Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 3 sur 252

Niger : lancement du concours d’entrée à l’IFD de Benslimane

NIAMEY, 22 avril 2026 Dans les couloirs de l’École supérieure de contrôle et d’économie des professions (ESCEP) de Niamey, l’atmosphère était à la fois solennelle et studieuse ce mercredi 22 avril 2026. Sous la supervision directe du Colonel Mohamed Yacouba Siddo, Directeur général des douanes, le coup d’envoi du concours professionnel pour l’entrée à l’Institut de formation douanière (IFD) de Benslimane, au Maroc, a été officiellement donné.

Ce concours, devenu un rendez‑vous incontournable pour les cadres de l’administration douanière nigérienne, s’inscrit dans la stratégie de montée en compétences et de coopération Sud‑Sud. Ainsi, l’enjeu est de taille : seuls trois élus auront le privilège d’intégrer l’académie marocaine pour le cycle académique 2026‑2027.

Direction Générale des Douanes Nigériennes
© Direction Générale des Douanes Nigériennes

Un filtre rigoureux pour une élite douanière

La sélection ne laisse aucune place au hasard. En effet, pour départager les postulants, les examinateurs ont misé sur deux épreuves décisives :

  • La culture générale, destinée à évaluer l’ouverture d’esprit et la compréhension des enjeux contemporains.
  • La culture douanière, pour tester la maîtrise technique et réglementaire des agents en situation professionnelle.

En se rendant sur les lieux, le Colonel Mohamed Yacouba Siddo a tenu à rappeler que l’accès à cet institut de renommée internationale est une récompense du mérite. Après avoir prodigué ses ultimes recommandations, il a encouragé les candidats à donner le meilleur d’eux‑mêmes, soulignant que la complexité croissante des échanges commerciaux mondiaux impose au Niger de disposer de cadres capables d’allier rigueur administrative et innovation technologique.

Direction Générale des Douanes Nigériennes
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Le Maroc, partenaire stratégique de la formation

Le choix de l’IFD de Benslimane n’est pas anodin. Par ailleurs, véritable pôle d’excellence sur le continent, l’institut marocain forme chaque année les piliers des douanes africaines. Pour le Niger, envoyer ses agents dans ce centre de formation est une manière de s’aligner sur les standards internationaux en matière de surveillance des frontières et de mobilisation des recettes publiques.

Le Directeur général a personnellement veillé au bon déroulement des épreuves, souhaitant une chance égale à tous les postulants. En définitive, même si le nombre de places reste limité, l’administration douanière veut transformer cette saine émulation en moteur de progression pour l’ensemble du corps, alors que les réformes structurelles de l’État nigérien exigent une vigilance accrue aux cordons douaniers.

Au‑delà du concours, cette coopération entre Niamey et Rabat témoigne aussi de la vitalité des échanges académiques entre les deux nations, unies par la volonté de moderniser les administrations publiques face aux défis du commerce transfrontalier.

Niger : 1 133 accidents en mars 2026, un bilan alarmant

NIAMEY, 22 avril 2026 En mars 2026, les routes nigériennes ont fauché 32 vies et grièvement blessé 192 personnes. La Police nationale a recensé 1 133 accidents en seulement 31 jours, soit une hausse de 3,18 % par rapport à février. Ainsi, ce bilan dramatique met en lumière l’insécurité routière qui ronge le pays et brise des familles chaque jour.

Avec 1 133 collisions recensées sur l’ensemble du territoire, les statistiques affichent une progression inquiétante de 3,18 % par rapport au mois de février. Dans ce contexte de modernisation du pays, la route reste un défi majeur. Derrière cette froide arithmétique se cache une réalité sociale dévastatrice : des familles brisées et une pression accrue sur les services d’urgence.

 

Niamey, épicentre de la crise

La géographie du risque révèle de profondes disparités régionales. Sans surprise, la capitale Niamey se positionne comme la zone la plus anxiogène avec 731 accidents, soit près de deux tiers des cas nationaux. Par ailleurs, elle est suivie par les régions de Tahoua (98 cas), Maradi (83) et Zinder (81). À l’autre extrémité du spectre, la région de Diffa apparaît comme une oasis de relative sécurité avec seulement 5 incidents signalés.

Qu’ils soient conducteurs (392 victimes), passagers (299) ou simples piétons (187), aucun usager de la route n’échappe à la menace. La vulnérabilité des marcheurs, souvent les plus démunis face à la violence des chocs, reste un point particulièrement préoccupant pour les autorités.

