Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 3 sur 294

Niger : saisie record de 154 boules de chanvre indien

NIAMEY, 10 septembre 2026 – La Brigade des Douanes de Niamey signe une opération marquante dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Le 9 septembre, ses agents ont intercepté 154 boules de chanvre indien à environ 22 kilomètres au sud du poste de contrôle de Kouré.

Selon la Douane, cette prise constitue un record pour la brigade.

Direction des Douanes Niger
© Direction des Douanes Niger

Un renseignement décisif

 

À l’origine de cette saisie, les agents ont exploité des informations recueillies en amont. Ce travail de renseignement leur a permis de cibler une cargaison suspecte et d’intervenir avant qu’elle ne poursuive son trajet. La Brigade de Niamey transforme ainsi une opération de contrôle en un coup d’arrêt porté à un circuit de transport de produits prohibés.

 

Une performance qui marque les esprits

 

Cette saisie établit un nouveau repère pour la Brigade des Douanes de Niamey. Elle intervient dans un contexte où les services douaniers nigériens renforcent leur surveillance face aux trafics susceptibles de menacer les populations et la sécurité du territoire. Pour les autorités, chaque interception représente un maillon arraché aux réseaux illicites. La stratégie repose autant sur la présence sur le terrain que sur l’exploitation efficace du renseignement.

Direction des Douanes Niger
© Direction des Douanes Niger

La hiérarchie salue la mobilisation

 

À la suite de l’opération, la Directrice régionale des Douanes de Niamey-Tillabéri, Aïcha Dioffo, a félicité les agents pour leur engagement et leur professionnalisme, tout en leur assurant le soutien de la hiérarchie. Elle a toutefois appelé les équipes à maintenir un haut niveau de vigilance et à renforcer leur rigueur dans les contrôles.

Direction des Douanes Niger
© Direction des Douanes Niger

Un signal aux réseaux de trafic

 

La saisie de 154 boules de chanvre indien envoie un signal fort aux trafiquants : la surveillance reste constante et le renseignement demeure une arme décisive pour intercepter les cargaisons illicites.

 

Pour les douaniers, le défi consiste désormais à maintenir cette dynamique. Cette opération restera comme l’une des plus marquantes de la brigade, mais aussi comme un rappel de l’importance du renseignement dans la lutte contre les produits prohibés.

Jeux de l’AES 2026 : le Niger mobilisé à Ouagadougou

À l’aube de la deuxième édition des Jeux de la Confédération des États du Sahel (JAES) à Ouagadougou, l’équipe nationale nigérienne a reçu un renfort institutionnel décisif. Le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Sidi Mohamed Almahmoud, s’est rendu au camp de base de la délégation pour évaluer le dispositif logistique et consolider les objectifs sportifs avant le début des épreuves.

Ministère de la Jeunesse et des sports du Niger
© Ministère de la Jeunesse et des sports du Niger
Évaluation logistique et alignement stratégique

En matière de compétitions internationales, la performance sur le terrain dépend directement de la qualité de la préparation en coulisses. Par conséquent, l’inspection ministérielle a d’abord ciblé les infrastructures d’hébergement et les normes de restauration assignées aux athlètes nigériens. De plus, Sidi Mohamed Almahmoud a dirigé une séance de travail technique avec l’encadrement et les présidents des différentes fédérations sportives. Cette réunion stratégique a permis d’identifier et de résoudre les ultimes défis opérationnels, garantissant ainsi que les compétiteurs puissent se concentrer exclusivement sur leurs performances athlétiques.

Ministère de la Jeunesse et des sports du Niger
© Ministère de la Jeunesse et des sports du Niger
Conditionnement psychologique et cohésion régionale

 Cette visite visait également un conditionnement mental optimal. En s’adressant directement aux sportifs, la tutelle a fixé un double objectif clair : maximiser les résultats sportifs pour hisser les couleurs du Niger, tout en incarnant les valeurs de fair-play inhérentes à cette compétition sahélienne. En réponse à cette feuille de route gouvernementale, les dirigeants des fédérations ont officiellement pris l’engagement d’optimiser le rendement de leurs équipes. Finalement, cette validation institutionnelle permet à la délégation d’aborder le tournoi avec une confiance renforcée et une stratégie d’équipe unifiée.

