Le Niger élargit son horizon diplomatique pour servir ses ambitions économiques. Trois ans après la réorientation de sa politique extérieure consécutive aux événements du 26 juillet 2023, Niamey poursuit sa stratégie de diversification de ses partenaires. La visite officielle du ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, au Sultanat d’Oman à ne relève pas seulement de la diplomatie : elle traduit la volonté du Niger d’attirer des investissements, d’ouvrir de nouveaux débouchés et de bâtir des alliances économiques en dehors de ses partenaires traditionnels.
Du 19 au 21 juillet 2026, la capitale omanaise a accueilli une délégation nigérienne composée de cadres du ministère des Affaires étrangères, du directeur général de l’Agence nationale pour la promotion des investissements privés et des projets stratégiques (ANPIPS), ainsi que de représentants des secteurs de l’agriculture, de l’élevage, des mines et du pétrole.
Ce déplacement illustre la mutation de la politique étrangère nigérienne : la diplomatie devient un levier de prospection économique, où les enjeux commerciaux et financiers occupent désormais une place centrale.
Transformer le dialogue politique en partenariats concrets
Face aux autorités omanaises, les discussions ont rapidement dépassé le cadre protocolaire. Les entretiens entre le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, et son homologue, Sayyid Badr Al‑Busaidi, ont été complétés par plusieurs séances de travail avec les dirigeants de l’autorité omanaise chargée de l’investissement et des institutions économiques du Sultanat.
L’objectif est clair : transformer la relation diplomatique en un partenariat économique concret. Pour Niamey, il s’agit de convaincre Oman de regarder vers le Niger comme une terre d’opportunités et de mobiliser des capitaux stratégiques autour de secteurs prioritaires : l’agriculture, l’élevage, l’exploitation minière et pétrolière, ainsi que le commerce.
En présentant ces opportunités d’investissements productifs, le Niger entend valoriser davantage ses ressources naturelles et faire du soutien financier omanais un levier majeur de la transformation de son économie nationale.
L’atout omanais : capitaux, expertise et neutralité
Le Sultanat d’Oman, reconnu pour sa neutralité au Moyen‑Orient, dispose d’importantes capacités financières et d’une solide expertise dans les domaines portuaire, logistique, énergétique, agricole et minier. En se tournant vers Mascate, Niamey cible un acteur discret mais influent du Golfe, capable de diversifier ses investissements et de renforcer sa présence en Afrique.
Pour le Niger, confronté à la nécessité de financer ses infrastructures et de créer des emplois, cette convergence d’intérêts ouvre la perspective de partenariats susceptibles d’accélérer la transformation économique et la valorisation des filières stratégiques.
Cap sur la souveraineté et la diversification des alliances
Cette mission s’inscrit dans la stratégie engagée par les autorités nigériennes après juillet 2023 : multiplier les partenariats internationaux afin de réduire la dépendance à un nombre limité d’alliés économiques et renforcer la capacité du pays à financer ses priorités nationales.
Elle répond également à une logique de souveraineté économique : attirer des investisseurs provenant d’horizons variés permet de diversifier les sources de financement et de limiter les risques liés à une concentration des partenariats.
Les deux pays ont identifié plusieurs domaines susceptibles de structurer leur future coopération : l’agriculture et l’élevage, pour renforcer la sécurité alimentaire ; les mines et le pétrole, pour valoriser les ressources naturelles ; enfin, les investissements privés et le commerce, pour soutenir la transformation économique du Niger.
Cette première visite officielle d’un ministre nigérien au Sultanat d’Oman marque un tournant dans les relations entre Niamey et Mascate. Les deux États affichent désormais leur volonté de bâtir une coopération fondée sur des projets concrets, des investissements ciblés et un suivi institutionnel.
Pour le Niger, cette ouverture vers le Golfe confirme une évolution profonde de sa politique étrangère : la diplomatie n’est plus seulement un instrument de représentation. Elle devient un outil de conquête économique, destiné à attirer les capitaux, les financements, les technologies et les expertises susceptibles d’accélérer son développement dans des secteurs stratégiques. Elle illustre la volonté de Niamey d’élargir son réseau de partenaires économiques à des puissances émergentes disposant de capacités d’investissement importantes.
