Niamey, 2 octobre 2026 — Pendant trois jours, des jeunes venus du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont débattu d’une question centrale pour l’avenir de leur alliance : comment transformer l’engagement citoyen en un instrument durable de construction des États du Sahel ?
La réponse avancée à l’issue de la troisième Université d’été des volontaires de la Confédération des États du Sahel (AES) tient en neuf recommandations. Réunis à Niamey du 28 au 30 septembre, les participants ont notamment proposé la création d’une agence confédérale du volontariat, la reconnaissance officielle des compétences acquises sur le terrain et la mise en place d’un dispositif de protection sociale.
La cérémonie de clôture s’est tenue mercredi sous la présidence du secrétaire général du ministère nigérien de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire.
Les organisateurs avaient placé cette édition sous le thème : « Le volontariat, une force pour la construction des États de la Confédération AES ». Derrière cette formule se dessine une ambition plus large : faire du volontariat un mécanisme permanent de mobilisation des compétences et de rapprochement entre les trois pays.
Les participants ont appelé à instaurer un volontariat de réciprocité, qui permettrait aux jeunes d’effectuer des missions dans chacun des États membres. Ils ont également recommandé la digitalisation du secteur et la certification des aptitudes développées au cours des missions.
Ces mesures visent à répondre à une difficulté fréquente : de nombreux volontaires acquièrent une expérience utile sans disposer, à la fin de leur engagement, d’un document ou d’un accompagnement leur permettant de la faire reconnaître sur le marché du travail.
Les échanges ont pris la forme de conférences, de panels, de travaux thématiques et de master class. Les discussions ont porté sur la place des jeunes dans les politiques publiques, mais aussi sur les moyens de mieux organiser leur contribution aux actions sociales et au développement local.
Les volontaires ont ensuite quitté les salles de réunion pour participer à une opération de peinture des bordures de chaussée et du boulevard des Armées à Niamey. Cette activité citoyenne a offert une illustration concrète du message défendu pendant la rencontre : le volontariat doit produire des résultats visibles pour les populations.
L’idée d’un dispositif confédéral se heurte toutefois à plusieurs défis. Il faudra définir les compétences d’une éventuelle agence commune, financer les programmes, harmoniser les règles nationales et garantir un suivi des volontaires après la fin de leurs missions.
La protection sociale figure également parmi les sujets sensibles. Sans couverture adaptée, les volontaires restent exposés aux risques liés à leurs activités et peuvent rencontrer des difficultés lors de leur retour à la vie professionnelle.
Les recommandations adoptées à Niamey constituent donc une feuille de route, mais leur portée dépendra des décisions que prendront les dirigeants de l’AES.
Cette troisième édition a surtout servi de cadre à un rapprochement entre les jeunesses des trois pays. Les participants ont partagé leurs expériences et défendu une vision commune d’un engagement au service des communautés.
Pour la Confédération AES, le défi consiste désormais à convertir cette dynamique en institutions, en programmes et en résultats mesurables. À Niamey, les volontaires ont posé les bases d’un modèle qui ne les considérerait plus seulement comme des exécutants de projets, mais comme des acteurs à part entière de la construction régionale.
La Transmission Company of Nigeria (TCN) a rétabli la circulation de l’électricité sur la ligne haute tension de 330 kV reliant Kainji à Birnin Kebbi, dans le nord-ouest du Nigeria. L’installation était hors service depuis l’effondrement du pylône T367, survenu le 7 septembre à Yauri, dans l’État de Kebbi.
La remise sous tension est intervenue jeudi 1er octobre à 17 h 24, après plusieurs semaines de travaux d’urgence. Cette infrastructure constitue un maillon important du transport de l’électricité vers plusieurs zones de Kebbi et de l’État voisin de Sokoto, touchées par la perturbation du réseau.
Une solution provisoire pour rétablir le courant
Pour accélérer le retour à la normale, les équipes techniques ont installé une structure du système de remise en service d’urgence, connu sous le sigle ERS. Ce dispositif a remplacé, à titre opérationnel, le pylône détruit à Yauri et permis de rétablir la continuité du transport électrique sur le corridor Kainji–Birnin Kebbi.
Avant cette installation, les ingénieurs ont entièrement démonté puis neutralisé le pylône effondré. Ils ont ensuite réaligné les conducteurs et préparé le câble de garde avant d’ériger la structure de remplacement. Les techniciens ont enfin procédé aux raccordements et aux vérifications nécessaires pour garantir une remise en service dans des conditions de sécurité satisfaisantes.
Une intervention menée sous pression
La défaillance de la ligne avait placé les opérateurs du secteur électrique face à un double impératif : rétablir rapidement l’approvisionnement des zones affectées et éviter une intervention précipitée sur une installation à très haute tension.