Niger–Turquie : une mission AFAD pour anticiper les risques

Face à la récurrence des chocs climatiques qui grèvent lourdement les finances publiques sahéliennes, le Niger cherche à sécuriser son tissu socio-économique en intensifiant sa coopération institutionnelle avec Ankara. Les autorités nigériennes et turques ont arrêté, le 9 septembre à Niamey, les modalités opérationnelles de la prochaine mission de l’Autorité turque de gestion des catastrophes (AFAD), marquant un virage stratégique dans la préservation des actifs économiques nationaux.

Ministère de la Population , de l' Action Sociale  et de la Solidarité Nationale du Niger
© Ministère de la Population , de l' Action Sociale et de la Solidarité Nationale du Niger
Protéger le capital économique contre la volatilité environnementale

En effet, l’impact récurrent des catastrophes naturelles perturbe gravement les projections macroéconomiques et fragilise le budget de l’État. En accueillant l’expertise technique de l’AFAD du 13 au 15 septembre prochain, le Niger ambitionne de basculer d’une logique de réponse d’urgence — particulièrement coûteuse — vers un modèle prospectif de prévention des risques. La ministre de la Population et de l’Action sociale, le Professeur Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni, a ainsi cadré les travaux préparatoires autour de l’absorption de compétences opérationnelles avancées. Dès lors, la modernisation des protocoles d’intervention vise non seulement à préserver le capital humain, mais également à réduire la vulnérabilité des infrastructures de production et de transport.

Ministère de la Population , de l' Action Sociale  et de la Solidarité Nationale du Niger
© Ministère de la Population , de l' Action Sociale et de la Solidarité Nationale du Niger
L’urgence humanitaire comme vecteur de diplomatie économique

De surcroît, cette initiative illustre l’ancrage géopolitique et économique croissant de la Turquie au Sahel. L’audience accordée parallèlement par la ministre à l’ambassadeur turc Özgür Arslan confirme la volonté commune de pérenniser cet axe bilatéral. En déployant l’AFAD comme levier de coopération, Ankara renforce son soft power tout en contribuant à la stabilisation du cadre des affaires au Niger. Par conséquent, ce transfert d’ingénierie publique en matière de gestion des crises constitue un prérequis indispensable pour rassurer les marchés, protéger les investissements directs et consolider la souveraineté économique du pays.

 

Sécurité à Zinder : l’Armée de Terre resserre ses rangs

La tournée d’inspection du commandement militaire franchit une nouvelle étape stratégique. Au lendemain de sa halte musclée dans le Nord, le chef d’État-major de l’Armée de Terre, le général de brigade Maman Sani Kiao, déploie sa mission à Zinder ce 10 septembre 2026.En effet,  l’objectif est de  resserrer les rangs de la Zone de Défense n° 3 et cimenter l’unité de l’institution militaire autour des priorités sécuritaires nationales.

Gouvernorat de Zinder
© Gouvernorat de Zinder

Leçons de crise et transmission de la ligne présidentielle

 

Devant les troupes de la troisième zone de défense, le haut gradé livre une lecture analytique des récents incidents survenus à Niamey les 28 et 29 août derniers. En partageant ce rapport d’étape, le commandement lève le voile sur les défis opérationnels récents et impose une discipline de fer. Par ailleurs, le général a transmis les directives et les encouragements appuyés du chef de l’État et chef suprême des Armées, le général d’armée Abdourahamane Tiani, signifiant ainsi clairement aux soldats que la hiérarchie protège ceux qui tiennent la ligne, tout en exigeant une réactivité absolue.

Gouvernorat de Zinder
© Gouvernorat de Zinder

L’alliance du sabre, de la foi et de la famille

 

Au-delà de l’inspection des troupes, l’étape de Zinder accorde une place importante à l’accompagnement social et psychologique des militaires. L’État-major a ainsi associé les anciens combattants et les familles des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) aux différentes activités organisées dans le cadre de cette tournée.

Une séance de prières et de lecture du Coran a notamment réuni le commandement et plusieurs figures locales. Les échanges avec les épouses des militaires ont, par ailleurs, permis de mettre en avant leur rôle dans le soutien moral et l’équilibre des soldats engagés sur le terrain.

 

À Zinder, la tournée d’inspection du commandement militaire met ainsi l’accent sur la préparation opérationnelle, mais aussi sur la cohésion et le soutien aux soldats. À travers les échanges avec les militaires, les anciens combattants et les familles des FDS, l’Armée de Terre entend renforcer l’unité et le moral de ses troupes face aux défis sécuritaires.

