Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 89 sur 283

Arlit : l’OCRTIS démantèle trois réseaux de soins illégaux

À Arlit, ville minière du désert nigérien, l’OCRTIS a démantelé trois réseaux mêlant trafic de stupéfiants et exercice illégal de la médecine. Une opération salutaire dans une région où l’accès aux soins reste un défi quotidien.

 

Arlit, 3 octobre 2025 – Dans cette ville minière isolée au cœur du désert, où l’accès à la santé est un combat quotidien, l’antenne départementale de l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) d’Arlit a porté un coup décisif à l’exercice illégal de la médecine et au trafic de stupéfiants. Fin septembre, en effet, trois réseaux ont été démantelés, révélant un mélange troublant de soins clandestins et de commerce de cannabis. Ces interpellations, menées avec précision, soulignent par conséquent les risques pour les habitants d’Arlit, confrontés à un accès limité aux soins authentiques.

Un premier réseau nigérian : cinq ans de consultations sans diplôme

 

Le 25 septembre, les agents de l’OCRTIS ont frappé au cœur d’un groupe de trois Nigérians qui, depuis plus de cinq ans, tenaient boutique comme guérisseurs polyvalents à Arlit. Sans aucune formation médicale reconnue – un niveau d’études secondaires pour la plupart –, ils consultaient, et par conséquent, traitaient une clientèle variée, des maux de tête aux troubles chroniques. Leur arsenal improvisé incluait des tensiomètres, des glucomètres et des pistolets de massage, ainsi qu’un stock important de produits pharmaceutiques et d’équipements saisis lors de l’opération.

De plus, l’un des suspects a été pris sur le fait avec un cornet de cannabis, ce qui a directement conduit à sa garde à vue. Bien que ce réseau ait bénéficié d’une autorisation provisoire délivrée par la mairie d’Arlit en 2020, il opérait dans un flou juridique qui mettait surtout en péril la santé publique. « Ces pratiques exposent les patients à des risques inutiles », note un responsable local de l’OCRTIS, qui insiste sur la nécessité de vigilance.

L’OCRTIS démantèle trois réseaux clandestins mêlant faux soins médicaux et trafic de cannabis. Ces opérations renforcent la lutte contre les pratiques illégales dans une zone sahélienne à forte vulnérabilité sanitaire.
© L’OCRTIS démantèle trois réseaux clandestins mêlant faux soins médicaux et trafic de cannabis. Ces opérations renforcent la lutte contre les pratiques illégales dans une zone sahélienne à forte vulnérabilité sanitaire.

Un hangar transformé en cabinet fantôme

 

Le deuxième coup de filet a visé un Nigérien isolé, arrêté pour exercice illégal de la médecine dans un hangar du quartier Kassoua Dagi. Son « cabinet » de fortune regorgeait d’outils hétéroclites : deux appareils de massage, une balance, des tensiomètres électroniques et manuels, un thermomètre infrarouge, un appareil à gélules, voire une boîte de tests de grossesse. Divers médicaments complétaient l’inventaire, utilisés pour soigner une patientèle locale.

Son unique justificatif ? Un arrêté ministériel expiré, autorisant la pharmacopée traditionnelle… mais uniquement limité au deuxième arrondissement de Niamey. À Arlit, à des centaines de kilomètres de là, cette dérogation n’avait donc plus cours. L’individu, sans formation spécifique, illustre ainsi un problème récurrent dans les zones reculées : le vide des services publics comblé par des initiatives hasardeuses.

Un faux dentiste au pied de la gare

 

Le 26 septembre, le troisième réseau – réduit à un individu nigérien – a été neutralisé en face de la gare routière Rimbo. Se présentant comme dentiste avec un bagage scolaire limité (niveau sixième), il exerçait néanmoins dans un local improvisé, équipé d’un appareil de nettoyage dentaire, d’instruments divers, et même de dents humaines et artificielles. Une attestation de travail datée de 2015, délivrée par la Direction Départementale de la Santé Publique de N’Guigmi, ne couvrait en aucun cas ses activités actuelles.

Usurpation de titre et pratique illégale : ces accusations pèsent lourd, d’autant plus dans une ville où les infrastructures dentaires font cruellement défaut. Les saisies sur place ont permis de sécuriser les outils, évitant ainsi d’éventuels drames pour des patients en quête de soins rapides.

L’OCRTIS démantèle trois réseaux clandestins mêlant faux soins médicaux et trafic de cannabis. Ces opérations renforcent la lutte contre les pratiques illégales dans une zone sahélienne à forte vulnérabilité sanitaire.
© L’OCRTIS démantèle trois réseaux clandestins mêlant faux soins médicaux et trafic de cannabis. Ces opérations renforcent la lutte contre les pratiques illégales dans une zone sahélienne à forte vulnérabilité sanitaire.

Un signal fort pour la santé au Sahel

 

Par ailleurs, depuis plus mois , l’OCRTIS mène une offensive plus large contre les réseaux mêlant stupéfiants et pratiques médicales clandestines dans la région d’Agadez, et ces démantèlements successifs en font pleinement partie. À Arlit, bastion uranifère où les mineurs et leurs familles dépendent souvent de solutions de proximité, ces opérations rappellent l’importance d’une régulation stricte. Les suspects font face à des poursuites judiciaires, tandis que les autorités appellent les citoyens à signaler les pratiques suspectes.

Dans un Niger où les déserts de sable riment avec défis sanitaires, ces victoires modestes protègent le quotidien des habitants. Une piqûre de rappel : la vraie médecine sauve des vies, les impostures les mettent en danger. C’est pourquoi on l’espère à Arlit, les vrais soins viendront bientôt combler ces vides.

 

 

Le Niger et le Venezuela abolissent les visas diplomatiques

À Caracas, le Niger et le Venezuela ont signé un accord d’exemption de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service.

