La capitale nigérienne a accueilli ce mercredi 8 mai 2026 une cérémonie qui marque une étape décisive dans la modernisation de l’administration publique. En effet , l’Administrateur délégué de la ville de Niamey, le colonel Boubacar Soumana Garanké, président de l’Association des municipalités du Niger, a pris part au lancement officiel de la connectivité haut débit des mairies.
Une avancée stratégique pour la gouvernance locale
Ce projet s’inscrit dans une dynamique de transformation numérique des collectivités territoriales. En dotant les mairies d’un accès à Internet haut débit, l’État nigérien entend renforcer l’efficacité administrative, améliorer la transparence et rapprocher l’administration des citoyens. Ainsi, pour le colonel Garanké, la digitalisation constitue un levier essentiel de la gouvernance municipale : elle permet non seulement de fluidifier les services publics, mais aussi de mobiliser davantage de ressources locales.
Le projet « Naneye Yarda » comme catalyseur
Au cœur de cette initiative se trouve le projet « Naneye Yarda », déjà mis en œuvre à Niamey. Ce programme a démontré sa capacité à simplifier l’accès des populations aux services municipaux, à réduire les lourdeurs bureaucratiques et à instaurer une relation plus directe entre les citoyens et leurs élus. En consolidant cette expérience, le gouvernement ambitionne également de faire de Niamey une capitale moderne, connectée et innovante, en phase avec la vision de la refondation.
Par ailleurs, la connectivité des mairies ne se limite pas à une amélioration technique : elle ouvre la voie à une administration plus inclusive. Les habitants pourront ainsi accéder plus facilement aux informations, aux démarches administratives et aux services essentiels. Dans un contexte où la fracture numérique reste un défi majeur, cette initiative est un pas important vers l’équité territoriale et la modernisation des infrastructures locales.
Vers une capitale tournée vers l’avenir
En somme, la cérémonie de lancement a été saluée comme un signal fort de l’engagement des autorités à inscrire la gouvernance locale dans l’ère numérique. En reliant les mairies au haut débit, Niamey et l’ensemble des communes du Niger se dotent d’outils indispensables pour répondre aux attentes croissantes des citoyens et accompagner le développement urbain.
Dans le nord du Niger, les symboles de l’autorité étatique et ceux de la légitimité séculaire avancent parfois d’un même pas lorsque l’urgence sociale l’exige. Ce mercredi 6 mai, le gouverneur de la région d’Agadez, le général de division Ibra Boulama Issa, a officiellement réceptionné un important lot d’équipements médicaux et humanitaires.
La cérémonie s’est tenue dans les locaux du gouvernorat, en présence de Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, Sultan de l’Aïr et président de l’Association des chefs traditionnels du Niger (ACTN), ainsi que de plusieurs personnalités civiles et militaires, dont le médecin-chef du district sanitaire d’Ingall.
La donation, essentielle pour les structures sanitaires de la périphérie d’Agadez, comprend notamment deux ambulances médicalisées. La première est un don direct du sultanat, la seconde émane d’un mécène local ayant souhaité garder l’anonymat. Ces véhicules de secours sont destinés aux centres de santé intégrés (CSI) de la commune rurale d’Ingall, précisément pour les localités enclavées de Tiguirwit et d’Assaouas.
L’enclave d’Ingall, thermomètre des carences sanitaires
Pour ces communautés pastorales et oasiennes situées aux portes du désert, l’accès aux évacuations sanitaires d’urgence relève trop souvent de la gageure. Les pistes de latérite et le manque de moyens roulants transforment la moindre complication médicale en drame humanitaire. « Ce geste vise avant tout à appuyer les efforts de l’État dans le cadre de l’évacuation des malades vers les centres de santé adaptés », a souligné le Sultan de l’Aïr, rappelant que l’autorité coutumière demeure un relais social essentiel dans les crises sahariennes.
Le don comporte également un volet social. Les autorités ont remis au gouverneur un lot significatif de nattes, de couvertures et de moustiquaires, destiné spécifiquement à la maison d’arrêt d’Agadez, où la promiscuité et les conditions climatiques extrêmes mettent les détenus à rude épreuve.
En réceptionnant ces dons, le gouverneur de la région a salué et remercié les donateurs au nom des autorités nationales, insistant sur l’importance de ces gestes pour améliorer les conditions de vie des populations. La présence de personnalités civiles et militaires a donné à cette cérémonie une portée institutionnelle et communautaire, illustrant la complémentarité entre l’action publique et l’engagement des autorités traditionnelles.