Cette étape s’inscrit dans la volonté du commandement de maintenir une armée mobilisée, disciplinée et engagée aux côtés des autorités pour répondre aux enjeux de sécurité sur l’ensemble du territoire nigérien.

Niger-Algérie : un lien fibre de 100 Gbit/s va raccorder Agadez à la dorsale numérique transsaharienne

Deux conventions signées à Niamey entre Algérie Télécom, Niger Télécom et l’ESCEP-Niger posent les jalons d’une liaison en fibre optique entre In Guezzam et Agadez. Au-delà du symbole diplomatique, l’accord repositionne le Niger sur l’axe numérique reliant l’Afrique du Nord au reste du continent.

 

Une liaison en fibre optique reliera bientôt In Guezzam, à la frontière algérienne, à la ville nigérienne d’Agadez. En effet, l’annonce découle de deux conventions signées à Niamey entre l’opérateur public algérien Algérie Télécom, son homologue nigérien Niger Télécom et l’École Supérieure des Communications Électroniques et de la Poste (ESCEP-Niger), à l’occasion d’une visite de travail conduite par une délégation algérienne les 8 et 9 septembre.

Ministère de la Communication du Niger
© Ministère de la Communication du Niger

Une capacité initiale de 100 Gbit/s pour désenclaver le nord

Le futur tronçon offrira, dans un premier temps, une capacité de 100 gigabits par seconde. Ce débit doit permettre d’absorber la croissance des usages numériques dans le nord du Niger, une région jusqu’ici desservie de manière limitée par les réseaux terrestres existants, et de sécuriser les échanges de données entre les deux pays par une route alternative aux liaisons satellitaires ou aux détours via des pays tiers.

 

Par ailleurs, la liaison s’inscrit dans un projet plus large de dorsale transsaharienne en fibre optique, destiné à connecter physiquement l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne. Chaque segment additionnel, comme celui reliant In Guezzam à Agadez, réduit la dépendance de la région aux points d’atterrissement côtiers et aux câbles sous-marins pour son trafic internet.

Ministère de la Communication du Niger
© Ministère de la Communication du Niger

Ce que couvrent les deux conventions

Construction d’une liaison en fibre optique entre In Guezzam et Agadez, capacité initiale de 100 Gbit/s

Programme de renforcement des compétences techniques des équipes de Niger Télécom

Création d’un Skills Centre au sein de l’ESCEP-Niger, adossé au réseau de centres d’Algérie Télécom

Ministère de la Communication du Niger
© Ministère de la Communication du Niger
Un volet formation pour ancrer le transfert de compétences

Les accords ne se limitent pas à l’infrastructure physique. Ils prévoient également  la mise à niveau des équipes techniques de Niger Télécom ainsi que la création d’un Skills Centre hébergé à l’ESCEP-Niger, établissement chargé de former les futurs cadres des télécommunications nigériennes. Ce centre doit s’appuyer sur l’expertise d’Algérie Télécom en matière de formation continue et de gestion de réseaux.

La délégation algérienne, conduite par Mme Ameena Dahdouh, conseillère du directeur général d’Algérie Télécom en charge du partenariat et du développement des Skills Centers, a été reçue le 8 septembre par le secrétaire général du ministère nigérien de la Communication, Mashoul Abdoul Nasser, au nom du ministre Adji Ali Salatou.

 

« La présence de cette délégation à Niamey illustre la vitalité des relations d’amitié et de coopération entre les deux nations. »— Secrétaire général, Ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information

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© Ministère de la Communication du Niger
Le Niger, point de passage entre deux bassins numériques

En se raccordant à un réseau algérien déjà relié aux câbles sous-marins méditerranéens, le Niger gagne un accès terrestre direct vers l’Europe et le pourtour méditerranéen. Ce positionnement s’ajoute aux efforts régionaux de mutualisation des infrastructures numériques portés par plusieurs pays sahéliens, qui cherchent à réduire le coût de la bande passante mais aussi à limiter  les coupures liées à une dépendance excessive à un point d’entrée unique.

Pour Niamey, l’enjeu dépasse la seule connectivité : la modernisation du réseau national doit aussi soutenir l’administration électronique, l’éducation à distance et le développement de services numériques locaux, autant de secteurs identifiés comme prioritaires dans la stratégie nationale de transformation digitale.