La TCN affirme que ses ingénieurs ont travaillé sans interruption afin de réduire la durée de la coupure. L’entreprise n’a toutefois pas fourni, dans le communiqué relayé par les médias, de bilan détaillé sur l’ampleur exacte des perturbations subies par les ménages, les entreprises et les services publics locaux.
L’effondrement du pylône avait été précédé par un déclenchement de la ligne dans la nuit du 7 septembre. Une tentative de réenclenchement effectuée peu après n’avait pas permis de rétablir le service, contraignant les équipes à engager une opération de réparation de grande ampleur.
La priorité : consolider le réseau
La remise en service de la ligne permet au Nigeria de restaurer le transport de l’électricité en vrac sur cet axe, mais elle ne règle pas à elle seule les fragilités structurelles du réseau national. Les incidents affectant les ouvrages de transport rappellent la nécessité d’investir dans la maintenance, la modernisation des équipements et la sécurisation des couloirs électriques.
La TCN a remercié les consommateurs des zones concernées pour leur patience pendant la période d’interruption. Elle a également réaffirmé son engagement à maintenir un réseau de transport plus stable et plus fiable.
Le rétablissement de la liaison Kainji–Birnin Kebbi marque ainsi une étape importante pour l’approvisionnement régional. La prochaine échéance consistera à remplacer durablement la structure provisoire et à renforcer la résilience de cette infrastructure stratégique.
Le ministre des Mines, Abarchi Ousmane, a réuni jeudi les représentants des sociétés russes Uranium One Group et Tenex afin de faire le point sur les projets miniers engagés avec Moscou.
NIAMEY, 1ᵉʳ octobre 2026 – Dans un pays à la recherche de nouveaux investisseurs et partenaires pour développer ses ressources minières, la diplomatie minière se joue aussi autour de la table du ministère. Ce jeudi, le commissaire-colonel-major Abarchi Ousmane, ministre des Mines du Niger, a reçu les représentants de deux sociétés russes : Uranium One Group et Tenex.
La rencontre n’a pas donné lieu à l’annonce d’un nouveau contrat. Elle visait plutôt à évaluer l’état d’avancement des projets prévus dans le cadre d’un mémorandum d’entente signé entre le ministère nigérien des Mines et Uranium One Group.
Ce type d’accord définit un cadre général de coopération. Il doit ensuite se traduire par des projets concrets, un calendrier d’exécution et des investissements clairement identifiés.
Toutefois, le communiqué officiel ne précise ni la nature exacte des projets concernés, ni leur localisation, ni les montants envisagés. Il ne fait pas non plus état d’une décision prise à l’issue de la réunion.
Les deux entreprises appartiennent à Rosatom, le groupe public russe qui supervise la filière nucléaire du pays. Uranium One Group intervient principalement dans l’exploitation de l’uranium, tandis que Tenex est spécialisée dans la commercialisation de matières nucléaires et les services liés au cycle du combustible.
La présence simultanée des deux sociétés laisse entrevoir un intérêt pour plusieurs maillons de la chaîne, de l’extraction à la commercialisation. Cependant, les autorités nigériennes n’ont pas détaillé la portée opérationnelle de cette coopération.
Niamey met en avant la souveraineté minière
Le ministère des Mines inscrit cette démarche dans la politique de reconquête de la souveraineté sur les ressources naturelles. Il affirme vouloir diversifier les partenaires du Niger afin d’exploiter les richesses minières « au profit du peuple nigérien ».
Ce positionnement traduit la volonté des autorités de choisir leurs interlocuteurs et de définir les conditions de coopération dans un secteur stratégique. Pour le Niger, l’enjeu ne se limite donc pas à attirer des entreprises étrangères.
Il concerne également la maîtrise des revenus, les modalités d’exploitation et le partage des responsabilités entre l’État et ses partenaires. Dans ce contexte, l’uranium occupe une place particulière en raison de son importance dans l’économie minière du pays.
Selon le ministère, les discussions ouvrent « de nouvelles perspectives » pour un partenariat durable, fondé sur « le respect des intérêts mutuels ». Ces formules restent toutefois générales à ce stade.
Les prochaines étapes permettront de mesurer la portée réelle de la coopération. La publication d’un calendrier, l’identification des sites concernés ou encore la conclusion d’accords d’application devraient notamment préciser les intentions affichées par Niamey et ses partenaires russes.
À la veille de l’ouverture officielle de la 59ᵉ édition de la Cure Salée, les autorités nigériennes ont procédé à une inspection des dispositifs logistiques et agricoles mis en place à Ingall. Le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Bilaly Elhadj Gambobo, a rejoint la commune jeudi 1ᵉʳ octobre, accompagné de la ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Aghaichata Guichene Atta, et du gouverneur d’Agadez, le général de division Ibrah Boulama Issa.