 

Caracas, 3 octobre 2025 – Imaginez un diplomate nigérien atterrissant à Caracas sans tampon ni file d’attente, ou un émissaire vénézuélien foulant le sable de Niamey avec la légèreté d’un billet d’avion. Ce n’est plus un rêve géopolitique : en effet, c’est la réalité scellée hier par un accord d’exemption de visa entre le Niger et le Venezuela, réservé aux détenteurs de passeports diplomatiques et de service.

Dans une cérémonie empreinte de symboles Sud-Sud, les ministres des Affaires étrangères des deux nations, Bakary Yaou Sangaré pour Niamey et Yvan Gil Pinto pour Caracas, ont apposé leur signature sur ce pacte qui, au-delà des formalités, pourrait bien tisser des liens inattendus entre deux géants des ressources naturelles – l’uranium sahélien et le pétrole orénoquien.

Le Niger et le Venezuela scellent un accord d’exemption de visas pour les passeports diplomatiques et de service.
© Le Niger et le Venezuela scellent un accord d’exemption de visas pour les passeports diplomatiques et de service.

Une poignée de main transcontinentale : de la diplomatie à l’action

 

La salle des accords au ministère vénézuélien des Affaires étrangères vibrait d’une énergie rare pour un protocole bilatéral : sourires complices, traductions fluides en espagnol et haoussa, et un fond de maracatu nigérien pour égayer l’atmosphère.

« Cet accord vise à faciliter la mobilité des responsables et diplomates des deux pays, tout en consolidant les liens d’amitié et de partenariat stratégique entre Niamey et Caracas », a déclaré avec emphase Son Excellence Bakary Yaou Sangaré, évoquant ainsi un « pont sur l’Atlantique » qui transcende les océans et les crises.

Pour le Venezuela, miné par les sanctions internationales et en quête de nouveaux alliés, ce geste n’est pas anodin. Ainsi, Yvan Gil Pinto, fidèle du chavisme, a salué l’initiative comme un « pas vers une multipolarité juste », rappelant les affinités historiques entre les Non-Alignés des années 60.

De son côté, le Niger, en pleine refondation post-coup d’État sous le général Abdourahamane Tiani, voit cet accord s’inscrire dans une diplomatie offensive : diversifier les partenariats au-delà de l’Occident, et miser sur des échanges concrets en énergie, agriculture et formation.

Au-delà des visas : Qu’est-ce que ça change pour Niamey et Caracas ?

 

Oubliez les clichés : ce n’est pas qu’une formalité pour élites. Bien au contraire, en fluidifiant les voyages diplomatiques, l’accord pave la voie à des sommets accélérés – imaginez des négociations sur des swaps énergétiques, où le Niger troque son uranium contre du carburant vénézuélien à prix doux, ou des formations croisées pour les ingénieurs miniers.

D’un point de vue historique, les deux pays partagent un ADN anticolonial : le Niger, berceau de l’uranium mondial, et le Venezuela, OPEC des OPEP, ont tous deux souffert des appétits étrangers. Aujourd’hui, face à un Sahel en ébullition et un Caracas résilient, ce pacte pourrait catalyser des investissements mutuels : par exemple, des joint-ventures agricoles pour contrer la faim sahélienne, ou des échanges culturels qui font voyager le son du griot jusqu’aux plages de Margarita.

Pour les Nigériens lambda, c’est un signal : cela démontre que leur pays se muscle sur la scène mondiale, loin des soubresauts de la CEDEAO. Parallèlement, pour les Vénézuéliens, lassés de l’isolement, c’est une bouffée d’air africain – un rappel que l’Afrique n’est pas qu’un lointain mirage, mais un partenaire tangible.

 

Un horizon prometteur : vers une alliance Sud-Sud 2.0 ?

 

Cet accord n’est que le premier chapitre. Bakary Yaou Sangaré l’a dit sans détour : « Nous consolidons les liens d’amitié pour un partenariat stratégique durable. » En conclusion, à l’heure où le monde se recompose en blocs fluides, Niamey et Caracas pourraient bien devenir un duo improbable mais puissant – un Sahel pétrolier qui défie les géants.

Et vous, lecteur ? Dans un monde où les visas sont des murs invisibles, cette exemption de les visas est-elle le début d’une grande épopée bilatérale, ou juste un beau geste diplomatique ? Une chose est sûre : les passeports nigériens et vénézuéliens voyageront désormais plus librement, et avec eux, peut-être, l’avenir de deux nations affamées de coopération.

 

 

Niamey : le Niger et le PAM scellent une alliance pour la souveraineté alimentaire

Le Niger et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) scellent un protocole stratégique pour 2025-2026. Face à une insécurité alimentaire aiguë qui touche 4,4 millions de Nigériens, le gouvernement et le PAM unissent leurs forces pour transformer l’urgence en résilience. 

 

Niamey, 3 octobre 2025—Dans un Sahel aux récoltes maigres, où chaque grain compte, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) ne se résume pas à un acronyme : il représente un bouclier vital pour les 4,4 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë cette année. Ce vendredi, dans les couloirs feutrés du cabinet du Ministre d’État à l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, le Général de Division Mohamed Toumba a accueilli une délégation du PAM venue sceller un nouveau chapitre de cette coopération stratégique.

Conduite par Kinday Samba, Représentante et Directrice pays, la rencontre a dépassé le cadre d’un simple échange protocolaire. Elle a abouti à la signature d’un protocole d’accord pour 2025–2026 et à la validation du Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) pour le dernier trimestre — un engagement fort face à un horizon assombri par les coupes budgétaires internationales.

Protocole entre le PAM et le Niger pour la  sécurité alimentaire : le gouvernement et le PAM renforcent leur partenariat pour lutter contre la faim et stabiliser les communautés vulnérables.
© Protocole entre le PAM et le Niger pour la sécurité alimentaire : le gouvernement et le PAM renforcent leur partenariat pour lutter contre la faim et stabiliser les communautés vulnérables.

