Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 11 sur 262

Niger-UEMOA : Le Conseil Consultatif de la Refondation à Ouagadougou

À Ouagadougou, le Niger déploie sa diplomatie de « refondation » au sein de l’UEMOA. À cet effet, une délégation de haut niveau du Conseil consultatif de la refondation (CCR ) participe à la session extraordinaire du Comité interparlementaire, marquant le retour offensif de Niamey sur la scène communautaire.

 

Le Niger entend ne plus être le grand absent des cercles de décision ouest-africains. Depuis le lundi 27 avril, la capitale burkinabè, Ouagadougou, accueille la 39ᵉ session extraordinaire du Comité interparlementaire (CIP) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Dans les couloirs feutrés de cette instance, une délégation nigérienne de haut niveau, issue du Conseil consultatif de la refondation (CCR), s’active pour faire entendre la voix de Niamey.

 

Conduite par Seydou Asman, 6ᵉ vice-président du CCR, cette mission ne se contente pas d’une présence protocolaire. En effet, accompagné de figures aux profils variés — du politique Tahirou Guimba aux experts Dr Dodo Boukari et Dr Hamet Mahamane Mahamadou Bachir, sans oublier la caution sécuritaire du colonel Dan Bouga et la présence de Fidel Bento —, M. Asman mène une offensive diplomatique visant à réinsérer le Niger dans l’architecture législative régionale.

 

« Cette participation traduit une volonté de réappropriation de notre destin communautaire dans un contexte où les défis sécuritaires imposent une harmonisation urgente de nos cadres légaux », confie une source proche de la délégation.

 

Au menu des discussions, qui s’étaleront jusqu’au 1ᵉʳ mai : l’harmonisation des réglementations et le suivi des politiques communes. Pour le Niger, l’enjeu est double. Il s’agit, d’une part, de prouver la vitalité de ses nouvelles institutions de transition et, d’autre part, de peser sur les réformes de gouvernance au sein d’un espace UEMOA souvent bousculé par les crises institutionnelles.

 

Par cette diplomatie parlementaire active, le CCR cherche à démontrer que la « refondation » nigérienne n’est pas un repli identitaire, mais bien un levier pour une intégration régionale repensée. En participant aux réflexions stratégiques sur la cohésion sociale et le développement durable, Niamey espère ainsi transformer cette session extraordinaire en un jalon de sa normalisation diplomatique sous-régionale.

Niger : Inauguration d’une écogare communautaire à Sabon Birni

À Sabon Birni, l’essor rural passe par l’auto-développement. L’inauguration d’une « écogare », financée par la diaspora locale, illustre la vitalité des ressortissants du village de Tounouga pour pallier l’absence d’infrastructures étatiques.

 

C’est un mince ruban coupé qui porte de fabuleuses espérances. Mardi 28 avril, le village de Sabon Birni, niché dans la commune rurale de Tounouga, a célébré l’inauguration de son « écogare ». En effet, sur une esplanade de plus de 1 000 m², cette infrastructure moderne, bien que modeste par son coût — environ 4 millions de francs CFA —, symbolise une victoire sur l’enclavement et l’inertie.

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Fait notable, Ce projet ne doit rien aux grands bailleurs de fonds internationaux ni aux lignes budgétaires classiques de l’État. Il est le fruit d’une mobilisation inédite des ressortissants du village. Ainsi, conscients que le développement de leur terroir ne pouvait plus attendre, les enfants de Sabon Birni ont mis la main à la poche pour doter leur localité d’un véritable nœud de communication et de commerce.

« Cette infrastructure n’est pas qu’un lieu de transit ; c’est un levier fiscal pour la municipalité et un moteur de croissance pour nos petits commerçants », a souligné un notable lors de la cérémonie.