 

Le « choix » de l’imprudence

L’analyse des causes de ces tragédies est sans appel : la fatalité n’a que peu de place dans les rapports de police. Dans près d’un cas sur deux (49,33 %), les comportements humains provoquent directement les accidents. Le bilan pointe du doigt un triptyque mortel :

  • L’imprudence caractérisée (559 cas) ;
  • Le mépris des priorités (284 cas) ;
  • L’excès de vitesse et l’inattention (254 cas).

« L’imprudence n’est pas une fatalité, c’est un choix », martèle la Police nationale dans son communiqué. Respecter le code de la route, c’est sauver des vies, rappellent les forces de l’ordre.

 

Un appel à la conscience collective

Face à ce constat, les forces de l’ordre en appellent à un sursaut citoyen. Plus qu’une simple obligation réglementaire, le respect du Code de la route est érigé en acte de patriotisme.

Pour tenter d’enrayer cette spirale, la Police nationale multiplie les messages de prévention, rappelant que « mieux vaut arriver tard que jamais ». En effet, la Police nationale présente la modération de la vitesse et la vigilance constante comme les uniques remparts contre la mort sur l’asphalte.

En publiant ces chiffres, les autorités espèrent provoquer un choc psychologique chez les usagers. À l’heure où le pays se modernise, la route ne doit plus être ce lieu où le destin s’arrête brutalement par manque de discipline. Ainsi, pour toute urgence ou signalement, les numéros verts 17 et 8383 restent à la disposition des citoyens.

Toutefois, une question demeure : la société nigérienne est‑elle prête à transformer ses habitudes pour que la route cesse d’être un piège mortel ?

Niger : Bilan record de 9 289 arrestations pour trafic de drogue

NIAMEY, 22 avril 2026 Dans un pays carrefour, au cœur des routes sahéliennes, la lutte contre le narco‑trafic prend une dimension nouvelle. Mardi 21 avril 2026, le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration territoriale, le général de division Mohamed Toumba, a dressé un bilan chiffré de l’offensive sécuritaire en cours. Pas moins de 9 289 individus ont été appréhendés, marquant une étape sans précédent dans la stratégie de nettoyage des réseaux criminels.

C’est sur les ondes de la Radio et Télévision du Niger (RTN) que le haut responsable a choisi de porter à la connaissance du public l’ampleur des opérations. Ainsi, ce chiffre massif de plus de 9 000 arrestations illustre la volonté de Niamey de ne plus laisser le territoire national servir de sanctuaire ou de zone de transit aux cartels qui déstabilisent la région.

 

Un réseau aux ramifications internationales

L’analyse de la composition des personnes interpellées révèle la complexité du phénomène. Si la grande majorité des suspects est de nationalité nigérienne (environ 8 000 individus), la présence de près de 1 200 ressortissants étrangers souligne le caractère transnational de cette criminalité.

De fait, pour le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), le trafic de stupéfiants n’est pas seulement un enjeu de santé publique, mais une menace directe pour la sécurité nationale. Les autorités nigériennes voient dans l’économie de la drogue le carburant d’autres formes d’insécurité qui frappent le Sahel, notamment le financement de groupes armés.

 

Une doctrine de fermeté

L’annonce du général Toumba s’inscrit dans une doctrine de « tolérance zéro » visant à intensifier la traque des réseaux criminels. Pour le gouvernement, ces résultats traduisent une montée en puissance des services de renseignement et des forces de sécurité sur l’ensemble du territoire.

« Ces arrestations traduisent la détermination des autorités à intensifier la lutte contre les réseaux criminels qui menacent la sécurité et la stabilité du pays », a réaffirmé le ministre lors de son entretien.

En somme, Niamey perçoit cette offensive sécuritaire comme un signal fort envoyé aux partenaires régionaux et aux organisations criminelles : le Niger entend reprendre le contrôle total de ses corridors. Cependant, si ce bilan impressionne par son ampleur, le défi reste de taille pour la justice nigérienne, qui devra désormais traiter ces dossiers complexes tout en maintenant la pression sur les circuits financiers du trafic.

Cette déclaration intervient dans un contexte de souveraineté renforcée, où le CNSP place la lutte contre les fléaux sociaux et les économies souterraines au cœur de sa feuille de route pour la refondation de l’État. Toutefois, une question demeure : ce bilan spectaculaire se traduira‑t‑il par une victoire durable contre les réseaux criminels ?

