre de la Défense nationale, a été le théâtre d’échanges stratégiques de premier plan. Le Général d’Armée Salifou Mody y a accueilli le Commandant de la Force Unifiée de l’AES, le Général de Brigade Daouda Traoré, accompagné de son adjoint, le Colonel‑Major Moussa Seydou Bachir.
Une audience stratégique au sommet de la Défense
Cette rencontre s’est déroulée en présence de hauts cadres du ministère, notamment le Secrétaire général adjoint, le Général de Brigade Mamane Souley, et le Directeur des études stratégiques, le Colonel‑Major Bello Aboul Hassane. Concrètement, cette audience a permis à la délégation de faire le point sur le fonctionnement opérationnel de la Force Unifiée. Par ailleurs, ce fut l’occasion pour le commandement de recueillir les orientations directes du Ministre d’État pour la suite des opérations.
Des directives pour sécuriser l’espace sahélien
Face aux enjeux actuels, le Général d’Armée Salifou Mody a réitéré sa disponibilité totale à accompagner la Force Unifiée AES dans sa mission régalienne. Toutefois, il a insisté sur un point crucial : la nécessité de renforcer la coordination et l’efficacité des interventions. En effet, pour le ministre, la réponse aux défis sécuritaires qui pèsent sur la région ne peut être que collective, soulignant ainsi que la stabilité régionale dépend impérativement de l’unité d’action sur le terrain.
Vers une souveraineté collective renforcée
Au-delà de son caractère protocolaire, cette visite de courtoisie confirme l’engagement indéfectible du ministère de la Défense nationale à soutenir les troupes de l’Alliance. Elle s’inscrit ainsi dans la volonté des autorités de consolider la coopération militaire entre les États membres et de bâtir une architecture de défense commune face aux menaces transfrontalières.
En somme, en recevant le Commandement de la Force Unifiée, le Ministre de la Défense a rappelé que l’Alliance des États du Sahel n’est pas une simple structure administrative, mais une force vive appelée à incarner la résilience et la souveraineté collective des peuples du Sahel.
Le sable de Tchintabaraden a vibré ce vendredi 24 avril sous les pas d’une foule immense. La localité, berceau historique des grands rendez‑vous de réconciliation, a accueilli le lancement officiel de la Journée nationale de la Concorde. Les autorités ont choisi ce haut lieu symbolique pour réaffirmer la souveraineté et renforcer le tissu social dans un contexte de transition.
Dès les premières heures, les habitants ont investi les lieux pour manifester leur attachement aux valeurs de solidarité et de vivre‑ensemble. La cité s’est parée de ses plus beaux atours et a offert une ambiance festive et solennelle. Cette mobilisation massive a confirmé aussi l’importance de cette date pour la stabilité intérieure du Niger.
Le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine a présidé personnellement la cérémonie, soulignant ainsi la priorité que l’exécutif accorde à la paix civile. À ses côtés, le Général de division Mohamed Toumba, Ministre d’État chargé de l’Intérieur, et le Général de brigade Amadou Diddili, Président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix, ont incarné l’engagement institutionnel.
Des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), plusieurs ministres, ainsi que des autorités administratives, coutumières et religieuses ont également pris part à l’événement, donnant à la célébration une dimension nationale.
Les autorités ont utilisé cette tribune pour exalter les valeurs de cohésion sociale, considérées comme des remparts indispensables contre l’insécurité. Elles ont réaffirmé leur engagement à œuvrer pour un Niger apaisé, souverain et résolument tourné vers un avenir de concorde. En plus, les discours ont insisté sur l’implication de chaque citoyen, des chefs coutumiers aux autorités religieuses, dans la construction d’un destin commun.
« La paix n’est pas un vain mot, c’est un comportement que nous cultivons ici pour l’ensemble du Niger », a déclaré un participant, résumant l’esprit de la journée.
En définitive, la célébration de Tchintabaraden ne s’est pas limitée à un rappel historique des accords passés. Elle a marqué un nouveau départ, placé sous le signe de la souveraineté et de la cohésion sociale. Alors que les défis sécuritaires persistent, la Journée nationale de la Concorde 2026 s’impose comme une étape cruciale pour souder la nation derrière un idéal de paix durable.
Le coup d’envoi de la campagne de vaccination a été donné ce jeudi 23 avril dans la capitale nigérienne. Durant trois jours, les agents de santé sillonneront la ville pour protéger les moins de cinq ans, une priorité sanitaire absolue pour les autorités de la transition.
Dans la lutte contre la poliomyélite, le Niger ne baisse pas la garde. Ce jeudi 23 avril, le gouvernorat de Niamey a servi de cadre au lancement officiel d’une nouvelle campagne de vaccination, en présence de Moumouni Goungouban, secrétaire général de la Ville de Niamey. Un événement qui marque le début d’une offensive sanitaire de grande ampleur dans la région.
Dès ce vendredi 24 avril et jusqu’au dimanche 26 avril, des milliers de vaccinateurs s’engageront dans une course contre la montre. L’objectif est clair : administrer les précieuses gouttes à tous les enfants âgés de 0 à 5 ans.
