Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 39 sur 282

Éducation : Zinder accueille le Ministre pour valoriser les langues maternelles

C’est une réception aux allures de fête nationale qu’a connue la cité du Damagaram ce lundi 30 mars 2026. Sous une chaleur de plomb, mais portés par une ferveur scolaire inédite, les habitants de Zinder ont accueilli le Docteur Élisabeth Shérif. La Ministre de l’Éducation Nationale n’est pas venue pour une simple inspection de routine : elle porte un message de rupture. Son cheval de bataille est de placer les langues maternelles au cœur de la réussite des élèves.

Dès la sortie de l’avion, le ton était donné. Entre les honneurs du Gouverneur de la région et la présence solennelle du Sultan du Damagaram, l’accueil populaire a mobilisé des centaines d’écoliers le long des artères de la ville. Mais derrière le protocole, l’enjeu est profond : il s’agit de réconcilier l’enfant nigérien avec son école en utilisant les mots de son foyer.

 

La langue maternelle, socle de la qualité

Le prétexte de ce déplacement est la célébration de la 26ᵉ édition de la Journée internationale de la langue maternelle. Pourtant, pour le Ministre Shérif, l’objectif dépasse le cadre symbolique. En intégrant davantage les langues nationales dans les premières années d’apprentissage, le ministère espère briser le mur de l’incompréhension qui freine trop souvent l’acquisition des connaissances de base.

« On n’apprend bien que ce que l’on comprend vite », semble être le leitmotiv de cette mission. Pour les enseignants et les syndicats présents, ce discours résonne comme une volonté de redonner de la substance à l’encadrement pédagogique, tout en valorisant la diversité culturelle du pays.

 

Un dialogue direct avec les acteurs de terrain

Au-delà des discours officiels, le Ministre a tenu à s’imprégner des réalités locales. En échangeant directement avec les associations de parents d’élèves et les encadreurs, le Docteur Élisabeth Shérif cherche à identifier les blocages qui minent la qualité de l’enseignement dans la région de Zinder.

Le Gouverneur a d’ailleurs réitéré son soutien total à cette démarche, conscient que le développement de la région passe inévitablement par une école plus performante et plus proche des réalités sociales. La cérémonie officielle a ainsi marqué le point de départ d’une série de concertations techniques visant à ajuster les programmes scolaires aux ambitions nationales.

 

Vers une école de la réussite

Cette visite à Zinder pourrait bien marquer un tournant dans la politique éducative du Niger. En couplant la promotion des langues nationales à l’exigence de qualité, le gouvernement tente de bâtir un système éducatif plus inclusif.

L’heure n’est plus seulement à la scolarisation massive, mais à l’efficacité pédagogique. Si le défi est immense, l’enthousiasme manifesté par la jeunesse du Damagaram ce lundi montre que l’attente est réelle : celle d’une école où chaque enfant, quelle que soit sa langue de départ, a les mêmes chances de réussir.

 

L’impact social du bilinguisme scolaire

L’introduction renforcée des langues maternelles ne se limite pas à la pédagogie. Elle renforce le lien social entre l’école et la famille. Lorsque les parents constatent que leur langue est respectée et utilisée par l’institution, leur implication dans le suivi scolaire de l’enfant augmente de manière significative. C’est tout l’écosystème éducatif de Zinder qui pourrait, à terme, bénéficier de cette approche plus humaine et plus cohérente.

gaz naturel : l’axe maputo-luanda redessine la carte énergétique africaine

Alors que la demande mondiale de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) prévoit une explosion de 54 % d’ici 2040, le Mozambique accélère la cadence. En effet, en dépêchant une délégation de haut vol à Luanda pour le sommet « Angola Oil & Gas » (AOG) 2026, le ministre Estevão Pale ne cherche pas seulement des investisseurs : il valide également une alliance de revers pour propulser l’Afrique au rang de géant énergétique.