Kafra : le Niger chiffre pour la première fois son potentiel pétrolier

Le gouvernement nigérien a livré, mercredi à Niamey, les premières estimations détaillées des réserves du bloc de Kafra : jusqu’à 2,5 milliards de barils de ressources prospectives dans sa partie nord. Un chiffre que le ministère du Pétrole s’est aussitôt employé à nuancer.

Pour la première fois depuis le lancement de la nouvelle campagne de forage, le ministère nigérien du Pétrole a mis des chiffres précis sur la table. Lors d’une rencontre avec la presse à Niamey, le ministre Hamadou Tini a détaillé l’ampleur du potentiel identifié sur le bloc de Kafra, dans le nord du pays, tout en avertissant qu’une découverte géologique ne vaut pas encore un projet de production.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole
Un potentiel chiffré, mais à plusieurs vitesses

Les données rendues publiques distinguent trois catégories bien différentes. Les réserves dites 2P, c’est-à-dire les volumes prouvés et probables déjà rattachés à une découverte confirmée, sont évaluées depuis 2018 à environ 255 millions de barils. Une étude prospective menée en 2023 sur la partie nord du bloc a, elle, fait grimper l’estimation à près de 2,5 milliards de barils de ressources dites prospectives : un potentiel réel, mais non confirmé par le forage.

Le site recèlerait par ailleurs un gisement distinct d’huile lourde, estimé à environ 168 millions de barils, susceptible d’alimenter une future unité de production de bitume pour les besoins routiers nationaux et régionaux, ainsi qu’un potentiel d’huile paraffinique intéressant les secteurs pharmaceutique et pétrochimique.

Comprendre les catégories de réserves

Réserves 2P : Volumes prouvés et probables, rattachés à une découverte déjà réalisée et validée.

Ressources contingentes : Volumes découverts, mais dont le développement reste soumis à certaines conditions techniques ou économiques.

Ressources prospectives : Volumes estimés sur des zones encore à confirmer par le forage, soumis aux incertitudes géologiques.

« Le potentiel du nord de Kafra reste soumis aux incertitudes géologiques propres à toute phase d’exploration. » — Ministère du Pétrole, Niger

Ministère du Pétrole
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Quatre puits, deux ans, une échéance fixée à 2028

Sur le terrain, la campagne engagée le 13 août 2026 prévoit le forage de quatre puits d’exploration sur une période de deux ans, dans le cadre d’un programme dont l’autorisation court jusqu’au 3 juillet 2028. Le premier puits porte le nom de Kafra Sud-Est 1. Ces forages doivent permettre d’affiner la connaissance des réservoirs et d’en confirmer la productivité réelle, avant toute décision de développement.

Le ministère s’est refusé à avancer une date de première production, celle-ci dépendant des résultats de forage, de la confirmation des volumes, de la faisabilité technique et du financement des infrastructures nécessaires. Les autorités nigériennes disent vouloir avancer vite, sans précipiter des choix qu’une meilleure information pourrait invalider plus tard.

Un demi-siècle d’exploration, une étape décisive depuis 2005

Le dossier Kafra ne date pas d’hier. Les premiers travaux d’exploration dans cette zone désertique du nord du Niger remontent aux années 1970, avec des forages historiques réalisés à Séguédine 1 en 1974 puis à Tiffa 1 en 1975. À partir de 2005, l’implication de Sipex, filiale du groupe algérien Sonatrach, a marqué un tournant : la société a depuis acquis et interprété environ 2 205 kilomètres de lignes sismiques 2D et 760 kilomètres carrés de sismique 3D, avant de forer deux puits d’exploration en 2018 puis en 2019.

Situé dans la région d’Agadez, entre les départements d’Iferouane et de Bilma, à environ 85 kilomètres de la frontière algérienne, le bloc s’étend sur 11 467 kilomètres carrés. Le cadre du projet a été actualisé en 2022, avant que l’autorisation d’exploration ne soit prorogée cette année pour couvrir le nouveau programme de forage.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole
Compétences locales et coopération régionale au cœur de la stratégie

Au-delà des barils, le gouvernement  affiche un objectif de création de valeur nationale. Le ministre Tini a insisté sur l’application de la loi sur le contenu local, censée garantir la formation de travailleurs nigériens, le renforcement d’entreprises locales et une maîtrise progressive des méthodes de travail et des données du secteur.

