Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 32 sur 262

Tchad : la mort d’un Français ravive les inquiétudes sécuritaires

La nouvelle a rapidement franchi les frontières. Le corps sans vie de Paul Ferreri, ressortissant français enlevé la veille, a été retrouvé ce vendredi aux environs du campement touristique de Bachikele. Le gouvernement tchadien a annoncé la découverte dans un communiqué publié par le ministère du Tourisme, de la Culture et de l’Artisanat.

Les forces de défense et les services de renseignement, soutenus par des moyens aériens, ont retrouvé la dépouille vers 11 heures, selon les autorités.

 

Une mobilisation sécuritaire d’envergure

Dès que les autorités ont signalé l’enlèvement, elles ont immédiatement déployé un dispositif conjoint sur le terrain. L’intervention coordonnée des forces de sécurité tchadiennes, renforcée par des appuis techniques, témoigne de la sensibilité de l’affaire.

Le Tchad, acteur central des équilibres sécuritaires au Sahel, fait face à des défis persistants liés aux groupes armés et aux trafics transfrontaliers. Par ailleurs, les autorités n’ont pas encore précisé les circonstances exactes du rapt et du décès, mais cet épisode rappelle la vulnérabilité de certaines zones, y compris celles à vocation touristique.

 

Un enjeu diplomatique

La mort d’un ressortissant français sur le sol tchadien aura des répercussions diplomatiques. Dans ce contexte, les relations entre N’Djamena et Paris, qui reposent sur une coopération historique notamment en matière de défense et de sécurité, apparaissent particulièrement exposées.

Les autorités scruteront avec attention la gestion de l’enquête et la communication autour des circonstances du drame. Au-delà de l’émotion, l’affaire pose la question de la sécurisation des sites touristiques et de la protection des expatriés dans une région en tension.

 

Tourisme et sécurité, un équilibre fragile

Le Tchad cherche depuis plusieurs années à valoriser son potentiel touristique, entre désert, massifs montagneux et parcs naturels. Mais la sécurité demeure un préalable incontournable au développement de ce secteur.

La découverte du corps de Paul Ferreri intervient dans un environnement régional où les enlèvements, bien que moins fréquents qu’au plus fort des crises sahéliennes, restent une menace réelle.

Alors que les autorités promettent de faire toute la lumière sur cette affaire, ce drame souligne une réalité persistante : dans certaines parties du Sahel, la stabilité demeure un chantier inachevé.

Tahoua : après les flammes, la peur continue de hanter les marchés

La nuit du 12 février a été marquée par un nouvel épisode inquiétant dans le paysage commercial nigérien. Un début d’incendie s’est déclaré au marché moderne dit « Marché STM » dans la ville de Tahoua, provoquant une vive émotion parmi les commerçants.

Alertés rapidement, les sapeurs-pompiers sont intervenus pour maîtriser les flammes avant qu’elles ne se propagent aux autres étals. La police a, de son côté, sécurisé le périmètre afin d’éviter tout débordement et de faciliter les opérations de secours.

Gouvernorat de Tahoua
© Gouvernorat de Tahoua

Une intervention rapide, des dégâts limités

Selon les premières constatations, le feu a pu être circonscrit à temps, limitant ainsi l’ampleur des pertes matérielles. Aux environs de 22 heures, les autorités municipales se sont rendues sur les lieux pour évaluer la situation et rassurer les commerçants.

Si l’origine exacte du sinistre reste à déterminer, une enquête devrait permettre de préciser les circonstances de cet incident. Pour l’heure, aucun bilan officiel détaillé n’a été communiqué quant aux pertes enregistrées.

 

Une série d’incendies préoccupante

Ce nouvel incident survient dans un climat déjà préoccupant. Depuis plusieurs semaines, des incendies frappent plusieurs grands centres commerciaux du Niger, tandis que les autorités peinent encore à en déterminer clairement les causes.

La semaine dernière, un violent incendie a ravagé le Grand Marché de Maradi. Quelques jours plus tôt, les flammes avaient causé d’importants dégâts au Grand Marché Dollé de Zinder. Des sinistres similaires ont également touché les marchés de Diffa et de Niamey.

