Niamey, le 2 juillet 2026 – Le Colonel Boubacar Soumana Garanké, Administrateur Délégué de la Ville de Niamey, a accueilli ce mercredi Son Excellence Roberto Orlando, Ambassadeur de la République d’Italie auprès du Niger, pour une audience officielle. Cette rencontre s’inscrit dans une volonté commune de consolider les relations bilatérales entre les deux pays, tout en explorant de nouvelles pistes de collaboration dans des secteurs clés pour la capitale nigérienne.
La visite de l’Ambassadeur italien a marqué une étape majeure dans le renforcement des liens d’amitié et de coopération entre le Niger et l’Italie. Les discussions ont principalement porté sur des projets visant à améliorer le développement urbain durable, la gouvernance locale et la résilience des infrastructures à Niamey.
Les deux parties ont souligné l’importance de partager des expertises et de mettre en œuvre des initiatives innovantes pour répondre aux défis auxquels fait face la capitale nigérienne. Par ailleurs, l’accent a été mis sur des solutions adaptées aux besoins des populations locales, avec une approche collaborative et inclusive.
Cette audience a également été l’occasion pour la Ville de Niamey de réaffirmer son engagement en faveur d’une diplomatie municipale active. En développant des partenariats stratégiques avec des représentations diplomatiques et des institutions internationales, la capitale nigérienne cherche à positionner Niamey comme un acteur clé dans les dynamiques de coopération régionale et internationale.
Le Colonel Boubacar Soumana Garanké a insisté sur la nécessité de multiplier les échanges et de créer des synergies entre les acteurs locaux et les partenaires italiens, afin de concrétiser des projets porteurs de développement économique et social.
Des perspectives prometteuses
Les échanges entre les deux délégations ont permis de définir des axes prioritaires pour les mois à venir, s’inscrivant dans une dynamique de réponse concrète aux défis climatiques et démographiques actuels. Parmi les pistes évoquées figurent :
Le soutien technique et financier pour des projets d’urbanisme durable : un levier indispensable pour structurer l’expansion rapide de la capitale tout en intégrant des normes écologiques modernes ;
La formation des cadres municipaux dans les domaines de la gestion urbaine et de la résilience climatique : un axe ciblé pour renforcer l’expertise locale, garantir ainsi l’autonomie des équipes et pérenniser les investissements face aux chocs environnementaux ;
La création de plateformes d’échange pour faciliter le transfert de connaissances et de bonnes pratiques : une démarche qui permettra également de capitaliser sur les expertises mutuelles et d’adapter les innovations italiennes aux réalités du terrain nigérien.
Cette rencontre s’achève sur une volonté partagée de transformer ces orientations stratégiques en actions concrètes. Par ailleurs, ce partenariat ambitionne d’améliorer visiblement le quotidien et le cadre de vie des habitants de Niamey, tout en insufflant une nouvelle dynamique à la coopération bilatérale entre le Niger et l’Italie.
Le gouvernement burkinabè a présidé, ce jeudi 2 juillet 2026 au Mémorial Thomas Sankara, la neuvième cérémonie militaire dédiée au père de la Révolution démocratique et populaire et à ses douze compagnons, sous la conduite du ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nacanabo.
Le Mémorial Thomas Sankara a accueilli, ce jeudi, la neuvième édition du cérémonial militaire d’hommage institué par les autorités de la Transition pour honorer la mémoire du capitaine Thomas Sankara et de ses douze compagnons, tombés le 15 octobre 1987 sur le site même du Conseil de l’Entente. Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nacanabo, a présidé la cérémonie, entouré du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, ainsi que du président de l’Institut des Peuples Noirs (IPN-Farafina), Appolinaire Kyelem de Tambèla.
Ont également pris part au recueillement des membres du Conseil de l’Institut IPN-Farafina et plusieurs adeptes des valeurs portées par la Révolution démocratique et populaire, dont la Révolution progressiste populaire actuelle revendique l’héritage direct.
Un rituel institué pour perpétuer le flambeau révolutionnaire
Ce cérémonial, organisé chaque premier jeudi du mois depuis son instauration par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, s’inscrit dans une démarche de continuité historique. Il vise à perpétuer la mémoire de l’illustre disparu et à maintenir vivant le flambeau de la Révolution, dont l’ambition demeure la libération des masses populaires des chaînes de l’oppression et l’épanouissement des couches laborieuses, présentées par les autorités comme l’un des piliers de l’économie nationale.
