août 2026 - Page 4 sur 8 - Journal du Niger

Niger-Algérie : Tiani a reçu l’ambassadeur algérien Saadi Ahmed

NIAMEY, 17 août 2026 — Le Niger et l’Algérie veulent donner une nouvelle impulsion à leur partenariat stratégique. Le président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a reçu lundi au Palais de la Présidence l’ambassadeur d’Algérie au Niger, Saadi Ahmed, pour examiner les principaux axes de la coopération entre les deux pays.

 

Dr Soumana Boubacar, ministre, directeur de cabinet du président de la République et porte‑parole du gouvernement, a assisté à la rencontre.

 

Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la montée en puissance des projets énergétiques régionaux et par le renforcement des relations entre Niamey et Alger. Les deux responsables ont notamment évalué les perspectives ouvertes par les grands projets d’infrastructures reliant les pays de la région.

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Le pétrole d’Agadem‑Kafra ouvre une nouvelle séquence

Les échanges ont pris une dimension particulière au lendemain du lancement du bloc pétrolier d’Agadem‑Kafra. Le chef de l’État nigérien et le diplomate algérien ont relevé le bon déroulement de la cérémonie consacrée à cette nouvelle étape du développement du secteur énergétique nigérien.

 

Par ailleurs, les discussions traduisent la volonté des deux capitales de consolider une coopération qui dépasse le seul secteur pétrolier. L’énergie, les infrastructures et les grands projets transfrontaliers constituent désormais des leviers majeurs de ce rapprochement.

CCPRN
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Le projet de gazoduc au cœur des perspectives

L’un des dossiers évoqués concerne le projet de gazoduc devant relier le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger. Ce projet régional pourrait renforcer le rôle du Niger dans les échanges énergétiques entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord.

 

Pour Niamey comme pour Alger, la réalisation d’une telle infrastructure représente un enjeu économique et stratégique. Elle pourrait favoriser la circulation des ressources énergétiques, soutenir l’intégration régionale et créer de nouvelles opportunités de coopération entre les États concernés.

L’ambassadeur Saadi Ahmed a, par ailleurs, salué la maîtrise des dossiers affichée par le président Tiani et mis en avant les perspectives de développement des relations bilatérales.

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Niamey mise sur des partenariats à portée régionale

Cette audience illustre également la place croissante des partenariats énergétiques dans la diplomatie nigérienne. Le pays cherche à valoriser ses ressources tout en développant des infrastructures susceptibles d’accroître son rôle dans les échanges régionaux.

La coopération avec l’Algérie s’inscrit ainsi dans une logique plus large : transformer les projets énergétiques en instruments de développement, de connectivité et d’intégration africaine.

En somme, au‑delà des accords bilatéraux, cette rencontre marque une étape décisive : Niamey et Alger entendent transformer leurs ressources énergétiques en un véritable levier d’intégration régionale et de puissance africaine

La ministre de l’Éducation, Elisabeth Shérif, inspecte le chantier du Collège scientifique de Niamey

NIAMEY, 17 août 2026 — Pour accélérer la formation des futurs cadres du pays, l’État nigérien resserre désormais son contrôle sur les chantiers d’infrastructures éducatives stratégiques. Ainsi, le Dr Élisabeth Shérif, ministre de l’Éducation nationale, a inspecté le site du futur Collège scientifique de Niamey afin d’imposer aux constructeurs le strict respect des calendriers et des cahiers des charges.

Ministère de l'Education Nationale
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Un projet clé pour la refondation nationale

Ce nouveau campus constitue en effet une pièce maîtresse de la politique de refondation nationale impulsée par le Général d’Armée Abdourahamane Tiani. L’administration actuelle mise directement sur cet établissement pour moderniser l’enseignement des sciences et instaurer une véritable culture de l’excellence académique à travers le pays.

 

Ministère de l'Education Nationale
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Aucun compromis sur la qualité et les délais

 

Sur le terrain, la ministre a confronté les chefs de chantier. Elle a fermement exigé une livraison rapide des bâtiments et a prévenu que le gouvernement ne tolérera aucun compromis sur la solidité ou la qualité des installations. L’objectif affiché consiste à doter le Niger d’un pôle d’apprentissage répondant aux standards internationaux.

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Une mobilisation institutionnelle totale

Par ailleurs, preuve de l’enjeu politique de ce dossier, l’ensemble de l’appareil administratif local s’est mobilisé pour cette évaluation. Le gouverneur de la région, l’administrateur de la ville et les dirigeants des cinq arrondissements de la capitale ont escorté la ministre. Cette présence massive illustre une coordination totale entre le pouvoir central et les autorités municipales afin de sécuriser et finaliser les investissements scolaires.

Ce chantier illustre la volonté du Niger de bâtir, au‑delà des murs, un avenir fondé sur la connaissance et l’excellence.