Le rendez-vous est pris pour les 9 et 10 septembre prochains.  Estevão Pale, figure de proue des Ressources minérales et de l’Énergie au Mozambique, confirme sa présence sur la scène de l’AOG 2026. Ce déplacement stratégique intervient dans un contexte de relance massive des projets extractifs mozambicains, après une période de stabilisation sécuritaire cruciale.

 

Le réveil du géant d’Afrique de l’Est

Le Mozambique ne se contente plus de promesses géologiques.  Le pays entre désormais dans une phase d’exécution concrète. En tête de pont, le projet Mozambique LNG, piloté par TotalEnergies, mobilise 20 milliards de dollars pour un démarrage des exportations fixé à 2029. Parallèlement, le projet Rovuma LNG d’ExxonMobil attend son feu vert financier définitif cette année, visant une production colossale de 18 millions de tonnes par an dès 2030.

Grâce à ces chantiers d’envergure, Maputo transforme son sous-sol en levier de croissance nationale. L’objectif est clair : bâtir une infrastructure d’exportation capable de répondre à la soif énergétique de l’Europe et de l’Asie, tout en sécurisant son propre mix énergétique domestique.

 

L’expertise angolaise comme boussole

Pourquoi choisir Luanda comme rampe de lancement ? Parce que l’Angola possède une avance opérationnelle que le Mozambique compte bien exploiter. En effet, avec une production de 4,2 millions de barils de pétrole équivalent enregistrée en février 2026, l’Angola maîtrise déjà les rouages de la valorisation gazière.

Au-delà de la technique, c’est le modèle réglementaire angolais qui séduit. Ainsi, le Mozambique observe de près les réformes fiscales et les stratégies d’octroi de licences mises en place par son voisin depuis 2019. Cette coopération bilatérale vise donc à créer un environnement politique stable, capable de rassurer les capitaux étrangers sur le long terme.

 

Un enjeu de souveraineté régionale

Cette convergence entre l’Afrique australe et l’Afrique centrale marque un tournant. En unissant leurs forces, les deux nations ne se présentent plus comme des vendeurs isolés, mais comme un bloc stratégique face aux majors pétrolières. Ainsi, l’AOG 2026 servira donc de laboratoire pour harmoniser les cadres d’investissement et mutualiser les coûts logistiques.

À l’heure où le gaz africain devient un pilier de la sécurité énergétique mondiale, l’entente Maputo-Luanda envoie un message fort : l’Afrique prend les commandes de ses propres ressources pour dicter les règles du marché de demain.

 

Un moteur de croissance pour les PME régionales

Au-delà des chiffres vertigineux, l’AOG 2026 se veut un catalyseur pour le contenu local. Avec des dépenses terrestres dans le secteur qui devraient atteindre 22 milliards de dollars en Afrique d’ici la fin de l’année, l’enjeu est de taille pour les petites et moyennes entreprises (PME). Le sommet mettra l’accent sur le transfert de technologies et l’intégration des prestataires de services locaux dans la chaîne de valeur du gaz.

Ainsi, pour les entrepreneurs de la région, cette synergie entre Maputo et Luanda ouvre des opportunités inédites : de la maintenance industrielle à la logistique spécialisée, en passant par la formation d’une nouvelle génération de techniciens qualifiés, l’objectif est de transformer la rente gazière en emplois durables et en expertise 100 % africaine.

Niger : Libération de Maikoul Zodi après une interpellation à Niamey

L’alerte aura été de courte durée, mais le signal reste fort. Maikoul Zodi, figure de proue de la société civile et président du Front Patriotique pour la Souveraineté (FPS), a recouvré la liberté ce vendredi 27 mars 2026. Interpellé quelques heures plus tôt à Niamey, ce soutien historique du CNSP paie-t-il le prix de sa franchise sur le dossier sécuritaire ?

