Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 59 sur 283

Libye : Le plan massif pour relancer le pétrole et le gaz

À Tripoli, le Sommet sur l’énergie et l’économie (LEES) a dévoilé une stratégie agressive pour l’horizon 2026. Entre forage massif, offensive numérique et retour des majors dans l’offshore, la Libye tente de stabiliser son économie par le haut. 

 

Désormais, la Libye ne se contente plus de gérer ses acquis. En effet, à l’occasion de la deuxième journée du Libya Energy & Economic Summit (LEES) 2026 ouvert vendredi 23 janvier, Tripoli a envoyé un signal clair aux marchés internationaux : le pays est prêt pour un nouveau cycle de croissance, soutenu par une technologie de pointe et des ambitions de forage retrouvées.

L’offensive du forage : l’objectif des 100 puits

Le ministère du Pétrole et du Gaz a jeté un pavé dans la mare en annonçant un plan de forage ambitieux pour 2026 : entre 70 et 100 nouveaux puits devraient sortir de terre (ou de mer). Pour soutenir cette cadence, Tripoli prévoit aussi des investissements annuels massifs, estimés entre 3 et 4 milliards de dollars.

Par ailleurs, cette accélération s’accompagne d’un toilettage réglementaire nécessaire. Une nouvelle réglementation unifiée devrait voir le jour pour rassurer des investisseurs échaudés par des années d’instabilité, visant une meilleure coordination entre la National Oil Corporation (NOC) et ses partenaires étrangers.

 

Le retour en force d’Eni et Repsol

Dans le même temps, pour les majors européennes, l’heure est à la concrétisation. L’italien Eni a confirmé que son mégaprojet gazier offshore, « Structures A&E », budgétisé à 8 milliards de dollars, est sur les rails pour une mise en service fin 2027. À la clé ? 750 millions de pieds cubes de gaz par jour pour satisfaire une demande locale pressante et, surtout, sécuriser les exportations vers une Europe toujours en quête d’alternatives au gaz russe.

De son côté, l’Espagnol Repsol mise sur le mythique champ d’El Sharara. Après une année 2025 record, la major vise les 350 000 barils par jour d’ici la fin de l’année. Symbole d’un retour à la normale, Repsol a annoncé relancer ses activités d’exploration pure dès 2026.

 

L’IA au service de l’or noir

L’une des surprises de ce sommet vient du virage technologique amorcé par le secteur des services. Le géant SLB (ex-Schlumberger) a détaillé son plan de déploiement de l’intelligence artificielle dans les champs libyens. Surveillance à distance, optimisation de la production par IA et lutte contre le torchage de gaz : Tripoli veut transformer ses « champs matures » en vitrines technologiques.

« Ce n’est plus seulement une question d’extraction, mais d’efficacité numérique », résume un expert présent au sommet.

 

Le défi du mix énergétique

Si les hydrocarbures restent le poumon du pays, Tripoli lorgne désormais sur le soleil. L’objectif est affiché : 4 GW de capacité renouvelable d’ici 2035. En plus, le projet phare de TotalEnergies, la centrale solaire de Sadada (500 MW), fait figure de test pour le modèle de partenariat public-privé (PPP) que le gouvernement tente d’imposer.

Reste un défi de taille : transformer ces annonces en réalité sur le terrain. Si les acteurs comme NESR se positionnent déjà avec des contrats de plus de 100 millions de dollars, la réussite de ce « big bang » énergétique dépendra aussi de la pérennité du cadre sécuritaire et de la clarté législative, deux piliers encore fragiles de la reconstruction libyenne.

Niger : Le conflit Orano-Niamey s’envenime autour du stock d’uranium

Orano-Niamey, le bras de fer de l’uranium, entre totem de souveraineté et impasse logistique

C’est une cargaison fantôme qui pèse un millier de tonnes. À l’aéroport de Niamey, sous une surveillance militaire étroite, un stock massif de concentré d’uranium cristallise désormais toutes les tensions géopolitiques du Sahel. Extraite à Arlit et immobilisée depuis fin novembre, cette « yellow cake » est devenue l’objet d’un conflit frontal entre la junte nigérienne et le géant français Orano.

 

Orano sort les griffes juridiques.