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Niger – ZIMAR : Une raffinerie de 1,9 milliard $ à Dosso

NIAMEY, 17 août 2026 — Le Niger franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale du pétrole brut. L’État a conclu, samedi 15 août à la Primature, une convention avec ZIMAR GROUP pour construire à Dosso une raffinerie de 100 000 barils par jour, adossée à un complexe pétrochimique. Le projet représente un investissement annoncé de 1,9 milliard de dollars, soit environ 1 077 milliards de FCFA.

Derrière cette enveloppe considérable, le gouvernement poursuit un objectif qui dépasse la construction d’une nouvelle infrastructure industrielle : réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers, augmenter la valeur créée sur le territoire et renforcer la sécurité énergétique du pays.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
© Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
Quatre mois pour passer du projet au financement

La convention prévoit une première échéance particulièrement exigeante. ZIMAR GROUP dispose de quatre mois pour mobiliser le financement du projet et produire l’ingénierie détaillée de l’installation. Le partenaire devra ensuite parvenir au bouclage financier dans un délai de douze mois. Ces échéances constituent un premier test de la crédibilité financière et technique du projet avant son entrée dans une phase opérationnelle.

L’investissement sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé de type BOT — Build, Operate and Transfer. Le partenaire privé prendra en charge le financement, la construction et l’exploitation de l’infrastructure avant son transfert à l’État au terme du contrat. La durée totale de l’accord atteint 16 ans, avec trois années consacrées à la construction et treize années d’exploitation.

Une capacité de raffinage conçue pour changer l’échelle

La future raffinerie affichera une capacité de 100 000 barils par jour, répartie en trois unités : un premier train de 30 000 barils/jour, puis deux autres de 35 000 barils/jour chacun. Le projet prévoit également la construction d’infrastructures complémentaires : pipelines, capacités de stockage, plateforme industrielle et complexe pétrochimique.

Cette configuration pourrait permettre au Niger de ne plus considérer le pétrole uniquement comme une ressource à extraire et à exporter. Le pays chercherait ainsi à développer toute une chaîne industrielle autour du brut, depuis son transport jusqu’à sa transformation en produits destinés au marché.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
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Pourquoi le projet compte pour les ménages

L’intérêt du projet se mesure aussi à ses effets potentiels sur la vie quotidienne. Une capacité nationale de raffinage plus importante doit, à terme, permettre au Niger de produire davantage de carburants localement et de limiter son exposition aux approvisionnements extérieurs. Cette évolution pourrait améliorer la sécurité des stocks et réduire certains risques liés aux perturbations des marchés ou des chaînes d’approvisionnement.

Pour les transporteurs, les entreprises, les agriculteurs et les ménages, la disponibilité régulière des produits pétroliers constitue un enjeu économique majeur. Le carburant intervient directement dans le transport des personnes et des marchandises, le fonctionnement des machines agricoles, la logistique des entreprises et de nombreux services essentiels.

La raffinerie pourrait donc avoir un impact indirect sur plusieurs secteurs de l’économie, à condition que la production, la distribution et la commercialisation restent compétitives.

Le complexe pétrochimique élargit l’ambition industrielle

Le choix d’associer une raffinerie à un complexe pétrochimique traduit une volonté d’aller au-delà de la simple production de carburants. La pétrochimie permet de créer de nouvelles chaînes de valeur à partir des dérivés du pétrole et peut alimenter différentes activités industrielles. Pour le Niger, cette orientation ouvre la perspective d’une diversification de son tissu productif et d’une augmentation de la valeur ajoutée générée localement.

Le projet pourrait également renforcer la position du pays sur le marché régional en faisant de Dosso un site industriel susceptible de servir non seulement la demande nationale, mais aussi certains débouchés sahéliens.

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Des emplois, mais surtout des compétences à construire

ZIMAR GROUP annonce des milliers d’emplois directs et indirects autour du projet. L’impact social attendu ne se limitera toutefois pas au nombre de postes créés pendant les travaux. Le groupe prévoit également un transfert de compétences vers les ingénieurs et techniciens nigériens. Cette dimension sera déterminante pour permettre au pays de disposer progressivement d’une main-d’œuvre qualifiée capable d’intervenir dans la maintenance, l’exploitation, l’ingénierie et les métiers spécialisés de l’industrie pétrolière et pétrochimique.

Pour les jeunes diplômés et les travailleurs techniques, la réussite du projet pourrait ainsi créer un nouveau marché de l’emploi industriel, à condition que les mécanismes de formation et de recrutement accompagnent réellement le chantier.

Un projet préparé depuis 2024

La convention du 15 août 2026 prolonge le Mémorandum d’entente signé en octobre 2024 entre l’État nigérien et le consortium composé de ZIMAR GROUP, société de droit nigérien, et de HIGH TECH, société américaine. La signature marque donc une transition entre une phase de préparation et une étape contractuelle plus avancée. Le gouvernement devra désormais suivre de près la mobilisation des fonds, la réalisation des études techniques et le respect des différentes échéances prévues.