Face à cette série d’événements, les interrogations se multiplient. Les observateurs évoquent tour à tour des installations électriques défectueuses, des imprudences humaines ou encore des actes criminels. À ce stade toutefois, les enquêtes en cours n’ont pas encore permis d’établir une conclusion officielle.

Gouvernorat de Tahoua
© Gouvernorat de Tahoua

Un enjeu économique majeur

Les marchés constituent le cœur battant de l’économie nigérienne. Ils concentrent une grande partie des activités commerciales et représentent la principale source de revenus pour des milliers de familles.

Chaque incendie fragilise non seulement les commerçants directement touchés, mais aussi l’ensemble de la chaîne économique locale. Dans ce contexte, la question de la prévention devient cruciale : contrôle des installations électriques, renforcement des dispositifs anti-incendie, sensibilisation des usagers.

À Tahoua comme ailleurs, l’heure est désormais à la vigilance. Car au-delà des flammes éteintes, c’est la résilience du tissu économique urbain qui se joue.

 

Incendies en série : l’opinion publique exige des réponses rapides

 

Face à cette spirale inquiétante, l’opinion publique attend désormais des réponses claires et rapides. Les commerçants, déjà fragilisés par la conjoncture économique, ne peuvent se permettre de nouvelles pertes. Il appartient donc aux autorités compétentes, et en premier lieu aux services de sécurité et d’enquête, d’accélérer les investigations afin d’identifier les causes exactes de ces sinistres. Car chaque jour sans clarification nourrit l’angoisse. Et dans un pays où les marchés constituent le cœur de l’activité économique, personne ne souhaite voir un nouveau brasier embraser un autre centre commercial.

Burkina Faso : 5 milliards CFA pour l’autonomie du CONASUR

Au Burkina Faso, le chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a acté jeudi le renforcement sans précédent de la flotte du CONASUR. Un investissement de 5 milliards de francs CFA qui vise à libérer l’aide d’urgence de la dépendance aux transporteurs privés.

 

Au Burkina Faso, la réponse aux crises ne dépendra plus seulement de la volonté des prestataires extérieurs. En remettant officiellement les clés de 64 camions au ministère de la Famille et de la Solidarité, le mercredi 11 février 2026, le Burkina Faso a franchi une étape majeure dans la gestion des urgences nationales.

Primature Burkina Faso
© Primature Burkina Faso

Une logistique de fer pour des interventions rapides

Ce convoi flambant neuf, composé de divers types de porteurs adaptés aux terrains difficiles, est destiné au Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR). L’enjeu est stratégique : permettre au bras humanitaire de l’État d’agir en toute autonomie.

Jusqu’à présent, le ravitaillement des populations en détresse et le déploiement de l’aide lors de catastrophes dépendaient souvent de contrats avec des entreprises de transport privées. Désormais, avec une capacité d’intervention propre, le gouvernement entend réduire les délais de réaction et optimiser les coûts opérationnels.

Primature Burkina Faso
© Primature Burkina Faso

Le « Made in Burkina » à l’honneur

Au-delà de l’investissement colossal dépassant les 5 milliards de francs CFA issus du budget national, le gouvernement célèbre avant tout l’expertise locale. Le Premier ministre a tenu à souligner que l’aménagement technique de ces véhicules a mobilisé le savoir-faire des artisans et ingénieurs nationaux. Une manière de démontrer que la résilience du pays passe aussi par la valorisation de ses propres compétences industrielles.

Primature Burkina Faso
© Primature Burkina Faso

Une exigence de pérennité

Toutefois, cette montée en puissance s’accompagne d’une mise en garde ferme. Face à l’état-major du ministère et aux responsables du CONASUR, le chef du gouvernement a insisté sur la « gestion rigoureuse » de ce patrimoine. Dans un contexte de rareté des ressources, la durabilité de ces engins sera le véritable baromètre du succès de cette acquisition historique.