La délégation a été accueillie au centre d’accueil situé à l’entrée d’Ingall par les autorités administratives et coutumières. Cette arrivée intervient quelques heures avant le lancement officiel du grand rassemblement pastoral, prévu vendredi 2 octobre.
L’étape du jour n’a pas seulement revêtu un caractère protocolaire. Elle a aussi permis aux responsables de vérifier concrètement les conditions d’accueil, l’approvisionnement et la capacité de la commune à accompagner un événement qui attire chaque année des éleveurs, des délégations officielles ainsi que de nombreux visiteurs.
La délégation ministérielle s’est rendue dans le magasin de la mairie, où sont entreposées les denrées prévues pour la Cure Salée. Les autorités ont annoncé un volume global de 350 tonnes de mil et 50 tonnes de sucre. D’après les explications fournies par le gestionnaire, plus de 200 tonnes de mil étaient déjà disponibles dans l’entrepôt au moment de la visite. Ce stock doit contribuer à sécuriser l’alimentation pendant les festivités et à répondre aux besoins des équipes mobilisées sur le site.
Cette vérification met en lumière un aspect souvent moins visible de la Cure Salée : la préparation des ressources nécessaires à l’accueil d’un rassemblement qui dépasse largement le cadre d’une cérémonie traditionnelle. La disponibilité des vivres, l’organisation de la restauration et la gestion des hébergements conditionnent directement le bon déroulement de l’événement.
Une organisation centrée sur le site pastoral
Après l’inspection du magasin, la délégation a rejoint le site aménagé de la Cure Salée. Le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage y a échangé avec le comité régional d’organisation sur les derniers réglages.
Les discussions ont notamment porté sur les courses de chameaux, l’aménagement de l’espace réservé à la restauration et la préparation des bungalows destinés aux invités. Les autorités souhaitent ainsi assurer une organisation fluide des activités sportives, culturelles et pastorales prévues pendant les festivités.
La Cure Salée constitue le principal rendez-vous annuel des communautés nomades du Niger. Elle célèbre la diversité culturelle, tout en offrant un espace d’échanges entre éleveurs, autorités publiques et partenaires du développement.
Avant de rejoindre Ingall, la délégation ministérielle, accompagnée du représentant du Programme des Nations unies pour le développement au Niger, a visité le périmètre irrigué de Tiguirwit, situé dans la commune rurale d’Ingall. Ce site s’étend sur plus de 110 hectares et dispose d’une dizaine de forages. Les responsables locaux ont présenté aux visiteurs les activités liées à la culture du blé et à d’autres spéculations pratiquées dans le cadre de la grande irrigation.
Cette séquence agricole donne une portée économique supplémentaire à la visite officielle. Dans une région principalement associée à l’élevage nomade et aux vastes espaces pastoraux, le développement de périmètres irrigués peut contribuer à diversifier les moyens de subsistance, à renforcer la production locale et à réduire la dépendance à l’égard des approvisionnements extérieurs.
L’expérience de Tiguirwit montre que le développement d’Ingall ne repose pas uniquement sur la valorisation de son patrimoine pastoral. Car, l’irrigation soutient l’agriculture, crée des revenus complémentaires et améliore la disponibilité de certaines denrées.
Par ailleurs, la production de blé et d’autres cultures pourrait favoriser l’emploi local, stimuler les échanges commerciaux et renforcer les liens entre les activités agricoles et pastorales.Elle peut aussi contribuer à une meilleure résilience des ménages face aux aléas climatiques et aux fluctuations des marchés.
La réussite de cette orientation dépendra toutefois de la maintenance des forages, de l’accès aux intrants, de la maîtrise de l’eau et de l’accompagnement technique des producteurs. Les infrastructures ne produiront des effets durables que si les exploitants disposent d’un cadre régulier de suivi et de commercialisation.
Une ouverture officielle très attendue
Avec l’inspection des stocks, la visite du site pastoral et l’étape consacrée au périmètre irrigué, les autorités ont voulu donner à cette journée une dimension à la fois logistique, économique et institutionnelle.
En somme, les délégations et les participants sont désormais attendus à Ingall pour plusieurs jours consacrés au pastoralisme, aux échanges culturels, aux compétitions traditionnelles et à la promotion des potentialités de la région d’Agadez.
Les acteurs de l’Interprofession bétail, viande, cuirs et peaux (IP BVCP) ont depuis le 30 septembre 2026 entamé un atelier consacré à la fluidification des échanges et à la défense des intérêts de la filière. La rencontre réunit des représentants des huit régions du Niger, des cadres du ministère du Commerce et de l’Industrie, de l’Agence nigérienne de promotion des exportations (ANIPEX) et de la société civile pastorale.
