Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 34 sur 262

À Diffa, le ministre de l’Enseignement supérieur en mission

Diffa, 9 février 2026 – Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation technologique, le professeur Saidou Mamadou, a entamé ce lundi une visite de travail dans la région de Diffa. Prévue pour s’étendre jusqu’au 13 février, cette mission s’inscrit dans le cadre du suivi des politiques publiques du secteur et du renforcement de l’appui de l’État aux universités régionales.

 

Un accueil officiel à l’aéroport de Diffa

À son arrivée à l’aéroport Tandja Mamadou, le ministre a été accueilli par le gouverneur de la région, le général de division Mahamadou Ibrahim Bagadoma, entouré de plusieurs autorités administratives, coutumières et sécuritaires. Étaient notamment présents le recteur de l’Université de Diffa, Dr Moussa Mamoudou Boubacar, le secrétaire général de la région, le chef de canton de la Komadougou, ainsi que des représentants des forces de défense et de sécurité et des services techniques de l’État.

Cette mobilisation traduit l’importance accordée à une visite placée sous le signe de la concertation entre l’administration centrale et les acteurs locaux de l’enseignement supérieur.

 

Évaluer les infrastructures et les conditions académiques

Durant son séjour, le ministre Saidou Mamadou prévoit de visiter plusieurs infrastructures universitaires, achevées ou en cours de réalisation. Ces déplacements sur le terrain visent à apprécier l’état d’avancement des chantiers, mais aussi à identifier les contraintes auxquelles font face les établissements dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et logistiques.

Des rencontres avec les responsables académiques, les enseignants-chercheurs et les étudiants sont également au programme, afin d’échanger sur les conditions d’enseignement, de recherche et d’innovation à l’Université de Diffa.

 

Les Doctorales, temps fort de la mission ministérielle

Moment central de cette visite, le ministre procédera le 11 février à l’ouverture officielle de la quatrième édition des Doctorales de l’Université de Diffa, sur le campus universitaire. Par ailleurs, cette rencontre scientifique réunira doctorants, chercheurs et experts autour du thème de la gestion durable des écosystèmes et de la souveraineté alimentaire, une problématique majeure pour le Niger.

À travers cet événement académique, les autorités entendent valoriser la recherche scientifique comme levier de développement, en lien avec les priorités nationales et les réalités environnementales du pays.

En somme, la mission du ministre à Diffa illustre la volonté du gouvernement de rééquilibrer l’offre d’enseignement supérieur et de renforcer les capacités des universités régionales. Dans un contexte où l’éducation et la recherche sont des piliers de la résilience nationale, cette visite se veut à la fois un acte de suivi, d’écoute et de projection.

À Timia, des fournitures scolaires offertes aux écoles

Timia, 9 février 2026 – La commune rurale de Timia a accueilli, ce lundi, une cérémonie placée sous le signe de l’éducation et de la solidarité. L’Administrateur délégué (AD) de la commune, Mohamed Atouchec, a présidé la réception d’un important lot de fournitures scolaires offert par la société d’orpaillage Timia Vert Or, destiné à trois établissements scolaires de la localité.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Un appui matériel pour renforcer l’école rurale

Composées de matériels pédagogiques essentiels, ces fournitures visent à améliorer les conditions d’apprentissage dans des établissements confrontés à des besoins structurels persistants. À travers ce don, la société Timia Vert Or affirme ainsi sa volonté de contribuer, au-delà de ses activités économiques, au développement social et éducatif de la commune.

La cérémonie s’est déroulée en présence des responsables éducatifs locaux, des autorités communales et d’une population venue nombreuse saluer cette initiative.

Une reconnaissance officielle au nom de la commune

Prenant la parole, l’Administrateur délégué a exprimé la gratitude des populations de Timia à l’endroit du donateur. À cette occasion, il a décerné un témoignage de satisfaction au président-directeur général de Timia Vert Or, en reconnaissance des services rendus à la commune.

Ce geste symbolique traduit, selon l’AD, l’importance d’un partenariat responsable entre acteurs économiques et collectivités locales, notamment dans des zones où l’accès aux ressources éducatives demeure un défi majeur.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Le message des autorités nationales transmis à la population

Au cours de la cérémonie, Mohamed Atouchec a également transmis à la population les salutations et encouragements des plus hautes autorités du pays, au premier rang desquelles le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahmane Tiani, ainsi que celles du Gouverneur de la région d’Agadez, le Général de Division Ibra Boulama Issa.