Partenariat et plaidoyer : l’audience qui va droit au but

 

Sous les hauts plafonds du ministère, les enjeux se sont imposés avec la gravité de sacs de riz sur une charrette bringuebalante. Le Général Toumba, figure clé de la refondation nationale impulsée par le président Abdourahamane Tiani, a accueilli la délégation pour échanger sur plusieurs points relatifs au partenariat entre le Niger et le PAM. Au menu : coordination renforcée pour les aides d’urgence, appui aux communautés vulnérables et, surtout, respect des engagements. « J’ai attiré leur attention sur le respect des engagements », a-t-il déclaré solennellement, rappelant fermement que le PAM pourrait suspendre son aide à près de deux millions de Nigériens, faute de financements.

De son côté, Kinday Samba n’a pas tourné autour du pot. Remerciant d’abord le Ministre pour « les efforts d’accompagnement en faveur de leur plan stratégique pays au niveau régional », elle a salué la « fonctionnalité des comités techniques régionaux dirigés par les secrétaires généraux des régions ». Véritables avant-postes de l’action humanitaire, ces instances locales facilitent les distributions communautaires dans les zones les plus reculées – de Diffa aux confins du Mali.

Cependant, Mme Samba n’en est pas restée aux louanges : elle a formulé des plaidoyers concrets pour améliorer leurs interventions sur le terrain, évoquant notamment la digitalisation des transferts sociaux et le soutien aux petits producteurs, piliers du projet du PAM visant à transformer l’aide d’urgence en levier de résilience durable.

Protocole entre le PAM et le Niger pour la  sécurité alimentaire : le gouvernement et le PAM renforcent leur partenariat pour lutter contre la faim et stabiliser les communautés vulnérables.
© Protocole entre le PAM et le Niger pour la sécurité alimentaire : le gouvernement et le PAM renforcent leur partenariat pour lutter contre la faim et stabiliser les communautés vulnérables.

Des signatures qui pèsent lourd : budget et protocole entre le PAM et le Niger pour la  sécurité alimentaire 

 

En marge des discussions, l’encre a coulé : le ministère de l’Intérieur et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont signé le protocole d’accord 2025–2026, tout en validant le PTBA 2025 pour le trimestre restant. Ces documents traduisent un virage stratégique. Présent au Niger depuis plusieurs décennies, le PAM œuvre en effet à promouvoir des systèmes alimentaires sains et à renforcer la résilience des communautés vulnérables. Il s’aligne ici sur la vision nigérienne d’une souveraineté alimentaire forgée dans l’adversité.

Lors de la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU, les deux parties avaient déjà réaffirmé cette convergence, avec pour objectif la construction d’un partenariat durable autour de la souveraineté alimentaire et du développement.

Mais derrière les sourires protocolaires, les ombres planent. Le Sahel paie le prix des tensions géopolitiques : en avril dernier, les États-Unis ont réduit leur aide alimentaire au Niger, au Mali et au Tchad, tandis que le financement global s’essouffle, menaçant des millions de vies. Au Niger, où 80 % de la population dépend de l’agriculture pluviale, ce partenariat représente un rempart contre la double peine — insécurité et inflation galopante.

Cette audience a également donné lieu à des annonces porteuses d’espoir, laissant entrevoir des engagements concrets pour développer les chaînes d’approvisionnement locales et renforcer la résilience face aux chocs climatiques.

Un horizon sahélien : de l’urgence à l’autonomie

 

Pour le Général Toumba, cette alliance s’inscrit pleinement dans la refondation du Niger : un pays qui refuse de mendier son pain quotidien. En soutenant les objectifs de développement du gouvernement — notamment la réduction des besoins humanitaires par des solutions durables — le PAM devient un partenaire stratégique de la stabilité, en reliant sécurité alimentaire et cohésion sociale.

Mme Samba ne l’a pas dit à demi-mot : les comités régionaux accompagnent concrètement les actions communautaires, en écho à l’appel du Niger pour une aide réorientée vers l’autonomie.

Pour les Nigériens, ce partenariat dépasse le cadre protocolaire : il incarne la promesse que les sacs de céréales parviendront jusqu’aux villages asséchés, et que les enfants ne grandiront pas le ventre vide. Dans un Sahel où la faim devient une arme de déstabilisation, cette signature n’est pas qu’un document : c’est un cri de résilience. Reste à savoir si ces engagements tiendront la route des caravanes — ou si le désert engloutira, une fois encore, les promesses.

Céréales : le Niger verrouille ses greniers pour préserver l’assiette nationale

Dans un contexte de refondation nationale et de tensions alimentaires croissantes, le ministre Abdoulaye Seydou réaffirme l’interdiction d’exporter six céréales clés. Face aux spéculations et à l’inflation, le gouvernement mise sur la souveraineté alimentaire comme rempart vital.

 

Niamey, 4 octobre 2025 – Dans un pays où la faim n’est jamais loin et où les spéculateurs guettent les moindres failles, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a planté le décor sans ambages : l’exportation de riz paddy, riz blanchi, sorgho, mil, niébé et maïs reste interdite. L’objectif n’est pas de brider les commerçants, mais bien de blinder les marchés locaux contre la pénurie et l’inflation galopante.

Lors d’une rencontre tendue mais constructive avec le Syndicat National des Importateurs et Exportateurs de Céréales (SNIEC), jeudi dernier au cabinet ministériel, le message est clair : la souveraineté alimentaire prime sur les profits immédiats. Une mesure qui, un an après son décret, divise les acteurs économiques mais unit le gouvernement autour d’une urgence vitale – surtout en cette ère de « refondation » nationale sous le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.

nterdiction exportation céréales Niger souveraineté alimentaire octobre 2025 : le gouvernement renforce sa stratégie pour protéger les marchés locaux et lutter contre la cherté de la vie.
© nterdiction exportation céréales Niger souveraineté alimentaire octobre 2025 : le gouvernement renforce sa stratégie pour protéger les marchés locaux et lutter contre la cherté de la vie.