Organisée sous l’impulsion de la Direction générale de la promotion des industries animales (DGPIA), la session s’étend sur deux jours. Elle vise à donner aux professionnels les outils nécessaires pour mieux commercialiser le bétail, comprendre les règles applicables au commerce des animaux et de la viande, et dialoguer plus efficacement avec les pouvoirs publics.
L’ouverture officielle a été marquée par la lecture de la Fatiha, suivie du mot de bienvenue du coordonnateur régional de Maradi et de l’allocution du secrétaire général de la région.
Les participants examinent les dispositions de la Loi-cadre sur l’élevage ainsi que les textes encadrant la circulation et la commercialisation du bétail et de la viande. Cette séquence doit permettre aux opérateurs de mieux connaître leurs droits et leurs obligations, notamment lors du transport des animaux, du passage aux postes de contrôle et des transactions sur les marchés.La maîtrise de ces dispositions peut limiter les litiges, sécuriser les opérations et réduire les pertes liées aux blocages administratifs.
L’IP BVCP regroupe les différents maillons de la filière, de la production à la commercialisation, en passant par les fournisseurs de biens et services et la transformation. Elle a été créée pour améliorer la compétitivité du secteur grâce à une meilleure concertation entre professionnels.
Les tracasseries au cœur des échanges
Les participants consacrent également leurs travaux aux entraves qui ralentissent le commerce du bétail. Ils analysent les contrôles multiples, les prélèvements irréguliers, les difficultés de transport et les obstacles rencontrés sur les corridors d’exportation.
Ces problèmes ne touchent pas seulement les commerçants. Ils renchérissent le coût des transactions, prolongent le temps d’acheminement des troupeaux et peuvent affecter l’état des animaux avant leur arrivée sur les marchés.
Les corridors reliant le Niger au Burkina Faso, à la Côte d’Ivoire et au Bénin figurent parmi les axes concernés par les initiatives régionales de facilitation du commerce. Des projets spécialisés y ont déjà identifié de nombreuses entraves et prévoient de mieux organiser les commerçants, d’améliorer l’accès au financement et de soutenir la commercialisation du bétail et de la viande.
L’atelier ne se limite pas à l’analyse des difficultés. Il forme également les représentants de la filière aux techniques de plaidoyer et de lobbying. L’objectif consiste à les aider à formuler des revendications précises, à documenter les problèmes rencontrés sur le terrain et à présenter des propositions réalistes aux administrations compétentes. Les professionnels doivent également apprendre à utiliser les mécanismes de recours existants lorsqu’ils estiment subir une entrave injustifiée.
Cette démarche peut renforcer la capacité de l’interprofession à parler d’une voix commune. Elle doit aussi favoriser un dialogue plus régulier avec les ministères, les collectivités territoriales, les services de contrôle et les partenaires techniques.
Une filière stratégique pour l’économie
Le commerce du bétail représente une activité essentielle pour les ménages pastoraux, les transporteurs, les commerçants, les bouchers et les transformateurs. Pourtant, la filière reste confrontée à des insuffisances d’infrastructures, à des moyens de transport inadaptés et à une promotion encore limitée de ses produits. Un diagnostic réalisé dans les huit régions du Niger a recensé 35 difficultés majeures, dont l’accès aux marchés et les conditions de commercialisation.
La levée de ces contraintes pourrait améliorer les revenus des éleveurs et des autres acteurs de la chaîne. Elle permettrait également de renforcer les recettes commerciales, de sécuriser l’approvisionnement des centres urbains et d’accroître la valeur ajoutée issue de la transformation de la viande, des cuirs et des peaux.
Un commerce plus fluide pourrait d’abord réduire les coûts et les délais d’acheminement, au bénéfice des producteurs comme des consommateurs. Il faciliterait ensuite l’accès des opérateurs aux marchés régionaux et rendrait les produits nigériens plus compétitifs.
La professionnalisation de la filière pourrait également favoriser la création d’emplois dans le transport, l’abattage, la transformation, la conservation et la logistique. En améliorant la traçabilité et le respect des normes, le Niger renforcerait par ailleurs la confiance de ses partenaires commerciaux.
À plus long terme, une interprofession mieux structurée pourrait défendre des politiques publiques plus adaptées aux réalités du pastoralisme. Elle pourrait contribuer à réduire les tensions sur les corridors, à sécuriser les échanges et à faire de l’élevage un levier plus performant de croissance nationale.
La réussite de cette démarche dépendra toutefois du suivi des recommandations, de la coordination entre les acteurs et de la volonté des autorités de traiter concrètement les obstacles signalés par les professionnels.
