Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 8 sur 307

Coopération Niger-Algérie : l’ambassadeur Ahmed Saadi en visite à Agadez

L’ambassadeur d’Algérie au Niger, Ahmed Saadi, a effectué ce vendredi 9 octobre 2026 une visite de courtoisie au Gouvernorat d’Agadez. Reçu par le gouverneur de la région, le général de division Ibra Boulama Issa, le diplomate a échangé avec les autorités régionales sur la mise en œuvre des projets bilatéraux destinés à renforcer les liens entre les deux pays. Le consul général d’Algérie à Agadez, Alleg Abderrahmane, accompagnait l’ambassadeur lors de cette rencontre.

Santé et éducation : des infrastructures concrètes pour Agadez et Tchirozérine 

Les deux parties ont souligné la profondeur des liens historiques qui unissent le Niger et l’Algérie. Elles ont également insisté sur la nécessité de traduire cette fraternité en réalisations concrètes, susceptibles d’améliorer les conditions de vie des populations d’Agadez et des régions voisines.La rencontre a également  permis d’examiner l’état d’avancement de plusieurs initiatives prévues dans la région.

 Les autorités ont évoqué des projets dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’énergie, des transports et des hydrocarbures. Parmi les projets annoncés figurent la construction d’un Institut des sciences islamiques et d’un centre de néphrologie à Agadez. Ces équipements doivent renforcer l’offre éducative et améliorer l’accès aux soins spécialisés dans la région.

À Tchirozérine, les deux pays prévoient également la réalisation d’une polyclinique. Ce projet vise à rapprocher les services de santé des populations et à renforcer les capacités du système sanitaire local.

Énergie et transports : centrale mobile, ligne haute tension et projet de port sec 

Le volet énergétique de cette coopération bilatérale mise sur des solutions d’urgence et la modernisation du réseau. Il prévoit notamment le déploiement d’une centrale électrique mobile ainsi que la réhabilitation de la ligne haute tension connectant Tchirozérine à Agadez. Objectif : sécuriser l’approvisionnement électrique de la région et dynamiser le tissu économique local.

Sur le plan logistique, les discussions ont acté le projet de construction d’un port sec par l’Algérie. Cette infrastructure clé va fluidifier les flux commerciaux et positionner durablement la région d’Agadez comme un hub interconnecté entre le Niger et l’Afrique du Nord.

Projets stratégiques : le bloc pétrolier de Kafra et le gazoduc transsaharien 

Enfin, les deux parties ont fait le point sur les dossiers hautement stratégiques du bloc pétrolier de Kafra et du projet de gazoduc transsaharien. Ces méga-chantiers portent de fortes ambitions pour l’économie régionale, avec d’importantes retombées attendues en matière d’investissements directs étrangers, de créations d’emplois et de désenclavement infrastructurel.

Face à ces ambitions, l’ambassadeur algérien Ahmed Saadi a salué l’implication des autorités locales, tout en se félicitant de l’accueil chaleureux des populations. Le diplomate a réitéré le plein engagement d’Alger, via son ambassade et son consulat général, à accompagner ces projets structurants.

Une dynamique impulsée au plus haut sommet des deux États 

Le gouverneur Ibra Boulama Issa s’est félicité de la relance de la coopération nigéro-algérienne. Au nom des populations de la région, il a exprimé son souhait de voir ces projets se concrétiser rapidement afin de stimuler le développement économique et social d’Agadez.

Cette dynamique s’inscrit dans la volonté affichée par le chef de l’État nigérien, le général d’armée Abdourahamane Tiani, et son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, de renforcer la coopération entre les deux pays. Les deux dirigeants ambitionnent aussi de promouvoir des projets au service du bien-être des populations et de l’intégration régionale.

Quel avenir pour ces engagements bilatéraux ? 

Cette rencontre confirme la relance effective de l’axe Alger-Niamey, avec des retombées directes attendues pour la région d’Agadez. Qu’il s’agisse des infrastructures de santé et d’éducation ou des grands chantiers énergétiques ainsi que logistiques, ces projets portent la promesse d’une amélioration concrète du quotidien des populations et de nouvelles opportunités économiques pour la jeunesse locale.

L’enjeu réside désormais dans l’exécution et le suivi rigoureux de ces promesses bilatérales. Au-delà des annonces diplomatiques, il appartiendra aux communautés locales et aux acteurs de la société civile de rester attentifs à l’évolution des chantiers, afin de garantir que ces investissements structurants profitent pleinement et durablement aux habitants d’Agadez.

Niger : à Tchirozerine, le ministre de l’Agriculture évalue la campagne agro-pastorale face à la sécheresse

Le ministre nigérien de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Billaly Elhadj Gambobo, a poursuivi hier jeudi 8 octobre 2026 son déplacement dans le département de Tchirozerine. Accompagné d’une délégation ministérielle, il a inspecté plusieurs sites agricoles et pastoraux afin d’évaluer l’avancement de la campagne agro-pastorale et d’identifier les mesures nécessaires face aux effets persistants de la sécheresse.

Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
© Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
Sécheresse et stress hydrique : un département sous pression climatique

Les échanges tenus durant la mission ont révélé une situation préoccupante dans l’ensemble du département. Les précipitations demeurent irrégulières, tant dans leur répartition géographique que dans leur calendrier, tandis que la nappe phréatique peine à se reconstituer.

Cette conjoncture fragilise les activités agricoles et réduit les ressources fourragères disponibles pour le bétail. Les autorités souhaitent donc orienter les producteurs vers des pratiques mieux adaptées aux contraintes climatiques et renforcer l’accompagnement technique des exploitations.

Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
© Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
Valorisation des potentialités agricoles et promotion des cultures résilientes

À Intarat, le directeur départemental de l’Agriculture a présenté l’importance du potentiel productif local. Le département de Tchirozerine dispose de 222 sites agricoles et de plus de 19 700 jardins potagers, autant d’espaces susceptibles de contribuer à la sécurité alimentaire si les contraintes hydriques sont mieux maîtrisées.

Face à la faiblesse des pluies et à l’insuffisante recharge des nappes, le ministre a appelé les exploitants à privilégier des cultures résilientes, capables de supporter les périodes de sécheresse. Il a également évoqué les dispositifs d’appui de l’État, tout en soulignant la nécessité d’une contribution des producteurs à la mise en œuvre des projets.

Tindawé : réhabiliter les jardins potagers inactifs grâce aux forages

La délégation s’est ensuite rendue à Tindawé, où elle a constaté un écart considérable entre les capacités disponibles et leur exploitation effective. Le site couvre 283 hectares et abrite 152 jardins potagers, mais seuls 43 d’entre eux fonctionnent actuellement.

Le colonel Gambobo a demandé aux services techniques d’engager une étude sur les forages agricoles de la zone. L’objectif consiste à déterminer comment exploiter davantage les potentialités hydriques et agricoles du site, afin d’accroître le nombre de jardins actifs et d’améliorer les revenus des producteurs.

Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
© Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
Tindawène : un marché à bétail moderne exécuté à 95 %

À Tindawène, la mission a également inspecté un marché à bétail financé dans le cadre du programme PRAPS 2. Le projet occupe une superficie de 15 000 mètres carrés et intègre un parc de vaccination, deux hangars, un bloc administratif, un forage, un puits perdu et une fontaine.

Les travaux ont atteint un taux d’exécution de 95 %. Une fois opérationnel, cet équipement devrait faciliter les échanges commerciaux, renforcer les services vétérinaires et améliorer les conditions de commercialisation du bétail dans la région.

 Cap sur l’énergie solaire et distribution d’intrants agricoles

À Beinabou, les difficultés rencontrées par les producteurs rejoignent celles observées sur les précédents sites. Le ministre a recommandé l’installation de panneaux solaires afin d’assurer un accès plus fiable à l’énergie nécessaire aux activités agricoles.

La même orientation a été formulée à Atri, où l’utilisation de l’énergie solaire doit accompagner le développement de cultures adaptées aux conditions climatiques locales. Cette approche vise à réduire la dépendance aux sources d’énergie coûteuses ou difficiles d’accès, tout en soutenant la production maraîchère.

Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
© Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
Des intrants déjà mobilisés

Le département de Tchirozerine a déjà reçu un appui substantiel en intrants et en vivres. Les autorités y ont acheminé 570 tonnes d’engrais, 600 litres de produits phytosanitaires et 420 tonnes de denrées alimentaires.

Ces dispositifs s’inscrivent dans la réponse de l’État aux effets du déficit pluviométrique. En plus, ils doivent permettre aux producteurs de maintenir leurs activités, de protéger leurs cultures et de faire face aux périodes de soudure, dans un contexte où l’eau demeure le principal facteur limitant la production agropastorale.

L’eau et le solaire, piliers de l’avenir agropastoral de Tchirozerine

Si la mobilisation des intrants et l’achèvement du marché à bétail de Tindawène constituent des avancées concrètes pour les éleveurs et agriculteurs, l’accès durable à l’eau reste le véritable nerf de la guerre à Tchirozerine. D’ailleurs, le virage vers l’énergie solaire et la valorisation des forages profonds représentent la seule voie pérenne pour sécuriser les 222 sites agricoles du département. En concrétisant ces aménagements, les autorités donneront aux populations locales les moyens de surmonter les aléas pluviométriques et de stabiliser l’économie rurale.

Niger : relaxée puis transférée à Hamdallaye, la gérante de « Nina Spa » réclame sa liberté et ses enfants

Une entrepreneure installée à Niamey affirme que la justice l’a relaxée après près de quatre mois de détention, avant que les autorités ne la conduisent au centre de transit de Hamdallaye. Dans une déclaration rendue publique le 7 octobre, elle demande à retrouver ses enfants, à reprendre la gestion de ses activités et à obtenir des clarifications sur sa situation administrative.

Nuemo Kayo Virginie
© Nuemo Kayo Virginie
Une entrepreneure relaxée puis transférée en centre de transit

Nuemo Kayo Virginie, alias Nina, d’origine camerounaise, gérante de l’établissement Nina Spa à Niamey situé à Chateau 1, virage de Baaklini en face de la fondation M. Issoufou, affirme que la justice l’a relaxée le 3 octobre 2026 après près de quatre mois de détention. Elle soutient également qu’aucun tribunal ne l’a condamnée. Selon son récit, sa libération n’a pourtant pas permis son retour à domicile. Les forces de l’ordre l’auraient contrainte à signer rapidement un document sans lui laisser le temps de le lire, avant de la conduire sur le site de Hamdallaye, près de Niamey.