Après des mois de silence relatif, le groupe français a choisi la contre-attaque. Devant les parlementaires à Paris le mercredi 21 janvier, Claude Imauven, président du conseil d’administration d’Orano, a annoncé le lancement de poursuites judiciaires. La cible est l’État nigérien, pour la nationalisation jugée « illégale » de la Somaïr en juin dernier, mais aussi « quiconque » — État tiers ou acheteur privé — tenterait de s’approprier ce stock.

En France, le parquet a déjà ouvert une enquête pour « vol en bande organisée au profit d’une puissance étrangère ». Une arme juridique destinée à transformer ce stock en « uranium radioactif » pour tout intermédiaire diplomatique.

 

Niamey : la souveraineté au prix de l’enclavement

Pour les autorités nigériennes, cet uranium n’est plus une simple ressource minière, c’est un « marqueur de souveraineté ». En défiant Orano, le gouvernement entend solder des décennies de relations jugées asymétriques avec l’ancienne puissance coloniale.

Toutefois, la géographie est une ennemie tenace. Pays enclavé, le Niger se heurte à une réalité logistique implacable :

  • Corridor béninois : bloqué par des tensions diplomatiques persistantes avec Porto-Novo.
  • Axe nigérian : inutilisable en raison de l’hostilité d’Abuja envers les régimes militaires de la région.
  • Option togolaise : fragilisée par l’insécurité au Burkina Faso et la crainte de Lomé d’être entraînée dans un imbroglio juridique international.

L’ombre de Moscou et le risque aérien

Faute de ports, reste la voie des airs. Cependant, le passage suspect de deux Iliouchine Il-76 russes sur la base aérienne de Niamey entre le 9 et le 13 janvier a alimenté toutes les spéculations. Si Rosatom a bien signé un mémorandum avec Niamey, la Russie avance prudemment. Moscou, tout en cherchant à évincer l’influence française, hésite à s’exposer directement aux arbitrages internationaux déjà remportés par Orano, qui interdisent formellement à l’État nigérien de disposer de ces stocks.

 

Une partie d’échecs à haut risque

Comme le soulignent les observateurs internationaux, le Niger joue une partition risquée. En transformant l’uranium en symbole politique, le Niger s’offre un succès d’estime national mais s’enferme dans une impasse économique. Sans accès aux marchés sécurisés et sous la menace de saisies internationales, l’atout stratégique pourrait bien se transformer en un fardeau encombrant, dormant indéfiniment sous le soleil de Niamey.

Tchimoumounene : Lancement du premier Festival de dromadaire

Le désert d’Ingall a vibré, ce vendredi 23 janvier 2026, au rythme de la première édition du Festival du dromadaire. Cet événement, officiellement lancé par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le Colonel Mahaman Elhadji Ousmane, marque ainsi une étape majeure dans la valorisation du patrimoine pastoral nigérien, pilier essentiel de l’économie nomade.

Placée sous le haut patronage du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), la cérémonie d’ouverture a également enregistré la présence du gouverneur de la région d’Agadez, le Général Ibra Boulama Issa. À cette occasion, une importante délégation de cadres civils et militaires a escorté le ministre, soulignant d’emblée l’importance stratégique accordée à ce rendez-vous pastoral.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Un million de francs pour la patrie

Au-delà de la célébration culturelle, le festival s’est également imposé comme une véritable tribune d’expression patriotique. En effet, en marge de l’ouverture officielle, la communauté Ichirifane de Bab-Salam, située dans la commune rurale d’Ingall, a tenu à manifester son soutien à la transition en cours.

Ainsi, par la voix de son ambassadeur, Ahmed Achel Mohamed, cette communauté a remis au gouverneur une contribution d’un million de francs CFA. Cette somme est destinée au Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP). Ce geste fort traduit, par conséquent, l’adhésion des populations pastorales aux idéaux de souveraineté et de refondation nationale prônés par les autorités de Niamey.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Entre spiritualité et développement

Par ailleurs, les autorités ont mis en lumière la place centrale du dromadaire, surnommé le « vaisseau du désert », considéré aujourd’hui comme un atout stratégique pour la sécurité alimentaire et l’adaptation aux changements climatiques. Toutefois, à Tchimoumounene, la dimension technique de l’élevage s’est harmonieusement conjuguée à une profonde ferveur spirituelle.