La région d’Agadez a officiellement ouvert l’année scolaire 2026-2027, ce jeudi 1ᵉʳ octobre. Le gouverneur, le général de division Ibra Boulama Issa, a marqué cette rentrée par une tournée dans plusieurs établissements de la capitale régionale.
Accompagné de responsables civils et militaires, ainsi que de cadres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement technique et professionnel, il a visité le CSP Akomi, le Groupe École Mixte et le Lycée professionnel d’hôtellerie et du tourisme. Le calendrier national fixait la reprise des cours au 1ᵉʳ octobre sur l’ensemble du territoire nigérien. Près de quatre millions d’élèves et environ 94 800 enseignants ont ainsi retrouvé les salles de classe dans le pays.
Agadez compte cette année environ 164 799 élèves dans l’enseignement général. Le primaire représente le principal contingent, avec 121 705 enfants inscrits.
La répartition communiquée par les services régionaux se présente comme suit :
10 542 élèves au préscolaire ;
121 705 au primaire ;
2 548 dans l’alphabétisation et l’éducation non formelle ;
23 551 au premier cycle du secondaire ;
6 453 au second cycle.
Ces chiffres donnent la mesure des besoins auxquels l’administration scolaire devra répondre au cours des prochains mois : encadrement pédagogique, disponibilité des salles de classe, fourniture de matériels et suivi des élèves.
L’enseignement technique et professionnel accueille pour sa part 3 690 élèves et apprenants. Les nouveaux inscrits sont au nombre de 1 027, contre 2 663 anciens. Ce secteur enregistre une progression d’environ 50 %, selon les données communiquées par les autorités régionales. Cette évolution traduit l’intérêt croissant pour des parcours davantage orientés vers l’acquisition de compétences pratiques et l’accès à l’emploi.
Les établissements de formation dans les domaines des arts et de la culture participent également à cette rentrée. Ils complètent l’offre éducative régionale en donnant aux jeunes la possibilité de se former dans des filières liées à la création, au patrimoine et aux métiers culturels.
Des fournitures acheminées avant la reprise
Les préparatifs de la rentrée avaient commencé plusieurs jours auparavant. Le 18 septembre, le gouverneur avait réceptionné un premier lot de fournitures scolaires destiné aux établissements d’Agadez. Sur les 71,35 tonnes prévues pour la région, près de 49 tonnes avaient alors été livrées, tandis qu’un reliquat d’environ 22 tonnes restait en cours d’acheminement.
Cette dotation doit permettre aux écoles de disposer d’une partie des ressources nécessaires dès le démarrage des cours. Les autorités régionales devront néanmoins veiller à une répartition équitable du matériel, en tenant compte des besoins des établissements urbains comme de ceux des zones plus éloignées.
Lors de sa tournée, Ibra Boulama Issa a adressé ses encouragements aux élèves et aux apprenants. Il les a invités à placer l’année sous le signe du travail, de la discipline et de la persévérance. Le gouverneur a également demandé aux enseignants et aux responsables administratifs de maintenir leurs efforts afin d’améliorer les résultats scolaires de la région. Il a insisté sur la nécessité d’un engagement collectif pour garantir un suivi régulier des élèves et prévenir les abandons.
Avec une population scolaire qui dépasse 168 000 élèves et apprenants, Agadez aborde cette nouvelle année avec un défi majeur : transformer l’augmentation des effectifs en progrès réels dans les apprentissages, tout en consolidant la place de la formation professionnelle dans le parcours des jeunes.
La ville d’Agadez a lancé un vaste chantier destiné à réduire son exposition aux inondations. Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, le colonel-major Abdoulkadri Amadou Daouda, a officiellement donné le coup d’envoi, mercredi 30 septembre 2026, aux travaux d’aménagement du kori Eghazar Midiren.
Réparti en trois lots, le projet mobilise un investissement global de 3,9 milliards de francs CFA. Il prévoit le traitement de ce cours d’eau saisonnier qui traverse plusieurs secteurs de la ville et dont les crues ont déjà provoqué d’importants dégâts matériels et humains.
La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur d’Agadez, le général de division Ibra Boulama Issa, de l’administrateur délégué de la commune urbaine, le chef de bataillon Assarid Almoustapha, du sultan de l’Aïr, Oumarou Ibrahim Oumarou, ainsi que de responsables civils, militaires et du PIDUREM.
À travers cet aménagement, les autorités veulent mieux canaliser les eaux de pluie, limiter l’érosion et protéger les habitations situées sur le parcours du kori. Le projet doit également contribuer à améliorer l’assainissement et la circulation dans les zones exposées.