Un message destiné à rappeler l’attention portée par l’État à l’éducation et au développement local, en particulier dans les communes rurales.

Un appel à une gestion responsable des dons

En clôture, l’Administrateur délégué a exhorté les Comités de gestion des établissements scolaires (CGDES) bénéficiaires à faire preuve de rigueur et de responsabilité dans l’utilisation des fournitures reçues. Il a insisté sur la nécessité d’une gestion sereine et transparente, afin que ces équipements profitent durablement aux élèves.

À Timia, cette initiative illustre ainsi le rôle que peuvent jouer les acteurs locaux dans le soutien à l’école, dans un contexte où l’éducation reste un levier central du développement communal et national.

Niamey : Bilan de l’opération « Une semaine, un quartier » à la Cité Faycal

Le programme « Une semaine, un quartier » vient de boucler sa deuxième étape au cœur de la cité Faycal. Entre assainissement de masse, réhabilitation de la voirie et verdissement urbain, la capitale nigérienne dessine les contours d’une ville résiliente à l’approche de son centenaire.

 

Niamey aspire à devenir une cité modèle, respirable et ordonnée. Dans le sillage du programme ambitieux « Une semaine, un quartier », la Cité Faycal a vécu, sept jours durant, une métamorphose profonde. En effet, le dimanche 8 février 2026, l’heure était au bilan, et les chiffres témoignent d’une mobilisation technique et citoyenne sans précédent.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

Une chirurgie urbaine de précision

L’intervention des services techniques de la Ville ne s’est pas limitée à un simple nettoyage de surface. Car C’est une cure de jouvence qui vient régénérer véritablement le quartier. L’opération a permis d’extraire plus de 56 m³ de déchets solides des zones d’accumulation. Les équipes ont également porté un effort chirurgical sur le réseau hydraulique en curant 400 mètres linéaires de caniveaux, anticipant ainsi les défis posés par les futures eaux pluviales.

Le visage de la cité Faycal s’est également éclairci littéralement. La maintenance de l’éclairage public, étendue jusqu’à la cité Koweït, a aussi permis la remise en service de nombreux luminaires, répondant ainsi à une double exigence de confort urbain et de sécurité nocturne pour les riverains.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

La reconquête de l’espace public

L’un des points d’orgue de cette semaine restera la libération des entreprises anarchiques. En dégageant les voies et les lieux publics indûment occupés, la Ville de Niamey restaure aussi la fluidité de la circulation et l’harmonie visuelle du quartier. Cette rigueur s’est accompagnée d’une réhabilitation structurelle de la voirie :

  • 1 400 mètres de voies reprofilées pour désenclaver les zones intérieures.
  • Près de 256 mètres de chaussée colmatés sur les axes principaux pour garantir la sécurité des usagers.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

Le Centenaire en ligne de mire

Mais l’image forte de ce dimanche demeure celle de la terre que l’on creuse pour l’avenir. En clôture de cette étape, 275 arbres ont été mis en terre. Ce geste s’inscrit dans la grande muraille verte urbaine de Niamey — le projet des 100 000 arbres — destiné à célébrer le centenaire de la ville en tant que capitale du Niger.

En somme, cette réussite, la Ville la doit à une symbiose entre les techniciens et une population qui a su s’approprier les enjeux de son propre cadre de vie. L’appel est désormais lancé aux habitants du quartier Gawaye, où la troisième étape du programme débutera ce mardi 10 février dès 8 h 30 La bataille pour une capitale propre est désormais un rendez-vous hebdomadaire.

Niger : l’ENS de Niamey rend hommage à huit agents retraités

Sous la présidence du Ministre de l’Enseignement Supérieur, l’École Normale Supérieure (ENS) de Niamey a rendu un hommage appuyé à huit de ses figures emblématiques admises à la retraite. Entre émotion, transmission et discours sur la « souveraineté éducative », retour sur une journée scientifique hautement symbolique.

 

Au Niger, l’heure est à la reconnaissance des bâtisseurs du savoir. En effet, le jeudi 5 février 2026, l’amphithéâtre de l’École normale supérieure (ENS) de Niamey a servi de cadre à une cérémonie d’une rare intensité. Baptisée « Ma dernière leçon », cette journée scientifique a honoré huit agents — cinq enseignants-chercheurs et trois personnels administratifs et techniques (PAT) — arrivés au terme d’une carrière consacrée à l’excellence académique et au service de l’État.

Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche
© Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche

Des « pionniers » au service de l’État

Ouvrant la série des allocutions, le directeur général de l’ENS, le professeur Amadou Saïbou, a salué l’engagement constant des récipiendaires. Il a tenu à mettre en lumière un travail accompli, selon ses mots, « souvent dans la discrétion », mais dont l’impact a durablement marqué l’institution.

Un hommage appuyé par le recteur de l’Université Abdou Moumouni de Niamey, le professeur Moussa Baragé, qui a aussi rappelé le rôle structurant joué par ces agents dans la formation de plusieurs générations d’étudiants.

« Vous avez été des pionniers, des mentors et des modèles pour de nombreux étudiants et collègues », a-t-il souligné, évoquant leurs contributions majeures dans des domaines aussi variés que les sciences de l’éducation, la géologie, le numérique ou encore la gestion des bibliothèques et des laboratoires universitaires.

Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche
© Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche

L’éducation, pilier de la « souveraineté nationale »

La présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation technologique, le professeur Mamadou Saïdou, a conféré à la cérémonie une portée institutionnelle et politique affirmée. Par ailleurs, dans un discours empreint de l’esprit de refondation qui traverse actuellement le pays, le ministre a relié le parcours de ces universitaires à l’ambition de souveraineté portée par les autorités de transition.

Pour le professeur Mamadou Saïdou, cette transmission du flambeau s’inscrit pleinement dans la vision du chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani.

« La souveraineté nationale se construit impérativement par l’édification d’un système éducatif efficace, tenant compte des valeurs authentiques de notre peuple », a-t-il affirmé, appelant les jeunes générations à s’inspirer du don de soi et du professionnalisme de leurs aînés pour bâtir le Niger de demain.

Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche
© Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche

Des cadeaux pour sceller l’héritage

En clôture de la cérémonie, l’émotion a cédé la place à la reconnaissance concrète. En effet, l’ENS a remis des témoignages de satisfaction et des présents symboliques aux huit nouveaux retraités, saluant ainsi plusieurs décennies de services rendus à l’enseignement supérieur nigérien.

Alors que le gouvernement conduit par Ali Mahamane Lamine Zeine intensifie les réformes en faveur d’une école plus efficiente et mieux ancrée dans les réalités nationales, le départ de ces experts souligne, en filigrane, le défi majeur du renouvellement des compétences au sein de l’université sahélienne.

Niger-Tchad : La protection civile renforce sa coopération à Niamey

Une délégation de haut niveau de la Protection civile de la République du Tchad a séjourné à Niamey dans le cadre d’une visite de travail axée sur le renforcement de la coopération régionale en matière de prévention et de gestion des risques et catastrophes. Objectif : s’inspirer du modèle nigérien afin de bâtir une résilience commune face aux chocs climatiques, humanitaires et sécuritaires qui fragilisent durablement le Sahel.

 

Alors que les enjeux de défense classique dominent souvent les agendas diplomatiques dans la région, cette initiative met en lumière une autre forme de coopération, plus opérationnelle et centrée sur la protection des populations. Le mardi 4 février 2026, la capitale nigérienne a ainsi accueilli une délégation tchadienne conduite par la Directrice générale de la Protection civile, accompagnée du Directeur de la Préparation, de l’Alerte et de la Gestion des Crises, ainsi que de la Directrice de la Réglementation, de la Coopération technique, des Études et des Prospectives.

Reçue par les autorités nigériennes en charge de la protection civile, la mission visait à jeter les bases d’un partenariat technique renforcé entre deux pays confrontés à une géographie du risque quasi identique.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Immersion au cœur du dispositif nigérien de gestion des crises

Durant son séjour, la délégation tchadienne a pris part à la réunion hebdomadaire des acteurs intervenant au Centre Opérationnel de Veille, d’Alerte et de Conduite des Crises (COVACC), véritable tour de contrôle du système nigérien de réponse aux urgences.

Le programme a également été marqué par une série de visites techniques majeures, notamment :

  • le siège de la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC), pour des échanges approfondis sur la gouvernance et l’organisation institutionnelle ;
  • l’École Nationale de la Protection Civile, pilier de la formation des cadres de secours au Niger et dans la sous-région ;
  • le COVACC, afin d’observer la gestion en temps réel des données d’alerte et de coordination des interventions.