 

C’est un retour au calme pour l’un des acteurs les plus vocaux du paysage associatif nigérien. Après plusieurs heures d’interrogatoire dans les locaux de la Police Judiciaire (PJ), Maikoul Zodi a quitté les lieux, escorté par ses camarades de lutte. Si les autorités n’ont pas encore communiqué officiellement sur les motifs de cette procédure, l’ombre d’un texte publié la veille plane sur cette brève détention.

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Le verbe haut sur la sécurité

Le timing de cette interpellation interpelle les observateurs. En pleine commémoration de l’an I de la Refondation, le président du FPS s’est fendu d’une analyse au vitriol sur les réseaux sociaux. « La souveraineté sans sécurité n’est qu’un mot vide », a-t-il martelé, réagissant aux récentes attaques terroristes qui ont endeuillé la région de Tillabéri.

Alors que le discours officiel assure que la situation est « sous contrôle », Maikoul Zodi a choisi de pointer les failles, créant une dissonance flagrante avec la communication gouvernementale.

 

Un soutien de la première heure qui questionne

L’événement prend un relief particulier quand on rappelle que Maikoul Zodi figure parmi les défenseurs les plus ardents du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) depuis juillet 2023. Cette audition à la PJ suggère-t-elle un rétrécissement de la marge de manœuvre pour les critiques internes, même venant des alliés de la transition ?

Pour ses proches, cette libération rapide montre que la pression des mouvements citoyens reste un levier important. Toutefois, cet épisode souligne la tension persistante entre la nécessité d’une union nationale derrière les forces armées et le droit de regard de la société civile sur l’efficacité des stratégies militaires.

 

Un retour à la normale, sous surveillance

Désormais libre de ses mouvements, Maikoul Zodi n’a pour l’instant pas fait de déclaration supplémentaire. Mais dans les rangs de la société civile nigérienne, le message est passé : sur le terrain de la sécurité, la critique – même constructive – reste un exercice de haute tension.

Au-delà du cas Maikoul Zodi, c’est toute la place de la société civile dans le Niger de la Refondation qui se dessine. Entre soutien loyal et critique assumée, la transition devra aussi composer avec une voix citoyenne qui refuse de se taire. Reste à savoir si cette tension, loin d’être un obstacle, ne pourrait pas devenir le moteur d’un débat démocratique plus solide.

Niger : création des brigades d’autodéfense Domol Leydi pour renforcer les FDS

Face à l’urgence sécuritaire qui frappe le Sahel, le Niger franchit un palier stratégique majeur. Le Conseil des ministres du 27 mars 2026, sous la présidence du Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a acté la naissance des « Domol Leydi ». En effet, ces brigades de volontaires pour l’autodéfense marquent un tournant dans la mobilisation des populations aux côtés des Forces de défense et de sécurité (FDS).

Le Niger muscle son dispositif de protection du territoire. Littéralement traduits par « Protecteurs de la Patrie », les Domol Leydi s’inspirent directement de l’expérience des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) du Burkina Faso voisin. Cette mesure s’inscrit dans la continuité de l’ordonnance nᵒ 2025-42 du 26 décembre 2025, qui encadre déjà la mobilisation générale dans le pays.

 

Une stratégie de proximité : Sensibiliser, Renseigner, Défendre

Par ailleurs, le déploiement de ces brigades répond à une nécessité pragmatique : soulager les FDS sous pression dans des zones critiques comme Tillabéri, Diffa ou Tahoua. Ainsi, les missions assignées aux volontaires se déclinent en trois axes prioritaires :

  • La sensibilisation : ils informent et mobilisent les communautés locales autour des défis sécuritaires.
  • Le renseignement : ils collectent et transmettent des données précieuses du terrain aux forces régulières.
  • L’autodéfense : ils assurent également une présence armée pour sécuriser les villages et les axes stratégiques.