Dans cette région désertique, les pluies restent relativement rares, mais les ruissellements peuvent devenir particulièrement violents lors des épisodes intenses. Les koris de l’Aïr peuvent alors se transformer en torrents, notamment lorsque l’urbanisation réduit les espaces naturels d’écoulement. Des documents techniques du PIDUREM soulignent que l’absence d’ouvrages de protection et l’occupation des zones inondables aggravent ce risque.
Le choix d’intervenir sur Eghazar Midiren répond donc à une urgence urbaine. En juillet 2025, des pluies torrentielles avaient déjà submergé plusieurs secteurs d’Agadez et rappelé la vulnérabilité de la ville face aux crues soudaines.
Le chantier du kori ne constitue qu’un volet des investissements engagés dans la commune. Selon le coordonnateur national du PIDUREM, d’autres opérations concernent les ouvrages de drainage, l’acquisition d’engins, les infrastructures scolaires, le Centre culturel de la jeunesse et les mini-adductions d’eau potable.
L’ensemble de ces projets représente environ 6,76 milliards de francs CFA. Ils s’inscrivent dans l’objectif général du PIDUREM : renforcer la résilience des villes nigériennes, améliorer les services de base et moderniser la gestion urbaine. Le projet bénéficie d’un financement de la Banque mondiale et intervient dans plusieurs municipalités du pays.
Agadez a déjà engagé plusieurs travaux de drainage. En juillet 2026, une deuxième phase, estimée à plus de 2,55 milliards de francs CFA, avait été lancée pour construire des chaussées drainantes et relier plusieurs axes au kori Aghazarmadran. Ces ouvrages doivent faciliter l’écoulement des eaux, protéger les quartiers et maintenir l’activité économique autour du marché de Tekazamt.
Le gouverneur Ibra Boulama Issa a demandé aux entreprises retenues de garantir la qualité des ouvrages et de respecter les délais prévus dans les contrats. Il a insisté sur la nécessité de construire des infrastructures capables de résister durablement aux crues et aux contraintes climatiques de la région.
Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat a, pour sa part, présenté le projet comme une illustration de la priorité accordée par les autorités à la protection des populations et à l’amélioration du cadre de vie. Il a appelé les services techniques, les collectivités, les entreprises et les habitants à jouer pleinement leur rôle dans le suivi et la préservation des réalisations.
Au terme de sa mission, le ministre s’est rendu au sultanat de l’Aïr pour une visite de courtoisie au sultan Oumarou Ibrahim Oumarou, également président de l’Association des chefs traditionnels du Niger. La rencontre, qui s’est tenue en présence du gouverneur de la région, a permis de rappeler la place des autorités traditionnelles dans la prévention des tensions, la cohésion sociale et la stabilité locale. Elle illustre aussi la volonté des pouvoirs publics d’associer les chefferies aux grandes initiatives de développement urbain et de résilience.
Avec le lancement du chantier d’Eghazar Midiren, Agadez engage ainsi une nouvelle étape dans sa stratégie de protection contre les inondations. Le défi consistera désormais à transformer cet investissement en ouvrages solides, entretenus et réellement adaptés aux besoins des quartiers exposés.
Niamey, 1ᵉʳ octobre 2026 — La 59ᵉ édition de la Cure Salée entre dans sa phase décisive. Une délégation officielle conduite par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage est arrivée à Agadez, mercredi 30 septembre 2026, avant de rejoindre Ingall, où se tiennent les principales activités de cette grande rencontre pastorale.
Le ministre était accompagné de sa collègue de l’Artisanat et du Tourisme, ainsi que du président de la Haute Autorité à la consolidation de la paix (HACP). Le gouverneur de la région d’Agadez, le général de division Ibra Boulama Issa, a accueilli les responsables à leur arrivée, en présence des autorités administratives, coutumières, militaires et de nombreux habitants.
La cérémonie d’accueil a réuni notamment le sultan de l’Aïr, Oumarou Ibrahim Oumarou, également président de l’Association des chefs traditionnels du Niger, ainsi que le secrétaire général adjoint du gouvernorat, l’administrateur délégué de la commune urbaine d’Agadez et plusieurs responsables des services déconcentrés de l’État.
Ingall, cœur battant de la manifestation
Après l’étape d’Agadez, les membres de la délégation ont poursuivi leur route vers Ingall, dans la plaine de l’Ighazer. Le président de la HACP, le général de brigade Amadou Diddili, y a été accueilli par le préfet du département, entouré des autorités locales et coutumières.
L’arrivée des officiels donne le coup d’envoi institutionnel de cette édition, prévue du 2 au 4 octobre 2026. Ce calendrier a été réaménagé par rapport aux dates initialement annoncées.
Dans cette localité du nord du Niger, éleveurs, chefs traditionnels, acteurs de l’artisanat et représentants des pouvoirs publics se retrouvent autour d’un événement qui dépasse largement le cadre d’une fête populaire. La Cure Salée accompagne la transhumance des troupeaux vers des pâturages riches en sels minéraux, après la saison des pluies.
