Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 21 sur 262

Agadez : une Aïd El-Fitr marquée par l’unité et un appel fort à la paix

À Agadez, la célébration de l’Aïd El-Fitr a pris, ce jeudi, des allures de grande démonstration collective. Dans cette région stratégique du nord du Niger, la fin du Ramadan a rassemblé bien au-delà des fidèles : elle a fédéré toute une communauté autour d’un message commun de paix et de stabilité.

Dès les premières heures, la place des grandes prières de la commune urbaine s’est transformée en un vaste espace de rassemblement. Hommes, femmes, enfants, jeunes et anciens ont convergé en masse pour accomplir la prière de l’Aïd, dans une atmosphère à la fois solennelle et festive. Une mobilisation impressionnante qui témoigne de l’importance de cette fête dans le tissu social local.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Une présence institutionnelle hautement symbolique

Cependant, ce qui a marqué cette célébration, c’est aussi la forte présence des autorités administratives et traditionnelles. En première ligne, le Gouverneur de la région, Ibra Boulama Issa, accompagné du Sultan de l’Aïr, Oumarou Ibrahim Oumarou, a pris part à la prière aux côtés des populations.

Cette proximité entre dirigeants et citoyens, dans un moment de spiritualité intense, traduit une volonté de cohésion dans une région souvent confrontée à des enjeux sécuritaires et géopolitiques majeurs.

Gouvernorat d'Agadez
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Un message de paix dans un contexte sensible

À l’issue des deux raka’ats et du sermon de l’imam, les invocations ont convergé vers un même objectif : appeler à la paix, à la sécurité et à la prospérité du Niger. Des mots simples, mais lourds de sens dans un contexte où la stabilité reste un défi permanent.

Ainsi, l’Aïd El-Fitr à Agadez s’est transformé en tribune silencieuse, où la religion apparaît comme un vecteur de résilience collective, un moment où les prières individuelles rejoignent les préoccupations nationales.

Gouvernorat d'Agadez
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Entre traditions et protocole républicain

Par ailleurs, après la prière, la journée s’est poursuivie dans un registre plus institutionnel. Le Gouverneur a ouvert les portes de sa résidence pour recevoir les vœux de ses collaborateurs, des responsables des forces de défense et de sécurité, ainsi que des citoyens venus lui témoigner leur respect.

Ces échanges, empreints de convivialité, illustrent une tradition bien ancrée : celle du rapprochement entre gouvernants et administrés lors des grandes fêtes religieuses. Un rituel qui, au-delà du symbole, contribue aussi à renforcer le dialogue social.

 

Une fête, miroir des enjeux du Niger

En définitive, la célébration de l’Aïd El-Fitr à Agadez dépasse largement le cadre religieux. Elle reflète les réalités d’un pays où les moments de communion deviennent des espaces d’expression collective, mêlant espoir, attentes et responsabilités.

Dans cette région charnière du Niger, l’image d’unité affichée ce jour-là soulève une interrogation essentielle : comment transformer cette ferveur ponctuelle en dynamique durable pour la paix et la stabilité ?

Aïd El-Fitr à Niamey : une célébration sous le signe de l’unité nationale et de la paix

À Niamey, l’aube s’est levée ce jeudi sur une capitale rassemblée. Dès les premières heures du jour, des milliers de fidèles ont convergé vers la Grande Mosquée Khadafi pour célébrer l’Aïd El-Fitr, marquant la fin du mois de Ramadan. Mais au-delà de la prière, c’est une image forte d’unité nationale qui s’est dessinée dans la cour de ce lieu emblématique.

En effet, la cérémonie religieuse, conduite par le grand Imam Karanta, a pris une dimension particulière avec la présence remarquée des plus hautes autorités du pays. Le Président de la Transition, le Premier ministre, les membres du gouvernement, ainsi que plusieurs figures politiques ayant marqué l’histoire du Niger, se sont joints aux fidèles. Une convergence rare qui, dans un contexte national sensible, n’est pas passée inaperçue.