 

Les autorités administratives, présentes en nombre aux côtés des populations locales, ne s’y sont pas trompées. En facilitant le stationnement et la gestion des flux de transport, l’écogare promet aussi de structurer une économie locale jusqu’ici informelle. En conséquence, pour la mairie de Tounouga, c’est une opportunité de mobilisation de ressources propres, indispensables pour financer, à l’avenir, d’autres services sociaux de base, comme l’éducation ou la santé.

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Au-delà du béton et du mortier, l’exemple de Sabon Birni offre une leçon de résilience. Dans un Sahel où les communes rurales peinent souvent à atteindre l’autonomie financière, le recours au financement communautaire apparaît comme une alternative crédible. Ainsi, à Tounouga, l’écogare n’est que la première pierre d’un édifice que les habitants comptent bien continuer à construire eux-mêmes.

Coopération Niger-Russie : Don de 20 000 tonnes d’engrais à Niamey

La réception de 20 000 tonnes de fertilisants offertes par la Russie à Niamey illustre le renforcement d’un partenariat stratégique où la sécurité alimentaire devient une arme diplomatique.

Des sacs de NPK et d’urée empilés à perte de vue dans les entrepôts de la Centrale d’approvisionnement en intrants et matériels agricoles (CAIMA). Mardi 28 avril 2026, Niamey a officiellement réceptionné un don de 20 000 tonnes d’engrais gracieusement offert par la Fédération de Russie. Sous l’œil attentif du colonel Mahamane Elhadji Ousmane, ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, cette cargaison massive vient sceller une « solidarité concrète » entre deux nations dont les trajectoires diplomatiques ne cessent de converger.

Ministère de l'Agriculture
© Ministère de l'Agriculture

Un partenariat stratégique et des défis logistiques

Par ailleurs, le ministre de l’Agriculture n’a pas tari d’éloges sur ce geste, qu’il juge aller bien au-delà d’un simple appui matériel. Selon lui, cette livraison incarne une « vision partagée » et un « partenariat stratégique » face aux défis pressants du Sahel. Dans un pays où l’agriculture demeure le pilier de l’économie mais reste vulnérable aux aléas climatiques, ces intrants apparaissent comme une bouffée d’oxygène pour la fertilité des sols et la résilience des producteurs locaux.

« Ce geste de solidarité doit faire école », a martelé le colonel Ousmane, tout en garantissant à l’ambassadeur Voropaev qu’une gestion « rigoureuse » sera appliquée afin d’éviter tout détournement de cette aide précieuse. Il a tenu à adresser ses remerciements aux autorités russes, saluant un exemple éloquent de coopération bilatérale.

Ministère de l'Agriculture
© Ministère de l'Agriculture

La présence du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, de l’ambassadeur russe Viktor Voropaev, du directeur général de la CAIMA ainsi que des cadres techniques des deux institutions, lors de la cérémonie tenue dans les locaux de la CAIMA, souligne le caractère hautement politique de l’événement.

Ministère de l'Agriculture
© Ministère de l'Agriculture

Pour Moscou, cette diplomatie du fertilisant constitue un levier efficace pour consolider sa présence au Sahel en répondant directement aux besoins vitaux des populations. Pour Niamey, il s’agit d’une preuve supplémentaire que la diversification des partenaires bilatéraux porte ses fruits.

Alors que la saison des pluies se profile, le défi pour les autorités nigériennes sera désormais logistique : assurer une distribution équitable et rapide de ces 20 000 tonnes à travers le vaste territoire national. Une opération cruciale pour transformer cette dynamique diplomatique en rendements agricoles concrets dans les champs nigériens.

Niger : À Ingall, le blé de Tiguirwit entre dans l’ère de la mécanisation

La réception de nouvelles batteuses sur les périmètres irrigués de la région d’Agadez marque une étape clé dans la stratégie de souveraineté alimentaire portée par Niamey.