À cet effet, le Colonel Mahaman Elhadji Ousmane et le Général Ibra Boulama Issa ont assisté à une séance solennelle de lecture du Saint Coran. Les participants ont prononcé des invocations en faveur de la nation, implorant la paix, la sécurité et la prospérité pour le Niger.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Enfin, la cérémonie s’est déroulée en présence du conseiller du Premier ministre ainsi que des autorités coutumières d’Ingall, véritables gardiennes des traditions de l’Azawak. Dès lors, pour les autorités de transition, ce festival dépasse le cadre d’une simple réjouissance. Il s’impose plutôt comme un outil de cohésion sociale, mais aussi comme un levier de rayonnement pour une région d’Agadez redevenue, une fois encore, le carrefour de la résilience saharienne.

Niger : Plaidoyer pour un recrutement spécial des handicapés dans la fonction publique

Le Niger s’est engagé dans une vaste politique de recrutement pour renforcer ses Forces de défense et de sécurité (FDS), une voix s’élève pour que la « refondation » nationale n’oublie personne sur le bord du chemin. En effet, dans une lettre ouverte adressée au chef de l’État, le général de brigade Abdourahamane Tiani, un citoyen, Nassamoudouboumoutari, plaide pour l’organisation d’un recrutement spécial au sein de l’administration publique dédié aux personnes en situation de handicap.

 

Un « recrutement compensatoire » face aux exigences militaires

L’argumentaire repose sur un constat de fait : la priorité actuelle donnée aux métiers des armes exclut de facto une catégorie de citoyens pourtant qualifiés, mais jugés « inaptes » aux rigueurs physiques du front. Pour l’auteur de la lettre, l’État doit corriger ce déséquilibre par des mesures compensatoires dans les secteurs civils.

« Les personnes handicapées sont des citoyens à part entière. Elles ont les mêmes aspirations : vivre une vie épanouie et être incluses dans la société, martèle l’auteur, rappelant que le handicap ne doit plus être synonyme d’éviction systématique des processus de recrutement.

L’inclusion comme moteur de développement

Par ailleurs, loin de solliciter une simple aide sociale, le plaidoyer met en avant le potentiel productif de cette frange de la population. L’idée est de transformer la vulnérabilité en levier de croissance. Nassamoudouboumoutari souligne aussi que le Niger, signataire de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, a l’obligation de promouvoir leur autonomie économique.

L’auteur propose également une approche pragmatique :

  • Un recrutement spécial : réservé aux personnes handicapées en fonction de leurs diplômes.
  • Ciblage stratégique : prioriser les postes administratifs ne nécessitant pas d’aptitudes physiques particulières.
  • Reconnaissance : faire de l’emploi un geste de gratitude pour leur résilience.

 

Saluer les acquis pour mieux avancer

Tout en formulant cette demande audacieuse, la lettre salue les avancées déjà réalisées par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et le gouvernement de transition, notamment en matière d’éducation inclusive. L’intégration des enfants handicapés dans les écoles publiques est perçue comme un socle sur lequel doit désormais s’appuyer l’insertion professionnelle.

Pour les observateurs à Niamey, cette sollicitation arrive à un moment charnière où le régime cherche à consolider l’unité nationale. Répondre favorablement à cet appel enverrait un signal fort : celui d’un Niger souverain qui valorise chacun de ses talents, indépendamment de ses capacités physiques.

Niger : Kornaka investit ses fonds propres pour l’éducation primaire

Dans un contexte national marqué par la recherche de souveraineté et la « refondation » des services publics, la commune de Kornaka, située dans la région de Maradi, vient d’illustrer concrètement la montée en puissance de l’investissement local. En effet, ce vendredi 23 janvier 2026, l’exécutif communal a procédé à la remise officielle de 100 table-bancs réhabilités au profit de l’enseignement primaire.

 

Le choix des « fonds propres »

La particularité de cette opération réside dans son financement : la commune a puisé dans ses propres fonds pour redonner vie à ce mobilier scolaire. En évitant d’attendre l’appui de partenaires extérieurs ou de l’État central, Kornaka affirme ainsi une volonté d’autonomie administrative et financière de plus en plus encouragée par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP).

L’Administrateur Délégué de la commune, l’Adjudant-Chef Abdoulaye Na Allah, a présidé la cérémonie dans l’enceinte de la mairie. Dans son allocution, il a insisté sur la dimension civique de cet investissement. Il a également exhorté les directeurs d’écoles et les élèves à une « préservation durable » de ces équipements, rappelant que chaque franc investi provient de l’effort collectif de la collectivité.