Avec cette flotte de combat contre la précarité, Ouagadougou espère non seulement répondre aux besoins immédiats, mais aussi envoyer un signal de stabilité : celui d’un État qui s’équipe pour protéger les siens, par ses propres moyens.

 

Plus qu’un convoi, un bouclier logistique

Au-delà de l’alignement de châssis et de carrosseries sur le bitume, cette dotation de 64 véhicules dessine les contours d’une nouvelle doctrine de l’État burkinabè : la souveraineté de l’urgence. En investissant massivement sur ses propres forces, le gouvernement ne se contente pas de moderniser un parc automobile ; il cherche à briser les chaînes de l’impuissance logistique.

Dans un pays où la rapidité du secours est souvent une question de survie, ne plus être tributaire des aléas du marché privé est un luxe stratégique devenu nécessité. Le défi, désormais, ne sera plus d’acquérir, mais de maintenir. Car si ces camions sont les nouveaux vaisseaux de la solidarité nationale.

 

Niger-Unicef : Quel plan d’action pour l’enfance en 2026-2027 ?

Le Comité de pilotage  du Programme de Coopération Gouvernement du Niger – UNICEF a lancé, ce jeudi 12 février à Niamey, ses travaux d’évaluation. Entre le bilan d’une année 2025 intense et les projections pour le prochain biennal, l’objectif reste le même : sanctuariser les droits des plus vulnérables.

 

Dans un contexte sahélien où les défis humanitaires se conjuguent au futur simple, le Niger et l’Unicef entendent stabiliser les fondations de l’avenir : l’enfance. Ce jeudi matin, les deux partenaires ont ouvert la session de leur Comité de pilotage, un rendez-vous institutionnel désormais crucial pour la coordination de l’aide au développement et de l’action sociale.

Unicef
© Unicef

Un bilan 2025 sous le signe de la résilience

L’exercice du jour ne se limite pas à une simple formalité administrative. Il s’agit d’abord de mesurer l’impact réel de la « synergie d’actions » déployée tout au long de l’année écoulée. En 2025, malgré les vents contraires, le renforcement de l’accès aux droits fondamentaux a permis de maintenir une protection vitale pour des milliers d’enfants nigériens.

Ce partenariat, que les autorités qualifient de « constant », a permis de transformer des intentions politiques en résultats concrets sur le terrain, notamment dans les zones les plus isolées du pays.

Unicef
© Unicef

Santé et éducation : les chantiers prioritaires de 2026-2027

La Revue Annuelle entamée ce matin jette également les bases d’une feuille de route ambitieuse pour les deux prochaines années. Le Niger et l’agence onusienne ont réaffirmé une liste de priorités qui ne souffre aucune concession :

  • La survie de l’enfant : un accent renouvelé sur la santé néonatale et la nutrition.
  • Le capital humain : L’éducation et l’accès universel à l’eau potable comme leviers de développement.
  • Le bouclier social : un renforcement de la protection contre les violences de toutes natures.

« Notre engagement n’est pas seulement institutionnel, il est moral », murmure-t-on dans les couloirs de la réunion.

L’enjeu des mois à venir sera d’amplifier ces mécanismes de protection sociale pour qu’ils atteignent chaque foyer, même au cœur des crises.

Alors que les travaux se poursuivent pour affiner la planification 2026-2027, ce Comité de pilotage rappelle que la coopération entre Niamey et l’Unicef reste l’un des piliers majeurs de la politique de bien-être des populations les plus fragiles au Niger.

Agadez : le ministre du Commerce lance un périmètre maraîcher et inspecte les stocks

Le ministre du Commerce et de l’Industrie a multiplié les étapes dans la cité minière ce jeudi 12 février. Entre inauguration agricole pour la jeunesse et inspection des stocks céréaliers, l’enjeu est double : assurer l’autonomie alimentaire et désamorcer la précarité sociale.