Une tradition au service du pastoralisme
La manifestation repose d’abord sur une pratique pastorale ancienne. Les troupeaux rejoignent les zones salées de l’Ighazer afin de compléter leurs besoins minéraux et de reprendre des forces avant la saison sèche. Cette transhumance concerne notamment les bovins, les ovins, les caprins, les camelins et les ânes.
Mais la Cure Salée constitue aussi un moment de retrouvailles pour des communautés nomades longtemps dispersées. Les échanges commerciaux, les rencontres entre familles, les cérémonies traditionnelles et les prestations culturelles donnent à l’événement une dimension sociale majeure.
Au fil des années, Ingall s’est imposée comme un lieu de dialogue entre éleveurs, agriculteurs, autorités locales et partenaires du développement. La rencontre favorise également la diffusion d’informations sur la gestion des ressources pastorales, la mobilité des troupeaux et la prévention des tensions liées à l’accès à l’eau et aux pâturages.
Un rendez-vous économique et culturel
Pour les autorités, la Cure Salée est un moment pour la promotion de l’élevage et du pastoralisme, mais aussi une vitrine de valorisation du patrimoine culturel et artisanal du pays.
Les activités attendues devraient mettre en avant les savoir-faire locaux, les productions artisanales, les traditions équestres et camelines, ainsi que les expressions musicales et chorégraphiques des communautés pastorales. La manifestation offre aussi aux commerçants et aux artisans une occasion de développer leurs échanges avec les visiteurs venus de différentes régions.
La rencontre contribue ainsi à soutenir l’économie locale d’Ingall et d’Agadez, tout en valorisant un mode de vie essentiel à l’équilibre social et alimentaire du Niger. Les éditions précédentes ont également souligné le rôle de la Cure Salée dans la cohésion sociale, la paix et la stabilité entre communautés pastorales et agropastorales.
La paix au centre des enjeux
La présence du président de la HACP confère à cette édition une portée supplémentaire. Dans une région où la mobilité des populations et des troupeaux peut accentuer les tensions autour des ressources naturelles, la Cure Salée offre un espace de dialogue et de rapprochement.
Les autorités veulent donc faire de ce rassemblement un moment de célébration, mais aussi de responsabilité collective. La préservation des couloirs de transhumance, la protection des pâturages et le respect des mécanismes traditionnels de règlement des différends restent essentiels à la pérennité du pastoralisme.
Avec l’arrivée de la délégation officielle, Ingall s’apprête désormais à accueillir plusieurs jours de rencontres, de transactions et de manifestations culturelles. La 59ᵉ Cure Salée entend rappeler que le pastoralisme demeure à la fois une activité économique, un patrimoine vivant et un levier de cohésion pour le Niger.
Le Niger a achevé, mercredi 30 septembre 2026, l’acheminement de 500 jeunes vers l’Algérie dans le cadre d’un programme bilatéral de formation professionnelle. Le deuxième groupe de bénéficiaires a quitté Niamey à bord d’un appareil spécialement affrété par Alger, au lendemain du départ du premier contingent.
Cette opération ouvre une nouvelle phase de coopération entre les deux pays, avec un objectif précis : renforcer les compétences techniques de jeunes Nigériens et faciliter, à terme, leur accès à l’emploi.
La formation, proposée gratuitement aux bénéficiaires, s’inscrit dans un accord de coopération soutenu par le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Les participants suivront leur parcours dans plusieurs centres et instituts de formation professionnelle répartis à travers le territoire algérien.
Les stagiaires se formeront dans 19 domaines identifiés comme prioritaires pour l’insertion professionnelle. Selon les informations communiquées par les autorités, les parcours dureront entre 20 et 45 jours, en fonction des spécialités retenues.
Les filières couvrent notamment des métiers techniques et pratiques tels que l’électricité du bâtiment, la plomberie ou encore la soudure. La sélection des domaines s’appuie également sur les besoins du marché de l’emploi et vise à doter les participants de compétences directement mobilisables dans leur environnement professionnel.
Au-delà de l’acquisition de connaissances, le programme prévoit un dispositif d’accueil et de prise en charge durant le séjour. Les autorités nigériennes ont également annoncé la mise en place d’un accompagnement destiné à favoriser l’insertion des bénéficiaires à leur retour.
La ministre nigérienne de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi, Aïssatou Abdoulaye Tondi, s’est rendue à l’aéroport international Diori Hamani de Niamey pour saluer les jeunes avant leur départ. Elle était accompagnée de l’ambassadeur d’Algérie au Niger, Saadi Ahmed. Leur présence a marqué le caractère institutionnel de cette initiative et traduit la volonté des deux gouvernements de suivre étroitement son déroulement.