Ville Kornaka
© Ville Kornaka

L’école, pilier de la refondation nigérienne

Par ailleurs, l’inspecteur de l’enseignement primaire, réceptionnaire du lot, a salué une initiative qui vient soulager des classes souvent surchargées ou sous-équipées. Il a aussi promis une gestion « responsable et rationnelle » du matériel, garantissant que ces table-bancs serviront exclusivement au confort et à l’apprentissage des élèves.

Au-delà de l’aspect matériel, cet acte s’inscrit dans la vision globale de Niamey : préparer l’avenir en responsabilisant les échelons locaux. Pour Kornaka, investir dans l’éducation sur fonds propres n’est pas seulement une réponse à un besoin technique, c’est un acte de solidarité politique avec la transition nigérienne.

Niger : Ali Mahamane Lamine Zeine reçoit le REFAMP à Niamey

À Niamey, Ali Mahamane Lamine Zeine mobilise l’expertise féminine pour la « refondation ».

 

Niamey, 23 janv. 2026 – Au Niger, la « refondation » ne se fera pas sans les femmes d’expérience. En effet, le Premier ministre et ministre de l’Économie et des Finances, Ali Mahamane Lamine Zeine, a reçu jeudi 22 janvier à Niamey une délégation de haut niveau du Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires (REFAMP/Niger).

Conduite par sa première vice-présidente, Mme Moussa Fatimata, cette rencontre officielle marque aussi la reconnaissance par les autorités de transition (CNSP) du rôle stratégique des anciennes et actuelles dirigeantes dans l’appareil d’État.

CNSP
© CNSP

Un « brain-trust » au service du CNSP

Le REFAMP n’est pas une association civile ordinaire. Il regroupe l’élite politique féminine du pays : ministres, parlementaires, ambassadrices et membres du Conseil consultatif pour la refondation. D’ailleurs, pour le Premier ministre, ce réseau constitue un vivier d’expertises en matière de conception et de mise en œuvre des politiques publiques.

« Le gouvernement et le CNSP ont toujours été à l’écoute de ces femmes de talent, pleines d’expérience », a souligné Mme Moussa Fatimata à l’issue de l’audience. Par ailleurs, ce nouveau bureau, reconduit lors de l’assemblée générale du 11 janvier, entend mettre son capital intellectuel au service de la transformation sociale du pays.

 

L’ambition régionale : cap sur l’AES

Au-delà des frontières nigériennes, le REFAMP voit grand. Les discussions ont porté sur le renforcement de l’influence du réseau au sein de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES). En outre, l’objectif est explicite : intégrer l’expertise féminine dans le développement de la zone du Liptako-Gourma, région charnière pour la sécurité et l’économie du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

CNSP
© CNSP

Un centre de capacités pour la relève

L’un des points concrets de l’échange a concerné l’infrastructure. Si l’État a déjà octroyé un terrain au réseau, le REFAMP sollicite désormais un appui pour l’édification d’un centre de renforcement de capacités. Ce projet à long terme vise à :

  • Transmettre les « bonnes pratiques » de gouvernance aux jeunes générations.
  • Former les futures leaders féminines.
  • Vulgariser le contenu de la « refondation » auprès des femmes et des filles sur l’ensemble du territoire.

En somme, en recevant ces femmes d’influence, Ali Mahamane Lamine Zeine consolide une alliance stratégique. Il s’agit aussi de transformer le « retour d’expérience » de ces cadres en un levier de légitimité et d’efficacité pour les réformes structurelles en cours au Niger.

À Tahoua : le geste patriotique d’Abdoulaye Maoudeh, 8 ans, pour le FSSP

À Tahoua, l’histoire d’Abdoulaye, 8 ans, « pilote de chasse » en herbe et mécène de la patrie

 

Dans la région de Tahoua, au cœur d’un Niger en pleine mutation sous l’égide du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le geste d’un enfant de 8 ans est devenu le symbole de la ferveur patriotique promue par le régime militaire. En effet, Abdoulaye Maoudeh, élève en classe de CE2, a officiellement remis ce matin une contribution de 1 200 francs CFA au Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP).