 

Dans le désert de l’Aïr, l’économie ne se joue plus seulement sous terre, mais aussi à la surface. En mission de travail ce jeudi 12 février 2026 à Agadez, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a déployé un agenda centré sur l’urgence de la production locale. Accompagné d’un cortège de haut rang, dont le gouverneur, le général de division Ibra Boulama Issa, et le sultan de l’Aïr, le ministre a voulu marquer la proximité entre l’État central et les périphéries du pays.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Tassakantalam : le maraîchage comme rempart à la précarité

Par ailleurs, l’étape phare de cette journée s’est déroulée à Tassakantalam, dans la commune urbaine d’Agadez. Là, un nouveau périmètre maraîcher a été officiellement lancé. Destiné prioritairement aux jeunes de la région, ce projet ne se veut pas seulement agricole ; il est aussi une réponse politique au chômage et à l’exode.

Financée par la coopération italienne et orchestrée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), cette initiative baptisée « IDDEE JEUNE » illustre la nouvelle stratégie de développement local : transformer des zones arides en bassins de production. Ana Fonseca, cheffe de mission de l’OIM au Niger, a d’ailleurs reçu les hommages des structures de jeunesse locales pour cet appui jugé déterminant dans l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

L’ombre du Ramadan et la sécurité alimentaire

Au-delà de l’insertion professionnelle, le ministre Seydou a tourné son regard vers les étals. À quelques encablures du mois sacré de Ramadan, période traditionnellement marquée par une forte pression sur les prix, la visite des entrepôts de l’Office des produits vivriers du Niger (OPVN) d’Agadez a pris des airs d’inspection stratégique.

Face aux stocks de céréales et de denrées de première nécessité, le membre du gouvernement a affiché une sérénité prudente. En fait, pour les autorités nigériennes, l’enjeu est de taille : éviter toute rupture d’approvisionnement et contenir l’inflation dans une région où les circuits logistiques restent fragiles.

En s’assurant de la disponibilité des vivres sous l’œil vigilant du Sultan Oumarou Ibrahim Oumarou, garant de la stabilité sociale, Abdoulaye Seydou rappelle aussi que la souveraineté alimentaire reste le socle de la paix civile en cette période de transition.

Niger : fin d’un réseau de trafic de carburant à Arlit

Au Niger, le bras de fer entre les autorités de la cité minière et les réseaux de fraude vient de connaître un tournant décisif. Vingt-quatre heures après la mise en garde du Préfet d’Arlit, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont démantelé un circuit illégal de revente d’essence. Un coup de filet qui donne raison au discours de fermeté du Lt-colonel Almoustapha Ousmane.

Arlit
© Arlit

Le démantèlement d’un système bien huilé

L’opération a été chirurgicale. Alors que les rumeurs de pénurie de carburant commençaient à saturer l’espace public à Arlit, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont mis au jour ce que beaucoup soupçonnaient : une rétention organisée.

Le mode opératoire des fraudeurs était aussi simple que lucratif. Des conducteurs de tricycles et de taxis-motos s’approvisionnaient massivement au prix officiel à la pompe, soit 499 F CFA le litre, pour ensuite alimenter un marché noir parallèle. Dans les quartiers de la ville, le précieux liquide se revendait entre 1 500 et 3 000 F CFA, soit jusqu’à six fois son prix initial.

 

« La vérité contre la rumeur »

Ce coup de filet intervient dans un climat de tension médiatique. Pas plus tard qu’hier, lors d’un point de presse, le Préfet du département, le Lt-colonel Almoustapha Ousmane, pointait du doigt la responsabilité de certains transporteurs à trois roues dans l’assèchement artificiel des stocks.

« Je réaffirme que le problème n’était pas l’approvisionnement, mais la spéculation et la fraude organisée », a martelé le Préfet suite à l’intervention des FDS.

Pour les autorités locales, cette opération est une victoire contre la désinformation. En créant une pénurie fictive, les spéculateurs ne se contentaient pas de s’enrichir ; ils fragilisaient aussi la paix sociale dans une région déjà sous pression.

Arlit
© Arlit

Un enjeu de sécurité et de justice sociale

Au-delà de l’aspect économique, cette saisie revêt un caractère sécuritaire majeur. Dans le grand Nord nigérien, le contrôle des flux de carburant est un enjeu stratégique pour éviter que l’essence ne vienne alimenter des réseaux plus opaques.