 

L’enjeu crucial de l’encadrement

Si le Général Tiani place cette initiative sous le signe de la souveraineté sécuritaire, le défi reste de taille. À l’instar du modèle burkinabè né en 2019, la question de la formation, de la discipline et du contrôle des volontaires demeure au centre des débats. Ainsi, pour éviter les dérives recensées ailleurs, l’État mise sur un encadrement rigoureux par les FDS nigériennes.

À court terme, le gouvernement prévoit un déploiement progressif dans les zones les plus exposées, avec un accent particulier sur l’intégration opérationnelle.

Tableau comparatif : VDP (Burkina) vs Domol Leydi (Niger)

Critère Burkina Faso (VDP) Niger (Domol Leydi)
Création 2019 2026
Statut légal Loi a aimé Ordonnance
Missions Défense, Renseignement Sensibilisation, Renseignement, Autodéfense
Encadrement Armée burkinabè FDS nigériennes
Enjeux Exactions signalées Risques anticipés / Encadrement en débat

Vers une institutionnalisation durable ?

Le succès de cette stratégie de défense populaire dépendra aussi de la capacité de Domol Leydi à gagner la confiance des populations tout en évitant les abus de pouvoir. À moyen terme, l’efficacité de ce « bouclier citoyen » déterminera si le Niger pérennise ce modèle ou s’il doit le réajuster face aux réalités du terrain.

En somme, les Protecteurs de la Patrie incarnent la volonté de résilience d’une nation qui choisit de s’impliquer directement dans la sauvegarde de son intégrité. Le Niger adopte une stratégie de défense populaire qui reflète l’urgence sécuritaire au Sahel. Les “Domol Leydi” incarnent une volonté de souveraineté et de résilience, mais l’aboutissement d’un tel projet dépendra de l’encadrement militaire et de la capacité à éviter les dérives déjà observées chez leurs voisins.

NIGER : Prière collective et Qunut pour la Journée de la Refondation à Niamey

De la terre aux lieux de prière, Niamey a vécu une journée symbolique. Après la mobilisation pour l’environnement, autorités et citoyens se sont réunis aux environs de 13 heures à la Grande Mosquée. Entre plantations d’arbres et ferveur du Qunut, la capitale a donné à voir l’image d’un Niger qui cherche à se reconstruire à la fois par le travail, la foi et l’engagement collectif.

L’atmosphère était empreinte d’une solennité particulière ce vendredi à Niamey. Alors que le soleil était au zénith sur la cité des jardins, la Grande Mosquée est devenue le point de convergence d’une nation en quête de renouveau. Après avoir lancé l’ambitieux programme « Une classe, un arbre », les dignitaires et les fidèles ont troqué la pelle pour le chapelet, marquant ainsi la fin de la Journée Nationale de la Refondation par une séquence hautement spirituelle.

la Ville de Niamey
© la Ville de Niamey

Al-Qunut : le cri du cœur pour la stabilité

Le moment fort de cette rencontre a sans conteste été l’invocation de l’Al-Qunut. Dans un silence religieux, entrecoupé par les murmures de la foule, les prières se sont élevées pour demander la protection divine sur le territoire national. Pour les participants, ce n’est pas un simple rituel de clôture, mais un acte de résistance et d’espoir. Dans un contexte régional complexe, la recherche de la paix et de la prospérité devient une priorité absolue que l’on confie au Créateur.

la Ville de Niamey
© la Ville de Niamey

La Refondation, une question d’âme autant que d’État

Si des actions concrètes ont marqué la journée dans les écoles, ce moment de prière souligne une dimension souvent invisible de la politique actuelle : l’ancrage dans les valeurs endogènes. Pour la Ville de Niamey, organisatrice de l’événement, la transformation du pays ne peut être durable si elle ne s’accompagne pas d’une élévation morale et d’une unité des cœurs.

« Planter un arbre est un acte pour l’avenir physique du Niger, prier ensemble est un acte pour son équilibre social et moral », explique un fidèle à la sortie de l’office.