Cette immersion opérationnelle a permis aux responsables tchadiens de mieux appréhender les mécanismes nigériens de prévention, d’anticipation et de réponse aux crises.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Des défis communs, une coopération appelée à se renforcer

Le Niger et le Tchad font face à des défis structurels similaires : inondations cycliques exacerbées par le dérèglement climatique, crises humanitaires liées aux déplacements de populations et menaces sécuritaires persistantes. Dans ce contexte, le partage d’expériences et de bonnes pratiques apparaît comme un levier stratégique majeur.

Les responsables tchadiens ont salué l’expertise du Niger, souvent cité en exemple dans la région pour son agilité institutionnelle et sa capacité d’anticipation face aux catastrophes. Ils ont exprimé leur volonté de renforcer les liens de coopération technique et opérationnelle entre les deux institutions, notamment dans les domaines de la préparation, de l’alerte précoce et de la gestion intégrée des crises.

De leur côté, les autorités nigériennes ont réaffirmé leur engagement à œuvrer pour une collaboration durable, au service de la sécurité et de la résilience des populations.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Vers une protection civile érigée en priorité régionale

Au-delà de son aspect technique, cette visite de travail marque une étape importante dans le partenariat entre Niamey et N’Djamena. Elle illustre une volonté politique partagée : faire de la protection civile une priorité régionale, à l’heure où les mécanismes traditionnels de coopération sécuritaire connaissent de profondes mutations dans l’espace sahélien.

En misant sur la solidarité technique et institutionnelle, le Niger et le Tchad posent les jalons d’une sécurité civile intégrée, plus proche des réalités du terrain et des besoins des populations.

 

Niger : 188 motos pour l’éducation à Dosso sur fonds propres de l’État

Le 4 février, le gouverneur de la région de Dosso a remis 188 motocyclettes aux services de l’éducation. Particularité de cette dotation : elle a été entièrement financée sur fonds propres par l’État nigérien, illustrant ainsi la volonté du CNSP de marquer sa rupture avec la dépendance aux aides extérieures.

 

Au Niger, la « Refondation » ne se joue pas seulement sur le terrain sécuritaire ou diplomatique. Elle s’invite aussi sur les pistes sablonneuses de la région de Dosso. Mercredi dernier, le Colonel-major Bana Alhassane, gouverneur de la région, a présidé une cérémonie hautement symbolique : la réception de 188 motos destinées à l’encadrement pédagogique.

Gouvernorat de Dosso
© Gouvernorat de Dosso

L’autonomie financière comme crédo

Ce qui aurait pu n’être qu’un simple fait divers administratif prend une tout autre dimension sous l’ère du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). Cette acquisition a été réalisée via le Fonds commun, mais surtout sur fonds propres de l’État.

Pour Niamey, il s’agit de démontrer que malgré les pressions économiques, le pays est capable de financer ses secteurs prioritaires. « L’éducation figure au sommet du programme de Refondation du général d’armée Abdourahamane Tiani », a rappelé le Directeur régional de l’éducation, M. Issa Maïdanda.

 

Renforcer l’encadrement, du primaire au secondaire

Le constat sur le terrain est souvent le même : des conseillers pédagogiques freinés dans leurs missions de suivi par le manque de mobilité. Cette dotation vient aussi combler un vide logistique crucial :

  • 131 motos pour l’enseignement primaire ;
  • 57 motos pour l’enseignement secondaire.

L’objectif est clair : améliorer la qualité de l’enseignement en permettant aux inspecteurs et conseillers d’atteindre les établissements les plus reculés de la région. Cependant, le Colonel-major Bana Alhassane a tenu à tempérer l’enthousiasme par une mise en garde ferme sur la gestion des biens publics.

« Il ne suffit pas d’acquérir un matériel neuf, il faut aussi l’entretenir. J’invite les bénéficiaires à assurer une maintenance régulière pour prolonger la vie de ces engins », a martelé le Gouverneur.

Gouvernorat de Dosso
© Gouvernorat de Dosso

Un signal fort pour la rentrée

Pour la communauté éducative, représentée par M. Maïdanda, cet investissement est un motif de satisfaction. Il a tenu également à saluer l’engagement du Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine et de la ministre de l’Éducation, Dr Élisabeth Chérif, dans la modernisation du système scolaire.

En dotant les acteurs pédagogiques de moyens roulants, les autorités de transition cherchent à prouver que la souveraineté nationale passe aussi par la performance de l’administration publique et la présence de l’État sur l’ensemble du territoire.