Elle affirme que les agents la maintiennent sous surveillance et limitent ses déplacements, alors qu’elle conteste fermement un statut de migrante en situation irrégulière. Nina assure détruire toutes les réserves en présentant un passeport valide, un titre de séjour et un acte de mariage célébré avec un citoyen nigérien — des pièces qu’elle a publiées à l’appui de ses déclarations.

Le site de Hamdallaye accueille notamment des réfugiés que les humanitaires ont évacués de Libye, ainsi que des migrants transférés depuis Niamey. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) rappelle qu’il a créé ce centre de transit en 2017 afin de prendre en charge des personnes vulnérables, en collaboration avec les autorités et divers partenaires.

Nuemo Kayo Virginie
© Nuemo Kayo Virginie
Une intervention policière survenue en son absence

La gérante explique que ses difficultés ont débuté un dimanche pendant son absence. Deux femmes sont entrées dans son salon de coiffure et d’esthétique et ont provoqué un incident. Le lendemain, des forces de l’ordre ont mené une perquisition à son domicile, alors qu’elle se trouvait toujours en déplacement. Nina affirme que des individus ont pénétré dans sa chambre après avoir recouvert ses caméras de surveillance.

Elle assure avoir suivi une partie de l’intervention en direct grâce au flux vidéo transmis sur son téléphone portable. Les autorités devront toutefois vérifier ces allégations par des éléments matériels et, le cas échéant, au cours d’une procédure judiciaire contradictoire.

Des mineures au cœur du témoignage

Nina affirme que les forces de l’ordre ont interpellé ses deux filles, âgées de 11 et 14 ans. La police aurait gardé l’aînée en cellule du lundi au jeudi parce qu’elle déclarait ne pas posséder les clés de la chambre de sa mère.

La requérante assure que l’adolescente disait vrai, puisqu’elle-même avait emporté les clés pendant son voyage. Elle ajoute aussi que sa fille garde des blessures au dos suite à cette garde à vue. Les agents auraient également retenu la cadette avant de la relâcher tard dans la nuit. Ils ont aussi interpellé son époux et la nounou de la famille.

Ces accusations soulèvent des questions sensibles sur les conditions d’interpellation des mineurs, leur maintien en cellule et le respect de leurs droits fondamentaux. Elles exigent des éclaircissements officiels de la part des services compétents ainsi qu’une vérification indépendante des faits.

Un commerce scellé et 17 emplois menacés

Inauguré il y a trois ans et demi, Nina Spa emploie 17 personnes, dont des esthéticiennes, des cuisiniers, des blanchisseurs et des agents d’entretien. Nina indique qu’elle utilise des produits naturels et qu’elle détient plusieurs qualifications en massage thérapeutique, en cosmétique et en arts culinaires. Elle décrit son établissement comme un salon mixte et familial.

Depuis l’arrestation de sa gérante, les autorités maintiennent le domicile et l’entreprise sous scellés. Nina souligne que cette fermeture soudaine prive ses salariés de revenus et fragilise ses engagements financiers envers ses bailleurs.

Au-delà de ce cas individuel, ce témoignage met en lumière les répercussions économiques immédiates qu’une fermeture administrative ou judiciaire provoque chez une TPE : rupture de revenus, perte de clientèle, impayés et précarisation des employés.

Nuemo Kayo Virginie
© Nuemo Kayo Virginie
Une mère séparée de ses enfants

Nina affirme qu’elle n’a pas pu revoir ses deux filles depuis son transfert à Hamdallaye. Une amie de la famille héberge actuellement les enfants à Niamey, le domicile familial restant inaccessible. Elle rappelle qu’elle figure comme la seule figure parentale sur les actes de naissance de ses filles et précise que ces dernières poursuivent leur scolarité à Niamey, en classes de seconde et de sixième.

Dans son appel aux autorités et à l’opinion publique, l’entrepreneure réclame prioritairement le droit de retrouver ses enfants et de reprendre la gestion de ses affaires. Elle confie qu’elle ne souhaite plus résider au Niger par crainte pour sa sécurité, après trois ans et demi d’installation.

Des zones d’ombre en attente de réponses

À ce stade, ce témoignage unilatéral ne permet pas de déterminer les motifs initiaux de l’interpellation, les bases juridiques de la détention, ni les raisons du transfert vers le centre de Hamdallaye. Les autorités n’ont pas encore précisé les décisions de justice ni les éventuels arrêtés administratifs pris à son encontre.