Le dossier est aussi présenté comme un levier de coopération avec l’Algérie, partenaire historique du projet à travers Sonatrach. Les autorités entendent faire de Kafra un moteur d’emplois et de recettes publiques, dans un secteur où, selon le ministère, une décision prématurée coûterait plus cher qu’un calendrier tenu avec rigueur.

Ce qu’il reste à démontrer

Le gouvernement s’est engagé à communiquer des volumes officiels actualisés une fois les résultats de forage consolidés, certifiés et validés selon les normes de l’industrie pétrolière. En l’état, Kafra demeure un dossier d’exploration et d’évaluation : la distance entre un potentiel prospectif de plusieurs milliards de barils et une réserve confirmée reste, par nature, la principale inconnue du projet.

Agadez et la Suisse lancent la phase 2 du programme de protection des jeunes migrants

L’axe stratégique entre la région d’Agadez et la Confédération suisse franchit une étape décisive dans la gestion des crises migratoires. Ce 9 septembre 2026, l’administration régionale et le Bureau de la coopération suisse ont scellé le renouvellement de leur engagement commun en lançant la seconde phase du programme « Enfants et jeunes sur les routes migratoires », un dispositif crucial pour ce carrefour névralgique du transit saharien.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez
Un rempart financier et opérationnel pour la jeunesse vulnérable

Au cœur de cette démarche conjointe, conduite par le gouverneur Ibra Boulama Issa et le représentant suisse Claudio Tognola, la vulnérabilité des mineurs non accompagnés concentre toutes les attentions. D’ailleurs, en intégrant des acteurs humanitaires de terrain comme Médecins du Monde, cette initiative finance des secours d’urgence, des abris sécurisés et une assistance psychologique adaptée aux périls du désert. Face aux réseaux de passeurs et aux risques d’exploitation, le programme transforme aussi le suivi administratif local en un réseau de protection proactive.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez
Un pilotage renforcé pour garantir l’impact territorial

Par ailleurs, l’efficacité du projet repose sur un calendrier d’exécution immédiat et un encadrement institutionnel rigoureux. Après le lancement officiel des opérations sur le terrain, un comité de pilotage stratégique va définir, dès le 10 septembre, l’allocation des ressources ainsi que la feuille de route des organisations partenaires. De plus, en consolidant ce partenariat international, le gouvernement régional réaffirme sa volonté de stabiliser la zone d’Agadez tout en apportant des réponses concrètes au drame humain qui se joue le long des routes de l’exil.

À travers cette seconde phase, la région d’Agadez et ses partenaires entendent ainsi consolider une réponse plus durable face aux défis migratoires, tout en renforçant la protection des plus vulnérables.

Niger : le général Maman Sani Kiou en mission d’inspection à Agadez

L’armée nigérienne renforce son dispositif dans le Nord face aux récentes tensions sécuritaires. Dix jours après les événements des 28 et 29 août, le chef d’État-major de l’Armée de terre, le général de brigade Maman Sani Kiou, a déployé une mission d’inspection stratégique, ce 9 septembre, à Agadez, pour auditer les capacités de la zone de défense nᵒ 2.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez
Une évaluation directe des vulnérabilités du terrain

Cette descente du haut commandement répond au besoin pressant d’analyser les failles révélées par les récents incidents de la fin du mois d’août et de collecter du renseignement tactique. En réunissant les troupes sur la place d’armes de la zone 2, le général Kiou évalue également la réactivité réelle de ses unités, sans filtre intermédiaire. Par ailleurs, l’accueil conjoint par le gouverneur militaire Ibra Boulama Issa et le sultan de l’Aïr confirme la volonté d’aligner l’effort de défense sur l’ancrage politique et coutumier local, afin de stabiliser ce carrefour névralgique.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez
Verrouillage opérationnel et réengagement des rangs

Face aux officiers et hommes de rang, le patron de l’Armée de terre exige un resserrement immédiat de la discipline et de la vigilance. En relayant les directives directes du sommet de l’État, la hiérarchie cherche à colmater les brèches opérationnelles et à réamorcer le moral des troupes. En plus, ce déplacement de terrain impose une supervision directe : le commandement ajuste la stratégie de riposte, réaffirme son autorité et somme la chaîne de commandement de garantir une étanchéité sécuritaire totale dans la région.

