NIAMEY, 24 août 2026 — La Confédération des États du Sahel a officiellement ouvert à Niamey une nouvelle séquence de son processus d’intégration. Les sessions confédérales des Parlements de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont débuté ce lundi 24 août dans la capitale nigérienne, avec la participation de représentants des trois États membres : le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
L’événement marque l’entrée en activité d’un nouvel organe destiné à accompagner la construction institutionnelle de l’espace confédéral. Le Parlement compte 45 députés, soit 15 représentants par État, appelés à examiner les grandes questions communes et à formuler des avis sur les orientations de la Confédération.
Le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a présidé à l’ouverture des travaux. Pour Niamey, cette étape doit permettre de donner une dimension politique et institutionnelle plus structurée à une alliance jusque-là fortement dominée par les enjeux de défense et de sécurité.
De la coopération sécuritaire à une architecture institutionnelle
La création de cette instance parlementaire traduit une nouvelle étape dans l’évolution des projets de l’AES. Près de trois ans après la naissance de l’alliance entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, devenue Confédération le 6 juillet 2024, les trois pays cherchent désormais à élargir leur coopération. Si la défense demeure un axe central, les gouvernements veulent aussi coordonner davantage leurs politiques diplomatiques, économiques, financières et sociales.
Le Parlement confédéral s’inscrit pleinement dans cette dynamique. À Niamey, cette ambition prend une nouvelle dimension : les gouvernements ne sont plus les seuls à porter le processus d’intégration. Les parlementaires des trois pays disposent désormais d’un cadre institutionnel pour débattre des enjeux communs et formuler des positions au niveau confédéral. Pour Ali Mahamane Lamine Zeine, cette construction repose sur une vision de souveraineté partagée et sur la volonté de coordonner les politiques des trois États dans plusieurs secteurs stratégiques.
45 représentants, mais pas encore un Parlement supranational
Le nouveau dispositif mérite toutefois une précision importante. Il ne s’agit pas encore d’un Parlement supranational doté du pouvoir de voter des lois directement applicables dans les trois pays.
Les 45 députés confédéraux doivent principalement délibérer sur les sujets intéressant la Confédération et émettre des avis et des recommandations. Le protocole encadrant leurs travaux prévoit également des échanges avec les organes exécutifs de l’AES.
Cette architecture donne donc à l’instance une fonction davantage consultative et de coordination qu’un pouvoir législatif classique. La portée politique des travaux dépendra, en pratique, de la manière dont les institutions exécutives de la Confédération intégreront leurs recommandations.
L’ouverture de cette journée lance une séquence de travail qui doit se poursuivre jusqu’au 29 août. Les deux premières journées sont consacrées à l’installation des députés. À partir du 26 août, les parlementaires doivent notamment examiner le règlement intérieur, mettre en place les commissions et autres organes, préciser les mécanismes de décision et établir leur programme de travail.
Les débats doivent également porter sur la coordination des politiques et le rapprochement progressif des législations dans des domaines d’intérêt commun. La libre circulation, le commerce, les transports, les investissements ou encore les questions de sécurité figurent parmi les sujets susceptibles de donner une portée concrète à cette coopération parlementaire.
La présidence de cette première session revient au Burkinabè Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative du Peuple du Burkina Faso, conformément à la présidence tournante de l’espace confédéral.
Une institution attendue sur le terrain des résultats
L’installation des députés ouvre une nouvelle phase, mais elle place aussi l’AES devant une exigence de résultats. Depuis sa création, la Confédération a multiplié les annonces et les mécanismes communs dans les secteurs de la défense, de l’économie et de la communication.
Dans son intervention, Ali Mahamane Lamine Zeine a notamment rappelé la mise en place d’une force unifiée annoncée autour de 5 000 hommes, la création de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), ainsi que le développement d’outils médiatiques communs comme AES TV, une radio confédérale et une agence d’information en préparation à Niamey.