Un comité de suivi doit accompagner l’exécution de la convention et contrôler le respect des engagements des parties.

Ministère des Affaires Étrangères - Coopération - NE
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Le véritable enjeu sera l’exécution

Pour le Niger, le projet de Dosso s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté énergétique et d’industrialisation. Mais l’ampleur financière du chantier impose une exécution rigoureuse. Les prochains mois seront décisifs : mobiliser 1 077 milliards de FCFA, finaliser l’ingénierie et sécuriser le financement constituent les premières conditions pour transformer l’annonce en chantier effectif.

À terme, la réussite de cette raffinerie se mesurera moins à sa capacité théorique de production qu’à ses effets concrets sur l’économie : disponibilité des carburants, création d’emplois, développement des compétences, baisse de la dépendance extérieure et apparition de nouvelles activités industrielles.

Après la signature de la convention, le défi change donc de nature. Le Niger ne doit plus seulement produire du pétrole ; il doit désormais démontrer sa capacité à le transformer localement et à convertir cette ressource en bénéfices durables pour sa population.

Niger : Une nouvelle Politique Nationale d’Agriculture (2027-2035)

NIAMEY, 17 août 2026 — Le Niger ouvre un nouveau chantier stratégique pour son secteur agricole. Réunis à Niamey autour du processus d’élaboration de la Politique nationale d’Agriculture (PNA) 2027-2035 et de son premier plan d’action 2027-2029, les responsables publics, les collectivités et les partenaires techniques et financiers veulent construire un cadre capable de répondre à un double impératif : produire davantage et protéger durablement les moyens de subsistance de la majorité de la population.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Colonel Mahaman El Hadji Ousmane, a officiellement lancé, ce lundi 17 août, les travaux destinés à définir les grandes orientations de cette nouvelle politique. Le futur document doit remplacer une logique de dispersion des initiatives par une stratégie nationale plus cohérente, articulée autour des réalités économiques, climatiques et sociales des différentes régions du pays.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
© Conseil Consultatif de la Refondation CCR
Transformer une agriculture exposée aux chocs

L’enjeu dépasse largement la seule question des rendements agricoles. Au Niger, l’agriculture reste au cœur de l’économie et des revenus des ménages ruraux. Selon les données rappelées lors de la cérémonie, le secteur représente environ 42 % du produit intérieur brut (PIB) et concerne directement près de 80 % de la population active.

Dans ce contexte, la future PNA devra traiter les vulnérabilités qui fragilisent régulièrement les producteurs : épisodes climatiques extrêmes, dégradation des ressources naturelles, difficultés d’accès aux intrants et au financement, faiblesse des infrastructures, mais aussi insuffisante transformation locale des productions.

Le gouvernement entend ainsi faire évoluer le modèle agricole vers davantage de résilience. Il s’agit notamment de développer des systèmes de production capables de mieux supporter les sécheresses, les inondations et les autres aléas climatiques, tout en améliorant les revenus tirés des chaînes de valeur.

Cette orientation concerne directement les consommateurs. Une agriculture plus productive et mieux organisée peut contribuer à accroître l’offre alimentaire locale, à réduire la vulnérabilité des ménages face aux fluctuations des prix et à améliorer l’accès aux produits agricoles et alimentaires sur l’ensemble du territoire.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
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Une politique appelée à regrouper plusieurs stratégies

La nouvelle politique ne part pas de zéro. Elle doit capitaliser sur plusieurs programmes et stratégies déjà engagés par l’État, notamment la grande irrigation, la gestion durable des terres, la pêche et l’aquaculture, le développement de la riziculture et la petite irrigation.

Le futur cadre doit également intégrer la politique foncière rurale, le développement durable de l’élevage, la stratégie de recherche, de formation et d’innovation agricole à moyen et long terme à travers l’horizon Niger 2040, ainsi que le plan national des énergies renouvelables et la stratégie nationale d’entrepreneuriat des jeunes.

Cette mise en cohérence doit permettre d’éviter que les différentes interventions publiques restent isolées. Elle doit surtout favoriser une meilleure allocation des investissements vers les secteurs et territoires où les besoins sont les plus importants.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
© Conseil Consultatif de la Refondation CCR
Les régions appelées à faire remonter leurs priorités

Le gouvernement veut donner une place centrale aux collectivités dans la préparation du document. Le ministre a demandé aux secrétaires généraux adjoints des régions d’organiser des consultations à l’échelle départementale et régionale.

Ces rencontres devront réunir les différents acteurs du monde agricole afin de faire émerger des propositions adaptées aux réalités locales. Chaque région devra ensuite transmettre sa contribution conformément au guide méthodologique applicable aux cadres stratégiques sectoriels.