En présidant cet exercice devenu, mois après mois, un rendez-vous gouvernemental régulier, Aboubacar Nacanabo inscrit son département ainsi que l’ensemble des serviteurs de l’État dans la dynamique de perpétuation des valeurs de patriotisme, d’engagement, de probité et de vertu associées à la figure de Thomas Sankara.
Un hommage rendu dans un contexte de mobilisation des ressources
La cérémonie intervient dans un contexte national marqué par un besoin accru de recettes publiques, indispensables pour permettre à la Révolution progressiste populaire d’atteindre ses objectifs. Les autorités de la Transition placent en priorité la poursuite de la lutte antiterroriste, à travers la dotation continue des forces combattantes en matériels militaires adéquats, ainsi que la mise en œuvre des projets phares du développement national.
La présence du ministre de l’Économie et des Finances à la tête de ce recueillement traduit ainsi la volonté du gouvernement d’associer l’exigence budgétaire à la charge symbolique du devoir de mémoire, dans un pays où la figure de Sankara demeure un référent central du discours officiel.
Depuis son lancement, ce rituel d’hommage militaire a été présidé tour à tour par différents membres du gouvernement, illustrant la volonté des autorités de la Transition d’en faire un rendez-vous collectif plutôt qu’un exercice protocolaire isolé. Les précédentes éditions ont notamment réuni gouverneurs de région, responsables ministériels et représentants diplomatiques, confirmant l’ancrage de ce cérémonial dans l’agenda institutionnel burkinabè. Rendez-vous pour la prochaine édition de ce cérémonial d’hommage au début du mois d’août, selon le rythme mensuel désormais établi par les autorités burkinabè autour de la mémoire du père de la Révolution.
Le ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information vient de publier un texte réglementaire majeur pour encadrer l’activité des points de connexion internet partagés, communément appelés « Wi-Fi Zone ».Entre interdiction des pylônes, obligation de déclaration et mise en place de redevances annuelles, le gouvernement nigérien dote enfin ce secteur en pleine expansion d’un cadre réglementaire destiné à mieux encadrer son développement et à renforcer la sécurité des communications électroniques.
Depuis plusieurs années, les bornes « Wi-Fi Zone » privées se multiplient dans les quartiers nigériens, où elles se sont imposées comme une alternative économique pour l’accès à Internet. Mais cette prolifération s’effectuait jusqu’ici dans un flou juridique total. Par l’arrêté n° 000034, signé le 30 juin 2026 par le ministre Adji Ali Salatou, le gouvernement nigérien met en place un cadre strict pour réguler l’exploitation de ces services sur l’ensemble du territoire national.
Obligation de déclaration et traçabilité des utilisateurs
Désormais, l’activité des « Wi-Fi Zone » quitte la zone grise de l’informel. Bien qu’elle reste classée dans la catégorie des activités d’entrée libre, elle est désormais soumise à une déclaration préalable auprès de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP).
Le texte impose également une plus grande transparence technique. Afin d’éviter que ces points d’accès ne deviennent des zones d’anonymat sur le réseau, les fournisseurs de services devront s’assurer que chaque point d’accès mis à la disposition du public offre un accès individuel à chaque utilisateur. De plus, le nombre maximal de points de vente autorisés par fournisseur ne peut désormais excéder cinq.
Les pylônes et amplificateurs de signal strictement interdits
C’est l’une des mesures phares de cette nouvelle réglementation, qui risque de bousculer les habitudes de nombreux gestionnaires de réseaux de quartier : l’implantation de pylônes et l’utilisation d’amplificateurs de signal en vue de fournir des services « Wi-Fi Zone » sont désormais formellement interdites.
Selon les autorités, cette décision vise à prévenir le piratage des fréquences, à limiter les interférences avec les opérateurs de télécommunications et à garantir que l’extension de la couverture Internet s’effectue dans le respect des normes techniques et d’urbanisme.
Le barème des redevances annuelles
Pour régulariser leur activité, les exploitants devront s’acquitter de frais d’étude de dossier non remboursables de 50 000 francs CFA hors taxes, ainsi que d’une redevance annuelle hors taxes, dont le montant varie selon la localisation géographique de l’activité :
Localité
Redevance annuelle (HT)
Niamey
200 000 FCFA
Chefs-lieux de région
150 000 FCFA
Chefs-lieux de département
100 000 FCFA
Autres localités
50 000 FCFA
Trois mois pour se mettre en règle
Conscient de l’impact de cette mesure sur les petits entrepreneurs, le ministère a prévu une période de transition. Les fournisseurs qui exerçaient déjà cette activité avant la signature de l’arrêté disposent d’un délai de trois mois pour se conformer aux nouvelles exigences et déposer leur dossier, sous peine de sanctions. Par ailleurs, l’ARCEP effectuera des contrôles réguliers afin de veiller au respect des dispositions prévues par le texte.