Interdiction exportation des céréales : une mesure choc, une clarification salvatrice

 

L’arrêté nᵒ 0104 MCI/SG/DGC/DCI/LCVC du 16 octobre 2024 n’est pas une lubie passagère : il interdit fermement l’export de ces six céréales essentielles, à l’exception des pays de la Confédération des États du Sahel (CES). « Ce n’est pas pour tuer le commerce, mais pour protéger le marché intérieur et assurer la disponibilité des denrées à des prix abordables pour les populations« , a tonné le ministre Seydou, face à une salle comble d’importateurs et exportateurs inquiets. Ces acteurs, piliers de l’économie nigérienne, murmuraient depuis des mois sur les rumeurs de levée de l’interdiction, craignant pour leurs carnets de commandes et leurs routes commerciales vers l’Afrique de l’Ouest.

Toutefois, le Ministre n’a pas mâché ses mots. Priorité absolue : les Nigériens. « L’État ne lésinera pas sur les moyens pour protéger les populations et garantir la sécurité alimentaire, face aux manœuvres des ennemis internes et externes qui cherchent à déstabiliser le pays par la pénurie et la cherté de la vie« , a-t-il lancé, évoquant des tensions sociales larvées qui pourraient exploser. Des sanctions lourdes pendent au nez des contrevenants : saisie des cargaisons, confiscation des véhicules de transport, et poursuites judiciaires sans pitié.

« Les agents assermentés du ministère et les forces de défense et de sécurité sont instruits pour veiller au respect strict de cet arrêté« , a ajouté M. Seydou, appelant au « patriotisme et à la compréhension » des commerçants. Une solidarité nationale est essentielle, martèle-t-il, afin de traverser cette phase de refondation qui vise un Niger « véritablement indépendant et prospère ».

 

Les enjeux de l’interdiction exportation des céréales : assurer la stabilité par l’assiette

 

Rappelons le contexte : le Niger, géant sahélien aux sols arides et aux récoltes capricieuses, importe déjà 80 % de son riz et lutte contre une inflation alimentaire qui a bondi de 15 % en 2024, selon les chiffres de la Banque mondiale. L’interdiction, adoptée en pleine crise post-coup d’État, répond à un calcul froid : empêcher la ruée vers les marchés étrangers qui viderait les greniers nationaux. C’est ce qui s’est produit en 2023 avec le sorgho et le mil, exportés en masse vers le Nigeria voisin au plus fort de la sécheresse. Le résultat ? Des prix qui se sont envolés à Niamey et Zinder, touchant d’abord les plus vulnérables – femmes rurales, familles urbaines à petit budget.

Le ministre Seydou a disséqué l’esprit de la mesure : non une barrière protectionniste aveugle, mais un bouclier contre la spéculation. « La priorité du gouvernement reste et demeure les populations« , a-t-il réitéré, invitant autorités locales, chefs traditionnels et citoyens à une « mise en œuvre vigoureuse ». C’est un appel à la vigilance collective, dans un pays où la sécurité alimentaire rime aussi avec stabilité politique.

Une réponse unie du syndicat : « Union sacrée pour la Patrie »

 

De l’autre côté de la table, le président du SNIEC n’a pas fait la fine bouche. « Nous nous réjouissons de cette démarche du ministre et des échanges francs qui ont levé toutes les équivoques« , a-t-il déclaré, saluant une session « constructive ». Mieux encore, il a promis une mobilisation totale. « Nous rassurons le ministre de notre disponibilité à partager, informer et sensibiliser nos militants, au nom de la Patrie, pour un mouvement d’ensemble et une union sacrée autour de cette mesure. » L’objectif partagé est de lutter contre la cherté de la vie et de promouvoir la souveraineté alimentaire, en ligne avec la vision du président Tiani.

Pour les observateurs, cette rencontre est un test pour la refondation en cours : pourra-t-elle transformer une mesure impopulaire chez certains en levier de croissance inclusive ? Des assouplissements pour les exportateurs vers la CES sont déjà en vue, mais le cap reste ferme. En attendant, sur les marchés de Niamey, le mil se vend encore à prix d’or – un rappel que la faim ne négocie pas.

Et vous, lecteur ? Dans un Niger en pleine mue, où chaque grain compte, cette interdiction est-elle un rempart ou un frein ? Une chose est sûre : l’assiette des Nigériens n’est pas négociable. Le gouvernement l’a dit : la solidarité, ou c’est le risque.

Niamey : saisie record 51,7 kilos de cocaïne à Gaya

À Gaya, près de la frontière béninoise, les forces nigériennes ont intercepté 51,7 kilos de cocaïne pure. Une opération stratégique qui révèle un réseau international lié au trafic de drogue et au financement du terrorisme dans le Sahel.

 

Niamey, 3 octobre 2025 – Une opération d’envergure menée par l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) a permis, le 29 septembre dernier, la saisie de 51,7 kilos de cocaïne pure, conditionnée en 47 briques, pour une valeur estimée à plus de 2,5 milliards de francs CFA. Par ailleurs, les forces de l’ordre ont interpellé trois suspects, confisqué des véhicules de luxe et, plus alarmant encore, examinent un lien présumé avec le financement du terrorisme. Ce coup de filet à Gaya, près de la frontière béninoise, révèle l’ampleur d’un réseau international qui menaçait la stabilité sahélienne. Une victoire pour les forces nigériennes, mais aussi un rappel brutal des menaces persistantes dans la sous-région.

L’OCRTIS saisit 51,7 kilos de cocaïne à Gaya, pour plus de 2,5 milliards FCFA. Trois suspects arrêtés, des biens confisqués, et des liens présumés avec le terrorisme examinés. Une victoire sécuritaire pour le Niger.
© L’OCRTIS saisit 51,7 kilos de cocaïne à Gaya, pour plus de 2,5 milliards FCFA. Trois suspects arrêtés, des biens confisqués, et des liens présumés avec le terrorisme examinés. Une victoire sécuritaire pour le Niger.