Cette démarche doit permettre d’intégrer les contraintes spécifiques des territoires : disponibilité de l’eau, accès aux terres, potentiel de production, infrastructures, systèmes d’élevage, activités halieutiques, débouchés commerciaux ou encore exposition aux risques climatiques.

Autrement dit, le Niger cherche à construire une politique nationale qui ne repose pas uniquement sur des décisions prises à Niamey, mais qui parte aussi des besoins exprimés dans les zones de production.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
© Conseil Consultatif de la Refondation CCR
L’accès des femmes et des jeunes devient un enjeu économique

Les partenaires techniques et financiers insistent également sur la nécessité de mieux inclure les populations qui participent déjà à l’économie rurale. Le chef de file des partenaires techniques et financiers, Johan Mistiaen, a notamment plaidé pour un meilleur accès des femmes aux ressources productives, au financement, aux technologies et aux marchés. Leur participation accrue aux chaînes de valeur pourrait permettre de transformer davantage de productions sur place et d’augmenter les revenus générés au sein des ménages.

La question de l’emploi des jeunes constitue également un axe important. En reliant agriculture, innovation, transformation et entrepreneuriat, la future politique pourrait créer de nouvelles activités au-delà de la production primaire. L’objectif est donc de faire du secteur agricole non seulement un instrument de sécurité alimentaire, mais aussi un levier de création d’emplois et de croissance économique.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
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Produire plus sans épuiser les ressources

Le changement climatique impose parallèlement une réorientation des pratiques. Le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage a insisté sur la nécessité de promouvoir des modèles de production qui utilisent plus efficacement l’eau et préservent les ressources naturelles.

Cette transition devra favoriser des techniques agricoles plus économes en eau, améliorer la gestion des terres et renforcer la valeur ajoutée produite localement. Pour un pays fortement dépendant des conditions climatiques, cette dimension environnementale devient une condition de durabilité de la production. Le gouverneur de Niamey a, de son côté, souligné la nécessité d’intégrer les effets des catastrophes naturelles dans les différentes étapes de conception de la politique.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
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Deux organes pour piloter le processus

Le processus d’élaboration reposera sur deux structures. Un comité de pilotage assurera l’orientation générale et la prise de décision, tandis qu’un comité technique coordonnera les travaux de préparation de la PNA et de son plan d’action. Les discussions devront aboutir à une définition claire des priorités, des objectifs, des besoins et des moyens de mise en œuvre avant la validation du document.

À terme, la Politique nationale d’Agriculture 2027-2035 doit devenir le principal cadre de référence pour les interventions dans le secteur rural. Son efficacité dépendra cependant moins de son contenu théorique que de la capacité de l’État et de ses partenaires à financer et à appliquer les mesures retenues.

Pour les agriculteurs, les éleveurs, les pêcheurs, les transformateurs et les consommateurs, l’enjeu est concret : augmenter durablement la production, sécuriser les revenus ruraux, améliorer l’approvisionnement alimentaire et rendre le système agricole nigérien moins vulnérable aux chocs climatiques et économiques.

Le chantier lancé à Niamey constitue ainsi une étape préparatoire. La véritable épreuve viendra avec la mise en œuvre de la politique, région par région, secteur par secteur, au bénéfice de la population.

Niger : Le président du CCR décoré de l’Ordre du Mérite

NIAMEY, 17 août 2026 — L’État nigérien réaffirme son engagement envers la restructuration de ses institutions en honorant l’un de ses principaux cadres dirigeants. Le docteur Mamoudou Harouna Djingarey, à la tête du Conseil consultatif de la Refondation (CCR), a été élevé au rang d’Officier de l’Ordre du Mérite du Niger, marquant une étape symbolique forte dans la reconnaissance du service public au plus haut niveau.

Ainsi, cette distinction honorifique dépasse le cadre du protocole administratif : elle incarne la validation politique et institutionnelle des travaux menés pour la reconstruction de la Nation. Dans une période décisive de transition et de réformes, décorer le président du CCR envoie un signal clair sur la centralité de la rigueur, de l’expertise civile et du devoir républicain dans la conduite des affaires publiques.

Conseil Consultatif de la Refondation CCR
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Une portée symbolique et institutionnelle majeure

En effet, l’Ordre du Mérite du Niger constitue l’un des leviers fondamentaux par lesquels la République distingue l’excellence citoyenne et la dévotion à l’intérêt général. En attribuant le grade d’Officier au Dr Djingarey, l’État salue la continuité de l’effort et la portée stratégique des avis formulés par le Conseil consultatif. Cette médaille vient consacrer un engagement soutenu en faveur de la gouvernance et de la stabilité institutionnelle.

De plus, remise ce lundi au terme d’une audience accordée dans son cabinet à Niamey, la médaille vient officialiser cet hommage national. L’attribution de cette haute distinction rappelle ainsi que la refondation d’un État repose avant tout sur l’intégrité et le dévouement individuel de ses serviteurs.