Si les projets évoqués à Mascate se concrétisent, cette mission pourrait constituer un tournant dans la diplomatie économique nigérienne, en faisant d’Oman un nouveau partenaire de référence pour les investissements et la transformation structurelle de l’économie du pays.
Le passeport nigérien entre dans une nouvelle ère. Avec le lancement opérationnel du passeport biométrique de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Niger modernise son principal document de voyage et adopte un système conçu pour répondre aux standards internationaux de sécurité. Plus qu’un simple changement de couverture, cette réforme introduit cinq catégories de passeports, une technologie biométrique avancée et une harmonisation avec le Burkina Faso et le Mali.
Un document de voyage repensé pour l’ère numérique
Après la carte nationale d’identité biométrique, le passeport devient à son tour un document entièrement numérisé. En effet, cette évolution marque une rupture avec les anciens titres de voyage et s’inscrit dans une stratégie de modernisation des services d’identification.
Le nouveau passeport biométrique repose sur l’enregistrement des données personnelles et biométriques de son titulaire. L’objectif est double : sécuriser davantage l’identité des voyageurs et faciliter les contrôles aux frontières grâce à des informations plus fiables et difficilement falsifiables.
Le lancement officiel du dispositif a été symbolisé le 16 juillet 2026 par l’enrôlement du premier demandeur, le président de la République, Abdourahamane Tiani, une étape qui marque le démarrage effectif des délivrances.
Cinq passeports pour cinq usages bien définis
L’une des principales innovations du dispositif réside dans la diversification des titres délivrés. Le nouveau système prévoit cinq catégories de passeports, chacune destinée à un usage précis :
Le passeport ordinaire : destiné aux citoyens nigériens effectuant des voyages privés, touristiques, professionnels ou familiaux, il constitue le document le plus largement délivré.
Le passeport de service : réservé aux agents de l’État accomplissant des missions officielles, il permet d’encadrer les déplacements réalisés dans le cadre des fonctions publiques.
Le passeport diplomatique : attribué aux diplomates ainsi qu’aux hautes autorités de l’État, il facilite les déplacements liés aux activités diplomatiques et aux représentations officielles du Niger à l’étranger.
Le passeport spécial Hadj : pensé pour les fidèles musulmans accomplissant le pèlerinage à La Mecque, ce document répond aux besoins spécifiques de l’organisation du Hadj et de la gestion des flux de pèlerins.
Le passeport pour réfugiés : destiné aux personnes bénéficiant du statut de réfugié, ce titre leur permet de voyager dans le respect des conventions internationales auxquelles le Niger est partie.
Cette segmentation vise ainsi à mieux adapter les documents aux différents profils de voyageurs tout en simplifiant leur gestion administrative.
Une sécurité renforcée contre la fraude documentaire
Présenté comme un document de très haute sécurité, le nouveau passeport nigérien intègre des données biométriques et des éléments électroniques de pointe pour contrer efficacement la fraude, la contrefaçon et l’usurpation d’identité. Mis en œuvre par la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) de la Police nationale, en collaboration avec la société Al Itsal Aljadid et son partenaire local Hasdi, ce projet répond aux exigences internationales les plus strictes en matière de contrôle aux frontières.
Cette montée en gamme garantit non seulement une authentification plus fiable des voyageurs, mais vise également à restaurer et renforcer la crédibilité du document auprès des autorités étrangères.
Un passeport commun aux pays de l’AES
L’initiative dépasse le seul cadre nigérien. Lancé en août 2025, le passeport biométrique traduit une volonté d’intégration régionale. Le Niger, le Burkina Faso et le Mali ont engagé un processus d’harmonisation de leurs documents d’identité et de voyage dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’objectif est de disposer de passeports répondant aux mêmes normes de sécurité et présentant une identité visuelle commune.
Par ailleurs, cette uniformisation constitue l’un des volets de la coopération engagée entre les trois pays pour renforcer leur intégration administrative et leur souveraineté numérique, tout en affirmant leur souveraineté dans la gestion des documents officiels.