Cette réglementation marque une nouvelle étape dans la structuration du marché de l’Internet de proximité au Niger. En encadrant une activité jusqu’ici peu réglementée, les autorités cherchent à concilier développement du numérique, respect des normes techniques et protection des usagers.
Pour de nombreux jeunes entrepreneurs qui vivent de cette activité, ces nouvelles obligations représenteront un coût supplémentaire. Elles devraient toutefois contribuer à professionnaliser un secteur devenu incontournable dans l’accès à Internet dans plusieurs villes du pays.
Face à la saison des pluies, le gouvernement nigérien accélère les préparatifs pour limiter les dégâts sur les infrastructures routières. En visite au Centre de Perfectionnement des Travaux Publics (CPTP) et au Laboratoire National des Travaux Publics et du Bâtiment (LNTP/B), le Colonel Major Salissou Mahaman Salissou a appelé les agents à une mobilisation totale afin de garantir la sécurité des usagers et la continuité du réseau routier.
Niamey, 2 juillet 2026 – À l’approche des fortes précipitations, le gouvernement nigérien intensifie sa stratégie de prévention contre les dégradations des infrastructures routières. Le ministre de l’Équipement et des Infrastructures, le Colonel Major Salissou Mahaman Salissou, a effectué, ce jeudi 2 juillet, une visite au Centre de Perfectionnement des Travaux Publics (CPTP) et au Laboratoire National des Travaux Publics et du Bâtiment (LNTP/B), deux structures techniques placées au cœur du dispositif de gestion de la saison hivernale.
Cette tournée s’inscrit dans une démarche de mobilisation de l’ensemble des services relevant du ministère afin d’assurer une réponse rapide, coordonnée et efficace face aux risques que les intempéries font peser sur le réseau routier national.
Une mobilisation préventive avant les fortes précipitations
Au cours de ses échanges avec les agents des deux institutions, le ministre a salué leur engagement et rappelé l’importance de leur mission dans un contexte où les infrastructures sont soumises à de fortes contraintes. Il les a invités à maintenir un haut niveau de disponibilité et de professionnalisme pour accompagner les actions engagées par les autorités en faveur de la protection des routes et de la sécurité des usagers.
Le CPTP et le LNTP/B, deux piliers du dispositif national
Le CPTP joue un rôle déterminant dans le renforcement des compétences des professionnels des travaux publics, tandis que le LNTP/B apporte son expertise en matière de contrôle de la qualité des matériaux, d’évaluation des ouvrages et d’assistance technique. Deux missions complémentaires qui constituent un levier essentiel pour améliorer la résilience des infrastructures face aux aléas climatiques.
À travers cette visite de terrain, le ministère entend également renforcer la coordination entre ses différentes structures opérationnelles afin de limiter les impacts des pluies sur la circulation et d’assurer la continuité du trafic sur les principaux axes du pays.
En somme, cette mobilisation traduit la volonté des autorités nigériennes d’anticiper les conséquences de la saison des pluies en privilégiant une approche préventive. L’objectif affiché est de préserver la praticabilité, la sécurité et la durabilité du réseau routier national, tout en garantissant de meilleures conditions de déplacement aux populations.
Face à la volonté affichée du Burkina Faso, du Mali et du Niger de quitter le Statut de Rome, la Cour pénale internationale multiplie les appels à la retenue. Dans une déclaration officielle, la présidence de l’Assemblée des États parties invite les trois pays de l’Alliance des États du Sahel à reconsidérer leur décision, tout en rappelant que certaines obligations juridiques subsistent malgré un éventuel retrait.
LA Haye, 1ᵉʳ juillet 2026 – La Cour pénale internationale (CPI) cherche à éviter une nouvelle rupture avec plusieurs États africains. Dans une déclaration rendue publique, la présidence de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome a exhorté le Burkina Faso, le Mali et le Niger à renoncer à leur projet de retrait de la juridiction internationale.