Par ailleurs, le Préfet d’Arlit a tenu à saluer le professionnalisme des FDS, rappelant que la fermeté restera de mise. Le message est clair : la protection du pouvoir d’achat des populations ne sera pas sacrifiée sur l’autel des intérêts particuliers des « trafiquants du quotidien ».

Niger : Le ministre du Commerce Abdoulaye Seydou en mission à Agadez

Après une étape remarquée à Zinder, le ministre nigérien du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a posé ses valises ce mercredi 11 février 2026 dans la cité de l’Aïr. Accueilli avec les honneurs militaires et civils, le membre du gouvernement entame une visite de terrain cruciale pour l’économie septentrionale.

Un accueil aux portes du désert

C’est à l’entrée de la commune urbaine d’Agadez que le dispositif d’accueil a pris corps. Le Gouverneur de la région, le Général de Division Ibra Boulama Issa, a tenu à marquer la solennité de l’événement en recevant personnellement le ministre Abdoulaye Seydou.

Cette mission, qui intervient dans un contexte de relance des échanges commerciaux transfrontaliers, a aussi  mobilisé le haut sommet de la hiérarchie régionale. Aux côtés des autorités administratives et des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), la présence de la chefferie traditionnelle a souligné l’importance de ce déplacement.

Entre impératifs industriels et autorité traditionnelle

Le Sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, également Président de l’Association des chefs traditionnels du Niger (ACTN), faisait partie de la haie d’honneur. Sa présence n’est pas fortuite : à Agadez, l’économie et la tradition marchent d’un même pas, et le soutien des autorités coutumières est également essentiel pour toute réforme industrielle ou commerciale d’envergure.

Le ministre était également attendu par l’Administrateur délégué de la commune urbaine, le Directeur régional du Commerce et de l’Industrie, ainsi que par l’état-major régional des Forces de défense et de sécurité.

Quels enjeux pour cette visite ?

En provenance de Zinder, véritable carrefour marchand, Abdoulaye Seydou semble vouloir prendre le pouls des marchés du Nord, essentiels pour l’approvisionnement du pays. Par ailleurs, cette itinérance ministérielle s’inscrit dans la volonté du gouvernement de transition de renforcer la souveraineté économique au plus près des réalités territoriales.

En somme, les priorités se concentrent sur la régulation des prix des produits de première nécessité, le soutien aux unités industrielles locales et la sécurisation des corridors commerciaux.

 

Niger : Prières collectives à Agadez et Arlit pour la stabilité

Dans un contexte régional marqué par des enjeux de sécurité persistants, les populations du nord du Niger se sont rassemblées ce mercredi 11 février 2026. D’Agadez à Arlit, autorités civiles, militaires et chefs religieux ont uni leurs voix pour une journée de dévotion nationale, à quelques semaines du début du mois de Ramadan.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Le cœur d’Agadez bat à la grande mosquée Emiskini.

Sous les minarets chargés d’histoire de la Grande Mosquée du Sultanat de l’Aïr, l’image était forte. Le Gouverneur de la région, le Général de Division Ibra Boulama Issa, et le Sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, ont pris place aux côtés des fidèles pour une séance de lecture intégrale du Saint Coran.

L’objectif affiché par les organisateurs est clair : invoquer la protection divine pour le Niger face aux « tentatives de déstabilisation ». Ce rassemblement, qui a réuni toutes les couches socio-professionnelles, se veut un rempart spirituel et un acte de cohésion derrière les autorités de la transition.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Arlit et Dannet : la ferveur gagne le désert

Par ailleurs, le mouvement de dévotion ne s’est pas limité à la capitale régionale. À Arlit, cité minière par excellence, le préfet, le Lieutenant-Colonel Almoustapha Ousmane, a également conduit une cérémonie similaire à la grande mosquée de la ville.