Pour apporter un éclairage complet sur cette affaire, les services compétents doivent répondre à plusieurs questions clés :

  • Quels motifs précis ont justifié l’interpellation de l’intéressée, de son époux, de la nounou et des deux mineures ?
  • Quel est le statut juridique exact de la procédure qui a conduit à sa détention puis à la décision de relaxe évoquée ?
  • Sur quel fondement légal repose le transfert et le maintien de la gérante sur le site de Hamdallaye ?
  • Quelle est la situation administrative réelle de son titre de séjour, de son acte de mariage et de ses pièces d’identité ?
  • Quelles mesures de protection et d’accompagnement les services sociaux prévoient-ils pour les deux enfants mineures ?
  • Quelles garanties les autorités accordent-elles à l’intéressée pour consulter un avocat, contester les décisions prises et recouvrer ses biens personnels ?

Dans l’attente de ces explications officielles, Nina déplore avoir perdu, en l’espace de quelques mois, sa liberté de mouvement, son outil de travail et la proximité de ses enfants.

Nuemo Kayo Virginie
© Nuemo Kayo Virginie
État de droit et sécurité : l’exigence de toute la lumière sur l’affaire Nina

Dans l’attente de ces explications officielles, cette affaire interpelle directement les institutions de la République. Dans un État de droit, les procédures administratives et judiciaires doivent obligatoirement s’exercer dans le respect strict des libertés fondamentales et des droits de la défense.

Il incombe désormais aux autorités judiciaires de faire toute la lumière sur ce dossier, d’éclaircir les conditions d’intervention des services de sécurité et de garantir qu’aucune décision ne soit prise en dehors du cadre légal.

Enfin, face à la gravité des accusations et au sentiment d’insécurité exprimé par l’intéressée, la priorité absolue des autorités doit être d’assurer la protection physique et morale de Nina, afin que sa vie et celle de ses enfants ne soient à aucun moment mises en danger.

Affaire à suivre…

Niger : sortie de la première promotion de techniciens en maintenance aéronautique

Après dix mois d’enseignement intensif, l’École des Techniciens de l’Armée de l’Air du Niger a diplômé sa première promotion du Brevet élémentaire en maintenance aéronautique. Cette étape marque le lancement d’un dispositif national destiné à renforcer les compétences techniques des forces aériennes et à réduire leur dépendance à l’expertise étrangère.

Ministère de la Défense Nationale
© Ministère de la Défense Nationale
Une formation conçue pour répondre aux besoins opérationnels

Les stagiaires ont suivi un programme comprenant 98 modules, combinant enseignements théoriques, apprentissages techniques et exigences propres à la discipline militaire. À l’issue du parcours, l’ensemble des participants a été déclaré apte à recevoir son diplôme.

L’école vise à former des sous-officiers capables d’assurer la maintenance, le contrôle et la préservation des aéronefs utilisés par l’Armée de l’Air nigérienne. Le Niger avait officiellement lancé la formation de sa première promotion en décembre 2025, avec 125 élèves sous-officiers. Cette montée en compétence intervient alors que les forces armées cherchent à consolider leurs capacités nationales dans plusieurs domaines spécialisés.

Ministère de la Défense Nationale
© Ministère de la Défense Nationale
Niamey veut renforcer son autonomie technique

Pour le ministère de la Défense, la création de cette école répond à un objectif stratégique : disposer de personnels formés localement pour entretenir les équipements aéronautiques et soutenir les opérations.

Le général d’armée Salifou Mody a présenté cette première promotion comme l’aboutissement d’un effort conjoint entre le commandement militaire, les formateurs et les stagiaires. Selon lui, aucune armée moderne ne peut préserver durablement ses moyens aériens sans techniciens capables d’en assurer la maintenance.

« La compétence technique s’acquiert dans la discipline, l’excellence se construit dans l’effort et l’honneur demeure la règle de conduite », a déclaré le ministre d’État, en rappelant la devise de l’établissement : « Discipline – Excellence – Honneur ».

L’enjeu dépasse ainsi la seule remise des diplômes. Le Niger entend constituer une filière nationale d’expertise capable d’accompagner l’évolution de son aviation militaire.

Ministère de la Défense Nationale
© Ministère de la Défense Nationale
Une ouverture à la coopération régionale

La cérémonie a également marqué la sortie de stagiaires ayant obtenu une qualification technique sur avion Cessna 208B. Neuf techniciens maliens ont participé à cette formation, donnant à l’établissement une première dimension régionale.

Cette coopération pourrait favoriser le partage d’expériences entre armées de l’espace sahélien et soutenir la formation de spécialistes dans un secteur où les compétences restent fortement concentrées dans quelques pays.

Elle illustre aussi la volonté du Niger de faire de ses structures militaires de formation des outils de coopération technique au service de plusieurs partenaires africains.

Trois missions pour l’école

L’École des Techniciens de l’Armée de l’Air s’articule autour de trois missions principales :

  • former les sous-officiers spécialisés dans la maintenance aéronautique ;
  • préparer les techniciens aux Brevets de spécialité n° 1 et n° 2 ;
  • contribuer au renforcement des capacités opérationnelles de l’Armée de l’Air.

L’établissement doit également accompagner la professionnalisation des personnels chargés de maintenir les aéronefs en état de fonctionnement et de sécurité.

Ministère de la Défense Nationale
© Ministère de la Défense Nationale
Une première étape vers une filière nationale

Avec cette promotion inaugurale, le Niger pose les bases d’un système de formation consacré aux métiers techniques de l’aéronautique. L’objectif consiste à développer progressivement une expertise nationale dans la conception, l’entretien et la préservation des équipements aériens.