Économie : Des investisseurs saoudiens prospectent au Niger

Niamey, 14 août 2026 — L’Arabie saoudite cherche à renforcer ses relations économiques avec le Niger. A cet effet, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a reçu une importante délégation d’hommes d’affaires saoudiens venue au Niger dans le cadre d’une mission de travail et de courtoisie.

La rencontre a porté sur les possibilités d’investissement dans plusieurs secteurs stratégiques et sur les moyens de développer davantage les échanges entre les deux pays. La délégation comprenait notamment des responsables de la société AL-RAJHI Commercial and Support Services, partenaire du Commissariat à l’Organisation du Hadj et de la Oumra (COHO), ainsi que des représentants de la Fondation caritative AL-SAFWA.

Ministère du Commerce et de l’Industrie
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Niamey veut attirer davantage de capitaux privés

Au cœur des discussions, les deux parties ont examiné les secteurs susceptibles d’intéresser les entreprises saoudiennes et les conditions nécessaires à la réalisation de futurs projets.

Pour le gouvernement nigérien, l’objectif dépasse la simple multiplication des échanges commerciaux. Il s’agit également d’attirer des investissements privés capables de contribuer au développement industriel et à la création de nouvelles opportunités économiques.

Le ministre Abdoulaye Seydou a assuré ses interlocuteurs de la volonté des autorités de mettre en place un environnement favorable aux affaires, présenté comme plus attractif, sécurisé et adapté aux investissements.

Il a également réaffirmé l’orientation du gouvernement en faveur de la souveraineté économique et d’un secteur privé davantage impliqué dans la transformation de l’économie nationale.

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Des partenariats « gagnant-gagnant » recherchés

La délégation saoudienne a, de son côté, exprimé son intérêt pour le développement de relations économiques durables avec les acteurs nigériens.

Le PDG d’AL-RAJHI, Ing. Bandar Bin Abdullah Al-Rajhi, a salué l’accueil réservé à la délégation et indiqué que cette mission visait à identifier de nouvelles possibilités de coopération avec les partenaires économiques du Niger.

Cette volonté d’explorer de nouveaux marchés intervient dans un contexte où Niamey cherche à diversifier ses partenariats économiques et à renforcer la participation du secteur privé au développement national.

Les discussions ont ainsi porté sur de potentielles collaborations commerciales et industrielles, mais aussi sur des projets susceptibles de créer une valeur économique directe pour les populations.

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Le volet humanitaire au cœur des échanges

La rencontre a également abordé les activités sociales et humanitaires de la Fondation AL-SAFWA. Cette dimension vient compléter le volet strictement économique de la mission saoudienne.

Le rapprochement entre investissements privés et actions sociales pourrait ainsi constituer un axe supplémentaire de coopération entre les deux pays, notamment dans des domaines où les besoins des populations restent importants.

La présence du Commissaire à l’Organisation du Hadj et de la Oumra, accompagné de son secrétaire général et de son conseiller, ainsi que celle du Consul général du Niger à Djeddah, a également souligné la dimension institutionnelle de cette visite.

Ministère du Commerce et de l’Industrie
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Une délégation aux profils complémentaires

La mission saoudienne réunissait plusieurs responsables issus des secteurs des services, de la philanthropie et du conseil.

Elle était conduite par Ing. Bandar Bin Abdullah Al-Rajhi, PDG d’AL-RAJHI Commercial and Support Services. Étaient également présents Fahd Othman Al-Anizan, responsable des programmes et projets de la Fondation caritative AL-SAFWA, et Mohamed Khalaf Al-Otaibi, chargé des relations publiques et de la communication institutionnelle de la même fondation.

La délégation comprenait aussi Ing. Rami Hassan Al-Talibi, responsable des centres d’accueil d’AL-RAJHI Commercial and Support Services, ainsi que Adel Abdulmunif Makki, directeur général de la société de conseil QARAR AL-MUSTATHMIR.

Cette rencontre pourrait ainsi servir de point de départ à de nouveaux projets entre entreprises nigériennes et saoudiennes. Pour Niamey, l’enjeu sera désormais de transformer ces discussions exploratoires en investissements concrets, en accords commerciaux et en projets industriels créateurs d’emplois et de valeur.

Niger : Nouvelles mesures de sécurité pour les bus de transport

Niamey, 14 août 2026 — Le Niger veut durcir les règles de sécurité dans le transport collectif de voyageurs. Le ministre des Transports et de l’Aviation civile, le Colonel-Major Abdouramane Amadou, a présenté vendredi au patronat des sociétés de transport une série de mesures qui imposeront de nouvelles exigences aux compagnies opérant sur les lignes interurbaines et internationales.

 

Le gouvernement entend ainsi agir sur plusieurs facteurs susceptibles de provoquer des accidents graves, notamment la fatigue des conducteurs, leur état de santé, la consommation d’alcool ou de stupéfiants et l’absence de moyens suffisants pour intervenir rapidement après un accident.