Mais la nouvelle institution sera surtout jugée sur sa capacité à faire remonter les préoccupations des citoyens et à transformer les discussions interparlementaires en propositions suivies d’effets.
La session inaugurale ne se limite pas aux États membres de l’AES. Le Togo prend part ce 24 août à Niamey à l’ouverture des sessions confédérales des Parlements de l’AES. La délégation togolaise est conduite par Komi Sélom Klassou. Cette présence donne une dimension régionale supplémentaire à l’événement. Elle traduit, selon les éléments communiqués par la partie togolaise, la volonté de Lomé de préserver le dialogue régional et de renforcer les passerelles en Afrique de l’Ouest.
Le choix du Togo de participer à cette séquence institutionnelle intervient alors que les relations entre les différents ensembles régionaux ouest-africains évoluent rapidement. La présence togolaise peut ainsi être lue comme une démarche visant à maintenir des canaux de discussion malgré les recompositions politiques et institutionnelles qui traversent la sous-région.
Pour Lomé, le maintien du dialogue reste un enjeu important pour préserver les échanges économiques, diplomatiques et humains entre les différents espaces ouest-africains.
Le véritable test commence maintenant
La session de Niamey marque bien plus qu’une cérémonie institutionnelle. Elle cherche à inscrire la construction de l’AES dans la durée en lui donnant un relais parlementaire. Le défi consistera désormais à permettre à ces 45 parlementaires — tous issus des trois États — de devenir un véritable cadre de coordination, capable de dépasser les déclarations politiques pour agir sur les questions qui touchent directement les populations.
Pour l’AES, l’enjeu ne sera plus seulement de bâtir des institutions communes, mais de prouver qu’elles peuvent produire des réponses concrètes. La Confédération devra ainsi démontrer que ses nouvelles structures améliorent réellement la coopération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, tout en offrant des solutions visibles aux préoccupations des citoyens.
La participation du Togo ajoute un signal particulier : celui d’un espace ouest‑africain qui cherche à maintenir le dialogue malgré les recompositions en cours. À Niamey, l’AES entame donc une phase décisive où la solidité de ses institutions sera jugée à l’aune de leur capacité à produire des résultats tangibles.
CONAKRY, 24 août 2026 — Un effondrement survenu dans la nuit de samedi à dimanche sur la décharge de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, a provoqué un lourd bilan humain. Les autorités guinéennes recensent provisoirement 30 morts, six blessés graves et 16 blessés légers, après de fortes pluies enregistrées dans la nuit.
Le drame s’est produit vers 2 heures du matin, alors que les fortes précipitations fragilisaient le site. L’effondrement a entraîné la destruction de plusieurs habitations et pris au piège des personnes qui se trouvaient dans le secteur.
Les secours engagés dans une course contre le temps
Dès les premières heures, les services de l’État ont déployé des équipes sur le site. Les opérations combinent recherche d’éventuels survivants, extraction des victimes et dégagement des corps.
Les Forces de défense et de sécurité, les services médicaux, la Croix-Rouge, les autorités administratives et locales ainsi que des habitants participent aux opérations. Les équipes poursuivent leurs recherches afin de déterminer si d’autres personnes restent ensevelies.
Cette mobilisation traduit l’urgence de la situation. Dans un secteur frappé par des pluies intenses, chaque intervention doit à la fois accélérer les recherches et limiter les risques pour les secouristes et les riverains.
Le gouvernement au chevet des victimes
Le Premier ministre et chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, s’est rendu sur place pour évaluer la situation et suivre directement le dispositif de secours. Au nom du président Mamadi Doumbouya et du gouvernement, il a présenté ses condoléances aux familles touchées et exprimé sa solidarité aux victimes.
Les autorités ont également organisé la prise en charge médicale des blessés. Le CHU de Donka accueille notamment les personnes nécessitant des soins, tandis que les services publics coordonnent l’assistance aux familles affectées.