Le texte, signé par la présidente de l’Assemblée, Päivi Kaukoranta, ainsi que par les vice-présidents Margareta Kassangana et Michael Kanu, exprime les inquiétudes de l’organe de gouvernance de la CPI face aux démarches entreprises par les trois membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Selon la présidence, un retrait des trois pays constituerait un revers pour les efforts internationaux visant à lutter contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves et affaiblirait le cadre multilatéral de la justice pénale internationale.
Une invitation à poursuivre le dialogue
Au-delà de cet appel, la présidence de l’Assemblée privilégie une approche diplomatique. Elle encourage les autorités du Burkina Faso, du Mali et du Niger à poursuivre les échanges au sein des instances prévues par le Statut de Rome plutôt qu’à rompre avec le système institué par le traité.
Le communiqué rappelle également un principe juridique essentiel : le retrait du Statut de Rome ne met pas automatiquement fin aux obligations contractées pendant la période où un État était partie au traité. Les engagements liés aux procédures déjà engagées ou aux obligations nées avant l’entrée en vigueur du retrait demeurent applicables conformément aux dispositions du Statut.
Un nouvel épisode des tensions entre l’AES et les institutions internationales
Cette prise de position intervient dans un contexte de redéfinition des relations entre les États de l’AES et plusieurs organisations internationales. Depuis leur rapprochement politique et sécuritaire, le Burkina Faso, le Mali et le Niger revendiquent une autonomie accrue dans la conduite de leurs politiques de défense, de sécurité et de coopération internationale.
Le projet de retrait du Statut de Rome s’inscrit dans cette dynamique plus large de réaffirmation de la souveraineté des trois pays, qui contestent régulièrement le fonctionnement de certaines institutions multilatérales.
Pour la CPI, l’enjeu dépasse désormais le seul cadre juridique. Il s’agit aussi de préserver le dialogue avec trois États confrontés à des défis sécuritaires majeurs, tout en maintenant les mécanismes de coopération indispensables à la lutte contre les crimes internationaux.
L’évolution de ce dossier dépendra désormais de la position définitive que prendront les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ainsi que des échanges qui pourraient encore intervenir entre les parties avant l’échéance prévue par les procédures de retrait.
À l’heure où le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad affrontent simultanément des défis sécuritaires, économiques et climatiques, la Banque mondiale renouvelle son dispositif régional. En nommant Nicola Pontara à la tête de sa division Sahel, l’institution mise sur un spécialiste des États fragiles pour piloter près de 15 milliards de dollars d’engagements.
La Banque mondiale ouvre une nouvelle séquence de son action au Sahel. Elle a annoncé, ce mercredi 1ᵉʳ juillet 2026, la nomination de l’économiste italien Nicola Pontara au poste de directeur de division pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad.
Basé à Bamako, il aura la responsabilité de superviser un portefeuille d’environ 15 milliards de dollars destiné à accompagner les politiques de développement dans ces quatre pays confrontés à des crises sécuritaires persistantes, aux effets du changement climatique et à de fortes pressions sur l’emploi.
Par ailleurs, Nicola Pontara sera chargé de conduire le dialogue stratégique avec les gouvernements, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé ainsi que les organisations de la société civile. L’objectif affiché consiste à renforcer la coordination des interventions de la Banque mondiale autour des nouvelles priorités nationales.
L’emploi au cœur de la stratégie
À travers cette nomination, la Banque mondiale réaffirme sa volonté de faire de la création d’emplois le principal moteur de son action dans la région. L’institution entend soutenir des investissements dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la connectivité numérique et le développement du capital humain afin de favoriser une croissance plus inclusive.
Cette démarche s’aligne sur les nouveaux Cadres de partenariat pays, qui serviront de boussole pour orienter l’enveloppe financière de l’institution au cours des prochaines années. Ces programmes ambitionnent également d’améliorer la résilience des économies sahéliennes face aux chocs climatiques et aux fragilités structurelles.
Un spécialiste des États fragiles
Le choix de Nicola Pontara reflète le profil recherché par l’institution. Entré à la Banque mondiale en 2000 dans le cadre du programme Young Professionals, il a exercé des responsabilités en Afrique, en Amérique latine, en Asie et en Europe.
Spécialiste des États affectés par les conflits, il a notamment dirigé le bureau de la Banque mondiale au Soudan du Sud et contribué à la création du Centre sur les conflits, la sécurité et le développement de Nairobi. Son parcours l’a également conduit à occuper des fonctions de direction en Bolivie, au Laos et en Serbie.