Ministère des Transports et de l'Aviation Civile
© Ministère des Transports et de l'Aviation Civile
Le secteur des transports face à un nouveau dispositif

Lors de la rencontre, le ministre a défendu une approche préventive. Selon lui, les compagnies jouent un rôle essentiel dans la mobilité des populations et dans la desserte des différentes régions du pays. Mais cette mission doit désormais s’accompagner d’un renforcement des exigences de sécurité.

Le gouvernement veut notamment tirer les leçons de l’accident survenu à Dokou-Dokou. Sans attendre qu’un nouveau drame mette en évidence les mêmes défaillances, les autorités souhaitent renforcer les contrôles aussi bien sur les véhicules que sur les conducteurs.

Cette stratégie vise à rapprocher progressivement le transport routier de voyageurs des standards de sécurité appliqués dans l’aviation civile, où la prévention, le contrôle médical et le suivi des opérations occupent une place centrale.

Ministère des Transports et de l'Aviation Civile
© Ministère des Transports et de l'Aviation Civile
Cinq mesures obligatoires

Les nouvelles dispositions concerneront l’ensemble des bus affectés au transport interurbain et international. Elles comprennent notamment :

  • l’installation de systèmes de vidéosurveillance à bord ;
  •  l’équipement des véhicules avec des dispositifs d’alerte contre la somnolence au volant ;
  • la réalisation d’examens médicaux d’aptitude à la conduite professionnelle ;
  • le dépistage systématique de l’alcool et des stupéfiants chez les conducteurs ;
  • la présence de personnel formé aux premiers secours à bord des bus.

Le dispositif cherche ainsi à intervenir à plusieurs niveaux. La vidéosurveillance doit améliorer le suivi des trajets, tandis que les systèmes anti-somnolence doivent réduire les risques liés à la fatigue. Les contrôles médicaux et toxicologiques doivent, eux, permettre de vérifier que les conducteurs remplissent les conditions nécessaires pour transporter des passagers.

 

La présence de secouristes répond à un autre enjeu : réduire le délai entre l’accident et la prise en charge des victimes. Dans les situations d’urgence, les premières minutes peuvent en effet être déterminantes.

Ministère des Transports et de l'Aviation Civile
© Ministère des Transports et de l'Aviation Civile
Un calendrier de trois à six mois

Les compagnies disposeront d’un délai compris entre trois et six mois pour appliquer les différentes mesures, selon leur nature.

Cette période doit permettre aux entreprises de transport de procéder aux investissements nécessaires et d’adapter leur organisation. Elle constitue également un test pour la capacité du secteur à intégrer rapidement de nouvelles normes de sécurité.

Les responsables des sociétés de transport ont accueilli favorablement l’initiative tout en soulevant plusieurs préoccupations concernant sa mise en œuvre. Ils ont proposé des ajustements et formulé des suggestions que le ministère s’est engagé à examiner.

Ministère des Transports et de l'Aviation Civile
© Ministère des Transports et de l'Aviation Civile
L’État veut maintenir le dialogue avec les transporteurs

Le ministre Abdouramane Amadou a annoncé la mise en place d’un cadre de concertation permanent entre l’État et les compagnies de transport. L’objectif consiste à suivre l’application des mesures, identifier les difficultés et rechercher des solutions avec les opérateurs.

Des représentants du ministère des Transports, de l’ANISER, de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale ont également participé aux échanges.

Le gouvernement veut surtout modifier les pratiques du secteur. L’enjeu est de faire de la sécurité une responsabilité partagée entre les compagnies, les conducteurs, les services de contrôle et les autorités.

Pour le Niger, la réussite de cette réforme dépendra désormais de son application effective sur le terrain. Les nouvelles règles ne pourront produire les résultats attendus que si les contrôles deviennent réguliers et si les compagnies respectent réellement les exigences imposées.

Niger : Avancement des travaux sur la RN4 Farié–Téra (112 km)

TÉRA, 14 août 2026 — Sur la RN4, entre Farié et Téra, l’enjeu dépasse la seule réhabilitation d’un axe routier. Sur 112 kilomètres, le chantier doit renforcer l’une des liaisons terrestres importantes entre l’ouest du Niger et les réseaux commerciaux régionaux. Une visite effectuée jeudi 13 août 2026  par le ministre de l’Équipement et des Infrastructures, le Colonel-Major Salissou Mahaman Salissou, a permis d’évaluer directement l’état d’avancement des travaux.

Le chantier, officiellement lancé en novembre 2025, mobilise actuellement plusieurs corps d’intervention : terrassement, constitution des différentes couches de chaussée, revêtement et réalisation d’ouvrages de protection. Selon les constats effectués sur le terrain, les opérations se poursuivent à un rythme jugé satisfaisant par les responsables du projet.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
Un tronçon qui conditionne la circulation vers l’ouest

La section Farié–Téra occupe une position particulière dans l’architecture routière du Niger. Son réaménagement doit réduire les contraintes liées à l’état de la chaussée et améliorer la circulation sur un axe reliant plusieurs localités de l’ouest du pays.