 

Le « sacrifice » de la récréation

Si la somme peut paraître modeste, c’est la méthode de collecte qui a ému l’opinion locale. Selon le récit de son père, le jeune garçon a méthodiquement divisé son budget quotidien en deux : sur les 200 francs CFA reçus chaque matin pour sa récréation, il n’en dépensait que 100, réservant systématiquement l’autre moitié pour l’effort national.

Ce « pacte de solidarité » individuel est né d’une discussion familiale. Après que son père lui a expliqué l’importance de soutenir le pays, l’enfant a pris cet engagement avec une ambition claire pour l’avenir : « Il m’a promis d’être pilote d’avion de chasse pour défendre sa patrie », confie son géniteur.

 

Le FSSP, pilier de la « Refondation »

Lancé par les autorités, le FSSP est devenu l’instrument financier central de la transition. Alimenté par les prélèvements sur les hydrocarbures, les communications et les contributions volontaires, ce fonds poursuit des objectifs multiples :

  • L’armement : L’achat d’équipements militaires pour les Forces de défense et de sécurité (FDS).
  • Le social : la prise en charge des veuves et des orphelins des soldats tombés au front.
  • Le développement : le financement de la grande irrigation et la création d’emplois pour la jeunesse.

Pour Niamey, l’acte du petit Abdoulaye est la preuve que les valeurs de patriotisme et d’engagement pénètrent désormais toutes les couches de la société, dès le plus jeune âge. Dans les écoles comme dans les foyers, la rhétorique de la « sauvegarde de la patrie » s’installe, transformant ainsi chaque franc versé en un acte de résistance et de souveraineté.

Arrestation d’agents de renseignement nigériens à Cotonou

COTONOU, 22 janv. 2026 (JDN) – Les autorités béninoises ont annoncé l’arrestation à Cotonou de plusieurs agents des services de renseignement nigériens, soupçonnés de surveiller les déplacements du président Patrice Talon, a appris JDN jeudi de sources sécuritaires.

Cette opération marque une nouvelle escalade brutale dans la crise diplomatique qui oppose les deux voisins ouest-africains depuis plusieurs mois. Selon des sources policières béninoises, les suspects interpellés n’auraient pas de statut diplomatique officiel et une enquête est actuellement en cours pour déterminer l’ampleur de leur mission sur le territoire béninois.

 

Un cycle de représailles diplomatiques

L’incident s’inscrit dans un climat de méfiance généralisée. Il y a quelques semaines, le Bénin avait déjà expulsé deux officiers du renseignement nigérien en poste à l’ambassade du Niger à Cotonou, bien que ces derniers bénéficiaient d’une couverture diplomatique.

En réaction, les autorités de la transition à Niamey avaient ordonné le renvoi du premier conseiller de l’ambassade du Bénin au Niger. D’ailleurs, ce bras de fer a abouti, le 5 janvier dernier, à la fermeture totale de la représentation diplomatique béninoise dans la capitale nigérienne.

 

Une arrestation dans un contexte régional sous tension

Par ailleurs, les relations entre Porto-Novo et Niamey sont empoisonnées par plusieurs dossiers sensibles :

  • La sécurité frontalière : Niamey accuse régulièrement Cotonou d’abriter des bases militaires étrangères destinées à déstabiliser le Niger.
  • Le pétrole : le différend autour de l’exportation du brut nigérien via le terminal béninois de Sèmè-Kpodji reste un point de friction économique majeur.
  • La rupture politique : depuis le coup d’État de juillet 2023 au Niger, le Bénin est l’un des pays ayant appliqué avec la plus grande fermeté les directives de la Cedeao, bien que l’organisation ait depuis assoupli sa position.

Pour l’heure, ni le gouvernement nigérien ni les services de renseignement de Niamey n’ont officiellement réagi à ces arrestations. Finalement, cette affaire pourrait compromettre davantage les tentatives de médiation entamées par certains chefs d’État de la région pour normaliser les relations entre les deux pays.

Ramadan 2026 : Le gouvernement et les commerçants s’accordent sur les prix

NIAMEY, 22 janv. 2026 (JDN) – Le gouvernement a appelé mercredi les opérateurs économiques à la « solidarité » et au « patriotisme » pour stabiliser les prix des denrées de première nécessité, à quelques semaines du début du mois de Ramadan.