Une réforme qui modernise les services aux citoyens
Avec le lancement du passeport biométrique AES, le Niger poursuit la modernisation de son administration numérique. Après la carte nationale d’identité biométrique, cette réforme devrait aussi permettre une gestion plus efficace des demandes, une meilleure traçabilité des titres délivrés et une sécurisation renforcée des données des citoyens.
Avec cette nouvelle génération de passeports, le Niger ne change pas seulement de document de voyage : il se dote aussi d’un outil qui conjugue sécurité, modernisation administrative et intégration régionale, tout en accompagnant la construction d’un espace administratif commun avec les autres pays de l’Alliance des États du Sahel, dans un contexte où la fiabilité des titres d’identité est devenue un enjeu majeur des échanges internationaux.
Près de cinq cents entreprises nigériennes, des banques, des cabinets d’avocats et de notaires, ainsi que des experts-comptables, se sont retrouvés ce mardi autour d’un atelier lancé par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine. Objectif : donner corps à une ordonnance fraîchement adoptée qui doit désormais encadrer la part nigérienne dans la chaîne de valeur pétrolière.
L’affluence, à elle seule, dit l’enjeu. Dès les premières heures de la matinée, les allées du Centre international de conférences Mahatma Gandhi ne désemplissaient plus. Près de cinq cents entreprises locales avaient répondu à l’appel, aux côtés des professions identifiées comme parties prenantes du contenu local : banques, cabinets d’avocats, études notariales et cabinets d’experts-comptables. Un parterre à la mesure de l’ambition affichée : faire du secteur pétrolier un levier tangible pour le tissu économique national.
C’est le Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine, qui a donné le coup d’envoi de cet atelier de mise en relation et d’opérationnalisation du contenu local, conçu comme un espace de dialogue direct entre l’État, les opérateurs pétroliers et les entreprises nigériennes appelées à s’insérer davantage dans leur chaîne de valeur.
Hydrocarbures : une nouvelle ordonnance pour renforcer le contenu local
Le contenu local désigne la part d’activités, d’emplois et de valeur ajoutée que le secteur pétrolier doit réserver aux entreprises et aux compétences nationales. Une première ordonnance, datée d’août 2024, avait posé un socle commun aux mines et aux hydrocarbures. Jeudi dernier, en Conseil des ministres, le gouvernement a adopté une nouvelle ordonnance spécifique aux hydrocarbures, offrant un cadre juridique et institutionnel propre au secteur et devant désormais servir de référence à l’ensemble des relations entre les acteurs.
Après les allocutions d’ouverture, place a été faite à un panel qualifié par les organisateurs de « ministériel », réunissant les départements du Pétrole, des Finances, du Commerce, de la Formation professionnelle et de la Justice. Cette configuration interministérielle traduit la nature transversale du chantier : le contenu local touche à la fois à la fiscalité, à la formation des compétences, à la réglementation commerciale et à la sécurité juridique des contrats.
Les échanges ont permis de mesurer le niveau de compréhension des entreprises face à cette politique. Il en est ressorti un constat partagé : le contenu local n’est pas une nouveauté dans la pratique des affaires nigériennes, mais c’est la première fois qu’il bénéficie d’un encadrement juridique aussi structuré, avec des textes de loi appelés à en fixer les règles du jeu. La démarche existait déjà dans les faits ; elle dispose désormais d’un cadre légal appelé à guider les relations entre tous les acteurs du secteur.
Le calendrier n’a rien d’un hasard. L’ordonnance relative au contenu local dans le domaine des hydrocarbures, adoptée jeudi dernier en Conseil des ministres, vient tout juste d’offrir la base légale sur laquelle repose désormais l’ensemble de la démarche présentée à Niamey. Le texte doit permettre de mieux définir les catégories d’activités réservées ou à privilégier pour les opérateurs nationaux, tout en fixant des indicateurs de suivi de sa mise en œuvre.
Pour les autorités, l’enjeu dépasse la seule filière pétrolière : il s’agit de consolider une chaîne de compétences nationales — juridiques, financières et comptables — capables d’accompagner durablement les opérateurs internationaux présents sur le territoire nigérien.