CNSP
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Une prière, mais aussi un signal politique

Ainsi, ce rassemblement massif n’a pas seulement traduit la ferveur religieuse des Nigériens. Il a également envoyé un message implicite : celui d’un besoin de cohésion et de stabilité. Dans une période où le pays fait face à des défis sécuritaires, économiques et institutionnels, cette communion entre dirigeants et population apparaît comme une tentative de renforcer le lien social.

De plus, les discours prononcés après la prière ont clairement orienté cette lecture. Les interventions ont mis l’accent sur des valeurs universelles — pardon, solidarité, tolérance — tout en insistant sur l’urgence de préserver la paix. Un message qui résonne particulièrement dans un pays en quête d’apaisement.

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Une ferveur populaire intacte

Par ailleurs, sur le terrain, l’émotion était palpable. Les fidèles, vêtus de leurs plus beaux habits, se sont salués, ont échangé des bénédictions et partagé des instants de convivialité. Cette effervescence témoigne d’une tradition profondément ancrée, où la spiritualité dépasse le cadre individuel pour devenir un moment collectif de retrouvailles.

Cependant, derrière ces scènes de joie, subsiste une attente. Celle de voir les valeurs prônées lors de cette fête se traduire concrètement dans la vie quotidienne des citoyens. Car pour beaucoup, l’Aïd ne doit pas être seulement un symbole, mais un point de départ vers un climat plus serein et inclusif.

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Entre espoir et réalité

En définitive, cette célébration de l’Aïd El-Fitr à Niamey aura été bien plus qu’un événement religieux. Elle s’impose comme un moment charnière, où la spiritualité rencontre les enjeux politiques et sociaux. Une vitrine d’unité, certes, mais aussi un rappel des responsabilités qui incombent aux dirigeants comme aux citoyens.

Dès lors, une question demeure : cette image de communion nationale pourra-t-elle se prolonger au-delà de la fête, dans les décisions et les actions à venir ?

Énergie : l’Afrique du Nord, nouveau partenaire stratégique de l’Europe

À mesure que l’Europe accélère sa transition énergétique, une nouvelle carte se dessine de l’autre côté de la Méditerranée. De Paris à Tripoli, investisseurs et décideurs scrutent désormais un espace longtemps cantonné aux hydrocarbures : l’Afrique du Nord.

Aujourd’hui, ce n’est plus seulement le gaz ou le pétrole qui attire l’attention. C’est l’électricité. Et derrière elle, un potentiel encore largement inexploité.

Un virage stratégique pour l’Europe

Face à des marchés énergétiques instables et à des impératifs climatiques de plus en plus pressants, l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement. Dans cette équation, l’Afrique du Nord apparaît comme une solution naturelle : proche géographiquement, riche en ressources et en pleine transformation énergétique.

Historiquement, les relations reposaient sur les flux de gaz en provenance d’Algérie ou de pétrole issu de Libye. Mais une nouvelle dynamique émerge, portée par les énergies renouvelables et les interconnexions électriques.

Des câbles sous-marins pour transporter l’énergie du futur

Au cœur de cette mutation, des projets d’infrastructures ambitieux. L’interconnexion ELMED, par exemple, vise à relier la Tunisie à la Sicile via un câble sous-marin de 220 kilomètres.

À terme, cette liaison pourrait transporter jusqu’à 600 mégawatts d’électricité, permettant des échanges dans les deux sens. Une avancée majeure qui ouvrirait la voie à un véritable marché énergétique transméditerranéen.

La Libye, pièce maîtresse d’un futur corridor électrique

Dans ce nouveau paysage, la Libye se positionne comme un acteur clé. Dotée d’importantes ressources gazières et d’une capacité de production électrique significative, elle pourrait devenir bien plus qu’un simple fournisseur d’hydrocarbures.

Des discussions sont déjà engagées entre la Libye, l’Algérie et la Tunisie pour créer un corridor électrique régional. L’objectif : connecter leurs réseaux, puis les relier à l’Europe.

Si ces projets aboutissent, l’électricité produite – qu’elle soit issue du gaz ou du solaire – pourrait traverser les frontières et alimenter directement les marchés européens.