Niger : Mobilisation générale et Brigade de Veille à Niamey

Sous l’impulsion du général d’armée Abdourahamane Tiani, la capitale nigérienne est entrée, ce jeudi, dans une nouvelle phase de « mobilisation générale ». Désormais, le dispositif repose sur des volontaires déployés aux points névralgiques de la ville afin d’épauler les forces de défense et de sécurité.

 

Depuis quelques années, Niamey vit au rythme des slogans de la « refondation ». Ainsi, ce matin, un nouveau palier a été franchi au rond-point du 6ᵉ arrondissement. Dans ce contexte, et dans une ambiance mêlant parade militaire et ferveur patriotique, le coordinateur national de la Brigade de Veille a officiellement lancé une vaste campagne de sensibilisation populaire.

À travers cette initiative, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) affiche un objectif sans équivoque : transformer chaque citoyen en un maillon actif de la chaîne sécuritaire nationale.

Ville Niamey
© Ville Niamey

Le haut commandement au premier rang

Preuve de l’importance accordée à l’événement, les plus hautes autorités administratives et militaires de la capitale étaient présentes. Le gouverneur de la région de Niamey, le général de division Assoumana Abdou Harouna, ainsi que l’administrateur délégué de la ville, le colonel Boubacar Soumana Garanke, ont assisté à ce déploiement.

Cette « mobilisation générale », décrétée par le président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, s’appuie sur une organisation quasi-militaire et des tactiques. Par ailleurs, leur mission est d’investir les 25 grands ronds-points de Niamey. Pour couvrir l’agglomération, les membres de la Brigade de Veille ont été scindés en cinq groupements pour haranguer les passants et diffuser les consignes de vigilance.

Ville Niamey
© Ville Niamey

« Si vous voyez quelque chose, dites quelque chose »

Au cœur du dispositif, le message des autorités se veut direct et sans ambiguïté. « Ensemble, nous sommes tous des soldats de la refondation », martèlent les membres de la Brigade de Veille. Désormais, le régime appelle la population à devenir les « yeux et les oreilles » des Forces de défense et de sécurité (FDS).

Pour rendre cette collaboration effective, les autorités ont largement diffusé une liste de numéros verts dédiés aux alertes sécuritaires :

  • 4040 pour l’Armée (FAN) ;
  • 4000 pour la Gendarmerie ;
  • 8383 pour la Police Nationale.

Une stratégie de survie et de souveraineté

Pour les observateurs de la scène sahélienne, cette manœuvre répond à un double enjeu. D’une part, elle permet aussi au CNSP de maintenir une pression constante et un sentiment d’urgence sécuritaire au sein de la population. D’autre part, elle renforce l’assise populaire du régime face aux menaces persistantes des groupes armés terroristes et aux pressions diplomatiques extérieures.

Ainsi, dans une capitale où les ronds-points se sont progressivement transformés en agoras politiques, cette nouvelle mobilisation confirme que la transition nigérienne n’entend pas relâcher son contrôle sur l’espace public.

Niger : Coup de filet à Zinder contre le crack et l’escroquerie mystique

En l’espace de quelques jours, les services de police de Zinder ont porté un coup d’arrêt décisif à des activités illicites allant du trafic de crack à l’escroquerie « mystique ». Cette démonstration de force sécuritaire intervient dans un contexte de vigilance accrue sous le régime de transition.

 

Le rituel est désormais bien huilé à Zinder. le mardi 3 février 2026, dans la cour de la direction régionale de la police, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani, gouverneur de la région, a présidé une cérémonie de présentation de « butin » et de suspects peu ordinaires. Aux côtés du Sultan du Damagaram, Sa Majesté Aboubacar Sanda Oumarou, les autorités ont pris la mesure d’un péril sécuritaire aux multiples visages qui rongeait la deuxième ville du pays.

Gouvernement du Zinder
© Gouvernement du Zinder

Crack et boutiques-écrans : la fin de cavale d’un baron local

C’est sans doute la prise la plus emblématique de cette opération menée par le Service Interrégional de la Police Judiciaire (SIRPJ) et l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS). Après quinze mois de traque, l’un des dealers les plus influents de la ville a été neutralisé.