Un drame qui pose la question de la sécurité des zones exposées
Par ailleurs, l’effondrement de Dar-es-Salam remet au premier plan les risques auxquels restent confrontées les populations installées à proximité de sites particulièrement vulnérables aux intempéries.
Les fortes pluies peuvent rapidement aggraver l’instabilité des terrains et transformer certains espaces en zones à risque élevé. Le drame souligne ainsi la nécessité d’une surveillance renforcée des secteurs exposés, d’une meilleure anticipation des épisodes pluviométriques et d’une capacité de secours immédiatement opérationnelle.
Pour l’heure, les opérations se poursuivent sur le terrain. Le gouvernement appelle les habitants à rester calmes, à faire preuve de solidarité et à respecter strictement les instructions des services de secours et des autorités. Le bilan communiqué dimanche reste provisoire et pourrait évoluer au fur et à mesure de la progression des recherches.
TESSA, 24 août 2026 — Des combattants lourdement armés ont abattu dix-huit gendarmes nigériens lors d’un raid diurne mené vendredi contre un avant-poste militaire de la commune de Tessa, dans la région de Dosso. Cet assaut constitue ainsi l’une des offensives les plus sanglantes jamais dirigées contre les forces de sécurité dans ce secteur.
Profitant d’une nette supériorité tactique et numérique, les assaillants ont rapidement submergé les éléments de la Gendarmerie nationale. Ils ont ensuite entièrement saccagé l’installation militaire, avant de cibler le secteur civil, où ils ont vandalisé deux agences de transfert de fonds. Par ailleurs, des vidéos filmées par des résidents documentent l’ampleur immédiate des destructions au sein du camp de base.
Au moins trois soldats ont survécu à l’assaut. Les autorités régionales ont rapatrié les corps et organisé les funérailles des militaires tombés au combat dès le lendemain, samedi, dans la ville de Dosso. Face à l’onde de choc provoquée par ce massacre, l’administration locale a donc ordonné l’annulation immédiate de l’ensemble des rassemblements culturels et des compétitions sportives prévus dans la région.
À l’heure actuelle, aucune organisation n’a formellement revendiqué l’attaque. Le gouvernement de Niamey n’a publié aucun communiqué officiel. Toutefois, la zone abrite les opérations du groupe terroriste Lakurawas, que les sources sécuritaires locales désignent dès lors comme le principal suspect de cette offensive.
En définitive, l’attaque de Tessa illustre la vulnérabilité persistante des forces de sécurité nigériennes face à des groupes armés organisés et déterminés. Elle rappelle, par ailleurs, l’urgence d’un renforcement des dispositifs de défense et d’une coopération accrue avec les partenaires régionaux afin de contenir une menace qui continue de déstabiliser le Sahel.
NIAMEY, 21 août 2026 — Le Niger réorganise la gouvernance de ses espaces naturels protégés. Le Conseil des ministres a adopté, vendredi 21 août 2026, les textes portant création et statuts de l’Agence nationale des Parcs et Réserves (ANPR), chargée de renforcer la gestion de ces territoires.
Cette réforme intervient dans un contexte où les aires protégées occupent une place considérable dans le patrimoine foncier et environnemental du pays. Elles s’étendent sur 20,87 millions d’hectares, soit 16,47 % du territoire national.
Une structure dédiée à la gestion des espaces protégés
Avec la mise en place de l’ANPR, les autorités veulent disposer d’un outil institutionnel spécifiquement consacré à la conservation et à la gestion des parcs et réserves.
La nouvelle agence devrait permettre de mieux coordonner les actions publiques dans ces espaces, tout en renforçant le suivi des activités liées à leur protection et à leur valorisation.
Un enjeu qui dépasse la conservation
La création de l’ANPR donne aussi au Niger l’occasion de mieux concilier protection de la biodiversité et développement local. L’étendue des aires protégées représente en effet un enjeu important pour les communautés qui vivent à proximité de ces zones.