Gaz et électricité : un duo stratégique

Contrairement aux idées reçues, cette évolution ne signe pas la fin du gaz. Elle marque plutôt une complémentarité.

À travers le continent, des pays comme le Nigeria ou le Mozambique renforcent leur position dans le gaz naturel liquéfié (GNL). Pendant ce temps, l’Afrique du Nord développe une offre électrique capable de répondre aux exigences environnementales européennes.

Résultat : un modèle hybride où gaz et électricité coexistent, offrant plus de flexibilité et de sécurité d’approvisionnement.

Une ruée des investisseurs en préparation

Ces transformations seront au cœur des discussions du Forum « Investir dans l’énergie en Afrique », organisé à Paris. Gouvernements, entreprises et investisseurs y voient une opportunité majeure. Car au-delà de la production, ce sont les infrastructures qui attirent les capitaux : câbles sous-marins, réseaux à haute tension, systèmes de stockage et modernisation des réseaux. Autant de projets indispensables pour faire circuler cette énergie du sud vers le nord.

 

La Méditerranée, nouvelle autoroute énergétique ?

Si les projets en cours se concrétisent, la Méditerranée pourrait devenir bien plus qu’un espace de transit pour les hydrocarbures.

Elle pourrait se transformer en véritable corridor électrique, transportant une énergie plus propre et plus diversifiée.

Pour l’Europe, c’est une opportunité stratégique. Pour l’Afrique du Nord, un levier de développement économique. Et pour le reste du continent, un signal fort : l’énergie africaine pourrait bien redéfinir les équilibres mondiaux.

Niger : le Premier ministre appelle à l’unité nationale pour l’Aïd El-Fitr

Niamey, 18 mars 2026 Alors que le croissant lunaire a officiellement marqué la fin du mois sacré de Ramadan ce mercredi 18 mars 2026, l’ambiance à Niamey dépasse la simple célébration religieuse. Dans une allocution empreinte de gravité et de patriotisme, le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine a transformé les vœux traditionnels en un véritable plaidoyer pour la refondation nationale.

 

Un leadership aligné sur la souveraineté

Dès l’entame de son message, le chef du gouvernement s’est fait le porte-parole du Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani. Au-delà des civilités d’usage, le message est clair : la fête de l’Aïd cette année symbolise la victoire de l’endurance nigérienne.

« Le chemin parcouru depuis le 26 juillet 2023 prouve que nous avons choisi la bonne direction : celle d’un avenir où le Niger décide seul de son destin », a martelé le Premier ministre.

 

L’angle nouveau : la spiritualité au service de l’unité régionale

Contrairement aux années précédentes, l’accent n’a pas seulement été mis sur la piété individuelle, mais sur une solidarité géopolitique. Le Premier ministre a exhorté les fidèles à porter leurs prières vers un horizon plus large : celui de la Confédération de l’AES (Alliance des États du Sahel).

Ce glissement sémantique est crucial. Il montre que pour Niamey, la stabilité intérieure est désormais indissociable de la cohésion avec les voisins malien et burkinabè. C’est un appel à une « spiritualité de combat » pour la paix et l’unité régionale.

Les points clés de l’allocution :

  • Hommage aux martyrs : une pensée profonde pour les civils et militaires tombés pour la patrie.
  • Appel à la résistance : une invitation à ne pas baisser la garde face aux pressions extérieures.
  • Optimisme économique : malgré les défis persistants, le gouvernement assure que les bases d’un Niger prospère sont en train d’être posées.

 

« Un Niger nouveau » : entre défis et espoir

Certes, le Premier ministre ne nie pas l’ampleur des efforts qu’il reste à fournir. Cependant, l’autosuffisance et la dignité nationale ont été les maîtres mots de ce discours. En célébrant la fin du jeûne, le Niger célèbre aussi, selon Ali Mahamane Lamine Zeine, sa capacité à rester debout « face aux menaces multiples ».