À Niamey, le siège de l’Observatoire national de la communication (ONC) a servi, lundi 4 mai, de cadre à une séquence diplomatique. Le président de l’institution, Ibrahim Manzo Diallo, y a reçu l’ambassadeur d’Algérie au Niger, Ahmed Saadi, pour une visite de courtoisie rapidement élargie aux enjeux de coopération sectorielle.
Autour de la table figuraient notamment des représentants de la chancellerie algérienne, dont l’attaché Moualek Nassin, ainsi que les cadres administratifs et techniques de l’ONC. Dans une intervention introductive, M. Diallo a posé les bases de l’échange en rappelant les prérogatives de l’organe de régulation, insistant sur son rôle dans l’encadrement du paysage médiatique national.
Le secrétaire général de l’ONC, Garba Ousmane, a, pour sa part, détaillé les leviers d’action de l’institution : contrôle de l’accès aux médias, délivrance d’autorisations aux organes de presse, mais aussi accompagnement des professionnels. Il a mis en avant les efforts de structuration du secteur, notamment à travers des programmes de formation déployés depuis le début de 2020, dans un contexte de transformation accélérée des pratiques journalistiques.
Au fil des échanges, la discussion a convergé vers les défis contemporains de la régulation, à l’heure où le numérique redéfinit les circuits de production et de diffusion de l’information. Face à ces mutations, la coopération technique apparaît comme un levier stratégique.
L’ambassadeur algérien a salué la qualité des travaux engagés par l’ONC, tout en inscrivant cette rencontre dans une dynamique plus large de rapprochement entre Niamey et Alger. Il a évoqué la continuité des échanges bilatéraux, notamment dans le cadre des mécanismes de coopération axés sur le développement et le renforcement des capacités.
Au‑delà des déclarations d’intention, les deux diplomates ont avancé des perspectives concrètes. Alger affirme sa volonté de soutenir l’ONC, notamment en formant ses ressources humaines et en améliorant ses outils techniques. Les parties ont également évoqué une mission de travail en Algérie pour le président de l’institution nigérienne, afin d’appuyer certains dossiers jugés prioritaires
Le diplomate a enfin indiqué son intention de relayer auprès des autorités algériennes les besoins exprimés par l’ONC, notamment en matière d’équipements adaptés à la régulation des médias numériques — un champ en pleine expansion mais encore peu outillé dans de nombreux pays de la région.
La rencontre s’est conclue par un échange de présents protocolaires, scellant une volonté partagée : inscrire la régulation des médias dans un partenariat bilatéral appelé à se densifier.
Tahoua, 05 mai 2026 – Dans une initiative inédite, le Ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information (MCNTI), en partenariat avec le Ministère de la Population, de l’Action sociale et de la Solidarité nationale et l’UNICEF Niger, a lancé ce matin à Tahoua un atelier national de formation dédié au traitement médiatique des violences basées sur le genre (VBG). Ainsi, cet événement marque une étape décisive dans la lutte contre ce fléau, en plaçant les acteurs des médias, de la culture et de la création au cœur de la sensibilisation.
Pendant cinq jours, des journalistes, artistes, créateurs de contenus et jeunes engagés, issus de six régions du Niger, vont approfondir leurs compétences pour aborder avec rigueur et sensibilité les questions liées aux VBG. L’objectif est clair : déconstruire les stéréotypes, renforcer l’éthique journalistique et promouvoir une information inclusive et responsable.
Par ailleurs, les participants, acteurs clés de l’opinion publique, sont invités à repenser leur rôle dans la mobilisation sociale. À travers des échanges de bonnes pratiques et des ateliers de co-création, ils exploreront des méthodes pour changer les comportements et transformer les normes sociales par le pouvoir des récits.
En effet, « l’information agit comme une arme, la communication rassemble et élève le débat public », rappelle l’un des organisateurs. De plus, les initiateurs de l’atelier insistent : les acteurs du Niger doivent eux-mêmes raconter leurs histoires, avec compétence et authenticité.
Journalistes, artistes et influenceurs s’unissent ainsi pour construire des récits positifs, capables d’influencer durablement les mentalités. Leur mission consiste à transformer les médias et la culture en outils de prévention et de lutte contre les VBG.