Dans ce contexte marqué par des tensions sécuritaires persistantes, cette mission d’inspection traduit la volonté du haut commandement de reprendre la main sur le terrain, de corriger les éventuelles failles observées et de renforcer la discipline au sein des unités déployées. Elle s’inscrit aussi dans une logique de réassurance, à la fois pour les troupes et pour les populations, dans une zone où la stabilité demeure un enjeu central pour l’État.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Vente de ciment à Niamey : le gouvernement durcit le contrôle anti-fraude

Le gouvernement durcit les règles de sa campagne de vente promotionnelle de ciment dans la capitale. Face aux risques de détournement et d’achats frauduleux, le ministère du Commerce et de l’Industrie instaure un ciblage quotidien strict des acheteurs. Les fonctionnaires de l’État ouvrent la marche pour les journées des 9 et 10 septembre 2026.

Un filtrage quotidien pour barrer la route aux spéculateurs

Cette nouvelle directive vise à priver les réseaux informels de toute marge de manœuvre en segmentant l’accès aux stocks. Désormais, chaque journée réserve l’attribution des volumes de ciment à une catégorie spécifique de citoyens sur l’ensemble des points de distribution. Pour cette première phase, la variante 32.5 s’écoule exclusivement au sein de cinq dépôts ciblés : État civil Niamey 1, Chazales (Francophonie), Dépôt MCC (Zone industrielle), Oudou Younoussa (Zone industrielle) et Samaria Karagé (Niamey 5).

Règles administratives et mécanismes anti-blocage

L’acquisition du matériau exige des garanties renforcées. En plus de prouver la détention légitime de leur parcelle foncière, les agents publics doivent présenter une carte professionnelle ou une attestation de service en cours de validité. Pour prévenir tout absentéisme et maintenir la continuité du service public pendant ces deux jours d’opération, le ministère autorise les procurations, permettant aux ayants droit de mandater un tiers.

Une sectorisation stricte des produits

L’organisation logistique sépare fermement les gammes de matériaux afin de fluidifier la distribution et de garantir la traçabilité. Tandis que le ciment 32.5 alimente les cinq sites dédiés aux fonctionnaires, le point de vente OPVN de Lazaré prend en charge l’approvisionnement en ciment de qualité supérieure (grade 42.5). Par ce découpage méthodique, l’État entend stabiliser le marché local de la construction tout en garantissant un accès équitable aux ressources publiques.

En somme, par cette organisation stricte, le gouvernement entend à la fois sécuriser la distribution et limiter les dérives, tout en maintenant l’accès au ciment dans un cadre mieux encadré.

UMOA : 164 000 milliards de FCFA de transactions en 2025, la monnaie électronique redessine la finance régionale

La finance numérique change de dimension dans l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA). En 2025, les services de monnaie électronique ont enregistré 164 169 milliards de FCFA de transactions, soit une progression de 31,4 % en un an. Cette accélération ne traduit plus seulement l’adoption des paiements mobiles par les ménages. Elle révèle désormais l’installation d’une infrastructure financière parallèle devenue suffisamment vaste pour peser sur les équilibres du système bancaire régional.

Les données du Rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’UMOA montrent surtout que l’expansion porte simultanément sur les volumes, les utilisateurs, les réseaux de distribution et la liquidité disponible.

Une massification qui dépasse désormais l’effet de nouveauté

Le nombre de comptes de monnaie électronique a atteint 172,9 millions à fin 2025, contre 154,6 millions un an plus tôt. La progression atteint ainsi 18,3 millions de comptes en une année. Plus significatif encore pour mesurer l’usage réel des services numériques, 60,6 millions de comptes étaient actifs.

Cette base croissante s’accompagne d’une intensification des transactions. Les opérations exécutées par les établissements de monnaie électronique (EME) ont atteint 11 761 millions, en hausse de 14,5 % sur un an.

Le développement du réseau de proximité amplifie cette dynamique. L’UMOA comptait 1 830 285 points de service fin 2025, soit une progression annuelle de 32 %. La capacité de distribution augmente ainsi plus rapidement que le nombre de comptes, ce qui témoigne d’un effort soutenu pour rapprocher les services financiers des utilisateurs.

Montée en puissance et régulation du marché de la monnaie électronique

La montée en puissance du secteur s’accompagne d’un élargissement du nombre d’opérateurs. L’UMOA comptait 18 établissements de monnaie électronique agréés à fin 2025, contre 14 en 2024.