En somme, ce 18 mars 2026 ne marque pas seulement la fin d’un mois de privations, mais réaffirme l’identité d’un peuple qui lie désormais sa foi religieuse à sa soif de liberté politique.

Zinder : une grande prière pour la paix et la cohésion nationale à Garin Malam

Zinder, 18 mars 2026 –  Dans une région marquée par des défis sécuritaires et sociaux persistants, la ville de Zinder a offert, ce mercredi, une image d’unité rare. En effet, à la mosquée de Garin Malam, des milliers de fidèles se sont rassemblés pour la clôture du Tafsir du Coran, un moment spirituel intense transformé en véritable appel collectif à la paix.

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Une ferveur populaire qui dépasse le cadre religieux

Dès les premières heures de la journée, la foule a convergé vers ce lieu emblématique. Hommes, femmes, autorités et dignitaires se retrouvent, portés par une même conviction : la prière peut peser sur le destin d’une nation.

Sous la conduite du Sultan du Damagaram, Aboubacar Oumarou Sanda, les prières ont pris une dimension solennelle. Les invocations s’enchaînent, appelant ainsi à la paix durable, à la stabilité et à une meilleure cohésion sociale.

 

Une présence étatique hautement symbolique

Mais au-delà de la dimension spirituelle, un autre signal se dessine : celui d’un État présent aux côtés des autorités religieuses. En effet, le gouverneur de la région, Massalatchi Mahaman Sani, accompagné de responsables administratifs et sécuritaires, a tenu à marquer sa participation.

Cette convergence entre pouvoir administratif et autorité religieuse traduit la volonté de l’État de s’associer aux repères religieux et culturels. Entre ferveur spirituelle et message politique, Zinder affiche sa quête de stabilité durable.

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Garin Malam, un héritage vivant

À Garin Malam, la tradition ne se raconte pas, elle se vit. Depuis des générations, cette rencontre annuelle rythme la vie spirituelle de la région. Les oulémas, gardiens du savoir islamique, perpétuent un héritage fondé sur l’enseignement, la transmission et la discipline religieuse.

Moment fort de la journée : l’arrivée du sultan, dans une mise en scène spectaculaire. Entouré de sa cavalerie, il parcourt le trajet entre le palais et le site religieux, dans une procession qui mêle histoire, autorité et symbolisme.

 

Entre spiritualité et message national

Au fil des récitations et des prêches, un message s’impose : face aux incertitudes, la cohésion sociale reste une priorité. Les prières, adressées autant aux dirigeants qu’aux citoyens, rappellent que la stabilité du Niger repose aussi sur l’engagement collectif.

Dans cette région du sud-est nigérien, la foi apparaît ainsi comme un levier de résilience. Une manière, pour les populations, de répondre aux défis contemporains en s’appuyant sur des valeurs anciennes. À Zinder, la foi devient un instrument de cohésion et de résilience face aux défis contemporains.

Niger : à Say, religion et politique s’unissent pour la fin du Ramadan

Say, 18 mars 2026 – Dans la cour de la grande mosquée de Say, les voix des fidèles se sont élevées à l’unisson pour clore un mois de dévotion. Mais au-delà de la dimension spirituelle, la cérémonie de fin de lecture du Coran, appelée « Tira Zoumando », a pris cette année une dimension résolument politique.

Au premier rang, Mamoudou Harouna Djingarey, président du Conseil Consultatif de la Refondation, a marqué de sa présence cet événement religieux majeur. À ses côtés, plusieurs figures de l’appareil d’État, dont Boubacar Garantché, ont donné à cette rencontre une portée qui dépasse le cadre cultuel.

Conseil Consultatif de la Refondation du Niger
© Conseil Consultatif de la Refondation du Niger

Religion et gouvernance : une convergence assumée

Dès les premières heures de la cérémonie, un constat s’impose : les autorités nigériennes entendent s’inscrire au cœur des dynamiques religieuses. En effet, la participation massive de responsables civils et militaires, y compris des membres du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie, illustre cette volonté d’ancrer l’action publique dans les valeurs spirituelles.