Dans ce contexte, cette formation s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des capacités locales. En outre, en associant expertise médiatique et créativité artistique, le Niger propose une approche plus participative pour lutter contre les violences de genre.
Au fond, une question demeure : et si le changement commençait par les mots ?
Dans le cadre de l’opération « Une semaine, une école », la ministre de l’Éducation nationale s’est rendue au CES Rive Droite 2. Entre montée des couleurs et exhortations aux examens, le gouvernement dessine les contours d’une jeunesse dévouée à la nouvelle Confédération de l’AES.
Huit heures pile, ce lundi 4 mai. Dans la cour du Collège d’enseignement secondaire (CES) Rive Droite 2, à Niamey, le silence est de mise. Sous le regard attentif de la ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues, le Dr Élisabeth Shérif, les élèves entonnent l’hymne national. Mais cette année, la partition a changé : aux notes de La Nigérienne succède l’hymne de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Ce rituel, loin d’être anecdotique, constitue le cœur battant de l’initiative « Une semaine, une école ». Lancé par le gouvernement de transition, ce programme vise à transformer les établissements scolaires en laboratoires du « citoyen nouveau », où patriotisme et civisme sont désormais érigés en disciplines fondamentales, au même titre que les mathématiques ou le français.
« Une semaine, une école »: le « temple » de la Rive Droite
Le choix du CES Rive Droite 2 pour cette visite ministérielle ne doit rien au hasard. L’établissement s’est illustré l’an passé par des résultats académiques solides, devenant ainsi un symbole de la méritocratie que le régime du général Abdourahamane Tiani souhaite promouvoir.
Accueillie par les autorités de l’arrondissement communal Niamey 5, la ministre a reçu un hommage appuyé pour son action. Mais pour le Dr Élisabeth Shérif, l’heure n’est pas à l’autosatisfaction. En arpentant les salles de classe, elle observe, interroge et conseille. Sa présence rappelle que la « refondation » du système éducatif nigérien, chantier prioritaire de la transition, se joue dans l’intimité du face-à-face entre l’enseignant et l’élève.
À quelques semaines des examens de fin d’année, la pression est palpable. Dans les classes de terminale et de troisième, le Dr Shérif a troqué le discours protocolaire pour celui de la « grande sœur » ou du mentor, exhortant les candidats à redoubler d’efforts pour l’obtention de leur diplôme.
« Le succès est au bout de la rigueur », a-t-elle rappelé, soulignant que le mérite est le seul critère de réussite dans ce Niger en pleine mutation. En fait, cette rhétorique de l’effort personnel s’inscrit dans une volonté plus large de moraliser l’espace public et de rompre avec les réseaux d’influence du passé.
L’inspection ministérielle ne s’est pas arrêtée aux murs du collège. La délégation s’est rendue au stade municipal de Niamey pour superviser le déroulement des épreuves physiques et sportives (EPS), lancées officiellement le samedi 2 mai.
Sur la piste, le Dr Élisabeth Shérif a marqué un arrêt remarqué pour saluer la détermination des candidats malvoyants. Un geste fort, destiné à montrer que la refondation scolaire se veut inclusive, malgré les contraintes budgétaires et sécuritaires qui pèsent sur le pays.
« Une semaine, une école » : un enjeu de cohésion régionale
Au-delà de la pédagogie, ces visites hebdomadaires servent de caisse de résonance à la diplomatie de l’AES. En faisant chanter l’hymne de la Confédération par des milliers d’écoliers, le ministère de l’Éducation nationale s’assure que l’intégration régionale n’est pas seulement un concept politique discuté dans les sommets de chefs d’État, mais une réalité culturelle ancrée dans l’esprit de la future élite du pays.
Alors que l’année scolaire 2025‑2026 touche à sa fin, le dynamisme de l’initiative « Une semaine, une école » illustre une certitude pour le pouvoir de Niamey : l’école est le premier front de la souveraineté. En quittant les lieux, la ministre a laissé derrière elle des élèves encouragés, mais aussi conscients que leur réussite scolaire est désormais indissociable de leur engagement envers la patrie.
Le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine a lancé, le samedi 2 mai, le chantier de nouveaux collèges scientifiques à travers le pays. Entre chiffres d’excellence vertigineux et volonté de souveraineté, le gouvernement tente de transformer le système éducatif en un véritable moteur de développement.