Agadez : Lancement des travaux de la maternité de Daganamat

          Dans le nord du Niger, où les distances et le manque d’infrastructures compliquent l’accès aux soins, la région d’Agadez amorce un tournant discret mais crucial. Ce mardi 21 avril 2026, les autorités régionales ont donné le coup d’envoi de la construction d’une maternité au sein du centre de santé intégré (CSI) de Daganamat, en pleine commune urbaine d’Agadez.

À la manœuvre, le gouverneur, le général de division Ibra Boulama Issa, qui a présidé la cérémonie de lancement, entouré de représentants de partenaires techniques et institutionnels. Derrière ce projet, un financement du Royaume d’Espagne, mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations, dans une région où les indicateurs de santé maternelle restent préoccupants.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Une réponse à une pression sanitaire persistante

Dans cette partie sahélienne du pays, les structures de santé sont souvent saturées et sous-équipées. La future maternité ambitionne de changer la donne. Elle devrait également offrir des conditions d’accouchement plus sécurisées, réduire les complications obstétricales et rapprocher les services de santé des populations, parfois contraintes de parcourir de longues distances pour accéder à des soins de base.

Au-delà de l’infrastructure, les autorités et leurs partenaires renforcent aussi toute la chaîne de prise en charge des mères et des nouveau-nés, dans un contexte où la mortalité maternelle demeure un défi majeur au Niger.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Une coopération mise en avant

La cérémonie a également servi de vitrine à la coopération entre les autorités nigériennes et leurs partenaires internationaux. Aux côtés de l’OIM, des représentants du ministère de la Santé publique et du ministère de l’Intérieur ont marqué leur présence, signe d’une coordination interinstitutionnelle que les autorités qualifient d’exemplaire.

L’OIM, pour sa part, a réaffirmé sa volonté de s’inscrire dans la durée, en accompagnant les efforts de développement local dans cette région stratégique du pays.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Une réalité de terrain encore fragile

Après la pose de la première pierre, la délégation s’est rendue dans l’actuelle maternité du CSI Daganamat. Une visite révélatrice : personnels engagés, mais moyens limités. Entre équipements insuffisants et afflux de patientes, le quotidien du centre illustre les défis structurels du système de santé local.

Face à ce constat, la cheffe de mission de l’OIM a assuré que la future infrastructure serait dotée d’équipements modernes, mieux adaptés aux besoins réels des populations.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Vers une meilleure résilience communautaire

Si la construction de cette maternité ne résoudra pas à elle seule les failles du système sanitaire nigérien, elle constitue néanmoins une avancée tangible. Pour des milliers de familles d’Agadez, ce projet représente l’espoir d’un accès plus digne et plus sûr aux soins maternels.

Dans un pays où les enjeux démographiques et sanitaires restent étroitement liés, chaque infrastructure compte — et celle de Daganamat pourrait bien faire la différence.

Niger : Le gouverneur d’Agadez décerne un témoignage de satisfaction au chef de l’Unicef

                           Le gouverneur de la région, le général de division Ibra Boulama Issa, a officiellement salué ce mardi 21 avril l’action de Soufiane, chef du sous‑bureau de l’agence onusienne. Cette distinction vient clore un mandat marqué par l’éducation des populations nomades et la gestion complexe des flux migratoires.

 

Dans le décor solennel du gouvernorat d’Agadez, l’heure était aux bilans et à la gratitude. En effet, le général de division Ibra Boulama Issa, qui dirige cette région carrefour entre le Sahel et le Maghreb, a remis ce mardi un témoignage officiel de satisfaction à M. Soufiane, responsable local de l’Unicef. Cette décoration, rare pour un diplomate onusien dans le contexte de transition actuel, vient couronner un parcours jugé « exemplaire » par les autorités régionales.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

L’école nomade et le défi des sables

Au cœur de cet hommage figure un dossier prioritaire pour Niamey : l’accès à l’éducation dans les zones les plus reculées. Sous l’impulsion de M. Soufiane, l’Unicef a intensifié son soutien à l’école en milieu nomade, un dispositif crucial pour garantir la scolarisation des enfants issus de communautés pastorales dont le mode de vie est souvent incompatible avec les structures scolaires sédentaires classiques. Ainsi, des solutions adaptées ont été mises en place pour concilier mobilité et apprentissage.