Parmi eux, le général Ibro Amadou Bacharou et le colonel-major Ahmed Sidien ont renforcé le caractère officiel de l’événement. Une présence remarquée qui traduit aussi la stratégie d’associer stabilité politique et cohésion religieuse.

 

Une mobilisation au-delà du symbole

La cérémonie, organisée dans la région de Tillabéri, a rassemblé une diversité d’acteurs : autorités administratives, leaders coutumiers et religieux, membres du gouvernement, ainsi que des centaines de fidèles. Tous ont convergé vers un objectif commun : prier pour la paix, la sécurité et l’unité nationale.

Le ministre Ali Ben Salah Hamouda et le gouverneur Maina Boukar ont également pris part à cette démonstration collective, soulignant l’importance accordée à la dimension sociale et morale dans la gouvernance actuelle.

Conseil Consultatif de la Refondation du Niger
© Conseil Consultatif de la Refondation du Niger

Un message politique en filigrane

Si les récitations coraniques et les prêches ont rythmé la journée, le message sous-jacent est clair : renforcer le vivre-ensemble à travers les fondements religieux. En participant activement à cette cérémonie, le président du CCR envoie un signal fort sur le rôle central de l’islam dans la consolidation nationale.

Dans un pays confronté à des défis sécuritaires persistants, cette convergence entre foi et pouvoir apparaît comme un levier stratégique. Elle vise aussi à fédérer les populations autour de valeurs communes, tout en légitimant l’action des autorités de transition.

À Say, la fin du Ramadan ne marque pas seulement la clôture d’un mois sacré. Elle devient une tribune où religion et État se croisent, dans une quête affichée de stabilité durable.

Agadez : sécurité renforcée avant l’Aïd El-Fitr

Ce 18 mars 2026, le gouverneur d’Agadez, Ibra Boulama Issa, a convoqué les principaux responsables sécuritaires pour une session stratégique du Conseil Régional de Sécurité (CRS). Dans une région sous haute surveillance, les autorités serrent les rangs et affichent leur détermination face aux menaces persistantes.

 

Une réunion à forte portée opérationnelle

Dès l’ouverture, le ton est donné : efficacité et anticipation en priorité. Réunis au gouvernorat d’Agadez, les acteurs de la sécurité s’inscrivent dans une dynamique de veille constante face aux défis régionaux.

Quatre axes structurent les discussions : d’abord une évaluation sans concession de la situation sécuritaire, ensuite un examen du dispositif de protection de la ville, avec un focus sur les zones sensibles.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

L’Aïd El-Fitr en ligne de mire

Mais c’est surtout la préparation de l’Aïd el-Fitr qui retient l’attention. À l’approche de cette célébration majeure, synonyme de grands rassemblements, les autorités veulent prévenir tout incident.

Ainsi, le gouvernorat renforce les patrouilles, accentue la présence des forces de défense et coordonne les services : les autorités déploient tous les moyens pour garantir des festivités sous contrôle. Elles visent un objectif clair : permettre aux populations de célébrer dans la paix et la sécurité. »

 

Une mobilisation de tous les leviers de l’État

Par ailleurs, les forces de défense et de sécurité, les autorités judiciaires, l’administration territoriale ainsi que les services financiers entouraient le gouverneur lors de cette rencontre. Cette configuration élargie traduit une approche globale de la sécurité, où chaque acteur joue un rôle déterminant.

Le procureur de la République près le tribunal de grande instance d’Agadez a également pris part aux échanges, soulignant l’importance du volet judiciaire dans la gestion des crises.

Au-delà des aspects techniques, cette réunion envoie un signal politique fort : l’État entend garder la maîtrise de la situation dans cette région stratégique. Entre vigilance accrue et coordination renforcée, Agadez se prépare ainsi à conjuguer sécurité et sérénité dans les jours à venir.

Niger – Tensions diplomatiques avec l’Union européenne après une résolution controversée

Niamey, 18 mars 2026 – Dans une atmosphère empreinte de fermeté, les autorités nigériennes ont décidé de franchir un nouveau palier dans leur réaction à la récente position européenne. Quelques jours après la convocation de la représentante de l’Union européenne au Niger, la riposte diplomatique s’est poursuivie ce mercredi par une rencontre stratégique avec les ambassadeurs des pays membres accrédités à Niamey.