C’est une petite truelle d’argent, mais une grande ambition politique. Sous le soleil déjà haut de Niamey, le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, a posé, samedi dernier, la première pierre de ce qui doit devenir l’un des piliers de la « refondation » du pays : les nouveaux collèges scientifiques nationaux. L’événement, entouré d’une pompe solennelle, n’était pas seulement une affaire de béton et de parpaings. En présence des hauts dignitaires du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et de la ministre de l’Éducation, le Dr Elisabeth Shérif, il s’agissait de tracer la frontière entre le Niger d’hier et celui que le général d’armée Abdourahamane Tiani appelle de ses vœux.
Collèges scientifiques : l’obsession de la souveraineté par le savoir
Pour les autorités nigériennes, le constat est sans équivoque : un pays ne peut prétendre à une souveraineté réelle sans une maîtrise endogène des sciences et des technologies. Ce déploiement d’infrastructures à Niamey, mais aussi à Tahoua et Zinder, vise à extraire la « substantifique moelle » de la jeunesse nigérienne pour la préparer aux défis industriels et énergétiques de la sous-région.
« Nous ne construisons pas seulement des salles de classe, nous bâtissons le cadre d’émergence d’une élite capable de piloter notre progrès sans béquilles extérieures », a martelé le Premier ministre lors de son allocution.
Ce discours, qui résonne avec la ligne souverainiste de l’Alliance des États du Sahel (AES), place l’éducation au cœur de la résilience nationale.
Le « laboratoire » de Niamey : des résultats qui défient les moyennes
En effet, l’initiative ne part pas d’une page blanche. Le projet s’appuie sur les succès spectaculaires du Collège scientifique de Niamey, devenu en quelques mois le navire amiral de cette politique. Les données académiques révélées lors de la cérémonie ont de quoi faire pâlir les meilleurs établissements privés du continent.
En effet, pour l’année scolaire 2024-2025, la classe de 6e a affiché une moyenne générale de 16,77/20. Un chiffre qui ne reflète qu’en partie la densité de l’excellence : sur une promotion, 30 élèves ont dépassé la barre des 18/20 de moyenne annuelle. De plus, le premier semestre de l’année en cours (2025-2026) confirme cette trajectoire avec 40 élèves de 5ᵉ atteignant ou dépassant les 18/20.
Tableau des performances (Classe de 5e – 1er Semestre 2025-2026) :
Tranche de moyenne
Nombre d’élèves
Moyenne ≥ 19
02
18 ≤ M < 19
38
17 ≤ M < 18
48
16 ≤ M < 17
35
Moyenne < 14
01
Ces scores, que d’aucuns jugeraient inaccessibles, sont ici présentés comme le fruit d’une discipline de fer et d’une sélection rigoureuse. Au Niger, l’excellence n’est plus une option, elle devient aussi un devoir patriotique.
L’un des aspects les plus marquants de ce projet est l’insistance des autorités sur les valeurs de « transparence » et d’« intégrité ». Dans un pays où le système éducatif a longtemps souffert de disparités et de manque de moyens, le gouvernement veut faire de ces collèges des sanctuaires de la méritocratie. Ainsi, l’objectif est de démontrer que l’ascenseur social fonctionne par le talent seul, loin des réseaux d’influence traditionnels.
La ministre de l’Éducation, le Dr Elisabeth Shérif, a d’ailleurs insisté sur la modernisation des méthodes d’apprentissage. Ainsi, ces nouveaux collèges seront dotés de laboratoires équipés et de supports numériques, un luxe nécessaire pour transformer des boursiers méritants en ingénieurs, agronomes ou techniciens de haut vol.
Collèges scientifiques : les défis de l’après-chantier
Toutefois, si la pose de la première pierre suscite l’enthousiasme, les observateurs du secteur de l’éducation s’interrogent sur la pérennité de ce modèle à grande échelle. Le Niger, confronté à une démographie galopante et à des impératifs sécuritaires budgétivores, pourra-t-il maintenir ce niveau d’investissement pour l’ensemble de sa jeunesse ?