Cette orientation s’inscrit dans une politique plus large de renforcement des capacités militaires internes. Pour les autorités, la maîtrise des compétences techniques constitue un élément essentiel de l’autonomie opérationnelle et de la résilience des forces armées.

Ministère de la Défense Nationale
© Ministère de la Défense Nationale
Les défis persistants de l’aviation militaire

La formation de techniciens nationaux constitue une avancée majeure, mais elle ne suffit pas à elle seule à garantir la disponibilité des aéronefs. Les forces aériennes nigériennes doivent également composer avec le coût élevé de la maintenance, la difficulté d’obtenir certaines pièces détachées et le vieillissement de plusieurs appareils. La diversité des flottes complique davantage la gestion des stocks, car chaque modèle impose des procédures et des compétences spécifiques.

Le manque d’infrastructures spécialisées représente un autre obstacle majeur. Les ateliers, les équipements de diagnostic et les installations capables d’assurer une maintenance approfondie restent insuffisants dans le pays. Cette situation peut entraîner l’immobilisation prolongée d’appareils ou contraindre les armées à envoyer leurs équipements à l’étranger pour réparation.

Au-delà de la réussite de cette première promotion, le principal défi pour le Niger consiste désormais à pérenniser cette dynamique. Transformer cette initiative en une capacité durable exige des investissements à long terme, notamment pour moderniser les infrastructures au sol, sécuriser l’approvisionnement en pièces détachées et garantir la formation continue des techniciens. C’est à cette condition que l’école pourra maintenir des standards élevés, répondre aux besoins concrets du pays et contribuer durablement à la disponibilité opérationnelle ainsi qu’à l’autonomie de l’Armée de l’Air nigérienne.

Niger : visite inopinée de la ministre Élisabeth Shérif au Collège scientifique de Niamey

La ministre  de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues, la Dre Élisabeth Shérif, a effectué une visite inopinée au Collège scientifique de Niamey. L’objectif de ce déplacement impromptu était de vérifier directement sur le terrain les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des enseignants, loin des habituels rapports administratifs.

En effet, cette démarche s’inscrit dans le cadre d’un suivi rigoureux mené par le ministère auprès des établissements et des infrastructures dédiés à l’enseignement scientifique dans la capitale. Ces derniers temps, le gouvernement a d’ailleurs renforcé son contrôle sur l’avancement et la qualité des projets liés au Collège scientifique de Niamey.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
© Ministère de l’Education Nationale Officiel
Une immersion directe au contact des acteurs du terrain

Dès son arrivée sur place, la ministre a longuement échangé avec la direction de l’établissement, le corps enseignant et les élèves. Ces discussions ont porté principalement sur l’organisation du travail scolaire, l’identification des besoins urgents et la définition des conditions nécessaires à un enseignement efficace.

Par la suite, la ministre a parcouru l’ensemble des infrastructures du collège. Cette inspection minutieuse visait à lui offrir une vision concrète des réalités quotidiennes de l’établissement, afin d’identifier précisément les améliorations à apporter aux espaces d’apprentissage.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
© Ministère de l’Education Nationale Officiel
Miser sur l’enseignement scientifique pour l’avenir

Le Collège scientifique de Niamey s’inscrit pleinement dans l’ambition nationale de former davantage de jeunes aux disciplines scientifiques et techniques. En effet, les autorités nigériennes considèrent ce type d’établissement comme un levier stratégique pour préparer les futurs cadres dans les secteurs de l’innovation, de l’industrie, de l’ingénierie et des services publics.

Rappelons qu’au cours de précédentes inspections, la Dr Élisabeth Shérif avait fermement exigé des entreprises et des équipes techniques le respect strict des délais et des normes de qualité pour l’ensemble des travaux engagés autour du collège.

Ministère de l’Education Nationale Officiel
© Ministère de l’Education Nationale Officiel
Un contrôle de proximité pleinement assumé

Cette visite surprise traduit une volonté affirmée de rapprocher la décision publique du quotidien des salles de classe. Pour le ministère, un suivi régulier et de proximité doit permettre de détecter plus rapidement les difficultés, de mieux orienter les ressources disponibles ainsi que  d’élever progressivement le niveau de l’enseignement.

Bien qu’aucune nouvelle mesure précise ni calendrier d’intervention n’aient été annoncés à l’issue de ce déplacement, cette initiative replace le Collège scientifique de Niamey au cœur de la stratégie éducative du gouvernement, déterminé à faire de l’enseignement scientifique l’un des piliers de la formation de la jeunesse nigérienne.

Nigeria : Vengeance tragique à Yobe, 4 morts dans l’incendie provoqué par un enfant de 9 ans

Une tragédie sans précédent frappe le nord-est du Nigeria, où le ressentiment d’un enfant a dévasté toute une communauté. Les autorités de l’État de Yobe ont placé en détention un garçon de neuf ans, soupçonné d’avoir incendié le domicile familial pour se venger d’un châtiment corporel. L’attaque a coûté la vie à quatre personnes.