Au cœur de cette séquence, le chef de la diplomatie nigérienne, Bakary Yaou Sangaré, a choisi un format collectif pour faire passer un message sans ambiguïté : la désapprobation officielle du Niger face à la résolution adoptée le 12 mars par le Parlement européen.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE

Une protestation calibrée

Plutôt que de multiplier les déclarations publiques, les autorités nigériennes privilégient une approche directe, ciblant les relais diplomatiques des capitales européennes. En réunissant les ambassadeurs, Niamey cherche à s’assurer que les centres de décision à Bruxelles, Paris, Berlin ou encore Madrid recevront son message fidèlement et sans filtre.

Cette stratégie traduit une volonté de reprendre la main dans la narration des relations avec ses partenaires occidentaux. Car au-delà du désaccord ponctuel, c’est bien la nature même du dialogue entre le Niger et l’Union européenne qui semble être interrogée.

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© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE

Un contexte de crispation durable

La résolution européenne, perçue comme une ingérence par les autorités nigériennes, s’inscrit dans un climat déjà tendu entre Niamey et plusieurs partenaires internationaux. Depuis plusieurs mois, les autorités affirment leur souveraineté diplomatique avec davantage de vigueur, quitte à redéfinir les équilibres traditionnels.

Ainsi, la convocation préalable de la chargée d’affaires européenne, Nicolatta Avella, apparaît comme le premier acte d’une séquence diplomatique soigneusement orchestrée. La rencontre de ce 18 mars en constitue la prolongation logique, dans une montée en intensité maîtrisée.

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© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE

Entre fermeté et calcul politique

Ce choix d’une protestation formalisée, mais encore contenue, révèle une ligne de crête : afficher une position ferme sans rompre définitivement les canaux de dialogue. Niamey semble ainsi vouloir peser dans le rapport de force, tout en gardant ouvertes les perspectives de coopération, notamment dans des domaines stratégiques.

En toile de fond, une question demeure : cette séquence marquera-t-elle un simple épisode de tension ou le début d’une reconfiguration plus profonde des relations entre le Niger et ses partenaires européens ?

Niger : à Dogo, le maraîchage booste revenus et sécurité alimentaire

Dans la commune rurale de Dogo, région de Zinder, les champs ne sont plus seulement des étendues de terre : ils sont devenus des espaces d’espoir. Sous un soleil déjà haut, des dizaines de producteurs s’activent, paniers à la main. Ici, la récolte a commencé, et avec elle, une nouvelle dynamique économique et sociale prend forme.

 

Une moisson qui change le quotidien

Dans les périmètres maraîchers d’Arroudawa, Dan Fountoua, Kalgo Tchama et Angoul Gao, les cultures arrivent à maturité. Laitues croquantes, tomates bien rouges, courges généreuses : les produits s’accumulent, témoignant d’une campagne prometteuse.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plusieurs tonnes de légumes ont déjà été récoltées, notamment la laitue et la tomate, qui dominent largement la production. À cela s’ajoutent des cultures complémentaires comme l’oignon, l’oseille ou encore la patate douce. Une diversité qui permet non seulement de varier l’alimentation, mais aussi de mieux répondre à la demande sur les marchés locaux.

Manger mieux, vivre mieux

Mais au-delà des volumes récoltés, c’est le quotidien des habitants qui évolue. Dans les foyers bénéficiaires, les repas sont désormais plus riches et plus équilibrés. Les légumes frais, autrefois rares, occupent aujourd’hui une place centrale dans l’alimentation.

Par ailleurs, une partie importante des récoltes est vendue. Une source de revenus bienvenue pour ces ménages ruraux, qui peuvent ainsi faire face aux dépenses essentielles. Dans un contexte marqué par la vulnérabilité alimentaire, cette autonomie progressive constitue un tournant.