Le message porté par les autorités est celui de la gratitude. Au nom du chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, le préfet a transmis les encouragements du sommet de l’État aux Oulémas, saluant ainsi un « engagement à la fois religieux et citoyen ».

Signe que cette mobilisation irrigue les zones les plus reculées, le préfet s’est ensuite rendu à Tchintaghat, dans la commune rurale de Dannet. Dans ce village, la prière s’est doublée d’un geste patriotique : une collecte spontanée au profit du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP) a permis de mobiliser la somme de 61 000 FCFA.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

La foi comme levier de résilience

À l’approche du mois béni de Ramadan, les autorités administratives ont invité les Nigériens à pérenniser ces moments de recueillement. Pour les observateurs locaux, ces rassemblements massifs, où se côtoient képis et turbans, visent à réaffirmer l’unité du pays alors que les défis sécuritaires restent au cœur des préoccupations.

Au-delà de l’aspect purement religieux, cette journée de prières collectives fonctionne aussi comme un baromètre de la mobilisation populaire et du soutien aux Forces de défense et de sécurité (FDS), citées au cœur de toutes les invocations ce mercredi.

Zinder : Le ministre du Commerce serre la vis sur le gaz GPL

Zinder, 11 février — Le gouvernement nigérien serre la vis dans la filière du gaz domestique. En déplacement dans la région de Zinder, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a mené une série d’inspections inopinées dans les centres emplisseurs de la capitale du Damagaram et de ses environs. Objectif affiché : s’assurer de la disponibilité du GPL (gaz de pétrole liquéfié) et du respect strict des prix réglementés.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie

Des contrôles techniques approfondis

Dès son arrivée dans chaque site visité, le ministre a procédé à un examen minutieux des installations. Infrastructures techniques, chaîne de mise en bouteille, normes de sécurité, conditions de stockage, procédures d’approvisionnement et environnement de travail du personnel : aucun maillon n’a été épargné.

Cette tournée de terrain visait à évaluer la capacité opérationnelle réelle des centres emplisseurs, mais aussi à vérifier leur conformité aux standards en vigueur en matière de sécurité et de remplissage. Le gaz domestique, considéré comme un produit stratégique, occupe une place centrale dans la politique énergétique nationale.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie

Des manquements pointés du doigt

Au terme de ces visites, le constat dressé par le ministre s’est voulu ferme. Lors d’une réunion élargie tenue au gouvernorat de Zinder en présence des autorités administratives, des Forces de défense et de sécurité (FDS), des responsables des centres emplisseurs et des représentants des revendeurs, Abdoulaye Seydou n’a pas caché son insatisfaction.

Selon lui, plusieurs insuffisances ont été relevées, notamment des entorses à la réglementation en vigueur. Il a dénoncé des pratiques susceptibles d’entretenir une pénurie artificielle et de fausser le marché, au détriment des consommateurs et de l’État. Des comportements assimilés à des manœuvres spéculatives visant à tirer profit d’un produit de première nécessité.

 

Rappel strict de la réglementation

Face aux acteurs de la filière, le ministre a détaillé — y compris en langue haoussa — la structure officielle des prix du GPL ainsi que les dispositions de l’arrêté du 10 décembre encadrant la commercialisation du gaz domestique au Niger.

Ce texte précise les obligations incombant aux centres emplisseurs et aux revendeurs, ainsi que les sanctions prévues en cas de non-respect. Le gouvernement a accordé aux opérateurs un délai transitoire de trois mois pour se conformer aux nouvelles règles. Celui-ci arrive à échéance le 9 mars prochain, date après laquelle les contrevenants s’exposeront à des mesures coercitives.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie

Un enjeu écologique et social

Le ministre a rappelé que le gaz domestique constitue une alternative énergétique majeure dans la lutte contre la désertification, en réduisant la pression sur le bois de chauffe. Au-delà de la question des prix, c’est donc un enjeu environnemental et social qui se joue.

Le gouvernement affiche ainsi sa volonté de mettre fin à toute forme d’anarchie sur le marché du GPL. Les autorités entendent aussi garantir un approvisionnement régulier, des tarifs conformes aux décisions officielles et des conditions de sécurité optimales pour les consommateurs.