Cette dualité entre action et foi constitue désormais le socle sur lequel les autorités entendent bâtir la solidarité nationale.

la Ville de Niamey
© la Ville de Niamey

En rassemblant civils et responsables autour d’un même idéal de fraternité, cette Journée de la Refondation s’achève sur un message clair : le Niger de demain se veut harmonieux et résilient. Ainsi, en conjuguant civisme vert et ferveur religieuse, Niamey vient de semer les graines d’une société plus soudée, prête à affronter les défis de son temps avec sérénité.

NIGER : lancement du programme écologique « UNE CLASSE, UN ARBRE » à Niamey

À Niamey, la Journée de la Refondation ne s’est pas contentée de discours officiels. Ce vendredi 27 mars 2026, c’est à l’école Kouado 2 de Talladjé que le destin écologique du pays a pris racine. Avec le lancement du programme « Une classe, un arbre », les autorités nigériennes font le pari de transformer chaque écolier en sentinelle de l’environnement.

Ce n’est pas seulement de l’ombre que l’on cherche désormais dans les cours d’écoles du Niger, mais une nouvelle conscience civique. Sous un soleil de plomb, les élèves de l’école Kouado 2 ont délaissé leurs cahiers le temps d’une matinée pour se salir les mains, mais pour la bonne cause. En mettant en terre les premières plantes du programme « Une classe, un arbre », ces jeunes citoyens ont effectivement donné le coup d’envoi d’une réforme qui lie l’éducation à la survie climatique du Sahel.

la Ville de Niamey
© la Ville de Niamey

Au-delà du symbole : le culte de la responsabilité

Si l’acte de planter est vieux comme le monde, l’approche adoptée par la Ville de Niamey se veut radicalement différente. Ici, l’arbre n’est plus un simple objet de décoration urbaine, mais un membre à part entière de la communauté scolaire. Chaque classe est désormais « gardienne » de son plan, instaurant de fait une culture de la responsabilité et du suivi.

« On ne plante pas pour la photo, on plante pour le futur », explique un responsable municipal présent sur les lieux.

En couplant cette initiative à une vaste opération de salubrité, les autorités entendent graver dans l’esprit des plus jeunes les piliers de la Refondation : la discipline, l’effort collectif et l’amour du bien public.

la Ville de Niamey
© la Ville de Niamey

Une onde de choc verte sur les cinq arrondissements

Par ailleurs, l’initiative ne s’est pas arrêtée aux portes de Talladjé. Dans une chorégraphie logistique bien huilée, le mouvement s’est propagé à travers toute la capitale. De la Francophonie 2 (ACN 1) au CES Koira Tégui (ACN 2), en passant par les sites de Djambakoira 1, Lotoko ou encore Séno 1, les cinq arrondissements communaux ont vibré au rythme des pelles et des arrosoirs.

Cette mobilisation simultanée illustre une volonté de quadriller le terrain urbain pour freiner l’avancée du désert, tout en modernisant l’image de l’administration scolaire.

Finalement, en mettant l’élève au centre de ce dispositif, le Niger prépare sa relève. Dans un contexte de transition profonde, l’école s’affirme comme le lieu où se forge la résilience de demain. Ce programme « Une classe, un arbre » est le premier jalon d’une ambition plus vaste : faire de la protection de la nature un acte de patriotisme quotidien.

Niamey : l’école Kouado 2, symbole d’une refondation écologique

À l’occasion de la Journée nationale de la Refondation, les autorités nigériennes ont choisi de joindre le geste à la parole en mettant l’accent sur l’environnement et l’éducation citoyenne. À Niamey, une cérémonie de plantation d’arbres organisée à l’école Kouado 2 de Talladjé a réuni responsables administratifs, acteurs du système éducatif et élèves autour d’un même objectif : sensibiliser la jeunesse à la protection de l’environnement.

La ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues, Elisabeth Sherif, a personnellement pris part à cette activité symbolique, aux côtés du gouverneur de la région de Niamey et des autorités municipales de la capitale.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
© Ministère de l’Education Nationale Officiel

L’école, nouveau front de la lutte contre la désertification

Au Niger, la désertification et la dégradation des terres constituent des défis majeurs. Chaque année, l’avancée du désert, la coupe du bois et les effets du changement climatique fragilisent davantage les écosystèmes et les zones agricoles. Dans ce contexte, les autorités cherchent à impliquer davantage les écoles dans la sensibilisation environnementale.

La plantation d’arbres dans les établissements scolaires ne relève donc pas seulement d’un geste symbolique. Elle s’inscrit dans une démarche globale visant à inculquer aux élèves des réflexes écologiques dès le plus jeune âge. L’école devient ainsi un espace d’apprentissage, mais aussi un lieu de transmission des valeurs citoyennes liées à la protection de la nature.

En mettant en terre plusieurs plants au sein de l’établissement Kouado 2, les autorités ont voulu montrer que la refondation nationale passe aussi par l’éducation environnementale et la responsabilité collective.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
© Ministère de l’Education Nationale Officiel

Une mobilisation des autorités et du système éducatif

La cérémonie a rassemblé plusieurs responsables administratifs, des cadres du ministère de l’Éducation nationale, des inspecteurs de l’enseignement ainsi que de nombreux élèves. Cette mobilisation illustre la volonté des autorités de faire de l’école un acteur central des politiques publiques, notamment en matière d’environnement et de civisme.

Lors des différentes interventions, les responsables éducatifs et municipaux ont insisté sur le rôle de l’école dans la formation du citoyen. Selon eux, la protection de l’environnement doit être intégrée dans l’éducation des élèves au même titre que les matières académiques, afin de former une génération consciente des enjeux écologiques du pays.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
© Ministère de l’Education Nationale Officiel

La refondation nationale au-delà de la politique

Au Niger, la notion de refondation ne se limite pas aux réformes institutionnelles ou politiques. Elle englobe également les questions sociales, éducatives et environnementales. La plantation d’arbres organisée dans le cadre de cette journée nationale illustre cette vision élargie : construire le pays ne signifie pas seulement réformer l’État, mais aussi préserver les ressources naturelles et préparer les générations futures.

À travers cette initiative, les autorités nigériennes cherchent donc à associer la jeunesse à la construction d’un Niger plus résilient face aux défis climatiques, démographiques et économiques.

Ainsi , chaque arbre planté dans l’école Kouado 2 de Talladjé rappelle que l’avenir du pays se forge dans l’éducation et dans l’esprit écologique des générations montantes.

Niger : le président Tiani lance la carte d’identité biométrique AES

Ce vendredi 27 mars 2026, le Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a procédé lui-même à son enrôlement pour la nouvelle carte nationale d’identité biométrique de l’Alliance des États du Sahel (AES). Un geste hautement symbolique qui marque le lancement officiel d’un vaste projet de transformation numérique de l’administration nigérienne. Ainsi, le Niger franchit une nouvelle étape dans sa politique de modernisation de l’État.

CCPRN
© CCPRN

Un lancement symbolique pour un projet stratégique

En se soumettant publiquement à la procédure d’enrôlement biométrique, le chef de l’État a voulu montrer que  la réforme de l’identification nationale est désormais une priorité stratégique. Derrière cette carte biométrique AES se cache en réalité un projet beaucoup plus large visant à moderniser les systèmes d’identification, sécuriser les documents officiels et améliorer l’accès des citoyens aux services publics.

Le projet s’appuie sur un décret adopté en Conseil des ministres le 26 décembre 2025, qui prévoit la mise en place d’une infrastructure technologique moderne comprenant notamment un centre de données national, des systèmes informatiques sécurisés et une gestion plus efficace des bases de données administratives.

Ainsi, l’enjeu dépasse largement la simple carte d’identité. Il s’agit de poser les bases d’un État numérique capable de mieux gérer ses ressources, sa population et ses services administratifs.