Le maraîchage, moteur de cohésion sociale à Dogo

Autre effet, moins visible mais tout aussi déterminant : le renforcement du lien social. Sur ces sites, les producteurs ne travaillent pas seuls. Ils échangent, s’entraident et partagent leurs expériences.

Au total, 210 ménages bénéficient de ces aménagements, dont une proportion significative de femmes. Ces espaces deviennent ainsi des lieux de solidarité, où se tissent des relations au-delà des activités agricoles. Une dynamique collective qui contribue à apaiser les tensions et à renforcer le vivre-ensemble.

Un partenariat structurant

Derrière cette réussite, un dispositif bien encadré. Les sites maraîchers ont été aménagés grâce au soutien de GIZ, avec l’accompagnement technique de ONG KARKARA, en collaboration avec les services agricoles locaux.

Ce partenariat permet non seulement de financer les infrastructures, mais aussi de former les exploitants aux bonnes pratiques agricoles. Un appui essentiel pour garantir la durabilité des résultats.

Si les premiers résultats sont encourageants, les défis restent nombreux : accès à l’eau, conservation des produits, écoulement sur les marchés. Autant de leviers à renforcer pour pérenniser les acquis.

Car à Dogo, une certitude s’impose déjà : lorsque la terre est valorisée et les producteurs accompagnés, elle devient un puissant moteur de transformation.

Accès aux médias publics au Niger : syndicats et ONC relancent le débat

À Niamey, la question de l’accès équitable aux médias publics refait surface. Ce mardi 17 mars 2026, dans une salle de réunion, l’Observatoire National de la Communication (ONC) a accueilli une délégation de la Coalition des Centrales Syndicales du Niger (CCSN). Une rencontre à forte portée symbolique, mais surtout révélatrice de tensions persistantes autour de la visibilité médiatique des acteurs sociaux.

 

Une visite de courtoisie aux allures de plaidoyer

Officiellement, il s’agissait d’une visite de félicitations adressée à Ibrahim Manzo Diallo, récemment nommé à la tête de l’ONC. Mais derrière les mots protocolaires, le message des syndicats était clair : l’accès aux médias publics reste un défi concret.

Face au président de l’institution, entouré de ses proches collaborateurs et de la direction de la communication, les représentants syndicaux ont exprimé leurs préoccupations. En ligne de mire : la difficulté à faire couvrir leurs activités, souvent reléguées au second plan dans l’agenda médiatique national.

 

Médias publics : entre réglementation et réalités du terrain

Dans sa réponse, le président de l’ONC a rappelé le cadre juridique qui régit l’accès aux médias d’État. Il s’est appuyé notamment sur un texte de référence adopté en 2013, qui fixe les règles du jeu pour les citoyens, les organisations et les partis politiques.

Cependant, au-delà de cette base réglementaire, une question demeure : ces dispositions sont-elles réellement appliquées de manière équitable ?

Car sur le terrain, les syndicats dénoncent une visibilité inégale, voire insuffisante, de leurs actions. Une situation qui pose la problématique plus large de l’équilibre de traitement entre les différents acteurs de la vie publique.

 

Transparence et équité : des engagements attendus

Face à ces préoccupations, l’ONC se veut rassurant. Son président a réaffirmé la volonté de l’institution de garantir un accès juste et transparent aux médias publics, en conformité avec ses missions de régulation.

Un engagement qui, pour les organisations syndicales, devra désormais se traduire en actes concrets. Car au-delà des déclarations, c’est bien la pratique quotidienne des médias publics qui est scrutée.

 

Un dialogue qui en appelle d’autres

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique d’ouverture affichée par l’ONC. En multipliant les échanges avec les acteurs sociaux, l’institution cherche à renforcer la confiance et à apaiser les frustrations.

Mais une interrogation persiste : ce dialogue suffira-t-il à corriger les déséquilibres dénoncés ?

Dans un contexte où l’information reste un levier de pouvoir et d’influence, l’accès aux médias publics ne relève pas seulement d’un droit administratif. Il constitue un enjeu démocratique majeur.