« Créer des pôles d’excellence est une excellente chose pour former les cadres », nuance un expert en politiques éducatives basé à Niamey. « Mais le défi sera de s’assurer que ces collèges ne deviennent pas des îlots isolés dans un océan de précarité scolaire. »
En définitive, le gouvernement affiche sa détermination à hisser l’éducation nationale au rang d’excellence sur le continent. En mobilisant les acteurs du secteur autour de cette dynamique, le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine engage un pari majeur pour l’avenir du pays. Car, au-delà des bâtiments, c’est la capacité du Niger à s’autosuffire intellectuellement qui est en jeu. En attendant, les futurs collèges scientifiques de Tahoua et Zinder promettent déjà d’être les nouveaux foyers d’une jeunesse nigérienne qui, calculatrice en main, entend bien redéfinir son destin.
Le chef de l’État burkinabè a remis, ce lundi 4 mai, un impressionnant lot de matériel lourd à l’Agence Faso Mêbo. Un geste qui illustre la volonté de la transition de bâtir une autonomie logistique face aux défis de développement et d’insécurité.
Sous le soleil de plomb de Ouagadougou, l’image se veut le reflet d’une nation en mouvement. Ce lundi matin, le capitaine Ibrahim Traoré a présidé une cérémonie de remise d’équipements d’envergure au profit de l’Agence Faso Mêbo. Camions, engins de chantier et véhicules de liaison : ce nouvel arsenal ne servira pas le front militaire, mais celui, tout aussi crucial aux yeux du régime, des infrastructures nationales.
Par ailleurs, la présidence burkinabè entend court-circuiter les lourdeurs administratives et les dépendances extérieures en renforçant les capacités opérationnelles de Faso Mêbo. L’objectif affiché est de permettre le déploiement immédiat de nouvelles brigades sur l’ensemble du territoire. Dans un contexte où l’accès à certaines régions reste complexe, le gouvernement mise sur cette agence « maison » pour assurer la continuité de l’État par le béton et le bitume.
Cette dotation s’inscrit dans la vision globale du « camarade » Traoré, pour qui la construction de routes, de ponts et de barrages constitue le corollaire indispensable de la reconquête territoriale. En dotant l’agence de moyens propres, le Burkina Faso tente de prouver qu’il peut bâtir son avenir en s’appuyant sur ses propres leviers.
Accélérer le temps des chantiers
Jusqu’ici limitée par des ressources parfois disparates, l’Agence Faso Mêbo change aujourd’hui de dimension. Ce matériel lourd doit permettre d’accélérer la mise en œuvre de projets souvent freinés par l’insécurité ou le manque de prestataires privés disposés à intervenir dans les zones sous tension.
« C’est une réponse concrète à l’urgence de développement », glisse un proche du dossier à la présidence. « Chaque engin livré est une promesse de désenclavement pour nos populations. »
Au-delà de la logistique, l’événement de ce 4 mai est éminemment politique. D’ailleurs, Ibrahim Traoré consolide son image de bâtisseur et de gestionnaire rigoureux des ressources nationales en s’affichant au cœur de cette distribution d’équipements. Pour les autorités de la transition, il s’agit de démontrer que, malgré le blocus de certains partenaires internationaux et la pression des groupes armés, l’État burkinabè garde la main haute sur son agenda de modernisation.
Alors que les nouvelles brigades s’apprêtent à rejoindre leurs zones d’affectation, ce coup d’accélérateur opérationnel marque une étape supplémentaire dans l’institutionnalisation de la « révolution » par les travaux majeurs.
Le chef de l’État, le général Abdourahamane Tiani, a appelé les Nigériens à observer une journée de jeûne et de prières ce lundi 4 mai. Derrière la piété, une volonté affichée de renforcer la cohésion nationale et la solidarité au sein de l’AES.
C’est une injonction qui dépasse le cadre strictement politique pour toucher à l’intime des foyers nigériens. Ce lundi, les rues de Niamey et des grandes agglomérations du pays résonnent d’un silence particulier. À l’appel du général d’armée Abdourahamane Tiani, président de la transition, les citoyens observent un « jeûne franc », doublé de prières et d’invocations sur l’ensemble du territoire national.
Une journée de jeûne : le levier spirituel face à l’insécurité
Alors que la région reste en proie à une pression terroriste persistante, les autorités de Niamey choisissent d’investir le champ symbolique, mobilisant la ferveur religieuse comme un instrument de cohésion nationale et un signal adressé à leurs partenaires de l’AES. Pour le général Tiani, l’objectif est évident : solliciter l’intervention divine pour restaurer la paix, non seulement au Niger, mais également au sein de l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali et le Burkina Faso.