L’homme, qui opérait sous le couvert d’une boutique de quartier, transformait lui-même la cocaïne en crack par un mélange chimique rudimentaire mais dévastateur. Considéré comme un maillon essentiel du trafic international dans la zone, il alimentait une consommation locale de plus en plus préoccupante. Lors de son arrestation, les enquêteurs ont saisi huit doses prêtes à la vente, confirmées par des analyses en laboratoire.

Gouvernement du Zinder
© Gouvernement du Zinder

Le mirage du bétail : quand l’escroquerie devient « mystique »

Le deuxième réseau démantelé s’attaquait au cœur de l’économie rurale : les éleveurs. Profitant de la vulnérabilité et de la crédulité de certains bergers, les membres de cette bande promettaient une multiplication « miraculeuse » du bétail par des procédés mystiques.

Le stratagème fonctionnait à merveille : les membres du réseau conduisaient les victimes chez un marabout complice. Celui-ci, à grand renfort d’incantations et d’artifices visuels, dépouillait directement les éleveurs de leurs biens en leur promettant une prospérité illusoire. Ainsi, les autorités de Zinder considèrent ce démantèlement comme un signal fort adressé aux zones rurales, où les escroqueries fondées sur de faux miracles continuent de sévir.

 

Usurpation d’identité : le défi de la cyber-vulnérabilité

Enfin, le troisième volet de cette offensive policière a mis en lumière un crime plus moderne : le vol d’identité. À cet effet, la police a interpellé un individu spécialisé dans la collecte frauduleuse d’informations personnelles. Grâce à la fabrication de faux documents, il parvenait à détourner des comptes téléphoniques et bancaires, vidant les économies de ses victimes.

L’arsenal de pièces compromettantes retrouvé sur lui témoigne de la sophistication croissante des délinquants locaux, obligeant les forces de sécurité à une montée en compétences technologiques.

Gouvernement du  Zinder
© Gouvernement du Zinder

L’appel au « renseignement en temps réel »

Face à ce panorama de la délinquance, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani a salué le « dévouement » des unités de police tout en rappelant une règle d’or de la sécurité sous le CNSP : la collaboration citoyenne.

« Nous appelons la population à renforcer sa collaboration avec les forces de défense et de sécurité en fournissant des renseignements utiles en temps réel », a insisté le Gouverneur.

Dans une région frontalière où les flux de personnes et de marchandises s’intensifient, les autorités perçoivent la réussite de ces opérations de police judiciaire comme un test de crédibilité pour l’État. Bien décidées à assainir les centres urbains, elles s’attaquent aussi aux réseaux criminels qui financent, parfois, l’instabilité plus globale de la sous-région.

Arlit : Niamey durcit le ton contre Orano

Après le retrait du permis d’exploitation de la mine d’Imouraren, Niamey passe à l’offensive. Ce mercredi 4 février 2026, le gouvernement a franchi une nouvelle étape dans son bras de fer avec le géant français du nucléaire Orano en installant un comité d’experts chargé de documenter les « préjudices » subis par l’État nigérien. Une stratégie de « nationalisation » qui s’accompagne désormais d’une bataille judiciaire mondiale.

Au Niger, le divorce avec Orano (ex-Areva) ne se fera pas à l’amiable. Dans les salons feutrés de Niamey, le ton est dorénavant au bellicisme juridique. Le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Alio Daouda, a officiellement installé ce mercredi un comité d’experts dont la mission est de constituer un dossier d’accusation « massif » contre le groupe français.

Une « quête de souveraineté » contre « l’hostilité » française

Pour les autorités, ce comité est la réponse directe à ce qu’elles qualifient de « belligérance » de la France et de certains voisins de la CEDEAO. D’ailleurs, le ministre Alio Daouda n’a pas mâché ses mots lors de la cérémonie d’installation, dénonçant une « ingénierie diplomatique et militaire » visant à faire plier Niamey.

Au cœur du grief : la volonté du Niger de reprendre le contrôle total de ses ressources minières. Selon le garde des Sceaux, la décision de nationaliser l’exploitation de l’uranium a poussé Orano à assigner le Niger devant le Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Une démarche que Niamey juge illégale, invoquant la résolution 1803 de l’ONU sur la souveraineté permanente des peuples sur leurs richesses.