Les deux responsables avaient déjà échangé avec les bénéficiaires, lundi 28 septembre, afin de les préparer à leur séjour et de leur rappeler les exigences liées à la formation, à la discipline et à la vie collective.
Pour Niamey et Alger, la formation professionnelle constitue un instrument concret de coopération et un moyen de répondre aux défis liés à l’emploi des jeunes. Le programme ne se limite donc pas à un échange académique : il cherche à renforcer les qualifications d’une génération appelée à participer au développement économique du Niger.
La ministre Aïssatou Abdoulaye Tondi a présenté cette initiative comme l’une des traductions concrètes du partenariat entre les deux pays. Les autorités nigériennes souhaitent notamment multiplier les possibilités d’apprentissage, soutenir les métiers porteurs et accompagner les jeunes vers l’autonomie professionnelle.
À travers le déplacement de ces 500 stagiaires, le Niger et l’Algérie entendent ainsi consolider leurs liens historiques tout en donnant une dimension opérationnelle à leur coopération. Le retour des bénéficiaires permettra d’évaluer la portée du programme et sa capacité à déboucher sur de nouvelles perspectives d’emploi ou d’entrepreneuriat.
Les autorités nigériennes ont intensifié, le mercredi 30 septembre 2026, les opérations de contrôle et de sensibilisation sur les routes de Niamey. Menée par l’Agence nigérienne de sécurité routière (ANISER), l’intervention a conduit à l’immobilisation de 323 véhicules et au retrait de 40 pièces administratives.
Le dispositif a été déployé sur dix points particulièrement fréquentés de la capitale, notamment les carrefours du Cimetière, de Mali Béro, du Garage Mairie, des Sapeurs-Pompiers, de Lazaret, de Kennedy, ainsi que la place des Armées, l’Église, Baré et Liptako.
Le bilan met en évidence la notable implication des motocyclistes dans les infractions relevées. Sur les 323 véhicules immobilisés, 302 étaient des motos. Parmi elles, 300 circulaient sans que leurs conducteurs portent un casque. Les agents ont également immobilisé 16 tricycles et cinq voitures.
Présent sur le terrain, le ministre des Transports et de l’Aviation civile, le colonel-major Abdourahamane Amadou, a rendu visite aux équipes mobilisées. Il a salué leur engagement et les a encouragées à poursuivre les contrôles, tout en rappelant que l’objectif de ces opérations ne se limite pas à sanctionner les contrevenants.
Pour le ministre, le respect du Code de la route constitue un impératif de protection collective. Il a insisté sur la nécessité, pour chaque conducteur, d’adopter une conduite prudente et de se conformer aux exigences administratives applicables aux véhicules et aux usagers.
La proportion élevée d’infractions liées au non-port du casque a particulièrement retenu l’attention des autorités. Cet équipement demeure la principale protection du motocycliste en cas de collision ou de chute, deux situations susceptibles d’entraîner des traumatismes graves, voire mortels.
La campagne intervient alors que la rentrée scolaire accroît les déplacements quotidiens dans la capitale. Des milliers d’élèves empruntent désormais les routes aux heures de pointe, ce qui augmente la présence de piétons et de jeunes usagers à proximité des établissements scolaires.
Le colonel-major Abdourahamane Amadou a donc appelé les conducteurs à ralentir aux abords des écoles et à faire preuve d’une vigilance particulière sur les axes très fréquentés. Il a également exhorté les familles et l’ensemble des usagers à contribuer à l’instauration d’une discipline routière durable.
Cette priorité s’inscrit dans une politique nationale qui fait de 2026 l’année de la discipline routière. Les autorités nigériennes ont notamment fixé des objectifs de réduction de la mortalité et des accidents, ainsi que la généralisation du port du casque homologué chez les motocyclistes. Selon des données communiquées en juin par l’Agence nigérienne de presse, le pays avait enregistré 7 116 accidents corporels en 2025, faisant 1 245 morts et 4 439 blessés graves.
À travers cette opération, l’ANISER cherche à associer contrôle et pédagogie. Les immobilisations et les retraits de documents doivent rappeler aux conducteurs que les règles routières ne constituent pas de simples formalités, mais des mesures destinées à préserver des vies.
Le ministère des Transports et de l’Aviation civile invite les usagers à coopérer avec les équipes de l’ANISER et à respecter leurs consignes. Il appelle également les conducteurs à vérifier leurs documents, à porter systématiquement un casque homologué et à adapter leur vitesse aux conditions de circulation.
Pour les autorités, l’amélioration de la sécurité routière dépendra toutefois de la continuité de ces opérations et de l’adhésion de tous : conducteurs, passagers, piétons, familles et acteurs du transport.