Niamey donne le coup d’envoi d’une vaste consultation diplomatique voulue par les Nations Unies. En recevant, lundi, l’Envoyée du Secrétaire général de l’ONU, Sahle-Work Zewde, le président nigérien, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a placé le Niger au centre d’une mission appelée à redéfinir l’action du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). Une tournée qui doit conduire l’ancienne présidente éthiopienne dans les pays de la CEDEAO comme dans ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le Niger est le premier pays visité dans le cadre de la revue du mandat de l’UNOWAS, une mission confiée à Sahle-Work Zewde par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Reçue en audience par le chef de l’État nigérien, l’ancienne présidente de l’Éthiopie est venue présenter les contours d’un exercice qui vise à mesurer l’efficacité de l’action de ce bureau régional dans un contexte marqué par de profondes recompositions politiques et sécuritaires en Afrique de l’Ouest.
L’objectif est d’évaluer la manière dont l’UNOWAS remplit ses missions de prévention des conflits, de médiation, de bons offices et de coopération avec les États de la région.
Une consultation élargie aux États de la CEDEAO et de l’AES
Au-delà des échanges avec les autorités nigériennes, la mission prévoit une série de consultations dans l’ensemble des pays concernés. La mission sollicitera les gouvernements, les partis politiques et les organisations de la société civile afin de recueillir leurs appréciations sur le rôle joué par l’UNOWAS et sur les attentes pour les années à venir.
Ces contributions alimenteront un rapport qui sera présenté au Conseil de sécurité des Nations Unies. Les conclusions de cette évaluation pourraient orienter l’évolution du mandat de l’institution et ses priorités dans une région confrontée à des défis sécuritaires, politiques et humanitaires persistants.
Lors de son entretien avec le président Abdourahamane Tiani, Sahle-Work Zewde a rappelé que ses relations avec le Niger remontent à plus de trois décennies. Elle avait participé en 1993 à une mission d’observation électorale de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) dans le pays.
Elle a également salué les évolutions qu’elle dit avoir constatées depuis cette période, tout en soulignant l’importance d’un dialogue permanent entre les Nations Unies et les États de la région.
Le Niger réaffirme sa disponibilité
À l’issue de la rencontre, le président Abdourahamane Tiani a pris acte des objectifs de la mission et a assuré de la disponibilité des autorités nigériennes à contribuer pleinement au processus de revue du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.
L’audience s’est déroulée en présence de membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), du ministre directeur de cabinet du président et porte-parole du gouvernement, Dr Soumana Boubacar, ainsi que du conseiller chargé des questions stratégiques et diplomatiques.
Une évaluation déterminante pour l’action de l’ONU
Face à une Afrique de l’Ouest traversée par de profonds bouleversements géopolitiques, l’ONU joue la carte de l’inclusivité. En choisissant d’ouvrir cette mission stratégique à Niamey, les Nations Unies envoient un message fort : l’avenir et la réussite de l’UNOWAS passeront inévitablement par une écoute attentive de tous les acteurs, de la CEDEAO jusqu’à l’AES. La délicate refonte diplomatique est désormais lancée.
Le Niger veut peser dans la réflexion sur l’avenir de la présence des Nations unies en Afrique de l’Ouest et au Sahel. À Niamey, le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine a reçu, ce lundi 20 juillet, Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie et cheffe de la mission chargée de la Revue stratégique indépendante (RSI) de l’UNOWAS. Une rencontre qui intervient dans un contexte où les équilibres sécuritaires et diplomatiques de la région connaissent de profondes mutations.
Alors que le Sahel traverse une période de recomposition politique et sécuritaire, le Niger entend faire valoir son analyse sur l’évolution des mécanismes internationaux d’accompagnement de la région. C’est dans cette dynamique que le Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine, a accordé une audience à Sahle-Work Zewde, experte indépendante mandatée par les Nations unies pour conduire la Revue stratégique indépendante (RSI) du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). La rencontre s’est tenue au cabinet du chef du gouvernement à Niamey, dans le cadre d’une série de consultations menées auprès des autorités nationales et des principales institutions du pays.