Pour les usagers, l’objectif ne se limite donc pas à disposer d’une chaussée neuve. La qualité du revêtement, la résistance de la structure routière, la gestion des eaux et la sécurisation des points sensibles détermineront directement la durabilité de l’investissement.

C’est dans cette logique que le suivi des travaux porte simultanément sur les terrassements, les couches de chaussée et les ouvrages de protection. En effet, ces composantes sont déterminantes pour limiter la dégradation prématurée d’un axe soumis aux contraintes climatiques et à l’intensité du trafic.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
Un maillon du corridor Lomé–Ouagadougou–Niamey

Le projet s’inscrit dans le Projet de Corridor Économique Lomé–Ouagadougou–Niamey (PCE-LON). Cette dimension régionale donne à la RN4 une fonction qui dépasse les déplacements locaux.

À terme, l’amélioration du tronçon Farié–Téra doit faciliter la circulation des personnes et des marchandises, tout en renforçant la continuité des échanges entre les différents espaces économiques desservis par le corridor.

L’enjeu est particulièrement important pour un pays enclavé comme le Niger, dont les échanges extérieurs dépendent fortement de la performance des liaisons routières avec les pays voisins et les principaux corridors commerciaux.

Le financement mobilisé par l’État du Niger avec l’appui de la Banque mondiale inscrit ainsi le chantier dans une stratégie plus large de modernisation des infrastructures de transport.

La question de la qualité reste centrale

La progression physique d’un chantier routier ne constitue toutefois qu’un premier indicateur. La capacité de la nouvelle infrastructure à résister dans le temps dépendra de la conformité des matériaux, du respect des spécifications techniques, de la qualité du compactage et de l’exécution des ouvrages hydrauliques et de protection.

La visite ministérielle intervient précisément dans cette perspective. D’ailleurs, le contrôle régulier des différentes étapes permet de vérifier que l’avancement ne se fait pas au détriment des exigences techniques.

Pour le ministère, la priorité consiste donc à maintenir simultanément le rythme d’exécution et le niveau de qualité requis jusqu’à l’achèvement du projet.

Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
© Ministère de l'Equipement et des Infrastructures
Un investissement aux effets attendus sur l’économie locale

La réhabilitation de la RN4 pourrait également modifier les conditions d’accès aux marchés et aux services pour les populations des zones traversées. Une route plus praticable réduit potentiellement les temps de déplacement, les coûts d’exploitation des véhicules et les risques liés aux déplacements. Elle peut également améliorer l’acheminement des productions agricoles et commerciales vers les centres de consommation. L’impact économique dépendra cependant de la capacité à maintenir l’axe en bon état après sa mise en service. La question de l’entretien constituera donc un enjeu aussi important que celle de la construction.

En se rendant sur le chantier, le ministre de l’Équipement et des Infrastructures a voulu inscrire le suivi du projet dans cette logique de contrôle opérationnel. Pour les autorités, l’objectif est désormais de transformer l’avancement constaté sur le terrain en une infrastructure achevée, durable et effectivement exploitable.

La section Farié–Téra, longue de 112 kilomètres, apparaît ainsi comme un investissement à double portée : améliorer les déplacements à l’échelle nationale et consolider la fonction du Niger dans le corridor économique reliant Lomé, Ouagadougou et Niamey.

Arabie saoudite-Niger : vers de nouveaux investissements à Niamey

NIAMEY, 14 août 2026 — Partenaire historique du Niger dans la gestion du pèlerinage à La Mecque, l’Arabie saoudite ambitionne désormais d’élargir son empreinte économique dans le pays. Reçue à Niamey par le ministre d’État et ministre de l’Intérieur, le général de division Mohamed Toumba, une délégation d’affaires saoudienne a engagé des discussions préliminaires en vue de déployer des investissements directs au profit des populations nigériennes.

Historiquement cantonnées au soutien logistique du Commissariat à l’Organisation du Hadj et de la Oumra (COHO), les entités saoudiennes amorcent un virage stratégique. La mission, conduite par le président-directeur général du groupe AL RAJHI Commercial and Support Services, intègre également les responsables des programmes de la Fondation AL SAFWA, signalant une volonté d’injecter des capitaux dans des projets de développement social et d’infrastructure.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Une diplomatie économique renforcée entre Niamey et le Golfe

Cette ouverture vers de nouveaux partenariats économiques s’appuie sur un bilan jugé satisfaisant par Riyad. Au cours des échanges, la délégation saoudienne a formellement salué les performances opérationnelles du gouvernement nigérien, soulignant une nette amélioration dans la gestion logistique et la sécurité des pèlerins lors des trois dernières éditions du Hadj.