Si le Niger a réalisé des progrès significatifs ces dernières années, les autorités rappellent que la menace persiste, alimentée par la mobilité des populations et la porosité des frontières. Dès lors, cette campagne ne constitue pas une simple routine, mais une étape déterminante pour maintenir le pays sur la voie de l’éradication totale de la maladie.
La « responsabilité collective » au cœur du dispositif
Toutefois, l’efficacité de la vaccination dépend d’un facteur crucial : l’adhésion des populations. Pour que la campagne soit un succès, les agents de santé doivent pouvoir accéder à chaque foyer, y compris dans les zones les plus densément peuplées de la capitale.
C’est pourquoi les autorités locales ont lancé un appel pressant à la collaboration. « La réussite de cette opération repose principalement sur la responsabilité collective », a insisté le secrétaire général Moumouni Goungouban. En d’autres termes, les parents sont invités non seulement à présenter leurs enfants, mais aussi à faciliter le travail des équipes mobiles qui mèneront des opérations de porte-à-porte.
Un défi de santé publique en période de transition
En plaçant la santé maternelle et infantile au cœur de son agenda, le gouvernement de transition cherche à démontrer sa capacité à assurer les services sociaux de base malgré les défis logistiques.
Au-delà de l’aspect médical, ce déploiement constitue également un test de mobilisation sociale. Alors que les agents de santé s’apprêtent à investir les quartiers de Niamey, le message est clair : chaque enfant vacciné représente un rempart supplémentaire pour la santé publique nigérienne. La bataille pour un Niger sans polio se joue désormais dans chaque foyer.
Biométrie, charbon géant et encadrement des loyers : le dernier Conseil des ministres nigérien, tenu sous la houlette du Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a accouché d’une batterie de réformes destinées à refonder l’État. Décryptage d’une stratégie qui mêle sécurité de fer et relance économique.
À Niamey, le ton est à la rupture. Loin des simples ajustements techniques, le Conseil des ministres du 22 avril 2026 a dessiné les contours d’un Niger nouveau, résolument tourné vers la maîtrise de ses ressources et de son identité. Sous l’autorité du général Tiani, le gouvernement de transition a activé plusieurs leviers stratégiques pour consolider ce qu’il nomme la « souveraineté nationale ».
Le premier volet de cette refondation est administratif. Constatant l’obsolescence des registres actuels, le pouvoir a adopté une refonte totale de l’état civil. Désormais, la biométrie devient la règle. Pour piloter cette mutation, l’Agence nationale de l’enregistrement et de l’identification des personnes physiques (ANEI) voit le jour. L’objectif est double : garantir une identité unique à chaque citoyen et, par extension, mieux contrôler les flux de population dans un contexte de menaces transfrontalières.
Parallèlement, et sans surprise, les autorités ont durci le cadre juridique relatif au port d’armes. Face à la criminalité organisée, le décret adopté vise à actualiser des textes devenus inadaptés à la réalité du terrain, renforçant ainsi le contrôle de l’État sur la circulation des armes à feu sur le territoire.
Énergie et mines : le pari du charbon de Salkadamna
C’est sans doute le volet le plus spectaculaire de cette session : l’attribution d’un permis d’exploitation pour le gisement de charbon de Salkadamna, dans la région de Tahoua. Confié à la société Wanda Group SA, ce projet pharaonique est estimé à 1,75 milliard de dollars.
Pour le Niger, l’enjeu dépasse la simple extraction minière. Il s’agit de produire de l’électricité à grande échelle afin de réduire la dépendance énergétique vis-à-vis des pays voisins, tout en créant des milliers d’emplois. Cette ambition est d’ailleurs inscrite dans un nouveau Code de l’électricité, qui ouvre désormais la voie aux financements privés et aux énergies renouvelables.
Social et foncier : l’État s’invite dans le quotidien des Nigériens
Sur le front intérieur, deux mesures phares pourraient changer la donne pour les ménages :
Le logement : le gouvernement a tranché la question sensible du foncier en reconnaissant officiellement la coexistence des droits écrits et coutumiers. Plus marquant encore, un décret fixe désormais les critères de tarification des loyers sur l’ensemble du territoire, une mesure attendue par les populations urbaines face à la flambée des prix.
La nationalité : pour faciliter la vie des administrés, le gouvernement a décentralisé la délivrance des certificats de nationalité au niveau des tribunaux d’instance et des arrondissements communaux. Une simplification administrative qui vise aussi à rapprocher l’État du citoyen.
Économie : protéger le « Made in Niger »
Enfin, le volet économique n’est pas en reste. Le Conseil a adopté une charte des PME/PMI et instauré un système de marquage des produits (importés comme locaux) afin de lutter contre la fraude et la contrebande. Pour stimuler l’investissement local, une Agence de promotion de l’actionnariat populaire (APAPEC) a été créée, prônant un modèle d’entrepreneuriat communautaire.
En multipliant les chantiers — de la réhabilitation des routes nationales (RN1, RN25) à la préparation de la Journée nationale de la Concorde —, le Conseil de transition semble vouloir démontrer que le temps de l’attentisme est révolu. Les autorités doivent désormais relever le défi de la mise en œuvre de ces réformes ambitieuses, dans un pays où les attentes sociales égalent aussi l’ampleur des chantiers qu’a ouverts le Général Tiani.