En effet, lors d’une réunion de crise tenue à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Niger (CCIN), le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Abdoulaye Seydou, a rencontré les principaux importateurs, grossistes et détaillants du pays. L’objectif affiché par les autorités de la « Refondation » est de prévenir toute spéculation inflationniste durant cette période de pic de consommation.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie

Un « pacte de solidarité » contre la spéculation

« Le Ramadan est une période de haute consommation mais aussi de solidarité. Cette ferveur religieuse ne doit pas être entachée par des hausses de prix injustifiées », a martelé le ministre devant un parterre d’acteurs économiques.

M. Seydou a exhorté les commerçants, au nom de la « foi islamique » et de la « souveraineté économique », à éviter l’envolée spectaculaire des prix généralement observée avant le jeûne. En contrepartie, l’État s’est aussi engagé à garantir un approvisionnement régulier des marchés pour éviter toute pénurie artificielle.

À cet effet, le président de la CCIN, Moussa Sidi, a salué ce cadre d’échange, évoquant un « pacte de solidarité » nécessaire pour protéger le pouvoir d’achat des ménages nigériens, déjà éprouvés par un contexte économique régional complexe.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie

Ramadan 2026: Contrôles sur le terrain

De leur côté, les opérateurs économiques ont assuré vouloir accompagner l’État, tout en exposant des contraintes logistiques liées à l’approvisionnement. Malgré ces réserves, un engagement de principe a été pris pour maintenir l’accessibilité des produits de base (sucre, huile, céréales).

Le ministre a annoncé qu’il entamerait également dès les prochains jours des « visites de terrain » dans les grandes enseignes et les marchés de Niamey pour vérifier la réalité des stocks et l’affichage des prix.

Ministère du Commerce et de l'Industrie
© Ministère du Commerce et de l'Industrie

En somme, cette rencontre intervient alors que la stabilité des prix est devenue un enjeu de paix sociale majeur pour le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP).

Niger : Bank of Africa et l’État misent sur le financement agricole

Le Niger explore de nouveaux leviers de financement pour son secteur agricole, pilier central de son économie et de sa stratégie de souveraineté alimentaire. Ce mercredi 21 janvier 2026, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, Bakary Yaou Sangaré, a présidé, au cabinet du Premier ministre, une séance de travail dédiée à la mobilisation de ressources financières en faveur de l’agriculture.

Une rencontre stratégique pour le financement agricole

Cette rencontre de haut niveau a réuni une délégation du groupe Bank of Africa (BOA), conduite par son directeur général, Amine Bouabid, ainsi que plusieurs institutions nationales intervenant tout au long de la chaîne de valeur agricole. Elle s’inscrit dans la continuité d’une mission de la BOA au Niger et traduit une volonté commune de structurer des partenariats durables dans un secteur à fort potentiel.

L’agriculture, pilier de l’économie nigérienne

Représentant le Premier ministre, le chef de la diplomatie nigérienne a dressé un état des lieux du secteur agricole, qui contribue à près de 40 % du produit intérieur brut. Il a mis en avant les atouts structurels du pays, notamment l’étendue des terres cultivables et l’existence de ressources en eaux souterraines, tout en rappelant les contraintes persistantes liées aux chocs climatiques et à la variabilité des saisons.

Pour les autorités nigériennes, l’agriculture dépasse le simple cadre économique. Elle constitue également  un axe stratégique majeur de la vision de refondation nationale, avec pour objectif affirmé de renforcer l’autonomie alimentaire et de réduire la dépendance extérieure.

Les institutions nationales exposent leurs priorités

Les responsables des institutions spécialisées — parmi lesquelles le Conseil national de la recherche agronomique, la Centrale d’approvisionnement en intrants et matériels agricoles, l’Association des ingénieurs agricoles du Niger, la société Riz du Niger et l’ICRISAT — ont aussi présenté leurs priorités opérationnelles, leurs besoins de financement et leurs perspectives de développement.

Bank of Africa ouverte à un appui financier structuré

À l’issue des échanges, le directeur général de Bank of Africa a salué la qualité des interventions et exprimé l’intérêt du groupe bancaire pour un accompagnement ciblé du secteur. Il a également évoqué une approche intégrée, allant du financement des entreprises de transformation et des importateurs de semences jusqu’au soutien direct aux producteurs agricoles.

Cette séance de travail ouvre ainsi la voie à une coopération renforcée entre l’État nigérien et Bank of Africa, avec l’ambition de transformer le potentiel agricole du pays en moteur durable de croissance, d’emplois et de sécurité alimentaire.