Pour les autorités nigériennes, cette reconnaissance de leur rigueur organisationnelle sert désormais de levier de confiance pour attirer des capitaux saoudiens en dehors du cadre strictement religieux.

Les échanges se sont déroulés en présence du commissaire au Hadj et du consul du Niger à Djeddah, marquant une étape supplémentaire dans le rapprochement institutionnel et financier entre Niamey et les acteurs économiques du Golfe.

Cette dynamique avec l’Arabie saoudite pourrait se traduire par des bénéfices concrets pour les populations nigériennes. En élargissant la coopération au-delà du cadre religieux, Niamey espère attirer des investissements capables de soutenir la création d’emplois, le développement d’infrastructures et l’amélioration des services sociaux. Ainsi, cette nouvelle étape du partenariat ouvre la perspective d’un impact direct sur le quotidien des citoyens, renforçant la confiance dans une diplomatie économique tournée vers l’avenir.

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Niger : le missionnaire américain Kevin Rideout libéré

NIAMEY, 14 août 2026 — Neuf mois après son enlèvement à Niamey, le missionnaire et pilote américain Kevin Rideout a été libéré, a annoncé vendredi 14 août SIM International, l’organisation chrétienne pour laquelle il travaillait au Niger. L’organisation indique que son état de santé est jugé bon et qu’il est désormais pris en charge par des représentants du gouvernement américain.

Cette libération met fin à une captivité commencée le 21 octobre 2025, lorsque des hommes armés avaient enlevé Kevin Rideout à son domicile de Niamey. Les autorités n’ont rendu publiques ni les circonstances de sa libération, ni les conditions de sa détention.

Une libération après plus de neuf mois

Dans un communiqué, SIM International a confirmé avec joie que son ami Kevin Rideout avait retrouvé la liberté après plus de neuf mois de captivité. L’organisation précise que le ressortissant américain se porte bien et que les autorités américaines lui fournissent désormais un accompagnement.

Cette annonce constitue le premier élément concret sur le sort de M. Rideout depuis son enlèvement. Pendant plusieurs mois, ses proches n’ont reçu aucune information permettant d’établir avec certitude le lieu de détention de Kevin Rideout ni les conditions de sa captivité. À ce stade, les autorités américaines n’ont pas communiqué publiquement sur les modalités ayant permis sa libération.

Un enlèvement au cœur de Niamey

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2025, trois hommes armés ont pénétré dans le domicile de Kevin Rideout, situé dans le quartier Château 1 à Niamey, et l’ont enlevé. Le lieu de l’enlèvement a retenu l’attention : Château 1, secteur résidentiel de la capitale, se trouve à proximité du palais présidentiel et abrite plusieurs organisations internationales.

L’opération a révélé en son temps une aggravation du risque sécuritaire : contrairement à de nombreux enlèvements visant des étrangers au Sahel, celui‑ci s’est déroulé au cœur de Niamey, dans un quartier résidentiel pourtant réputé fortement sécurisé. Aucune organisation n’a revendiqué le rapt dans les mois qui ont suivi.

Dix-neuf ans au service des populations nigériennes

Âgé de 50 ans, Kevin Rideout travaillait depuis environ dix-neuf ans au Niger. Pilote pour SIM International, il participait notamment au transport de personnel et aux opérations liées aux activités humanitaires et médicales de l’organisation. SIM International se présente comme une organisation missionnaire évangélique travaillant avec des Églises dans le monde entier, dont les équipes sont présentes dans plus de 70 pays.

Pour la famille de Kevin Rideout, cette présence prolongée au Niger constituait un élément central de son parcours. Dans un appel diffusé après son enlèvement, ses proches avaient rappelé son attachement au pays et aux communautés auprès desquelles il avait travaillé. Son épouse, Krista, et leurs quatre enfants avaient alors demandé toute assistance susceptible de contribuer à son retour.

L’hypothèse de l’État islamique au Sahel

Les informations disponibles font état d’une présomption de détention par la branche sahélienne de l’État islamique, sans qu’une revendication publique de cette organisation n’ait été émise.

Cette hypothèse s’inscrit dans un environnement régional où les groupes armés opérant dans le Sahel ont développé des capacités d’enlèvement, de déplacement et de détention de captifs. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de déterminer les circonstances exactes de la captivité de Kevin Rideout ni les modalités de sa libération.

Une priorité : le retour auprès de ses proches

Alors que les négociations restent entourées de mystère, ce dénouement marque un tournant pour la communauté humanitaire au Niger et met fin à neuf mois d’angoisse pour le pilote américain. Au‑delà du soulagement de sa famille, cette libération permet aux autorités nigériennes d’afficher une sécurité renforcée. Si le Sahel demeure une zone sous tension, Niamey veut démontrer qu’elle maîtrise désormais la situation dans la capitale. Pour Kevin Rideout, l’affaire se conclut par la fin d’une captivité et l’ouverture du chapitre des retrouvailles.