Une gestion plus structurée peut contribuer à préserver les écosystèmes, à lutter contre la dégradation des habitats naturels et à favoriser une exploitation durable des ressources autorisées.
Une réforme appelée à produire des résultats
L’adoption des textes par le Conseil des ministres constitue la première étape de cette nouvelle architecture institutionnelle. Le véritable enjeu résidera désormais dans la capacité de l’ANPR à traduire son mandat en actions concrètes sur le terrain.
Avec plus de 20 millions d’hectares concernés, l’agence devra notamment relever le défi de la surveillance, de la conservation et de la coordination des interventions sur des espaces particulièrement vastes.
La création de l’ANPR marque ainsi la volonté de Niamey de renforcer la gouvernance de son patrimoine naturel et de donner une structure dédiée à la protection de ses aires protégées.
NIAMEY, 21 août 2026 — Le Niger accélère la reprise en main de son secteur uranifère. Le gouvernement a attribué, ce vendredi 21 août 2026, deux permis de grande exploitation d’uranium à des entreprises nationales, dans la région d’Agadez.
Cette décision marque une nouvelle étape dans la réorganisation de l’industrie minière nigérienne. Des opérateurs étrangers, notamment Orano et GoviEx, exploitaient auparavant ces deux périmètres.
Deux anciens périmètres changent de mains
La société TSUMCO SA obtient le permis baptisé « In Azaoua », correspondant à un ancien périmètre exploité par la SOMAÏR, filiale historiquement liée au groupe français Orano.
De son côté, MAMICO prend le contrôle de « Madaouela I », un périmètre qui avait rejoint le domaine public nigérien en 2024 après le retrait du permis précédemment détenu par la société canadienne GoviEx.
À travers ces nouvelles attributions, les autorités nigériennes confient donc à des acteurs nationaux la responsabilité de développer deux ressources stratégiques situées dans une région au cœur de l’activité minière du pays.
MAMICO mise sur l’emploi et les recettes publiques
Le projet porté par MAMICO prévoit un investissement financier immédiat pour l’État. L’entreprise devra notamment s’acquitter d’une redevance initiale de 10 millions de dollars.
Le projet affiche également une ambition sociale importante avec la création annoncée de 1 000 emplois. Ces perspectives pourraient renforcer l’activité économique locale dans la région d’Agadez, à condition que le développement du projet se traduise effectivement par des retombées durables pour les populations.
Un choix stratégique pour Niamey
Au-delà de la simple attribution de permis, cette décision illustre la volonté du Niger de donner davantage de responsabilités aux entreprises nationales dans l’exploitation de ses ressources naturelles.
L’uranium constitue depuis plusieurs décennies un secteur majeur de l’économie minière nigérienne. En confiant désormais certains périmètres à des sociétés nationales, le gouvernement cherche à accroître la maîtrise du pays sur la chaîne de valeur et à mieux capter les revenus générés par ses ressources.
Le défi sera désormais de transformer ces permis en projets miniers opérationnels, capables de mobiliser des investissements, de créer des emplois et de générer des recettes publiques tout en répondant aux exigences environnementales et aux intérêts des communautés locales.
À la tribune du 7ᵉ Forum sino‑africain des médias, l’Observatoire national de la communication a présenté la « bataille informationnelle » que se livrent le Niger, le Burkina Faso et le Mali comme un enjeu central de la relation avec Pékin.
PÉKIN, 20 août 2026 — Le Niger a demandé jeudi à la Chine d’ancrer sa coopération médiatique avec l’Afrique dans un véritable transfert de compétences technologiques, plutôt que dans la seule fourniture d’équipements, à l’ouverture du 7ᵉ Forum sur la coopération des médias sino‑africains.