Une interception millimétrée grâce à un renseignement fiable

 

Tout a commencé par un renseignement précis : une Toyota Highlander, équipée d’un GPS pour tracer son parcours, filait depuis Accra, au Ghana, vers Niamey, avec pour destination finale Agadez, avant de remonter vers le Maghreb. Les agents de l’antenne OCRTIS de Gaya, appuyés par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), ont donc tendu l’embuscade. La fouille du véhicule a révélé la cargaison : 47 briques de cocaïne, astucieusement cachées sous la carrosserie. « C’est une opération qui a mis en échec un trafic international d’une ampleur considérable », souligne un communiqué officiel de l’OCRTIS, qui met en lumière la sophistication du réseau.

Les forces de l’ordre ont arrêté sur-le-champ le conducteur, un Nigérien d’une trentaine d’années et ancien employé de sociétés de transport à Niamey. Recruté par un cartel opérant dans toute la sous-région, ce dernier a avoué avoir servi de « mulet » pour ce convoi. À Niamey, deux complices sont tombés dans la nasse : les perquisitions à leurs domiciles ont permis la saisie de quatre maisons de standing, de véhicules haut de gamme et d’actes de cession immobilière. L’OCRTIS identifie actuellement une école et d’autres biens. « Plusieurs autres individus sont activement recherchés à Niamey, Agadez, au Ghana et au Mali », précise l’OCRTIS, soulignant l’étendue transfrontalière de l’organisation.

 

Du Ghana au Sahara : l’itinéraire de la cocaïne au cœur du Sahel

 

Ce trafic n’est pas un fait isolé. Les premiers éléments de l’enquête brossent le portrait d’une filière bien huilée : le réseau achemine la cocaïne, en provenance d’Amérique du Sud via les ports ghanéens, et la reconditionne à Niamey avant de l’envoyer vers Agadez, plaque tournante du désert. De là, elle file vers le Nord, alimentant potentiellement les marchés maghrébins et européens.

Mais le volet le plus alarmant concerne les soupçons de liens avec le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent. Le dossier, transféré au Pôle Judiciaire Spécialisé en matière de Lutte contre le Terrorisme et la Criminalité Transnationale Organisée à Niamey, pourrait révéler des connexions avec des groupes armés sahéliens.

Pour les experts, cette saisie – évaluée à 2 585 000 000 FCFA sur le marché noir – illustre la vulnérabilité du Sahel, corridor naturel pour les flux illicites. « La drogue finance non seulement les cartels, mais aussi les insurrections », avertit un analyste en sécurité régionale, qui voit dans cette opération un frein à l’escalade des menaces sécuritaires. Avec une valeur marchande équivalente à des millions de doses de rue, cette cargaison aurait pu inonder les villes nigériennes et au-delà, exacerbant ainsi addictions et instabilité sociale.

Une détermination inflexible, un appel à la vigilance collective

 

L’OCRTIS ne ménage pas ses efforts : cette interception s’inscrit dans une série d’opérations qui ont permis de confisquer des tonnes de stupéfiants ces dernières années. « Nous combattons sans relâche le trafic de stupéfiants, démantelons les réseaux criminels et contribuons à la lutte contre le financement du terrorisme », martèle le communiqué, saluant la collaboration étroite avec les FDS et les autorités judiciaires.

Cependant, la bataille est loin d’être gagnée. Face à ces réseaux protéiformes, l’OCRTIS lance un appel solennel : « Nous appelons à la vigilance et à la collaboration des populations, car la sécurité et la stabilité de notre pays demeurent une responsabilité commune. » Dans un Niger déjà éprouvé par les conflits et la pauvreté, cette saisie n’est pas qu’une statistique : c’est un bouclier pour les familles, un rempart contre le chaos.

Reste à voir si les poursuites judiciaires aboutiront à un démantèlement total – et si les voisins, du Ghana au Mali, emboîteront le pas pour verrouiller ces routes maudites.

Le président Maduro reçoit le ministre nigérien Bakary

Le ministre nigérien Yaou Sangaré Bakary a été reçu par le président Nicolás Maduro pour une audience marquant vingt ans de relations diplomatiques. C’est pourquoi cette rencontre stratégique réaffirme l’alliance Sud-Sud et ouvre de nouvelles perspectives de coopération dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et du développement territorial.

Caracas, 2 octobre 2025 – Mercredi après-midi, le palais présidentiel vénézuélien a accueilli une délégation nigérienne pour une audience au sommet. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’étranger, Yaou Sangaré Bakary, s’est entretenu avec le président Nicolás Maduro. Au cœur de ces échanges se trouvaient les voies de renforcement de la coopération bilatérale entre le Niger et le Venezuela, à l’occasion des vingt ans de relations diplomatiques nouées en 2005.

Une rencontre qualifiée de « productive »

 

Le chef de l’État vénézuélien a qualifié la réunion de « productive », indiquant qu’elle avait permis d’explorer des plans communs de développement dans des zones stratégiques, tant au Venezuela qu’en « Mère Afrique ».

À l’issue de l’audience, le président Maduro a partagé ses impressions : il a souligné que les discussions portaient sur la manière de « renforcer l’union qui changera le monde », réaffirmant ainsi cette voie comme étant essentielle pour l’avenir.

 

Séquence diplomatique et engagements précédents

 

Par ailleurs, avant l’audience présidentielle, la délégation du Niger a effectué plusieurs visites importantes.

Auparavant, le ministre nigérien avait accompli des gestes symboliques, notamment une cérémonie devant le monument de Simón Bolívar, réaffirmant l’alliance de fraternité héritée d’Hugo Chávez et consolidée sous Maduro.

Le ministre des Affaires étrangères vénézuélien, Yván Gil, avait salué cet engagement lors d’un échange préalable, confirmant que l’objectif de la réunion était de « fortalecer los lazos diplomáticos y la cooperación estratégica » (renforcer les liens diplomatiques et la coopération stratégique), tout en commémorant ces deux décennies de partenariat Sud-Sud.