L’image est forte pour les paysans de l’Aïr. Ce mardi 28 avril 2026, au cœur de la commune rurale d’Ingall, le silence du désert a laissé place au fracas métallique des nouvelles machines. Quatre batteuses de blé flambant neuves ont été officiellement réceptionnées sur les périmètres irrigués de Tiguirwit 1 et 2. Pour les coopératives locales, cette dotation fournie par l’Office National des Aménagements Hydro-Agricoles (ONAHA) n’est pas qu’un simple ajout technique ; c’est le signal d’un changement de paradigme.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

La mécanisation en marche à Ingall

En plus, cette initiative concrétise une promesse faite par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Mahamane Elhadji Ousmane. Dans ces zones arides où chaque grain compte, la mécanisation répond à une urgence : réduire les pertes post-récolte, souvent considérables lors du battage manuel traditionnel. Ces équipements viennent compléter une première batteuse multifonction déployée par la municipalité dès le 9 mars dernier, renforçant ainsi un arsenal technologique encore rare dans la région.

« Faciliter la tâche des producteurs, c’est garantir que l’effort fourni sous le soleil ne soit pas gâché par des méthodes rudimentaires », expliquait un responsable technique lors de la cérémonie, organisée en présence des autorités administratives, des techniciens et des coopératives d’exploitants agricoles.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Un périmètre agricole en expansion

Mais l’ambition ne s’arrête pas aux machines. En marge de la réception, les autorités et les représentants des coopératives ont inspecté un chantier d’envergure : l’aménagement d’un nouveau périmètre de 115 hectares. Selon les premières observations, les travaux avancent à un rythme satisfaisant, laissant présager une extension significative de la capacité productive d’Ingall dans les mois à venir.

Dans un contexte régional marqué par les défis climatiques et les impératifs de sécurité alimentaire, le dynamisme de Tiguirwit illustre la volonté de l’État nigérien de transformer ses zones irriguées en véritables pôles de croissance. Pour la région d’Agadez, l’enjeu est double : fixer les populations par des revenus agricoles stables et contribuer ainsi à l’autosuffisance nationale. À Ingall, la révolution du blé semble bel et bien en marche.

Mali : le Premier ministre s’exprime sur les attaques du 25 avril

        Au premier jour d’un deuil national de deux jours marqué par la disparition du général Sadio Camara, le Premier Ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga a pris la parole pour dénoncer des attaques coordonnées d’une ampleur inédite. Entre hommages funèbres et rhétorique de combat, Bamako pointe du doigt des « sponsors » étrangers et réaffirme sa marche vers le « Mali Kura ».

C’est un exercice de haute voltige politique auquel s’est livré, ce lundi, le chef du gouvernement malien. Dans une atmosphère lourde, alors que les drapeaux sont en berne sur les bâtiments publics, le Premier ministre a rompu le silence après les événements tragiques du 25 avril. Si le pays est meurtri par la perte du général Sadio Camara, figure centrale de l’appareil sécuritaire, le message de la Primature se veut sans ambiguïté : la Transition ne vacillera pas.

La primature
© La primature

Une tentative de déstabilisation systémique

Au-delà de l’émotion légitime, l’analyse livrée par Bamako dessine les contours d’une menace qui dépasse le simple harcèlement djihadiste. Selonle Général de Division Abdoulaye Maïga, les assauts simultanés ayant visé plusieurs localités du territoire ne visaient rien de moins qu’un basculement de régime. « Le but de l’ennemi était de conquérir le pouvoir en démantelant les institutions », a-t-il affirmé, transformant ces incidents en une tentative de coup de force avortée.

Trois objectifs étaient recherchés : semer la peur, briser la cohésion nationale et affaiblir la détermination collective. Trois réponses ont été données : confiance, unité et engagement renforcé. Pour Bamako, l’ampleur du mode opératoire trahit une logistique qui ne peut être le seul fait de groupes isolés.

En évoquant explicitement des « sponsors » et des « États parias », le gouvernement déplace le curseur du conflit vers une dimension géopolitique, accusant des puissances extérieures — sans toutefois les nommer — d’instrumentaliser la terreur pour entraver le processus de Refondation.