Ibrahim Manzo Diallo, président de l’Observatoire national de la communication (ONC), a porté cette position devant des responsables de l’audiovisuel chinois et africain réunis du 19 au 21 août au Centre des conférences de Pékin. Il était accompagné de Mariama Boubacar Oumarou, membre de l’institution. Par ailleurs, l’événement, organisé par l’Administration nationale de la radio et de la télévision de Chine, la municipalité de Pékin et l’Union africaine de radiodiffusion, s’inscrit dans le prolongement du sommet du Forum sur la coopération sino‑africaine (FOCAC) de 2024.
Diallo a présenté le Niger, le Burkina Faso et le Mali comme parties prenantes d’une bataille informationnelle qui déborde, selon lui, sur une bataille des perceptions et des récits. Il a insisté sur le fait que la souveraineté informationnelle qu’il défend n’équivaut ni à une fermeture ni à un isolement, mais consiste dans le droit des peuples sahéliens à présenter eux‑mêmes leur réalité.
« Raconter l’Afrique depuis l’Afrique » — ambition résumée par Ibrahim Manzo Diallo, président de l’ONC.
Pour y parvenir, le responsable nigérien a évoqué la production d’une information crédible, la professionnalisation des rédactions, la formation des journalistes et une présence renforcée des médias africains dans l’espace numérique international.
Diallo a appelé la coopération sino‑africaine à dépasser la simple acquisition de matériel audiovisuel. Ainsi, il a cité l’intelligence artificielle, les plateformes numériques, la télévision ultra‑haute définition, le cloud, la cybersécurité et la détection des deepfakes comme des priorités communes aux régulateurs des deux continents. Il a demandé que ces échanges intègrent formation, recherche conjointe et appropriation locale des outils.
Le président de l’ONC a présenté la jeunesse africaine comme le moteur de la transformation numérique du continent, plutôt que comme sa simple utilisatrice. Dans cette optique, il a identifié quatre compétences à développer : comprendre le numérique, créer grâce au numérique, entreprendre grâce au numérique et s’y protéger — un axe qu’il relie à la lutte contre la désinformation générée par l’intelligence artificielle.
Contexte
Fondé en 2012, le Forum sur la coopération des médias sino‑africains se réunit tous les deux ans. Cette année, sa 7ᵉ édition rassemble plusieurs délégations ouest‑africaines, dont celles du Niger et du Burkina Faso, dans un contexte de rapprochement affiché entre Pékin et les pays de la Confédération des États du Sahel.
Le message du Niger résonne comme une exigence stratégique : bâtir une coopération médiatique fondée sur le transfert de savoirs et la souveraineté des récits. Pékin et les États sahéliens sont sommés de transformer l’échange technologique en levier d’indépendance narrative, afin que l’Afrique raconte enfin son histoire avec ses propres voix.
ILLÉLA, 20 août 2026 — Les agents spécialisés de la lutte antidrogue ont porté un nouveau coup aux réseaux de contrebande dans la région de Tahoua en interceptant 3 980 comprimés de Tramadol dissimulés à bord d’un bus de transport interurbain.
L’opération menée par l’antenne départementale de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) résulte d’une vérification de routine. En fouillant le véhicule qui reliait la ville frontalière de Gaya à Tahoua, les policiers ont découvert les opioïdes de synthèse soigneusement cachés dans un sac de voyage.
À la suite de cette découverte, les forces de l’ordre ont immédiatement interpellé quatre suspects présents dans l’autobus : un ressortissant nigérien et trois citoyens étrangers. Tous font désormais l’objet d’investigations poussées visant à identifier les commanditaires et à cartographier le réseau d’approvisionnement.
Ainsi, cette saisie met en lumière l’exploitation systématique des lignes de transport de voyageurs par les trafiquants pour faire transiter des substances contrôlées depuis les zones frontalières vers l’intérieur du pays. Le Tramadol, détourné de son usage médical strict, alimente une dépendance croissante et finance des activités criminelles dans toute la région du Sahel.