Nicola Pontara, économiste de formation et titulaire d’un doctorat de la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’Université de Londres, a également publié plusieurs travaux consacrés à la pauvreté, à la gestion des ressources naturelles et aux politiques de développement.
En prenant ses fonctions à Bamako, il hérite d’une mission stratégique : accompagner quatre pays dont les besoins de financement demeurent considérables, dans un contexte où les partenaires internationaux cherchent à concilier soutien au développement, création d’emplois et renforcement de la résilience face aux crises multiples qui traversent le Sahel.
Invité de l’émission « Grand Entretien », le ministre du Commerce et de l’Industrie a défendu les réformes engagées depuis son arrivée au gouvernement. Un exercice qui met en lumière la trajectoire singulière d’un ancien leader de la société civile devenu l’un des principaux artisans de la politique économique de la transition.
Niamey, 1ᵉʳ juillet 2026 – Il y a encore quelques années, Abdoulaye Seydou occupait les tribunes des mouvements citoyens. Aujourd’hui, c’est depuis les bancs du gouvernement qu’il expose sa vision des réformes économiques. Invité, mardi 30 juin, de l’émission Grand Entretien, le ministre du Commerce et de l’Industrie a présenté les principales mesures mises en œuvre depuis sa nomination, dans un contexte où les autorités de transition font de la souveraineté économique l’un des piliers de leur action.
L’exercice revêt une portée particulière tant le parcours de l’intéressé tranche avec celui de nombreux responsables gouvernementaux. Figure du militantisme estudiantin à l’Université Abdou Moumouni, Abdoulaye Seydou s’est ensuite imposé comme un acteur de la contestation politique avant de fonder, en août 2022, le Mouvement M62, devenu l’une des principales plateformes de mobilisation contre la présence militaire étrangère au Niger et contre la gouvernance du régime précédent.
Son engagement lui avait notamment valu une condamnation à neuf mois d’emprisonnement prononcée en avril 2023 par le Tribunal de grande instance hors classe de Niamey, une décision que ses soutiens avaient alors dénoncée comme politiquement motivée.
Une feuille de route axée sur la souveraineté économique
Depuis son entrée au gouvernement, Abdoulaye Seydou s’est vu confier un portefeuille stratégique au cœur des priorités affichées par les autorités de transition. Lors de son intervention télévisée, il a défendu un ensemble de réformes qu’il présente comme les fondements d’une transformation durable du secteur commercial et industriel.
Parmi les mesures mises en avant figurent l’adoption de plusieurs textes législatifs destinés à réorganiser le secteur, les restrictions sur certaines importations de produits alimentaires disponibles localement, la suspension temporaire des exportations de bétail à l’approche de la Tabaski afin de préserver l’approvisionnement du marché national, ainsi que des actions visant à mieux encadrer les prix de produits de grande consommation tels que le ciment ou le gaz domestique.
Le ministre a également évoqué les efforts engagés pour améliorer la qualité de la production boulangère et soutenir le développement industriel, autant de chantiers que le gouvernement présente comme des leviers de souveraineté économique.
D’un discours militant à l’exercice du pouvoir
Au-delà du contenu des réformes, cette intervention marque une évolution dans le parcours d’Abdoulaye Seydou. Ancien acteur de la contestation, il est désormais confronté à l’épreuve de la gestion publique, où les résultats attendus se mesurent moins aux discours qu’à leur impact sur le quotidien des populations.
Cette transition illustre plus largement la mutation d’une partie des figures issues de la société civile nigérienne, passées de la dénonciation des politiques publiques à leur mise en œuvre.
À travers cette prise de parole, le ministre a cherché à démontrer que les ambitions affichées par les autorités de transition peuvent se traduire par des réformes concrètes. Reste désormais à savoir si ces mesures produiront, à moyen terme, les effets attendus sur le pouvoir d’achat, la compétitivité de l’économie et le développement du tissu industriel nigérien.
Dans un Sahel en pleine reconfiguration géopolitique, les alliances ne se nouent plus uniquement autour des enjeux de sécurité militaire, mais aussi autour des urgences vitales. L’accès à l’eau s’impose désormais comme l’un des principaux défis sécuritaires et de développement de la région.