Au-delà de l’éducation, le gouverneur a tenu à souligner l’engagement du diplomate dans la gestion de la crise migratoire. Agadez, point de passage obligé pour des milliers de candidats à l’exil vers la Libye ou l’Algérie, fait face à des défis humanitaires chroniques. En conséquence, la capacité de l’Unicef à mobiliser des ressources financières et logistiques pour soutenir les populations hôtes et les mineurs non accompagnés a constitué un levier de stabilité majeur pour la région.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Un partenariat au‑delà de l’aide humanitaire

En partance pour une nouvelle affectation à Tahoua, le chef de sous‑bureau sortant n’a pas caché son émotion. Dans un discours de remerciement, il a attribué la réussite de sa mission à une « synergie d’acteurs » incluant les services techniques, les forces de défense et de sécurité, mais aussi les autorités traditionnelles. De plus, l’implication du Sultan d’Agadez, gardien de la cohésion sociale dans l’Aïr, a été citée comme un facteur déterminant pour l’acceptation des projets sur le terrain.

« Agadez occupera toujours une place particulière dans mon cœur », a confié le récipiendaire, rappelant que l’action humanitaire, pour être efficace au Niger, doit impérativement s’adosser au leadership des autorités locales et au respect des structures communautaires.

Pour le général Ibra Boulama Issa, cette cérémonie n’était pas seulement un au revoir diplomatique, mais la réaffirmation d’un partenariat qu’il souhaite voir se pérenniser avec son successeur, au service du bien‑être des enfants et de la résilience régionale. En somme, il a appelé à maintenir la coopération entre acteurs locaux et partenaires internationaux afin d’assurer la continuité des projets engagés.

Qui est Moussa Ali Gazibo, le nouveau Directeur Général des Impôts du Niger ?

                 Promu à la tête de la Direction générale des impôts (DGI) le 20 avril, cet inspecteur principal de classe exceptionnelle, fort de trente ans de carrière, devient le pivot de la stratégie de financement autonome du pays.

Au Niger, où le discours sur la « souveraineté retrouvée » est devenu le diapason de l’action publique, la nomination du nouveau patron des impôts n’est pas un simple mouvement administratif. En installant Moussa Ali Gazibo à la tête de la Direction générale des impôts (DGI) ce lundi 20 avril, les autorités de Niamey ont fait le choix d’un technicien pur jus, un homme de dossiers dont le parcours se confond avec l’histoire récente de la fiscalité nationale.

 

Un pur produit de la « Maison »

Moussa Ali Gazibo n’est pas un nouveau venu sous les ors de l’administration. Inspecteur principal des contributions diverses, il appartient à cette caste de hauts fonctionnaires qui ont gravi chaque échelon avec une régularité de métronome. Formé dans les filières administratives nationales, il intègre l’administration fiscale nigérienne au milieu des années 1990, au moment où celle-ci amorce ses premières réformes structurelles.

En près de trois décennies de service, il a parcouru tout l’arc des responsabilités fiscales : de la Direction du contentieux — où l’on forge sa connaissance des failles du système — à la Direction régionale, là où la loi se confronte à la réalité économique des contribuables. Il aurait également exercé dans des fonctions liées au contrôle fiscal et au suivi des grandes entreprises, des postes clés pour la sécurisation des recettes de l’État.

Ancien assistant technique du directeur général, il occupait jusqu’ici un poste d’observation privilégié, lui permettant de comprendre les rouages complexes d’une machine étatique souvent critiquée pour sa lourdeur, mais aujourd’hui sommée d’être d’une efficacité chirurgicale.

 

Rigueur et « justice fiscale »

Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un homme de dialogue, mais dont la rigueur technique confine parfois à l’austérité. Un trait de caractère qui sera son meilleur atout. Car la mission confiée par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie est herculéenne : intensifier la collecte des recettes sans étouffer un secteur privé déjà fragilisé par le contexte régional.

Son concept de « justice fiscale » n’est pas qu’un mot d’ordre. Pour ce fin connaisseur des textes, il s’agit d’élargir l’assiette pour que l’effort de reconstruction nationale soit plus équitablement partagé. Dans un pays où le taux de pression fiscale reste inférieur aux standards communautaires, l’élargissement de la base imposable constitue un levier central de réforme.