De son côté, la vice-présidente exécutive, Delcy Rodríguez, avait tenu une session de travail avec la délégation. Ils y ont passé en revue les projets en cours et ont examiné les perspectives futures dans des domaines clés tels que l’énergie et l’agriculture.

Coopération Niger Venezuela diplomatie Sud-Sud : Yaou Sangaré Bakary reçu par Nicolás Maduro pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.
© Coopération Niger Venezuela diplomatie Sud-Sud : Yaou Sangaré Bakary reçu par Nicolás Maduro pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.

Un nouveau chapitre Sud-Sud

 

Ces discussions, posées et orientées vers l’avenir, confirment aussi une complémentarité naturelle entre les deux nations, ce qui offre une alternative aux alliances occidentales.

Pour le Niger, en conséquence, cette visite renforce un axe diplomatique essentiel dans un contexte régional mouvant. Pour le président Maduro, elle constitue un levier pour cette « union qui changera le monde ». Une audience après l’autre, cette collaboration fraternelle ouvre un nouveau chapitre.

une alliance stratégique pour l’avenir

En somme , cette visite officielle marque un tournant dans les relations Niger–Venezuela. À travers des audiences de haut niveau et des projets concrets, les deux pays réaffirment leur volonté de bâtir une union diplomatique fondée sur la coopération, la souveraineté et le développement partagé.

Niger–Venezuela : 20 ans de diplomatie Sud-Sud célébrés à Caracas

Diplomatie Sud-Sud : À l’occasion des vingt ans de relations diplomatiques, le ministre nigérien Yaou Sangaré Bakary a entamé une visite officielle au Venezuela dans le but de consolider les liens bilatéraux.

Caracas, 2 octobre 2025 – Lundi 29 septembre, sous un soleil timide, l’arrivée de l’avion présidentiel à l’aéroport de Maiquetía a marqué le début d’une visite diplomatique visant à renforcer une amitié de longue date. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur du Niger, Yaou Sangaré Bakary, a été accueilli par le vice-ministre pour l’Afrique, Yuri Pimentel. Ces premiers échanges ont donné le ton d’une séquence diplomatique qui célèbre vingt ans de relations fondées sur le respect mutuel et les principes de l’intégration Sud-Sud.

Un hommage symbolique et historique

 

Dès le lendemain, la délégation nigérienne a participé à une cérémonie solennelle devant le monument du Libérateur Simón Bolívar. Ce geste symbolique a réaffirmé l’alliance de fraternité entre les deux nations. Le Commandant Hugo Chávez a initié leurs relations en 2005, et le président Nicolás Maduro les a consolidées. De plus, la coopération privilégie des projets pratiques au service des peuples.

Diplomatie Sud-Sud  : Coopération entre le  Niger et Venezuela, Yaou Sangaré Bakary en visite officielle à Caracas pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.
© Diplomatie Sud-Sud : Coopération entre le Niger et Venezuela, Yaou Sangaré Bakary en visite officielle à Caracas pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.

Des discussions stratégiques en énergie et agriculture

 

Par la suite, le programme a inclus une série d’audiences de haut niveau. Le ministre Sangaré Bakary s’est notamment entretenu avec son homologue vénézuélien, Yván Gil, lequel a souligné l’importance de cette rencontre :

« Au nom du président Nicolás Maduro, nous souhaitons chaleureusement la bienvenue à Son Excellence M. Yaou Sangaré Bakary. Cette rencontre illustre la solidité de notre coopération et notre volonté de la renforcer davantage. »

Grâce à ces échanges, les ministres ont pu saluer l’engagement réciproque dans des domaines variés, allant de l’énergie à l’agriculture.

Diplomatie Sud-Sud  : Coopération entre le  Niger et Venezuela, Yaou Sangaré Bakary en visite officielle à Caracas pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.
© Diplomatie Sud-Sud : Coopération entre le Niger et Venezuela, Yaou Sangaré Bakary en visite officielle à Caracas pour renforcer les partenariats bilatéraux et célébrer 20 ans d’amitié.

La complémentarité Sud-Sud

 

En outre, la vice-présidente exécutive, Delcy Rodríguez, a reçu la délégation pour une réunion de travail. Les deux parties ont passé en revue les projets en cours et exploré des perspectives de collaboration élargies, tout en ciblant le bénéfice direct des populations.

Dans un contexte où les défis globaux appellent à des partenariats solides, il apparaît que ces échanges soulignent une complémentarité naturelle entre le Sahel et l’Amérique latine. Cette visite, qui coïncide avec la commémoration des vingt ans de relations diplomatiques, scelle ainsi une unité et une fraternité qui transcendent les distances.

Un dialogue Sud-Sud renouvelé

 

En conclusion, à l’heure où le monde cherche des alliances durables, le Niger et le Venezuela réaffirment leur fraternité diplomatique. Cette visite officielle, ponctuée d’audiences stratégiques, ouvre un nouveau chapitre de coopération pragmatique entre deux régions complémentaires, posant ainsi les bases d’un dialogue renouvelé.

Diplomatie : Chine et Cuba renforcent leurs liens avec le Niger

Le ministre Mohamed Toumba a reçu en audience les nouveaux ambassadeurs de la Chine et de Cuba accrédités au Niger, venus pour esquisser des partenariats stratégiques en matière d’agriculture, d’infrastructures, de santé et d’éducation.

Niamey, 2 octobre 2025 – Ce jeudi matin, les couloirs du cabinet ministériel nigérien ont été le théâtre d’un acte diplomatique fort. Le Général de Division Mohamed Toumba, ministre d’État, de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du Territoire, a accueilli les nouveaux ambassadeurs accrédités au Niger : Lyu Guijun (Chine) et José Julian Cala Sagué (Cuba).