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Sécurité, administration et souveraineté numérique

La mise en place de la carte biométrique répond à plusieurs objectifs. D’abord, renforcer la sécurité des documents officiels afin de lutter contre la fraude documentaire, l’usurpation d’identité et certaines formes de criminalité transfrontalière. Ensuite, améliorer l’efficacité administrative en facilitant l’identification des citoyens dans les services publics, notamment pour l’état civil, la santé, l’éducation ou encore les élections.

Mais derrière ces objectifs techniques se dessine aussi une ambition politique plus large : celle de la souveraineté numérique. Les autorités nigériennes souhaitent que les données nationales soient hébergées et gérées dans des infrastructures contrôlées par l’État, afin de réduire la dépendance technologique extérieure.

Dans cette perspective, un comité de suivi a été mis en place pour accompagner la production des cartes biométriques et des passeports électroniques. Selon les autorités, le projet de passeport électronique biométrique serait déjà en phase de finalisation, ce qui montre la volonté d’avancer rapidement sur la numérisation des documents officiels.

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Un projet inscrit dans la dynamique de l’AES

Ce programme s’inscrit également dans la dynamique de coopération entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe notamment le Niger, le Mali et le Burkina Faso. L’objectif est à terme d’harmoniser certains documents officiels et de faciliter la circulation des citoyens au sein de cet espace.

La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités civiles et militaires, dont le ministre d’État chargé de l’Intérieur, le Général de Division Mohamed Toumba, ainsi que plusieurs responsables de la présidence et du gouvernement.

Au-delà de l’aspect administratif, la carte d’identité biométrique AES représente donc un projet structurant pour l’État nigérien. Elle symbolise une volonté de modernisation, de sécurisation et de transformation numérique de l’administration publique. Reste désormais le défi le plus important : déployer efficacement ce système sur l’ensemble du territoire et garantir son accessibilité à tous les citoyens, y compris dans les zones rurales.

Niger : Partenariat SWISSAID et CRESA pour l’innovation agricole (2026)

Le partenariat entre les institutions de recherche nigériennes et les organisations de développement international s’intensifie. Le 26 mars 2026, une délégation de l’organisation SWISSAID a effectué une visite de travail au Centre Régional d’Enseignement Spécialisé en Agriculture (CRESA) de l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Une rencontre stratégique qui confirme l’importance croissante de la recherche agricole dans les politiques de sécurité alimentaire au Niger.

Swissaid Niger
© Swissaid Niger

Une visite de travail à forte portée stratégique

Conduite par le Coordonnateur régional Afrique de SWISSAID, Blaise Burnier, la délégation comprenait également le Représentant pays Abdou Mahamane Rabilou, le Représentant pays adjoint Cheffou Tchegam ainsi que la coordinatrice du programme CROPS4HD, Ali Soumaila Foureratou.

Cette visite s’inscrivait dans une dynamique de consolidation du partenariat entre SWISSAID et le CRESA, une institution reconnue au Niger pour ses travaux dans le domaine de l’agriculture, de la recherche agronomique et de la formation des spécialistes du secteur rural.

Au-delà d’une simple visite protocolaire, la rencontre a permis d’aborder des questions concrètes liées à la recherche appliquée, à l’innovation agricole et à la valorisation des cultures locales, des enjeux majeurs pour un pays confronté aux défis climatiques et alimentaires.

 

L’agriculture locale au cœur de la coopération

Au Niger, l’amélioration des rendements agricoles ne repose plus uniquement sur l’extension des surfaces cultivées, mais de plus en plus sur la recherche scientifique, l’innovation et la valorisation des variétés locales adaptées au climat sahélien.

Dans cette perspective, la collaboration entre SWISSAID et le CRESA vise notamment :

  • le développement de semences locales améliorées,
  • la recherche sur les cultures résistantes à la sécheresse,
  • la transformation et la valorisation des produits agricoles locaux,
  • le transfert de technologies vers les producteurs,
  • la formation des étudiants et chercheurs en agriculture durable.