Face à ces méthodes de dissimulation de plus en plus élaborées, l’OCRTIS renforce ses contrôles sur les axes routiers stratégiques. De son côté, la direction de la Police nationale rappelle que la vigilance citoyenne et la transmission rapide de renseignements aux Forces de défense et de sécurité (FDS) demeurent les leviers les plus efficaces pour paralyser ces flux illicites.
En somme, le message ne laisse aucune ambiguïté : la lutte antidrogue s’intensifie et les trafiquants ne pourront plus se cacher derrière l’anonymat des lignes interurbaines. En érigeant chaque contrôle routier en rempart stratégique, l’OCRTIS démontre que la vigilance républicaine demeure l’arme la plus efficace pour contenir les réseaux criminels qui fragilisent la stabilité du Sahel.
TCHINTABARADEN, 20 août 2026 — La 5ᵉ édition du Forum régional de la Coordination des Structures des Vacances de la Région de Tahoua (COSVARTA) a ouvert ses travaux ce jeudi à Tchintabaraden. Pendant trois jours, étudiants, responsables scolaires, autorités locales et représentants de différentes structures de jeunesse vont débattre de la contribution des jeunes à la stabilité sociale et aux efforts de consolidation de la paix.
L’édition 2026 se tient du 20 au 22 août sous le parrainage d’Ali Bouzou, président national de Timidria. Les organisateurs ont retenu comme fil conducteur : « Contribution de l’Étudiant ressortissant de Tahoua dans la consolidation de la paix dans un contexte de Refondation et de Mobilisation Générale ».
Le forum cherche à dépasser le cadre d’une simple rencontre de vacances. Les participants doivent examiner les responsabilités que les étudiants peuvent assumer dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, sociaux et économiques.
Les échanges porteront notamment sur la cohésion sociale, le dialogue entre communautés et la participation des jeunes aux initiatives destinées à renforcer la stabilité dans leurs localités.
Pour les organisateurs, l’enjeu consiste à faire de la jeunesse estudiantine un acteur capable de relayer les valeurs de tolérance, de responsabilité et de solidarité dans les communautés. Les étudiants originaires de Tahoua pourront également partager leurs expériences et formuler des propositions susceptibles d’accompagner les politiques publiques.
L’importance de ce forum ne se limite pas aux étudiants. Dans les quartiers, les établissements scolaires et les villages, les jeunes occupent une place centrale dans les relations sociales. Leur capacité à prévenir les tensions, à favoriser le dialogue et à mobiliser leurs pairs peut donc avoir des effets concrets sur la cohésion des communautés.
En réunissant plusieurs catégories d’acteurs à Tchintabaraden, la COSVARTA veut aussi créer un espace où les préoccupations de la jeunesse rencontrent celles des autorités et des responsables éducatifs. Cette interaction peut permettre de faire remonter les attentes des jeunes et d’identifier des réponses adaptées aux réalités locales.
Jusqu’au 22 août, les participants poursuivront les discussions autour du rôle de l’étudiant dans la consolidation de la paix et dans l’accompagnement des dynamiques nationales de refondation.
À travers cette 5ᵉ édition, la COSVARTA mise ainsi sur le débat, la responsabilité citoyenne et la mobilisation de la jeunesse. L’objectif sera désormais de transformer les réflexions menées à Tchintabaraden en engagements et en actions susceptibles de produire des résultats dans les communautés de la région de Tahoua.
DIFFA, 20 août 2026 — L’Université de Diffa a accueilli ce jeudi matin l’atelier consacré au diagnostic, à l’examen et à la validation du document de projet portant sur la construction et l’opérationnalisation de l’UNIPOD de Diffa. Cette étape vise à préparer la mise en place d’une infrastructure destinée à rapprocher la formation universitaire des besoins concrets du marché et des initiatives économiques portées par les jeunes.
Les participants ont travaillé autour du projet dans l’amphithéâtre de l’Université de Diffa, en présence de représentants du ministère de l’Économie et des Finances, du ministère du Commerce et de l’Industrie, du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Niger ainsi que de plusieurs autres acteurs.