Évaluer l’action de l’UNOWAS face aux nouveaux défis du Sahel
Au cœur des échanges figurait l’évaluation du mandat de l’UNOWAS, dont les missions couvrent la prévention des conflits, la diplomatie préventive, la consolidation de la paix et l’accompagnement des États d’Afrique de l’Ouest et du Sahel.
La mission conduite par Sahle-Work Zewde a pour objectif de recueillir les appréciations des États membres afin de formuler des recommandations sur l’adaptation du Bureau régional aux réalités actuelles. Pour les Nations unies, cette revue intervient dans un contexte marqué par l’évolution des menaces sécuritaires, les crises humanitaires, les transitions politiques et les nouveaux défis liés au développement durable.
Le Niger affirme sa lecture des enjeux régionaux
À travers cette audience, les autorités nigériennes ont apporté leur contribution à une réflexion qui dépasse les frontières nationales. Depuis plusieurs mois, Niamey défend une approche fondée sur le respect de la souveraineté des États, la recherche de solutions adaptées aux réalités locales ainsi que le renforcement des mécanismes régionaux de coopération.
La mission de la RSI conduit des consultations pour intégrer ces différentes perceptions dans les conclusions qu’elle soumettra au Secrétaire général des Nations unies. À l’issue de l’entretien, les deux parties n’ont fait aucune déclaration à la presse, les deux parties privilégiant la confidentialité des échanges dans cette phase de consultation.
Par ailleurs, cette revue stratégique pourrait influencer la manière dont les Nations unies accompagneront les pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel dans les prochaines années. L’évolution des crises sécuritaires, les défis humanitaires, les questions de gouvernance et les nouvelles priorités de développement imposent en effet une adaptation constante des instruments de coopération internationale.
Pour le Niger, confronté comme plusieurs États sahéliens à des défis multidimensionnels, cette réflexion représente une opportunité de faire entendre sa vision d’un partenariat davantage fondé sur l’écoute, le respect des choix souverains et l’efficacité des actions sur le terrain.
Les conclusions de la RSI seront particulièrement attendues. Elles pourraient aussi ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre les Nations unies et les États de la région, en redéfinissant les priorités de l’UNOWAS face aux mutations profondes que connaissent aujourd’hui l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Pour le Niger, l’enjeu dépasse la seule réforme d’une institution : il s’agit de contribuer à bâtir un cadre de coopération plus adapté aux défis de demain, capable de soutenir durablement la paix, la stabilité et le développement dans toute la région.
L’École Normale de Diffa a vibré ce lundi matin au rythme du lancement officiel des examens du Certificat de Fin d’Études de l’École Normale d’Instituteurs (CFEEN/I) et du Certificat d’Aptitude Pédagogique de la Section Spéciale (CAP/S) pour la session 2026. Le Gouverneur de la région, le Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma, a présidé cette cérémonie solennelle qui engage l’avenir du corps enseignant local.
Dès cette première journée d’évaluation, l’ensemble des forces vives de la région s’est mobilisé. Les autorités administratives, coutumières, militaires et religieuses entourent le chef de l’exécutif régional, aux côtés des partenaires du secteur éducatif et des encadreurs pédagogiques. Cette forte mobilisation témoigne également de l’importance stratégique de cette session pour le système éducatif nigérien.
Le Directeur Régional de l’Éducation Nationale de Diffa, M. Hassane Nouhou Diori, a pris la parole pour rassurer les acteurs du système. En fait, les autorités ont déployé l’ensemble des dispositions matérielles, logistiques et sécuritaires, depuis l’échelon central jusqu’au niveau régional. Ainsi, ces mesures garantissent un déroulement des épreuves dans un calme absolu et une sérénité totale pour l’ensemble des candidats.
Le Président du jury du centre de l’École Normale, M. Oumara Fougou, a présenté les données chiffrées de cette session 2026. La région de Diffa aligne un total de 100 candidats pour ces évaluations professionnelles. La section des instituteurs (CFEEN/I) accueille 73 postulants, tandis que la Section Spéciale (CAP/S) en compte 27.