Arrivés ces derniers mois, les deux Excellences ont franchi la porte non pas pour une simple visite protocolaire, mais pour sceller les bases d’une coopération renforcée. Leur poignée de main ferme symbolise l’ouverture du Niger à des partenariats stratégiques avec la Chine et Cuba.

La Chine mise sur le développement urbain et agricole

Depuis sa prise de fonction le 2 septembre, l’ambassadeur chinois, S.E. Lyu Guijun multiplie les gestes symboliques. Il a notamment visité la ville de Niamey le 24 septembre pour réaffirmer l’engagement de Pékin envers le développement urbain et économique local.

Ces échanges avec le ministre Toumba confirment cette nouvelle dynamique : la coopération chinoise, traditionnellement axée sur le pétrole, s’étend désormais à des domaines cruciaux tels que l’agriculture et les infrastructures. Cette nouvelle orientation est dans la lignée du soutien chinois exprimé en juin à Changsha, où la Chine avait déjà mis l’accent sur une « coopération gagnant-gagnant » incluant la formation et les échanges techniques.

Parallèlement, Cuba renforce son soutien en santé et éducation.

Dans la même dynamique de diversification, la rencontre a également mis en lumière le partenariat historique avec Cuba. S.E. José Julian Cala Sagué, accrédité en mai, a consolidé les liens forgés depuis des décennies.

Accompagné d’une délégation, l’ambassadeur cubain a discuté avec le ministre des pistes de collaboration dans les secteurs où La Havane est reconnue mondialement : la santé et l’éducation. Ces discussions confirment un potentiel d’appui mutuel fort, d’autant plus que les récentes visites du Centre Thomas Sankara à l’ambassade cubaine soulignent l’intérêt croissant pour les échanges culturels et panafricains entre les deux nations.

Coopération diplomatie Chine, Cuba, Niger : les nouveaux ambassadeurs rencontrent le ministre Toumba pour renforcer les partenariats bilatéraux en développement, santé et éducation.
© Coopération diplomatie Chine, Cuba, Niger : les nouveaux ambassadeurs rencontrent le ministre Toumba pour renforcer les partenariats bilatéraux en développement, santé et éducation.
Coopération diplomatie Chine, Cuba, Niger : les nouveaux ambassadeurs rencontrent le ministre Toumba pour renforcer les partenariats bilatéraux en développement, santé et éducation.
© Coopération diplomatie Chine, Cuba, Niger : les nouveaux ambassadeurs rencontrent le ministre Toumba pour renforcer les partenariats bilatéraux en développement, santé et éducation.

Vers une diplomatie pragmatique et souveraine

Dans un contexte régional en mutation, ces partenariats bilatéraux offrent au Niger des leviers concrets pour son développement. Le ministre Toumba a salué l’approche constructive des deux délégations, en soulignant aussi  l’importance d’une diplomatie tournée vers les résultats.

Des alliances pour bâtir l’avenir

En conclusion, au fil des audiences, le Niger affirme sa volonté de diversifier ses partenariats et de renforcer sa souveraineté. Ces gestes diplomatiques, loin d’être anodins, préparent le terrain à des accords tangibles dans les mois à venir. Il s’agit donc d’une coopération bilatérale qui s’ancre dans la stabilité, le progrès et l’ouverture.

Énergie : la BAD injecte 144 millions de dollars au Niger

Le Premier ministre Lamine Zeine et le président du Groupe BAD, Sidi Ould Tah, ont signé un accord de financement de 144,27 millions de dollars pour booster l’accès à l’énergie et la compétitivité du secteur privé. En effet, c’est une étape décisive pour électrifier les zones rurales et attirer les investissements.

Abidjan, 2 octobre 2025 – Le Niger a franchi un cap stratégique mercredi midi, au siège de la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan. Le président du Groupe BAD, Sidi Ould Tah, et le Premier ministre nigérien, Lamine Zeine, ont officialisé la signature d’un accord de financement majeur.

L’accord porte sur une somme de 144,27 millions de dollars (environ 89 milliards de FCFA), octroyée via le Fonds africain de développement (FAD), la fenêtre concessionnelle de l’institution. Ce financement est considéré comme crucial : il vise à booster l’accès à l’énergie et à doper la compétitivité du secteur privé au Niger. Ce soutien est d’autant plus vital que le pays cherche activement à combler son important déficit d’électrification rurale.

Accord entre la BAD et  le Niger pour l’énergie et le  secteur privé: 144 millions de dollars pour doubler l’accès à l’électricité, soutenir les PME et accélérer la transition énergétique.
© Accord entre la BAD et le Niger pour l’énergie et le secteur privé: 144 millions de dollars pour doubler l’accès à l’électricité, soutenir les PME et accélérer la transition énergétique.

Objectifs : électrification et compétitivité

 

Cette signature concrétise l’approbation du Programme d’appui à la gouvernance et à la compétitivité du secteur énergétique (phase 1), décidée le 29 juillet dernier. Ce prêt, octroyé à des conditions concessionnelles, vise à renforcer la législation énergétique, à combler le déficit d’approvisionnement et à améliorer la gestion financière du secteur, notamment en boostant la collecte des recettes. Par ailleurs, le programme a fixé des objectifs chiffrés et ambitieux : porter le taux d’accès à l’électricité de 20 % à 40 % d’ici 2026, et ajouter 100 mégawatts de capacité solaire, via des projets pilotes dans les régions sous-desservies.

 

Le Pacte énergétique stratégique du Niger

 

Au cœur de l’initiative se trouve le Pacte énergétique stratégique du Niger, adopté par décret, qui cadre l’attraction de 527 millions de dollars d’investissements privés d’ici 2030. Ces fonds soutiendront des réformes structurelles visant à attirer les opérateurs étrangers et locaux, favorisant ainsi une croissance inclusive dans un pays où l’énergie reste un frein majeur au développement économique. « C’est un levier pour transformer le paysage énergétique nigérien », a souligné un responsable de la BAD lors des échanges préparatoires, tout en insistant sur l’impact attendu sur les PME et l’emploi rural.