La primature
© La primature

L’adaptation, impératif de la guerre asymétrique

Néanmoins, les autorités conservent tout leur réalisme militaire. Reconnaissant la nature asymétrique du combat, le Premier ministre a admis l’obligation de tirer les leçons du 25 avril. Si le bilan officiel fait état de « centaines de terroristes neutralisés », la porosité des menaces impose une remise en question permanente des dispositifs de sécurité.

Le gouvernement présente cette capacité d’ajustement comme le rempart indispensable contre l’objectif psychologique des assaillants : semer le doute au sein de la cohésion nationale. À cet égard, l’hommage au général Camara, décrit comme ayant choisi de « mourir les armes à la main », sert de catalyseur à une mystique du sacrifice que Bamako souhaite infuser dans toute la population. Le Premier ministre a également salué la résilience des Maliens, qui continuent de croire en leur armée et en la Refondation.

 

L’horizon non négociable du « Mali Kura »

Malgré la rudesse des temps, le ton est resté empreint d’une fermeté souverainiste. En citant le troisième couplet de l’hymne national — « La voie est dure, très dure » —, le chef du gouvernement a préparé les esprits à une guerre de longue haleine.

Pour le pouvoir en place, la lutte contre le terrorisme est désormais indissociable de l’édification du Mali Kura (le Mali nouveau). Au lieu de freiner le projet de refondation, les récentes attaques lui donnent au contraire la force de durcir sa posture. En s’adressant directement à ceux qui se laissent « manipuler », le Premier ministre a lancé un ultime appel au ralliement patriotique, rappelant que pour la Transition, la dignité nationale ne fera l’objet d’aucune concession, même sous la pression des balles.

En conclusion, le Général de Division Abdoulaye Maïga a invoqué une référence spirituelle tirée du Coran : « Toute âme goûtera la mort », rappelant que le sacrifice des militaires et des civils tombés est un choix de dignité et de patriotisme. Ensemble, a-t-il martelé, « nous ferons le Mali Kura ».

 

24ème journée de salubrité : Niamey fait peau neuve

La capitale nigérienne a vibré, le dimanche 26 avril 2026, au rythme d’une mobilisation citoyenne d’envergure. Pour la 24ᵉ édition de sa journée mensuelle de salubrité, la Ville de Niamey a transformé ses artères en un vaste chantier de propreté. Derrière l’opération de nettoyage se cache un enjeu politique majeur : ancrer le civisme dans l’ADN de la transition.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

Une capitale en quête d’oxygène

Alors que Niamey s’étend et se modernise, la gestion des déchets demeure un défi structurel pour les autorités municipales. Ce dimanche, dès les premières lueurs du jour, l’ambiance était particulière dans les cinq arrondissements communaux. Services municipaux, acteurs communautaires et simples citoyens se sont relayés sur plusieurs sites stratégiques pour une opération de « salubrité totale ».

Toutefois, au-delà du ramassage des ordures, cette 24ᵉ édition marque une étape symbolique. En franchissant le cap des deux ans de régularité pour ce rendez-vous mensuel, la municipalité prouve que l’assainissement n’est plus une action ponctuelle, mais une véritable politique publique de long terme.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

Le « civisme urbain », pilier de la Refondation

Pourquoi un tel déploiement de moyens ? Pour les autorités de la Ville, ce rendez-vous s’inscrit en droite ligne des orientations de la « Refondation ». L’idée est simple mais ambitieuse : bâtir une capitale centenaire où la propreté n’est pas imposée, mais pratiquée par conviction.

  • Engagement collectif : la mobilisation massive de ce dimanche témoigne d’une prise de conscience croissante des populations.
  • Changement de paradigme : en impliquant directement les citoyens, la Ville de Niamey tente de réduire la fracture entre l’administration et les administrés autour d’un objectif commun : la santé publique.