L’incident s’est déroulé à Rugan Badal, une petite localité du secteur de Karasuwa. Tout commence par le vol d’une volaille au sein de l’enceinte familiale. Cherchant à écouler le volatile au marché local, le jeune garçon suscite la méfiance des résidents du quartier. Alerté par le voisinage, le père de famille administre une correction sévère à son fils.

Un piège mortel en pleine nuit

Loin de calmer le jeune garçon, cette réprimande attise chez lui un violent désir de revanche. Le lendemain, le mineur se procure des allumettes pour une somme dérisoire — 50 nairas. Il attend ensuite que le silence s’installe dans la demeure.

Alors que les membres de son foyer dorment, l’enfant met le feu au complexe résidentiel. Les flammes dévorent rapidement la structure composée de matériaux inflammables, emprisonnant les occupants. Deux belles-mères de l’accusé, ainsi que deux de ses frères, périssent asphyxiés et brûlés dans le sinistre. Pour détourner les soupçons, l’auteur de l’incendie simule la détresse. Il alerte la population environnante en hurlant au secours, incitant le voisinage à affluer pour combattre le brasier.

L’aveu après trois jours de silence

La comédie dure trois jours. Rongé par la culpabilité durant les prières collectives organisées pour les victimes, l’enfant finit par reconnaître sa responsabilité auprès des siens. Mardi dernier, le commandement de la police de l’État de Yobe a publiquement présenté le suspect aux côtés de son père, Abubakar Idi. Face aux journalistes, le garçon a décrit son geste sans manifester d’émotion particulière, détaillant la suite des événements, depuis la punition paternelle jusqu’à l’achat des allumettes.

Le porte-parole de la police régionale, l’aspirant Yusuf Adamu-Ali, a confirmé l’ouverture d’une procédure judiciaire rigoureuse. Malgré l’âge particulièrement précoce de l’accusé, les autorités entendent traiter ce quadruple homicide avec la plus grande fermeté afin d’envoyer un signal clair sur la gravité de ces actes.

Tahoua : la prison mise sur le psychosocial pour préparer la réinsertion des détenus

Tahoua, le 7 octobre 2026 — Derrière les murs de la Maison d’arrêt de Tahoua, une autre vision de la justice s’esquisse. Ce mercredi, loin des discours protocolaires, détenus et autorités ont engagé un dialogue rare sur la santé mentale, la résilience et les conditions d’un retour réussi dans la société.

Briser le silence, reconstruire l’estime de soi

La scène peut surprendre : dans une cour de prison, des hommes en détention provisoire ou condamnés échangent, sans filtre, sur leur anxiété, leurs conflits intérieurs, leurs espoirs brisés. À leurs côtés, des magistrats, des psychologues et des responsables pénitentiaires écoutent. « La privation de liberté ne doit pas signifier la fin de toute dignité », a martelé Mme Amina Abdourahamane, secrétaire générale du ministère de la Justice, en ouvrant les travaux.

Cette rencontre, organisée en marge de la Journée internationale Nelson Mandela, ne vise pas la commémoration, mais l’action. Elle s’inscrit dans une logique de transformation profonde du système carcéral nigérien, où la punition cède progressivement la place à la réhabilitation.

Maison d’arrêt de Tahoua
© Maison d’arrêt de Tahoua
Un programme stratégique, des résultats tangibles

Le cadre, c’est le PRESPEN, ce programme de réforme pénitentiaire financé par les Pays-Bas et piloté par le PNUD depuis 2022. Son ambition : aligner le Niger sur les standards internationaux, en commençant par l’humain. Construire des cellules, oui, mais aussi former, accompagner, écouter.

À Tahoua, les ateliers ont porté sur des sujets concrets : comment gérer sa colère ? Comment communiquer sans violence ? Comment préparer sa sortie quand on a tout perdu ? Des questions que peu de systèmes pénitentiaires africains osent affronter frontalement.

Maison d’arrêt de Tahoua
© Maison d’arrêt de Tahoua
Le sport comme langage universel

L’après-midi, les débats ont laissé place à la lutte traditionnelle. Dans un ring improvisé, des détenus se sont affrontés sous les yeux de leurs pairs et des autorités. Loin du folklore, ces combats visent à retisser du lien social, à canaliser les tensions, à redonner un statut par le mérite et non par le statut carcéral.

Maison d’arrêt de Tahoua
© Maison d’arrêt de Tahoua
Une réinsertion qui commence dedans

Les organisateurs le répètent : la réinsertion ne se prépare pas à la sortie, mais dès l’incarcération. Elle exige une coordination entre administration, familles, services sociaux et partenaires techniques. Elle demande aussi du temps — celui de la confiance, de la reconstruction, de la patience.

Un modèle à étendre ?

Avec 3 millions d’euros injectés dans le PRESPEN, le Niger teste une approche intégrée : infrastructures, santé, formation, suivi psychosocial. Tahoua n’est qu’une étape. Si les résultats se confirment, d’autres prisons suivront.
Ici, on ne cache plus la réalité carcérale. On la transforme. Et si la vraie justice commençait par rendre aux détenus leur humanité ?