L’UNIPOD doit créer un cadre où les étudiants, les jeunes entrepreneurs et les porteurs d’idées pourront développer leurs compétences, tester leurs solutions et structurer leurs projets. Le futur dispositif entend ainsi favoriser l’innovation et l’entrepreneuriat tout en renforçant l’accès à des formations adaptées.
Pour la population de Diffa, l’enjeu dépasse donc la construction d’un nouveau cadre universitaire. Le projet peut contribuer à créer davantage de possibilités pour les jeunes qui cherchent une formation pratique, souhaitent lancer une activité ou veulent transformer une idée en projet viable.
En associant l’Université, les services publics et les partenaires au développement, l’initiative cherche également à faire émerger des solutions répondant aux réalités du territoire. Les entreprises et les acteurs économiques pourraient, à terme, bénéficier de jeunes mieux préparés aux exigences professionnelles et de nouvelles initiatives entrepreneuriales.
Le projet pourrait aussi aider les jeunes à mieux accéder aux dispositifs d’accompagnement, aux compétences techniques et aux réseaux nécessaires au développement d’une activité. Dans une région où l’emploi et l’insertion des jeunes constituent des défis majeurs, cet aspect donne au futur UNIPOD une portée économique et sociale significative.
L’atelier constitue surtout une phase de cadrage. Les participants examinent le document de projet afin d’en vérifier la cohérence, d’identifier les ajustements nécessaires et de valider les principales orientations avant les prochaines étapes de mise en œuvre.
La démarche doit ainsi permettre de poser des bases plus solides pour l’installation de l’UNIPOD de Diffa. À terme, l’ambition est d’en faire un espace capable de relier formation, innovation, entrepreneuriat et insertion professionnelle au bénéfice de la jeunesse et du développement économique local.
ZINDER, 20 août 2026 — Arrivé à Zinder mercredi 19 août, le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Sidi Mohamed Almahmoud, a procédé ce jeudi matin au lancement officiel de la 5ᵉ édition du Camp Chantier International de Solidarité. Organisée par l’Association des Scouts du Niger, la rencontre se poursuit jusqu’au 26 août dans la capitale du Damagaram.
À son arrivée mercredi, le ministre a été accueilli à l’aéroport par les autorités administratives de la région, les chefs coutumiers et religieux ainsi que de nombreux jeunes, notamment des membres des mouvements scouts.
Cette édition rassemble plus de 500 participants issus des huit régions du Niger et de plusieurs pays, notamment des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Par ailleurs, le camp entend créer un cadre d’échanges et d’actions autour de la solidarité, du volontariat et de l’engagement des jeunes. La présence de participants issus de plusieurs pays doit également favoriser les échanges d’expériences et renforcer les liens entre les organisations de jeunesse de l’espace sahélien.
Pour ce déplacement, Sidi Mohamed Almahmoud a réuni autour de lui une délégation considérable. Elle comprend notamment la représentante résidente de l’UNICEF au Niger, la directrice du Bureau sous-régional de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), le directeur général de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE) et plusieurs autres invités.
Les représentants des institutions présentes apportent leur expertise aux échanges consacrés à la jeunesse. À travers ce camp, les participants abordent notamment l’emploi, la formation, le volontariat et l’engagement citoyen, tout en prenant part à des activités de terrain et à des échanges d’expériences.
La 5ᵉ édition du Camp Chantier International de Solidarité s’inscrit dans le sillage de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le 12 août. Son organisation quelques jours après cette date permet de prolonger sur le terrain les initiatives consacrées à l’engagement et à la participation des jeunes.
Jusqu’au 26 août, Zinder constitue ainsi le point de convergence de centaines de jeunes nigériens et étrangers. L’enjeu pour les organisateurs sera de transformer cette mobilisation en actions concrètes de solidarité et en échanges durables entre les différentes communautés participantes.