Cette approche s’inscrit dans une logique de souveraineté alimentaire, où la recherche locale devient un levier de développement économique et social.

Swissaid Niger
© Swissaid Niger

Vers de nouvelles perspectives de coopération

La rencontre du 26 mars 2026 a également permis d’explorer de nouvelles pistes de coopération entre les deux institutions. Les discussions ont porté sur l’élargissement des programmes de recherche, le renforcement des capacités techniques, ainsi que la mise en place de projets conjoints dans le domaine de l’innovation agricole et de la nutrition.

Ce type de partenariat illustre une évolution importante dans la coopération internationale : il ne s’agit plus seulement d’appui financier, mais de co-construction de solutions adaptées aux réalités locales, avec les universités et centres de recherche africains au cœur des stratégies de développement.

À Niamey, cette collaboration entre SWISSAID et le CRESA pourrait ainsi contribuer, à moyen terme, à améliorer la productivité agricole, renforcer la sécurité alimentaire et soutenir l’économie rurale nigérienne.

Niger-Maroc : le nouvel axe de la « souveraineté numérique » se dessine à Niamey

À l’heure où la désinformation et les mutations technologiques bousculent les équilibres sahéliens, le Niger et le Maroc scellent une alliance. Entre déploiement d’outils de pointe et vision panafricaine, les gendarmes des médias des deux pays passent à la vitesse supérieure.

Ainsi, la capitale nigérienne a vibré, du 25 au 26 mars 2026, au rythme d’une diplomatie médiatique offensive. Latifa Akharbach, figure de proue de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) du Maroc, a bouclé une visite de travail cruciale à Niamey. Au cœur des échanges avec son homologue de l’Observatoire National de la Communication (ONC) : l’urgence de bâtir un bouclier numérique commun face aux défis sécuritaires et informationnels qui secouent la région.

Observatoire National de la Communication
© Observatoire National de la Communication

L’arme technologique : le HMS+ au service de l’ONC

Le point d’orgue de ce tête-à-tête est sans conteste la signature d’une convention pour le déploiement du HMS+ (HACA Media Solutions). Ce logiciel de surveillance, véritable joyau technologique marocain, va permettre au régulateur nigérien de passer à l’ère de la surveillance numérique en temps réel. Dans un contexte de transition politique et de sensibilité sécuritaire accrue, cet outil devient le bras armé de l’ONC pour garantir un pluralisme équilibré et traquer les contenus séditieux.

Observatoire National de la Communication
© Observatoire National de la Communication

Un front commun contre les « fake news »

Au-delà de la technique, c’est une doctrine de « responsabilité médiatique » qui a véritablement été discutée. Le Premier ministre nigérien, Elhaj Ali Mahaman Lamine Zeine, a d’ailleurs apporté une caution politique de haut niveau à ce rapprochement en recevant la délégation marocaine. Par conséquent, l’objectif est clair : stabiliser l’espace public en limitant la propagation virale de fausses informations qui menacent souvent la cohésion sociale au Sahel.

Observatoire National de la Communication
© Observatoire National de la Communication

Niamey et Rabat à l’assaut de la régulation numérique africaine

Par ailleurs, les deux institutions ne comptent pas s’arrêter aux frontières bilatérales. Elles ambitionnent de transformer le Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC) en une plateforme d’influence continentale. Pour Niamey et Rabat, il s’agit de ne plus subir les règles imposées par les géants du web (GAFAM), mais d’imposer une régulation africaine, adaptée aux réalités locales et aux impératifs de souveraineté.

Enfin, cette visite, conclue par une invitation officielle du président de l’ONC au Maroc, marque un tournant. Entre le Niger, en quête de refondation, et le Maroc, expert en ingénierie de régulation, le courant passe. Une synergie qui promet de redéfinir les contours du paysage médiatique ouest-africain.