Sous son impulsion, la DGI devrait accélérer sa mue numérique pour devenir une administration « proche du contribuable », tout en restant intraitable sur le recouvrement des créances de l’État. La digitalisation des procédures — télé-déclaration, paiement électronique et interconnexion des services — apparaît ainsi comme un chantier prioritaire pour améliorer le rendement fiscal et limiter les pertes.

 

Le gardien du trésor

Dans un Niger qui fait de l’indépendance financière le socle de sa diplomatie, Moussa Ali Gazibo devient, de fait, l’un des hommes les plus stratégiques du dispositif gouvernemental. Sa capacité à transformer le civisme fiscal en levier de développement sera le véritable juge de paix de son mandat.

La Direction générale des impôts, principal instrument de mobilisation des ressources internes, est désormais attendue sur des résultats concrets, dans un environnement marqué par la prédominance du secteur informel et les défis sécuritaires aux frontières.

À Niamey, le milieu des affaires observe cette promotion avec un mélange de respect et de vigilance. On y voit le signe que le temps des politiques à la tête des régies financières s’efface, au moins pour un temps, devant celui des experts.

Mais entre exigences de performance, attentes sociales et contraintes économiques, le nouveau directeur général devra trouver un équilibre délicat : accroître les recettes sans freiner une économie encore fragile. C’est à cette équation que se mesurera, dans les mois à venir, la portée réelle de cette nomination.

Niger : Moussa Ali Gazibo prend officiellement les rênes de la Direction Générale des Impôts (DGI)

                   Après deux ans et demi à la tête de la Direction Générale des Impôts, Abdourahamane Malam Saley cède son fauteuil à Moussa Ali Gazibo. Un changement de garde stratégique alors que Niamey mise plus que jamais sur ses recettes propres pour financer sa « refondation ».

 

Le passage de témoin s’est voulu sobre et empreint de solennité. Le lundi 20 avril, dans la salle de réunion de la Direction Générale des Impôts (DGI) à Niamey, le général de brigade et les cadres du ministère des Finances ont assisté à l’installation officielle de Moussa Ali Gazibo au poste de Directeur Général. Sous la supervision de Omar Deye, Inspecteur Général des Finances, ce changement de leadership marque une nouvelle étape pour l’un des poumons financiers du Niger.

Les autorités ont, à cette occasion, insisté sur la nécessité de préserver la continuité du service public, en appelant à une collaboration étroite entre les équipes sortantes et entrantes afin de consolider les acquis.

DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS - DGI
© DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS - DGI

Le bilan de l’ère Malam Saley

Le sortant, Abdourahamane Malam Saley, quitte ses fonctions après trente mois d’exercice. Nommé en novembre 2023, il aura piloté l’administration fiscale dans un contexte de transition particulièrement exigeant. Lors de son discours d’adieu, il a tenu à saluer la confiance renouvelée par les autorités du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), soulignant que son action n’avait eu pour boussole que le « sens du devoir ».

Dans un geste rare, il a également présenté ses excuses pour d’éventuels manquements, tout en rendant hommage à l’engagement de l’ensemble des agents. Sous son tandem avec son adjoint Aboubakr Kano, la DGI a entamé une modernisation de ses procédures, saluée par les assistants techniques du Cabinet. Son successeur n’a d’ailleurs pas tari d’éloges, rendant hommage à la « clairvoyance » et au management d’un prédécesseur qui laisse une institution en ordre de marche.

La cérémonie, marquée par une certaine émotion, a donné lieu à des hommages appuyés à l’équipe sortante, traduisant une reconnaissance partagée au sein de l’administration.

DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS - DGI
© DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS - DGI

Continuité et défis de recettes

Pour Moussa Ali Gazibo, qui sera épaulé par Yahouza Issoufou à la direction adjointe, la mission est de maintenir la cadence. Dans un Niger qui cherche à maximiser sa souveraineté financière, la pression sur la collecte des impôts est constante. Le nouveau patron de la DGI s’est d’ores et déjà engagé à poursuivre la mobilisation des ressources avec « détermination », tout en promettant de préserver la cohésion interne de ce qu’Omar Deye appelle la « grande famille » de l’administration fiscale.

Au sein même de l’institution, les agents ont salué les efforts de l’équipe sortante tout en affichant leur disponibilité à accompagner la nouvelle direction dans ses objectifs.

L’enjeu pour le nouveau duo sera de bâtir une administration encore plus moderne et performante, capable de répondre aux ambitions de transformation économique portées par le gouvernement de transition, dans un contexte de refondation nationale où la mobilisation des ressources internes s’impose comme un impératif stratégique.

DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS - DGI
© DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS - DGI

Une transition sous le signe des attentes

La cérémonie s’est achevée par une traditionnelle photo de famille, symbole d’une passation réussie au sein d’un appareil d’État qui, malgré les remaniements, mise sur la continuité du service public.

Mais au-delà du cérémonial, cette transition ouvre une nouvelle séquence pour l’administration fiscale nigérienne. Dans un environnement économique contraint, où la dépendance aux ressources extérieures est de plus en plus questionnée, la capacité de la DGI à élargir l’assiette fiscale et à améliorer le rendement de l’impôt sera déterminante.

Plus qu’un simple changement d’hommes, c’est donc un test de performance et de crédibilité qui s’ouvre pour le nouveau tandem, appelé à traduire en résultats concrets les ambitions de souveraineté financière affichées par les autorités.

Niger : Le Ministre Adji Ali Salatou échange avec les radio-clubs sur la communication locale

          Le Ministre de la Communication a reçu, ce 20 avril, les responsables de l’Association des Radio-Clubs du Niger (ARCN). Dans un pays où l’oralité reste reine, ces structures de dialogue communautaire deviennent ainsi des alliées stratégiques pour la transition nigérienne.

 

Au Niger, si le numérique gagne du terrain, la radio demeure néanmoins le média de masse par excellence, le lien indéfectible entre l’État et ses territoires les plus reculés. C’est donc fort de ce constat que le Ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Adji Ali Salatou, a ouvert les portes de son cabinet à une délégation de l’ARCN, conduite par son président, Soumana Soumaye Boubacar.

Ministère de Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information
© Ministère de Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information

Un héritage au service de la citoyenneté

En effet, bien plus que de simples cercles d’auditeurs, les radio-clubs nigériens — ou « clubs d’écoute » — constituent un maillon essentiel de la démocratie locale. Leur mission consiste à transformer l’information reçue par les ondes en débats communautaires. Ainsi, en encourageant une « citoyenneté responsable », l’ARCN favorise l’éveil des consciences sur des sujets cruciaux tels que la santé, l’agriculture ou la sécurité.

Par ailleurs, cette première prise de contact a permis à Soumana Soumaye Boubacar de dresser un état des lieux sans fard : si la vision et l’ancrage de l’association sont solides, les défis techniques et financiers restent de taille pour couvrir l’immensité du territoire nigérien.

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Le pari des langues nationales

Pour le ministre Adji Ali Salatou, cette rencontre s’inscrit donc dans une feuille de route claire : revaloriser les productions en langues nationales. À l’heure où les autorités nigériennes cherchent à s’émanciper des narratifs extérieurs, les radio-clubs apparaissent dès lors comme des vecteurs de souveraineté informationnelle.

De plus, le ministre a adressé ses vifs encouragements à l’ARCN pour son travail sur le changement social et comportemental. Pour le gouvernement, ces initiatives locales apportent en effet des « solutions innovantes » aux problèmes des communautés en facilitant un dialogue participatif là où les grands médias institutionnels peinent parfois à pénétrer.

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Un pont entre tradition et technologie

Enfin, en intégrant ces clubs d’écoute dans la réflexion globale sur les nouvelles technologies de l’information, le département d’Adji Ali Salatou tente une synthèse : marier la force de l’oralité traditionnelle aux enjeux de la communication moderne. Ce chantier prioritaire pour Niamey apparaît ainsi comme le socle d’une résilience nationale renforcée.

FENIJUDO : détection nationale pour les futurs champions d’Afrique

            Champion d’Afrique en titre chez les cadets et les juniors, le Niger prépare déjà la relève. En effet, la fédération nationale a lancé à Niamey une vaste campagne de détection afin d’identifier les pépites qui porteront les couleurs du pays lors des prochaines échéances continentales.

Au Niger, le judo ne se contente plus de figurer : il domine. Fort de ses titres de champion d’Afrique en catégories cadets et juniors, le pays sahélien a entamé, samedi dernier, une véritable course contre la montre pour dénicher les talents capables de maintenir ce leadership. C’est ainsi que, sur les tatamis de l’Académie des Arts Martiaux de Niamey, la Fédération Nigérienne de Judo (FENIJUDO) a donné le coup d’envoi de sa grande tournée de détection.