« La salubrité est l’affaire de tous », martèle l’hôtel de ville, rappelant que la préservation de l’environnement est le socle de tout développement durable.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

Vers une pérennisation de l’élan citoyen

Cependant, le plus dur reste à faire : transformer cet élan dominical en une habitude quotidienne. Si la journée mensuelle permet de traiter les points noirs de la capitale, la gestion des déchets ménagers et le curage des caniveaux nécessitent une vigilance de chaque instant.

En effet, pour que Niamey devienne cette vitrine saine et respectueuse des règles d’hygiène tant espérée, les autorités municipales insistent sur la nécessité de maintenir cet esprit de volontariat au-delà des journées officielles.

Ville de Niamey
© Ville de Niamey

Un test pour la gouvernance locale

En définitive, le succès de cette 24ᵉ édition est un signal fort envoyé aux partenaires du Niger. Il démontre que la capitale est capable de se mobiliser pour améliorer son cadre de vie. Pour les observateurs, cette dynamique est aussi un test de crédibilité pour la gouvernance urbaine, prouvant que la « Refondation » se joue aussi — et peut-être surtout — au coin de la rue, un balai à la main.

Niger : Le Pr Mamadou Saidou inspecte le chantier de l’Université Abdou Moumouni

  À Niamey, le vaste chantier du complexe universitaire de l’Université Abdou Moumouni (UAM) tente de rattraper le temps perdu. Entre impératifs sécuritaires et ambitions académiques, le ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Mamadou Saidou, s’est rendu sur place, lundi 27 avril, pour sceller un nouveau pacte de confiance avec les bâtisseurs.

Le soleil de plomb qui pèse sur Niamey ce lundi ne semble pas entamer l’optimisme de la délégation ministérielle. Sur le site de 20 hectares destiné à devenir le nouveau poumon de l’Université Abdou Moumouni, l’heure est au constat, mais surtout à la remobilisation. Quinze mois après le coup d’envoi officiel donné le 4 février 2025 par le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, le Pr Mamadou Saidou est venu observer de visu la mue de ce qui doit devenir un pôle d’excellence pour la jeunesse nigérienne.

Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche
© Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche

Un démarrage sous haute tension financière

Si le projet est d’envergure, son accouchement ne se fait pas sans douleur. En effet, le taux d’exécution affiche aujourd’hui un modeste 6 %, selon les techniciens mobilisés sur place. Ce chiffre, qui pourrait paraître dérisoire pour un chantier lancé début 2025, est le reflet direct des turbulences que traverse le pays. La priorité absolue accordée à l’effort de guerre et à la sécurisation du territoire a, par effet de ricochet, ralenti les flux financiers initialement fléchés vers les infrastructures éducatives.

Toutefois, ce retard semble désormais appartenir au passé. « Je suis satisfait de ce que j’ai vu », a martelé le ministre, entouré d’un aréopage de techniciens et de cadres du rectorat. Pour les autorités, l’enjeu dépasse la simple pose de briques : il s’agit de prouver que l’État, malgré les crises, reste capable d’investir dans le capital humain.

Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche
© Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche

La logistique face aux ambitions

Sur le terrain, les engins s’activent pour sortir de terre une véritable cité dans la cité. Le futur complexe prévoit notamment :

  • Des amphithéâtres de dernière génération ;
  • Des dortoirs pour pallier la crise récurrente du logement étudiant ;
  • Un restaurant universitaire dimensionné pour la démographie croissante de l’UAM.

Le représentant de l’entreprise Builders, Mahamadou Bakoye, ne cache pas les défis logistiques rencontrés lors de la phase de démarrage. Tout en rassurant sur la poursuite fluide des travaux, le chef de projet a néanmoins lancé un plaidoyer feutré en direction de l’exécutif. Selon lui, la réussite de ce « vaste chantier » repose sur une condition sine qua non : la stabilité de l’environnement administratif et financier. En somme, une fluidité institutionnelle qui permettrait d’éviter de nouveaux arrêts de travail.

Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche
© Ministère Enseignement Supérieur/ Recherche

Un signal politique fort

Au-delà de l’inspection technique, cette visite prend une dimension politique notable. En se déplaçant avec le Secrétaire Général, le Vice-Recteur de l’UAM, le Directeur Général de l’EMIG, mais aussi la Directrice des Marchés publics et l’Inspecteur général des services, le Pr Mamadou Saidou affiche une unité de commandement. Il s’agit de rassurer une communauté estudiantine souvent prompte à l’inquiétude face aux promesses d’infrastructures qui s’éternisent.

« Créer les conditions de l’évolution sans entrave », tel est désormais le leitmotiv des parties prenantes. Alors que le Niger cherche à diversifier ses leviers de développement par l’innovation technologique, le complexe de l’UAM apparaît comme le symbole d’une résilience académique. Si les fondations sont encore fragiles, la volonté politique, elle, semble vouloir s’inscrire dans le béton.

 

Mali : les FAMa mettent en échec une offensive terroriste coordonnée

Le Mali a connu, ce samedi 25 avril 2026, l’une des journées sécuritaires les plus critiques de ces derniers mois. Des attaques coordonnées attribuées à des groupes armés terroristes ont visé simultanément plusieurs localités stratégiques, provoquant une réaction immédiate des autorités et un resserrement sécuritaire à l’échelle nationale.

 

Une offensive d’envergure sur plusieurs fronts

Selon nos informations, les attaques ont ciblé plusieurs villes clés du pays, notamment Bamako, Kati, Sévaré, Gao et Kidal.

Les autorités évoquent des attaques complexes et coordonnées, visant des positions militaires et des points sensibles, confirmant une montée en puissance tactique des groupes jihadistes opérant sur le territoire.

Le bilan officiel fait état d’au moins 16 blessés, civils et militaires confondus, tandis que des dégâts matériels sont signalés, bien que qualifiés de limités.
À Bamako comme dans les villes ciblées, ces événements ont provoqué un climat de tension palpable, poussant de nombreux habitants à limiter leurs déplacements et à suivre avec inquiétude l’évolution de la situation.

 

Les Forces armées maliennes (FAMa) ont engagé une riposte immédiate face à cette offensive.

Face à cette offensive, les Forces armées maliennes (FAMa) ont engagé une riposte rapide.

L’État-major affirme que :

  • les attaques ont été contenues puis repoussées
  • plusieurs assaillants ont été neutralisés
  • des opérations de ratissage sont toujours en cours dans plusieurs zones

L’armée a fait preuve de professionnalisme et de réactivité. Selon ses communications, elle évoque la neutralisation de “plusieurs centaines de terroristes” – un bilan avancé par les autorités militaires et qui ne peut, à ce stade, faire l’objet d’une confirmation indépendante.

 

Un pays sous tension sécuritaire maximale

Dans la foulée des attaques, les autorités ont pris des mesures exceptionnelles.

À Bamako, un couvre-feu de 72 heures a été instauré, de 21 h à 6 h du matin, reconductible si nécessaire. La décision, signée par le gouverneur du district, vise à faciliter les opérations militaires et à prévenir toute infiltration.

Dans le nord, la région de Gao a également vu son couvre-feu réaménagé, désormais fixé de 19 h 30 à 6 h 00, signe d’une vigilance accrue dans une zone historiquement instable.

Les autorités appellent par ailleurs la population :

  • au calme et à la vigilance
  • à éviter la diffusion d’informations non vérifiées
  • à se référer uniquement aux canaux officiels

Dans ce contexte, les autorités rappellent les numéros d’urgence à contacter en cas de situation suspecte ou de danger :

  • Police : 101
  • Gendarmerie Nationale : 111
  • Protection civile : 122

Les populations sont appelées à faire preuve de vigilance et à signaler tout comportement suspect via ces canaux officiels.

 

Communication politique et démonstration d’autorité

Le gouvernement a pris la parole dans un communiqué dans la soirée pour :

  • condamner fermement les attaques
  • saluer l’engagement des forces de défense
  • rassurer la population sur un retour au contrôle total de la situation

Dans un ton résolument martial, les autorités promettent de traquer et de traduire en justice les auteurs, complices et commanditaires.