Cette évolution renforce la densité concurrentielle du marché et élargit les capacités d’intermédiation numérique. Elle pose également un enjeu de surveillance plus complexe pour le régulateur, compte tenu de la multiplication des acteurs, des points de service et des flux financiers.

L’enjeu n’est donc plus uniquement celui de l’inclusion financière. Il concerne également la solidité opérationnelle et prudentielle d’un segment désormais intégré au fonctionnement quotidien de l’économie régionale.

La rentabilité revient, avec une forte hausse des encours

L’amélioration des volumes commence également à produire des effets sur les comptes des opérateurs. Après plusieurs exercices déficitaires, les EME ont dégagé en 2025 un résultat net provisoire bénéficiaire de 16,9 milliards de FCFA.

Dans le même temps, l’encours de monnaie électronique en circulation a progressé de 35,2 %, pour atteindre 1 923,2 milliards de FCFA. Cette hausse donne une indication de la profondeur prise par le marché : la monnaie électronique ne constitue plus seulement un instrument de paiement ponctuel, mais représente désormais un stock financier significatif à l’échelle de l’Union.

Pour les spécialistes du secteur financier, cette progression crée cependant une exigence supplémentaire : à mesure que les encours augmentent, la qualité de la gestion de la liquidité, des systèmes de paiement et des dispositifs de contrôle devient déterminante.

Le secteur bancaire profite également de la dynamique

La progression de la finance numérique intervient parallèlement à une amélioration des performances du secteur bancaire classique. Le total de bilan des établissements de crédit de l’UMOA a atteint 82 298,8 milliards de FCFA en 2025, en hausse de 14,1 %.

La rentabilité bancaire a également progressé. Le résultat net global s’est établi à 1 252,1 milliards de FCFA, soit une augmentation de 25,5 % sur un an.

Ces résultats montrent que l’essor des services financiers numériques ne s’est pas traduit, à ce stade, par un affaiblissement généralisé des banques. Le marché régional évolue plutôt vers une coexistence entre plusieurs canaux de services financiers, avec des possibilités croissantes d’interconnexion entre banque, monnaie électronique et finance digitale.

La microfinance reste un point de vigilance

Les grandes institutions de microfinance ont, elles aussi, amélioré leur situation. Après les pertes enregistrées en 2024, elles ont dégagé un bénéfice de 35,6 milliards de FCFA en 2025.

La solvabilité demeure néanmoins une faiblesse structurelle. Leur ratio moyen de capitalisation s’est établi à 9,4 %, nettement inférieur à la norme réglementaire de 15 %.

L’amélioration des résultats ne suffit donc pas à neutraliser les vulnérabilités prudentielles du secteur. Cette situation maintient la pression sur les institutions concernées pour renforcer leurs fonds propres et améliorer leur capacité d’absorption des risques.

La croissance impose un renforcement de la supervision

Face à l’accélération des flux et à l’élargissement de l’écosystème financier, la Commission bancaire a intensifié ses contrôles. Elle a effectué 82 missions de vérification sur place en 2025 et prononcé 71 sanctions.

La stratégie de supervision cible notamment la gouvernance, la gestion des risques et les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux.

Cette intensification du contrôle reflète une réalité simple : plus la finance numérique devient systémique, plus le risque opérationnel, financier et réglementaire prend une dimension régionale. La croissance des volumes accroît mécaniquement l’exposition aux défaillances de gouvernance, aux risques technologiques et aux mécanismes de blanchiment.

Vers une nouvelle architecture financière régionale

Les chiffres de 2025 dessinent finalement un changement de nature plutôt qu’une simple progression statistique. Avec 172,9 millions de comptes, plus de 1,8 million de points de service et près de 164 200 milliards de FCFA de transactions, la monnaie électronique s’impose désormais comme l’un des principaux vecteurs de circulation financière dans l’UMOA.

Le défi pour les autorités monétaires et prudentielles consiste désormais à accompagner cette expansion sans laisser l’innovation devancer les mécanismes de contrôle. La prochaine phase du marché se jouera donc moins sur le nombre de comptes ouverts que sur la capacité des opérateurs à maintenir la confiance, la rentabilité, la sécurité des transactions et la conformité réglementaire à mesure que les volumes continuent de croître.