Ce recours à la spiritualité n’est pas inédit dans l’histoire sahélienne, mais il prend ici une dimension diplomatique majeure. En associant explicitement la sécurité des pays voisins à cette journée de dévotion, Niamey réaffirme la doctrine de l’AES : une solidarité sans faille entre les trois capitales ayant rompu avec la Cedeao et les partenaires occidentaux traditionnels.
La cohésion nationale, « clé de la stabilité »
Au-delà de l’aspect religieux, ce mot d’ordre s’inscrit dans une stratégie de mobilisation populaire. Le communiqué officiel insiste aussi sur une nécessité impérieuse : renforcer l’unité nationale. Pour le gouvernement, la cohésion sociale est présentée comme l’ultime rempart, la « clé de la stabilité » face aux velléités de déstabilisation extérieures et intérieures.
« Il ne s’agit pas seulement de s’abstenir de nourriture, mais de manifester une unité de destin face aux défis sécuritaires », explique un observateur de la vie politique nigérienne.
Un contexte de souveraineté affirmée
Cette journée de prières survient dans le sillage de l’attaque subie par le Mali, tandis que le Niger redéfinit ses alliances internationales en misant sur la coopération Sud-Sud et le renforcement de ses capacités militaires endogènes. En appelant à la ferveur collective, le général Tiani cherche à transformer l’acte de foi en acte de résistance et de souveraineté.
Dans les mosquées et les églises du pays, les prêches de ce lundi devraient converger vers un même vœu : celui d’une paix durable dans un Sahel qui cherche encore son point d’équilibre.
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Réuni ce mardi 28 avril au Canada, le Conseil de la FIFA a acté une augmentation significative des dotations pour les 48 nations participantes et assoupli le règlement sur les cartons jaunes. Une offensive financière et technique menée en amont du 76e Congrès de l’organisation.
Dans l’effervescence printanière de Vancouver, les sommets du football mondial ont pris l’accent du réalisme économique. À quelques semaines du coup d’envoi du Mondial 2026, la 36e réunion du Conseil de la FIFA s’est tenue ce mardi, sous la présidence de Gianni Infantino. Parmi les figures influentes de ce conclave, le Nigérien Djibrilla Hima Hamidou, dit « Pelé », colonel-major et membre stratégique du Conseil, a pris part à des décisions qui redéfinissent l’économie du ballon rond.
Face à un format inédit à 48 équipes, l’instance faîtière a choisi de frapper fort. Portée par des revenus commerciaux records, la FIFA a annoncé une revalorisation de 15 % de l’enveloppe globale destinée aux associations membres. Concrètement, le pactole total grimpe à 871 millions de dollars. Chaque nation qualifiée percevra désormais 2,5 millions de dollars pour sa préparation (contre 1,5 million auparavant) et une prime de participation fixée à 10 millions de dollars.
La « jurisprudence des cartons » s’adapte au gigantisme
Au-delà de la manne financière, le Conseil a procédé à un ajustement réglementaire très attendu par les sélectionneurs. Avec l’ajout d’un tour supplémentaire (les seizièmes de finale), le risque de voir les stars du tournoi suspendues pour la finale devenait statistiquement critique.
Désormais, le compteur des cartons jaunes sera remis à zéro non seulement après le premier tour, mais également après les quarts de finale. Une mesure de « protection du spectacle » qui vise à garantir que les meilleurs joueurs ne soient pas privés du bouquet final à New York, le 19 juillet prochain, pour une simple accumulation de fautes techniques.
Par ailleurs, la présence du colonel-major Djibrilla Hima Hamidou à cette table ronde témoigne du poids croissant du Niger et de l’Afrique dans la gouvernance du football. Élu en mars 2025, « Pelé » s’impose comme un relais essentiel entre les réalités du terrain africain et les décisions zurichoises.
Enfin, la session s’est achevée par la désignation des pays hôtes de plusieurs compétitions de jeunes, confirmant la volonté de la FIFA de densifier le calendrier international. Alors que le 76ᵉ congrès s’ouvre officiellement ce jeudi, ces annonces sonnent comme un satisfecit financier pour Gianni Infantino, dont la réélection pour le mandat 2027-2031 se profile déjà sur une trajectoire largement balisée.