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Un réservoir de talents en ébullition

Pour cette première phase, plus de 150 jeunes judokas venus de Niamey, Dosso et Tillabéry se sont affrontés dans une ambiance électrique. Technique, endurance et combativité : le niveau affiché a agréablement surpris l’encadrement technique.

« Le niveau est impeccable et prouve à suffisance que la discipline est en nette progression au Niger », s’est réjouie Maître Djamila Beidari, Directrice Technique Nationale.

Ainsi, pour cette experte, l’enjeu est clair : transformer ce potentiel brut en une machine à gagner capable de briller lors des prochains Championnats d’Afrique.

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Maintenir le cap malgré les moyens

Cependant, si le judo nigérien brille, c’est aussi grâce à une gestion rigoureuse de la part de l’équipe fédérale dirigée par Youssef Abdrahamane. Dans un contexte où les budgets sportifs sont souvent serrés, la FENIJUDO multiplie les initiatives pour rester compétitive.

De son côté, la Secrétaire Générale de la fédération, Maman Noura Nafissatou, ne cache pas ses ambitions tout en gardant les pieds sur terre : « Le judo nigérien se porte très bien. Toutefois, la lucidité reste de mise afin de maintenir le Niger au sommet du podium africain », a-t-elle prévenu.

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Une détection à l’échelle nationale

Enfin, loin de se limiter à la capitale, la détection va désormais s’étendre à l’ensemble du territoire nigérien pour ne laisser passer aucune pépite. Le calendrier est déjà tracé :

  • Étape 2 : axe Maradi – Tahoua – Agadez.
  • Étape 3 : régions de Zinder et Diffa.

À l’issue de ce tour de force géographique, la fédération regroupera les meilleurs athlètes pour former les futures sélections nationales. Dès lors, cette stratégie de « maillage territorial » apparaît comme la clé du succès pour le sport nigérien, bien décidé à faire du judo sa vitrine d’excellence sur la scène internationale.

Agadez : le général Ibra lance les épreuves sportives du BEP et du CAP

                      Le gouverneur de la région d’Agadez a lancé, ce lundi 20 avril, les épreuves sportives du BEP et du CAP. Un rendez-vous scolaire qui, au-delà de la performance physique, souligne la volonté de l’État de maintenir les cadres de formation malgré un contexte régional complexe.

 

C’est dans l’enceinte du stade régional Sidi Mohamed, sous la chaleur déjà installée d’Agadez, que le calendrier scolaire nigérien a franchi une étape clé. Le général de division Ibra Boulama Issa, gouverneur de cette région septentrionale stratégique, a officiellement lancé ce lundi les épreuves physiques et sportives comptant pour le Brevet d’études professionnelles (BEP) et le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP).

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Une jeunesse mobilisée pour l’enseignement technique

L’image se veut celle d’une administration en marche. Accompagné d’un aréopage d’autorités civiles et militaires, le général Boulama Issa a supervisé le départ de cette session qui concerne, cette année, 816 candidats à l’échelle régionale. La répartition des effectifs témoigne d’un intérêt persistant pour les filières techniques, avec 486 inscrits pour le BEP et 330 pour le CAP.

La mixité, enjeu majeur dans cette partie du Sahel, est également au rendez-vous : 341 jeunes filles s’alignent aux côtés des 475 garçons répartis dans les trois centres de composition de la région. Pour le gouverneur, la réussite de cette organisation est à mettre au crédit des services techniques et des encadreurs qui, malgré les défis logistiques propres au Grand Nord nigérien, ont assuré la tenue des échéances dans les délais.

gouvernorat d'Agadez
© gouvernorat d'Agadez

Discipline et stabilité

Au-delà de l’encouragement aux athlètes d’un jour, le discours officiel a porté sur les valeurs de rigueur. Le gouverneur a exhorté les candidats à la « discipline » et à la « prudence », des termes qui résonnent avec une acuité particulière dans un pays où les autorités de transition ont fait du redressement national et de l’ordre leurs piliers.

Cette rentrée dans la phase active des examens intervient alors que le Niger continue de restructurer son système éducatif pour mieux l’arrimer aux besoins du marché de l’emploi local. Pour Agadez, carrefour commercial et minier, former des techniciens qualifiés via le CAP et le BEP reste une priorité stratégique pour réduire la vulnérabilité sociale des jeunes.

Les épreuves sportives se poursuivront tout au long de la semaine, avant que les candidats n’affrontent, dans quelques semaines, les épreuves théoriques qui sanctionneront leur parcours professionnel.