Niamey en sursis : la montée des eaux du Niger inquiète les autorités

Niamey, le 7 octobre 2026 — Le fleuve Niger a franchi, le mardi 6 octobre, le seuil d’alerte jaune à Niamey, déclenchant un dispositif de vigilance renforcée dans la capitale. Les autorités régionales appellent les populations, en particulier les riverains, à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité pour se prémunir contre d’éventuels débordements.

Un niveau d’eau préoccupant

Dès 7 heures, le mardi 6 octobre, les services hydrologiques ont mesuré une hauteur d’eau de 538 cm à la station de Niamey, dépassant ainsi la cote d’alerte jaune fixée à 530 cm. En termes de volume, ce niveau correspond à un débit de 1 444 m³/s, selon l’échelle standard de classification des crues utilisée par l’Autorité du bassin du Niger (ABN).

Bien que ce seuil reste inférieur à la cote de débordement des digues de Saga, Lamordé et Kirkissoye (établie à 700 cm), il signale néanmoins un risque accru de montée rapide des eaux. Les autorités rappellent d’ailleurs que la situation pourrait évoluer vers une alerte orange à partir de 580 cm, puis rouge au-delà de 620 cm, avec des conséquences majeures pour les personnes et les biens approximés.

Des mesures de précaution immédiates

Face à cette situation, et sur avis du Centre de coordination des opérations (CCO) conformément au plan ORSEC régional, le gouverneur de Niamey a édicté plusieurs mesures de précaution à l’endroit des populations. Pour commencer, les riverains doivent privilégier l’usage d’embarcations fiables, pilotées par des personnes expérimentées, tout en évitant les traversées nocturnes ou la surcharge des bateaux.

En outre, les autorités interdisent formellement tous travaux susceptibles d’affecter la structure des digues le long du fleuve. Par ailleurs, il est fortement recommandé d’évacuer le lit mineur du fleuve et de retirer tous les biens vulnérables situés dans les zones inondables.

Un appel à la vigilance collective

Le gouverneur, qui assure la direction des opérations de secours, invite par conséquent les populations à redoubler de vigilance et à suivre les informations diffusées par le CCO. En cas de problème, les citoyens peuvent composer gratuitement le 18 ou informer les autorités locales.

Avant d’entreprendre toute activité agricole ou pastorale dans les zones riveraines, il est conseillé de consulter les services techniques de l’agriculture, de l’élevage et de l’Office national des actions humanitaires (ONAHA). Cette démarche vise précisément à anticiper les risques et à adapter les pratiques aux conditions hydrologiques actuelles.

Pourquoi cette alerte concerne-t-elle directement les populations ?

La montée des eaux du fleuve Niger représente un enjeu vital pour Niamey, où des milliers d’habitants vivent à proximité immédiate des berges. En effet, un dépassement du seuil jaune indique une crue active, susceptible de s’amplifier rapidement en cas de nouvelles précipitations en amont.

Les inondations passées ont déjà montré que même une hausse modérée du niveau du fleuve peut provoquer des dégâts matériels importants, perturber les déplacements et menacer les activités économiques riveraines. La vigilance collective et le respect des consignes constituent ainsi les premiers remparts contre une aggravation de la situation.

En définitive, alors que la saison des pluies touche à sa fin, la prudence reste de mise : à Niamey, chaque centimètre compte quand le fleuve dicte son rythme.

Niamey : les travaux de la 3ᵉ usine d’eau potable officiellement lancés

Niamey, le 7 octobre 2026 — Le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine a présidé, le mardi 6 octobre à Karey Gorou, le lancement officiel des travaux de construction de la troisième usine de traitement d’eau potable de Niamey. Cette infrastructure, d’une capacité de 100 000 m³ par jour, vise à sécuriser l’approvisionnement de la capitale nigérienne et à répondre à une demande croissante, fortement portée par l’expansion démographique et urbaine.

Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales
© Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales

Une réponse d’envergure face à l’urgence démographique

Implanté sur la rive droite du fleuve Niger, ce chantier constitue la première tranche d’un schéma directeur prévoyant, à terme, une capacité totale de 250 000 m³/jour. En effet, deux phases ultérieures de 75 000 m³/jour chacune devront compléter le dispositif pour couvrir l’ensemble des besoins de la ville jusqu’à l’horizon 2030.

Outre l’usine de traitement proprement dite, le projet inclut la construction de réservoirs de stockage, la pose de conduites de transmission ainsi que le renforcement du réseau de distribution dans plusieurs quartiers stratégiques de Niamey. De surcroît, ces ouvrages connexes permettront de réduire significativement les pertes techniques et d’améliorer la pression d’eau dans les zones jusqu’ici mal desservies.

Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales
© Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales

Un partenariat financier international d’un poids décisif

Le coût de cette première tranche est pris en charge par un consortium de partenaires techniques et financiers, parmi lesquels figurent la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement (BEI), l’Agence française de développement (AFD) et les autorités néerlandaises. À cet égard, la Banque mondiale joue un rôle central dans le pilotage et le suivi opérationnel de la mise en œuvre.