Ce mardi 30 juin 2026, le Palais de la République à Niamey a été le théâtre d’un ballet diplomatique hautement symbolique. Le Président du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a accordé une audience à Fatime Aldjineh Garfa, ministre déléguée tchadienne chargée de l’Intégration africaine et envoyée spéciale du Président du Tchad.
Au-delà des civilités d’usage, cette rencontre portait un objectif stratégique lourd de sens : poser les jalons d’un front commun entre le Niger et le Tchad face au stress hydrique qui frappe de plein fouet la bande saharienne.
L’émissaire tchadienne était porteuse d’une invitation officielle du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno invitant le chef de l’État nigérien à participer à la Conférence internationale sur l’eau, qui se tiendra à N’Djamena les 15 et 16 juillet 2026.
Si la rencontre de Niamey s’est déroulée en présence de l’état-major diplomatique nigérien — notamment le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré, le Directeur de cabinet et porte-parole du gouvernement Dr Soumana Boubacar, et le conseiller stratégique Illo Adani —, c’est que les enjeux dépassent le simple cadre protocolaire.
Confrontés à l’avancée du désert, à l’assèchement progressif des points d’eau pastoraux et aux tensions communautaires liées à l’accès aux ressources, le Niger et le Tchad ont acté une décision majeure : parler d’une seule et unique voix lors des prochaines échéances internationales.
L’hydropolitique, nouvelle arme de plaidoyer du Sahel
En choisissant de faire cause commune sur la gestion de l’eau, Niamey et N’Djamena changent de paradigme. Longtemps perçus par la communauté internationale à travers le seul prisme des crises sécuritaires, les deux États pivots du Sahel central entendent démontrer que la stabilité de la région passe d’abord par la résilience climatique.
Cette stratégie de l’Union sacrée autour de l’eau poursuit trois objectifs implicites :
Capter les financements climatiques mondiaux : en unissant leurs voix, les deux pays pèsent plus lourd face aux bailleurs de fonds internationaux (Banque mondiale, BAD, fonds verts) pour financer de grands projets d’infrastructures hydrauliques et d’irrigation.
Anticiper les conflits locaux : l’accès à l’eau est le premier déclencheur des conflits intercommunautaires entre éleveurs et agriculteurs au Sahel. Une gestion concertée des bassins partagés (comme le bassin du lac Tchad) est un gage de paix intérieure.
Affirmer une souveraineté environnementale : face aux agendas dictés par l’extérieur, les chefs d’État sahéliens veulent imposer leurs propres priorités et rappeler que la crise de l’eau au Sahel est une urgence humanitaire globale.
Alors que la Conférence de mi-juillet approche, les lignes bougent. En réaffirmant la solidité de leurs liens fraternels à travers le prisme de l’environnement, le Niger et le Tchad rappellent au reste du monde que dans le désert sahélien, la paix se mesurera d’abord à la sécurité de ses sources d’eau.
Niamey, 30 juin 2026 — L’Université Abdou Moumouni de Niamey accueille depuis lundi 29 juin la 6ᵉ édition des Jeux universitaires, une semaine de compétitions sportives, artistiques et culturelles qui réunit des étudiants venus des universités publiques du Niger et de plusieurs grandes écoles du pays. La cérémonie d’ouverture s’est tenue au stade municipal, en présence de plusieurs membres du gouvernement et des responsables du secteur de l’enseignement supérieur.
Placée sous le thème « La jeunesse estudiantine, fer de lance de la lutte pour la souveraineté, la paix et la cohésion sociale », cette édition entend dépasser le seul cadre du sport pour s’inscrire dans un message politique et civique adressé à la jeunesse. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation technologique, Pr Mamadou Saidou, a présenté les universiades comme un espace de brassage, de dialogue interculturel et de consolidation de l’unité nationale.
Discours institutionnels et mise en garde sur les réseaux sociaux
Les prises de parole ont donné à l’ouverture une dimension institutionnelle affirmée. Le comité local d’organisation a retracé le chemin parcouru jusqu’à l’accueil des jeux à Niamey, tandis que l’Union des scolaires nigériens a appelé les étudiants à l’engagement dans la refondation en cours, en saluant au passage les efforts du ministère pour la normalisation du calendrier académique et la relance des compétitions universitaires.
Le gouverneur de la région de Niamey a, de son côté, salué le choix porté sur sa région, tout en invitant la jeunesse à faire preuve de discernement dans l’usage des réseaux sociaux face à la désinformation. Cette mise en garde a inscrit la cérémonie dans un contexte plus large de bataille de l’information et de construction du récit national.