Santé, environnement et fiscalité : l’arsenal juridique de Niamey

Mais Niamey ne compte pas seulement se défendre devant le CIRDI ; le pays veut attaquer. Le nouveau comité d’experts a reçu pour instruction de ratisser large. Il devra documenter :

  • Le passif environnemental : le ministre a évoqué des « terres souillées par des déchets toxiques » déversés à l’air libre, mettant ainsi en péril la santé des populations de la région d’Arlit.
  • Le manque à gagner financier : les experts devront quantifier les préjudices économiques et les éventuels manquements fiscaux d’Orano durant ses décennies de présence au Niger.
  • Le volet sanitaire : le recueil de données chiffrées sur la santé humaine et animale dans les zones d’exploitation sera une pièce maîtresse du dossier.

« Si victime il y a, c’est bien le Niger et son peuple, soumis à une exploitation éhontée et à une mort programmée », a martelé le ministre de la Justice.

Vers des procès à Paris et à l’international ?

L’ambition du CNSP est globale. En effet, le comité ne se contentera pas de fournir des rapports de bureau : il doit construire des argumentaires capables de tenir devant n’importe quelle instance arbitrale, régionale ou internationale. Le ministre Daouda a même évoqué la possibilité d’attaquer Orano devant les juridictions françaises.

Le choix des membres de ce comité n’est, selon Niamey, pas le fruit du hasard. Il s’agit d’établir des faits appuyés par des données « incontestables » pour contrer la puissance de frappe juridique du groupe français.

Un tournant irréversible

Cette mise en place marque un point de non-retour dans les relations entre le Niger et son partenaire historique. En transformant ce contentieux commercial en une bataille pour la dignité nationale, le général Tiani mise sur la fibre patriotique.

Pour Orano, le défi est de taille. Le groupe, qui a toujours défendu la transparence de ses activités et son engagement environnemental au Niger, se retrouve face à un État décidé à utiliser tous les leviers du droit — national comme international — pour solder quarante ans d’histoire commune. La bataille d’Arlit se jouera désormais dans les tribunaux.

Niger : Le chef d’agence NITA Arlit en fuite avec 35 millions FCFA

À Arlit, dans le nord du Niger, un vent de panique souffle sur l’agence locale de la société de transfert de fonds NITA. Le chef d’agence est activement recherché par les forces de sécurité après la disparition d’une somme colossale. Un avis de recherche a été lancé ce mercredi 4 février 2026.

 

Un chef d’agence en cavale avec le coffre-fort

Selon un message radio diffusé ce matin par la Police nationale d’Arlit, le chef d’agence de l’entreprise NITA se serait volatilisé avec la somme de 35 millions de francs CFA. L’alerte, adressée à l’ensemble des forces de défense et de sécurité (FDS) du département, demande l’interpellation immédiate du suspect.

La police a formellement identifié l’homme : il s’agit d’Abdoul Kader, un jeune Nigérien qui occupait jusqu’alors le poste de responsable de l’agence locale. D’après les informations communiquées par les autorités, le suspect serait en fuite à bord d’un véhicule de marque Mercedes, de couleur grise.

 

Une enquête en cours et une direction silencieuse

Pour l’heure, les circonstances du vol demeurent floues. Les enquêteurs ignorent encore la date précise à laquelle les fonds ont quitté le coffre. Par ailleurs, la police a lancé une enquête judiciaire pour identifier d’éventuelles complicités et retracer le parcours du fuyard.

La direction générale de NITA garde le silence. Elle n’a publié aucune réaction officielle lors de la diffusion de l’avis de recherche, laissant ainsi usagers et partenaires de l’entreprise dans l’attente.

 

Des répercussions économiques redoutées à Arlit

Au-delà du simple fait divers, cette affaire pourrait ébranler l’économie locale d’Arlit. Dans cette cité minière où l’activité repose sur quelques structures financières clés, la perte d’un tel montant risque de perturber les transactions quotidiennes et de retarder les engagements financiers de nombreux clients.

Plus grave encore, cet incident érode la confiance des usagers envers les institutions de transfert d’argent. Il relance aussi le débat sur la sécurisation des flux financiers et la gouvernance des entreprises privées opérant dans les zones stratégiques du Niger.

L’enjeu de la transparence et du contrôle interne

Finalement, cette affaire de détournement présumé remet sur le devant de la scène la question cruciale du contrôle des fonds au sein des structures locales. Dans un contexte où la transparence est devenue un enjeu majeur pour la gouvernance publique et privée au Niger, la fuite d’un cadre avec les actifs de son agence souligne des failles de sécurité interne inquiétantes.

La résolution de cette affaire sera un test pour la police d’Arlit, mais aussi pour la crédibilité de l’institution financière concernée.