Un partenariat renforcé avec la BAD

 

Pour le Niger, cette enveloppe s’inscrit dans une série de partenariats avec la BAD, laquelle a déjà appuyé des infrastructures clés telles que les centrales solaires de l’Agadez. Lamine Zeine, de passage à Abidjan pour ces négociations, a salué l’engagement de l’institution panafricaine, tandis que Sidi Ould Tah a réaffirmé la priorité accordée au privé comme moteur de transformation.

Ainsi, au fil de ces accords, le Niger trace une voie pragmatique vers une diversification économique, un paraphe après l’autre.

 

Accord entre la BAD et  le Niger : une impulsion pour l’autonomie énergétique

 

En conclusion, avec ce financement, le Niger trace une voie pragmatique vers une diversification économique durable. C’est pourquoi, en misant sur l’énergie solaire, les réformes et les PME, le pays espère bâtir un modèle résilient, inclusif et compétitif. Un paraphe après l’autre, l’autonomie énergétique devient un objectif tangible.

 

 

Africa Facts Summit 2025 à Dakar : une riposte collective contre la désinformation

 

L’Africa Facts Summit 2025 réunit plus de 200 acteurs de l’information à Dakar pour contrer la désinformation en Afrique francophone. Panels, ateliers et stratégies EMI rythment ce rendez-vous continental, où journalistes, chercheurs et fact-checkeurs posent les jalons d’une riposte collective face aux récits toxiques.

 

Dakar, 2 octobre 2025 – Ce matin, sous les baies vitrées d’un hôtel du centre-ville, des murmures animés emplissent la salle de conférence tandis que des carnets s’ouvrent et des laptops s’allument. L’Africa Facts Summit 2025, quatrième édition de ce rendez-vous continental, a ouvert ses portes hier à Dakar pour deux jours d’échanges intenses. Plus de 200 journalistes, fact-checkeurs, chercheurs et acteurs civils se pressent ici, dans la capitale sénégalaise, pour la première fois dans un pays francophone, dans le but de contrer la désinformation qui mine les sociétés africaines.

Des partenariats stratégiques pour des solutions locales

 

Organisé par Africa Check en partenariat avec des acteurs comme l’Union européenne, la GIZ et Code for Africa, ce sommet vise à partager les meilleures pratiques de vérification des faits, à renforcer la coopération entre médias du continent et à élaborer des stratégies d’éducation aux médias et à l’information (EMI) adaptées aux contextes locaux.

Au menu : panels, ateliers et même les Fact-Checking Awards, pour récompenser les efforts en première ligne. Puisque les élections à venir – au Sénégal, au Burkina Faso ou ailleurs – se jouent aussi sur le terrain informationnel, ces discussions touchent au cœur des enjeux : sécurité, cohésion sociale et stabilité démocratique.

À ce titre, Fakt, initiative ouest-africaine de fact-checking, est fièrement représentée par Badal Fohmoh, venu porter la voix de son organisation et échanger sur des solutions concrètes pour sensibiliser les jeunes et défendre une presse libre.

Désinformation et santé mentale : un enjeu sous-estimé

 

Parmi les premières interventions, le Dr Hemes Nkwa de YOHEDA a mis en lumière un aspect souvent sous-estimé : l’impact de la désinformation sur la santé mentale.

« Les fake news et rumeurs alimentent la peur, la confusion, l’anxiété sociale et une perte de confiance entre communautés et institutions », a-t-elle averti.

De ce fait, à l’approche d’élections cruciales, ce « climat informationnel toxique » risque d’exacerber les tensions et de peser sur le bien-être collectif. Son appel est clair : il faut intégrer fact-checking, EMI et santé publique pour des sociétés plus résilientes.

Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.
© Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.

Africa Facts Summit 2025 à Dakar : une réponse institutionnelle en construction

 

De son côté, Habibou Dia, directeur de la communication au ministère sénégalais de la Communication, a proposé une stratégie structurée. Il a insisté sur la fiabilité de l’information via un fact-checking renforcé, des partenariats internationaux et des cellules de vérification dans chaque rédaction. En plus,  Il a demandé d’ accorder la priorité aux jeunes et aux publics vulnérables hors circuit scolaire, tout en garantissant liberté d’expression et accès à l’information.

« Rapprochons le fact-checking et l’EMI des citoyens, sur toutes les plateformes où ils s’informent », a-t-il lancé, soulignant un défi collectif pour l’avenir.

Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.
© Africa Facts Summit 2025 Dakar fact-checking Afrique francophone : journalistes, experts et institutions unissent leurs forces contre la désinformation et pour une presse libre.

Liberté de la presse : un fil rouge sous tension

 

Au fil des débats, un fil rouge émerge : la liberté de la presse sous pression en Afrique de l’Ouest. Des journalistes arrêtés ou intimidés au nom de la « sécurité nationale » ou de la « lutte contre les fake news » instillent un climat de peur, ce qui favorise l’autocensure et prive les citoyens d’un débat pluraliste.

« Défendre les journalistes, c’est protéger le droit de chacun à une information libre, laquelle est essentielle à la démocratie », résume un participant.

En somme, pour les Africains, le fact-checking n’est pas un luxe, mais une nécessité pour les jeunes, les médias et les démocraties.

Alors que le sommet entre dans sa seconde et dernière journée, ces échanges posent les bases d’actions concrètes. Un pas de plus vers un continent mieux armé contre les récits toxiques, une vérification à la fois.

 

Africa Facts Summit 2025 à Dakar : une riposte collective en marche

 

En conclusion, à Dakar, l’Africa Facts Summit 2025 trace une voie claire : celle d’un continent qui s’organise pour contrer la désinformation, protéger ses médias et renforcer la démocratie. Une vérification à la fois, les acteurs africains bâtissent un écosystème informationnel plus juste, plus fiable et plus résilient.