Compétitions sportives, artistiques et culturelles
Par ailleurs, l’événement rassemble du 29 juin au 5 juillet des délégations issues des universités publiques, de l’Université islamique du Niger et de plusieurs grandes écoles, dont l’ESCEP, l’EMIG et l’INJS. Les épreuves annoncées mêlent disciplines sportives, prestations artistiques et activités culturelles, avec l’objectif affiché de faire des campus un lieu de rencontre autant que de compétition.
Le président de la FENISU-GE, Professeur Zibo Garba, a remercié les autorités et les partenaires pour leur appui matériel et logistique, soulignant que la tenue des jeux traduit un effort collectif autour de la jeunesse universitaire. Dans la même logique, les organisateurs veulent faire de ces universiades un marqueur de reprise et de normalisation de la vie académique.
Un rendez-vous pour la cohésion et la souveraineté
Pour le ministre Mamadou Saidou, ces jeux incarnent une vision plus large : celle d’une jeunesse appelée à contribuer à la souveraineté, à la paix et à la cohésion sociale. Dans un pays confronté à des tensions sécuritaires et à des défis de gouvernance, le choix du sport universitaire comme espace de mobilisation n’a rien d’anodin.
La cérémonie s’est déroulée en présence des ministres en charge de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, ainsi que du Commerce et de l’Industrie, des recteurs, des directeurs des CROU et de plusieurs responsables administratifs et universitaires. À Niamey, les Universiades 2026 s’ouvrent donc comme un événement sportif, mais aussi comme une scène symbolique où l’État cherche à parler à sa jeunesse.
Le directeur de publication du quotidien privé L’Enquêteur a été arrêté par les forces de sécurité dans la capitale. En l’absence de motifs officiels, les professionnels des médias retiennent leur souffle.
NIAMEY, 29 juin 2026 – L’inquiétude grandit au sein de la communauté des médias au Niger. Soumana Idrissa Maïga, figure bien connue du paysage médiatique local et directeur de publication du journal L’Enquêteur, a été interpellé à Niamey par les forces de sécurité.
L’information, confirmée par plusieurs sources concordantes, s’est rapidement propagée dans la capitale, relançant les débats sur l’exercice du métier de journaliste dans la sous-région.
L’ombre du flou procédural
À l’heure actuelle, le plus grand flou entoure les circonstances exactes et les raisons de cette arrestation. Les autorités policières et judiciaires n’ont communiqué aucun motif officiel pour justifier cette privation de liberté. Les proches du journaliste, tout comme la rédaction de L’Enquêteur, attendent toujours des clarifications sur les accusations portées contre lui.
Face à cette situation, les organisations de défense des journalistes et les plateformes d’information régionales observent une prudence rigoureuse. C’est pour cela que le Journal du Niger a choisi de s’en tenir strictement aux faits établis en attendant les versions officielles de la justice ou des avocats de la défense.
Un précédent en avril 2024
Cette nouvelle interpellation intervient deux ans après une première procédure judiciaire visant le journaliste. En avril 2024, la Police judiciaire avait arrêté Soumana Idrissa Maïga après la publication d’un article évoquant l’installation présumée d’équipements d’écoute par des agents russes dans des bâtiments officiels nigériens.
Après quatre jours de garde à vue, la justice l’avait placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Niamey pour « atteinte à la défense nationale », un chef d’accusation passible de dix ans d’emprisonnement. À l’époque, Reporters sans frontières (RSF) avait dénoncé une détention qu’elle qualifiait d’arbitraire et avait demandé l’abandon des poursuites. Quelques semaines plus tard, la justice lui avait finalement accordé une liberté provisoire.
Une liberté de la presse sous pression
Plus largement, le contexte de la liberté de la presse au Niger s’est considérablement dégradé depuis le coup d’État militaire du 26 juillet 2023. Dans son classement mondial publié en avril 2026, RSF classe le Niger au 120ᵉ rang, soit la plus forte baisse enregistrée cette année avec un recul de 37 places.
L’organisation estime que les autorités de la transition restreignent progressivement l’espace médiatique au nom de la sécurité nationale, contribuant ainsi à faire du Sahel l’une des régions les plus difficiles pour l’exercice du journalisme indépendant.
La rédaction continuera de suivre l’évolution de cette situation et mettra à jour cet article dès que des informations officielles et vérifiables seront disponibles.