Cette communication s’inscrit dans une stratégie désormais bien rodée : afficher fermeté, maîtrise et souveraineté face à une menace persistante.

 

Entre contrôle affiché et incertitudes persistantes

Malgré les assurances officielles, plusieurs éléments invitent à la prudence.

Si les autorités affirment que la situation est désormais sous contrôle, la simultanéité des attaques sur plusieurs villes révèle une capacité de coordination élevée des groupes armés et soulève des interrogations sur leur aptitude à frapper en profondeur.

Par ailleurs :

  • certaines zones du territoire restent difficilement contrôlables
  • les bilans militaires avancés ne peuvent être confirmés de manière indépendante
  • la question du renseignement demeure centrale : comment une telle offensive a-t-elle pu être préparée et menée sans être détectée ? Les Maliens attendent des explications sur les failles de leurs services de renseignement, censés prévenir ce type de scénario.

Ces événements rappellent que, malgré les offensives répétées des FAMa, la menace jihadiste demeure profondément enracinée.

Un tournant sécuritaire ?

Cette journée du 25 avril pourrait marquer un tournant dans la crise malienne :

  • soit comme une démonstration de résilience de l’État, capable de contenir une attaque d’ampleur
  • soit comme le signe d’une nouvelle phase d’intensification du conflit

Dans un contexte régional déjà fragilisé, le Mali demeure plus que jamais au cœur des enjeux sécuritaires du Sahel. Au-delà des bilans et des communiqués, c’est désormais la capacité du Mali à anticiper plutôt qu’à subir qui sera scrutée.

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Niger : Salifou Mody reçoit le Commandement de la Force Unifiée AES

C’est un signal fort pour la coopération militaire au Sahel. Le jeudi après‑midi, le cabinet du Ministre d’État, Ministre de la Défense nationale, a été le théâtre d’échanges stratégiques de premier plan. Le Général d’Armée Salifou Mody y a accueilli le Commandant de la Force Unifiée de l’AES, le Général de Brigade Daouda Traoré, accompagné de son adjoint, le Colonel‑Major Moussa Seydou Bachir.

 

Une audience stratégique au sommet de la Défense

Cette rencontre s’est déroulée en présence de hauts cadres du ministère, notamment le Secrétaire général adjoint, le Général de Brigade Mamane Souley, et le Directeur des études stratégiques, le Colonel‑Major Bello Aboul Hassane. Concrètement, cette audience a permis à la délégation de faire le point sur le fonctionnement opérationnel de la Force Unifiée. Par ailleurs, ce fut l’occasion pour le commandement de recueillir les orientations directes du Ministre d’État pour la suite des opérations.

 

Des directives pour sécuriser l’espace sahélien

Face aux enjeux actuels, le Général d’Armée Salifou Mody a réitéré sa disponibilité totale à accompagner la Force Unifiée AES dans sa mission régalienne. Toutefois, il a insisté sur un point crucial : la nécessité de renforcer la coordination et l’efficacité des interventions. En effet, pour le ministre, la réponse aux défis sécuritaires qui pèsent sur la région ne peut être que collective, soulignant ainsi que la stabilité régionale dépend impérativement de l’unité d’action sur le terrain.

 

Vers une souveraineté collective renforcée

Au-delà de son caractère protocolaire, cette visite de courtoisie confirme l’engagement indéfectible du ministère de la Défense nationale à soutenir les troupes de l’Alliance. Elle s’inscrit ainsi dans la volonté des autorités de consolider la coopération militaire entre les États membres et de bâtir une architecture de défense commune face aux menaces transfrontalières.

En somme, en recevant le Commandement de la Force Unifiée, le Ministre de la Défense a rappelé que l’Alliance des États du Sahel n’est pas une simple structure administrative, mais une force vive appelée à incarner la résilience et la souveraineté collective des peuples du Sahel.