En conclusion, Abdoulaye Seydou a appelé les acteurs du secteur à faire preuve de responsabilité et de patriotisme afin d’assurer une distribution fluide du gaz dans tous les foyers de Zinder, dans le respect des prix fixés par l’État.

Côte d’Ivoire-Mali : Pourquoi Alassane Ouattara a gracié Mamadou Hawa Gassama

Libéré le 10 février après sept mois de détention à la Maca, l’ancien député malien Mamadou Hawa Gassama bénéficie d’une clémence présidentielle signée Alassane Ouattara. Derrière cette mesure de grâce se dessine une subtile partie d’échecs diplomatiques entre Abidjan et Bamako.

 

Le dénouement d’un bras de fer juridico-politique

Le verrou de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) a fini par céder. Condamné le 30 janvier dernier à trois ans de prison ferme pour « offense au chef de l’État », Mamadou Hawa Gassama a recouvré la liberté. En effet, le couperet judiciaire, qui semblait s’être abattu définitivement sur cet homme de 67 ans, s’est effacé devant un décret de grâce présidentielle.

C’est son conseil, l’influent ancien ministre malien de la Justice Me Mamadou Ismaïla Konaté, qui a officialisé la nouvelle sur les réseaux sociaux. L’avocat décrit un client « lucide et profondément soulagé », mettant ainsi fin à une séquence qui menaçait de raviver les tensions entre les deux capitales.

 

De « l’ennemi » à « l’admiration » : la stratégie du repentir

L’affaire remonte au 2 juillet dernier. Alors qu’il s’apprêtait à quitter le sol ivoirien après un séjour familial, ce membre du Conseil national de transition (CNT) malien est cueilli à l’aéroport d’Abidjan par la Direction de la surveillance du territoire (DST).

L’origine de cette arrestation tient à des déclarations incendiaires datant de septembre 2022, en pleine crise des « 49 soldats ivoiriens ». À l’époque, Gassama n’avait pas mâché ses mots, qualifiant Alassane Ouattara d’« ennemi du Mali ».

Pourtant, dans l’ombre des cellules, la rhétorique a changé. Pour obtenir cette clémence, la défense a joué la carte de la diplomatie directe :

  • L’âge du capitaine : les avocats ont mis en avant ses 67 ans pour des raisons humanitaires.
  • Le mea culpa : dans un courrier formulé dès le 10 juillet à Alassane Ouattara, Gassama a opéré un virage à 180 degrés, évoquant aussi son « admiration » pour l’implication du président ivoirien.

« En politique, l’insulte est souvent une monnaie d’échange, mais le regret reste la meilleure clé de sortie », confie un observateur de la sous-région.

 

Un miroir aux 49 soldats : la diplomatie du geste

Cependant, cette grâce présidentielle ne se lit pas sans un regard dans le rétroviseur. Elle fait écho, presque point par point, à celle accordée en janvier 2023 par le colonel Assimi Goïta aux soldats ivoiriens.

Si le geste d’Alassane Ouattara apaise les esprits, il n’efface pas tout. Le « franc-parler » de Gassama lui coûte une interdiction de séjour sur le territoire ivoirien pour une durée de trois ans. C’est aussi une manière pour Abidjan de signifier que si la porte de la prison est ouverte, celle du pays reste, pour l’heure, entrouverte avec méfiance.

 

 La justice est-elle devenue le prolongement de la diplomatie ?

Cette libération pose toutefois une question de fond : la justice nationale est-elle devenue un outil de régulation des crises régionales ?

Alors que l’espace CEDEAO se fragilise, ces « arrestations-négociations » interrogent sur la frontière entre le droit pénal et la raison d’État. En sélectionnant la grâce plutôt que l’appel, les parties privilégient le compromis politique à la vérité judiciaire. Un précédent qui, s’il évite l’escalade, rappelle que les orages ne se dissipent pas pour autant dans le ciel des relations Mali–Côte d’Ivoire.