Selon les documents officiels du projet, les lots relatifs à l’adduction principale et au réseau de distribution (lots 6 et 7) enregistrent déjà des taux d’exécution physique dépassant les 40 %. En revanche, les travaux portant sur les lots de l’usine de traitement elle-même ont été engagés plus récemment.

Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales
© Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales

L’exécutif au complet pour acter le tournant social

Placée sous le haut patronage du président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, la cérémonie a réuni plusieurs membres du Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP), des ministres, des responsables institutionnels, ainsi que des chefs traditionnels et religieux. Ainsi, le ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le colonel Maizama Abdoulaye, a procédé au lancement symbolique des travaux, en présence du ministre de la Refondation et de la Promotion des valeurs sociales, Abdourahamane Oumarou.

Au cours des interventions, les autorités ont particulièrement insisté sur la dimension sociale de l’ouvrage, présenté comme un levier majeur d’amélioration des conditions de vie des populations et un vecteur de consolidation de la paix sociale grâce à un accès équitable à l’eau potable.

Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales
© Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales

Un modèle de résilience hydrique pour l’ensemble du territoire

Plus largement, ce chantier s’inscrit dans une stratégie nationale de sécurité hydrique, élaborée pour faire face aux défis majeurs accentués par la variabilité climatique et la pression accrue sur les ressources en eau. Dès lors, la réussite de ce projet phare pourrait servir de modèle de référence pour d’autres villes secondaires du pays, confrontées à des tensions similaires sur leur approvisionnement en eau potable.

En somme, l’ouverture de ce chantier majeur concrétise une étape clé pour l’approvisionnement de la capitale. Alors que les ménages attendent vivement la mise en service de cette première tranche, le respect du calendrier d’exécution et le lancement effectif des phases suivantes détermineront si la région métropolitaine pourra éradiquer définitivement le stress hydrique d’ici 2030.

Santé au Niger : 20 nouveaux centres de santé inaugurés à Zinder

Face au défi historique de l’isolement médical en milieu rural, le gouvernement  et ses partenaires déploient une offensive d’envergure dans le centre-est du pays. La mise en service de vingt Centres de Santé Intégrés au sein de la région de Zinder concrétise une volonté politique axée sur la résorption des inégalités d’accès aux soins.

Gouvernorat de Zinder
© Gouvernorat de Zinder
Un désenclavement médical au cœur des périphéries rurales

L’achèvement d’une tournée d’inspection menée du 3 au 6 octobre 2026 par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le Médecin Colonel-Major Garba Hakimi, marque une étape décisive dans la cartographie sanitaire régionale. Accompagné du gouverneur de Zinder, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani, et de la représentante de l’UNICEF au Niger, Mme Djanabou Mahonde, le membre du gouvernement a arpenté les départements de Tesker, Magaria, Gouré, Mirriah et Damagaram Takaya pour officialiser la réception de nouvelles infrastructures de santé.
Dans ces contrées austères, l’implantation de ces formations sanitaires met un terme à une attente communautaire de plus de trois décennies, notamment à Aborak et Blakao. La démarche ministérielle vise à substituer à la précarité médicale traditionnelle un réseau permanent capable d’absorber la demande de soins primaires des populations pastorales et agricoles.

Gouvernorat de Zinder
© Gouvernorat de Zinder
Une ingénierie globale au service des communautés

S’inscrivant dans le cadre du projet Lafia Iyali — le fruit d’un cofinancement entre l’État du Niger et l’UNICEF —, ces Centres de Santé Intégrés de type 2 dépassent la simple structure de soins. Leur conception intègre des unités préventives et curatives, des maternités équipées, ainsi que des logements fonctionnels destinés à fixer le personnel médical sur place.
Afin de garantir une autonomie opérationnelle en milieu aride, chaque complexe dispose d’un système de pompage solaire relié à un forage d’eau potable. Cette infrastructure hydraulique irrigue non seulement le centre de santé, mais alimente également les zones résidentielles environnantes, matérialisant ainsi l’imbrication étroite entre hygiène publique, accès à l’eau et santé communautaire.

Gouvernorat de Zinder
© Gouvernorat de Zinder
Le pôle de la pérennité : entre investissement public et tutelle citoyenne

L’effort d’équipement engagé par les autorités centrales se doublerait d’une exigence de durabilité. Lors des étapes successives de Géré, Aremari ou Koudouma, la délégation ministérielle a rappelé aux comités locaux la nécessité absolue de préserver ces installations contre toute dégradation prématurée.
En promettant un réapprovisionnement complémentaire en matériel biomédical spécialisé, le gouvernement  entend ainsi transformer ces structures en véritables biens patrimoniaux gérés conjointement par l’Administration et les usagers. Cette stratégie de responsabilisation vise à pérenniser les investissements consentis et à consolider, sur le long terme, la résilience sanitaire des populations les plus vulnérables du territoire national.
Par ce choix de placer la santé de proximité au rang de priorité souveraine, le Niger démontre que l’éloignement géographique ne saurait condamner des populations marginalisées à l’abandon médical. La concrétisation de ce maillage sanitaire dans la région de Zinder pose ainsi les jalons d’une action publique rénovée, où l’accès aux soins fondamentaux cesse d’être un privilège citadin pour devenir une réalité tangible jusqu’aux confins du territoire national.