L’analyse de ces effectifs révèle une tendance majeure : les femmes dominent largement les bancs cette année avec 85 candidates, contre seulement 15 hommes. Ce taux de participation massif illustre le fort engagement des jeunes femmes de la région de Diffa envers la profession d’enseignante et l’encadrement des futures générations.
Enfin, les responsables éducatifs ont exprimé leur profonde gratitude envers le Gouverneur et l’ensemble des encadreurs pour leur mobilisation. Ces 100 candidats entament désormais leurs épreuves avec l’ambition de débuter une carrière fructueuse au service de l’école nigérienne et du rayonnement de la région de Diffa.
Face à la menace de l’épidémie d’Ebola, Ottawa durcit drastiquement ses contrôles sanitaires. Depuis le dimanche 19 juillet 2026, le Canada interdit l’accès à son territoire aux ressortissants étrangers ayant récemment séjourné en République démocratique du Congo (RDC). En effet, ce tour de vis s’accompagne d’un protocole strict de quarantaine pour les citoyens canadiens de retour de la région.
Une interdiction stricte pour les ressortissants étrangers
L’Agence de la santé publique du Canada a franchi un nouveau cap réglementaire afin d’empêcher l’introduction du virus sur le territoire national. Désormais, les voyageurs étrangers ayant transité ou séjourné en République démocratique du Congo (RDC) se voient refuser l’embarquement ainsi que l’entrée au Canada. Cette mesure d’urgence vise à limiter au maximum les risques de propagation communautaire.
Quarantaine obligatoire de 21 jours pour les résidents
Si les citoyens canadiens et les résidents permanents conservent le droit constitutionnel de rentrer au pays, le gouvernement leur impose cependant des conditions de retour extrêmement rigoureuses.
Toute personne de retour des trois pays africains suivants doit obligatoirement se soumettre à une quarantaine stricte de 21 jours, correspondant à la période maximale d’incubation du virus :
la République démocratique du Congo (RDC) ;
l’Ouganda ;
le Soudan du Sud.
À noter : si le blocage des frontières pour les étrangers est entré en vigueur ce week-end, le protocole de quarantaine applicable aux citoyens canadiens et aux résidents permanents est, quant à lui, déjà en vigueur depuis la fin du mois de mai.
Un dispositif sous surveillance jusqu’à la fin de l’été
Les autorités canadiennes ne comptent pas relâcher leur vigilance de sitôt. L’Agence de la santé publique du Canada a officiellement confirmé que ce dispositif exceptionnel resterait en vigueur jusqu’au 29 août 2026. D’ici là, l’évolution de la situation épidémiologique en Afrique centrale déterminera si le gouvernement décide de prolonger ou de lever ces restrictions exceptionnelles.
Le Niger engage une nouvelle étape dans la formation de ses enseignants. Ce lundi 20 juillet 2026, les épreuves du Certificat de fin d’études des écoles normales (CFEEN) et du Certificat d’aptitude pédagogique, section spéciale (CAP/SS), ont officiellement débuté. Plus de 2 100 candidats, majoritairement des femmes, sont appelés à démontrer leurs compétences avant de rejoindre ou de consolider les rangs du système éducatif national.
La formation des futurs enseignants entre dans sa phase décisive. À l’École normale Sadou Galadima de Niamey, la ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues, Dr Élisabeth Shérif, a donné le coup d’envoi officiel des examens du Certificat de fin d’études des écoles normales (CFEEN) et du Certificat d’aptitude pédagogique, section spéciale (CAP/SS).
La cérémonie s’est déroulée en présence du secrétaire général du Gouvernorat de Niamey, de l’administratrice déléguée de l’arrondissement communal Niamey I, ainsi que de plusieurs responsables du ministère en charge de l’Éducation.
2 149 candidats en quête d’une qualification pédagogique
Cette session mobilise 2 149 candidats à l’échelle nationale, répartis entre les deux examens. Le CFEEN rassemble 1 404 candidats, dont 1 166 issus des écoles normales traditionnelles et 238 de la filière franco-arabe. L’une des particularités de cette promotion réside dans la forte représentation féminine : 86,68 % des candidats sont des femmes, confirmant leur place prépondérante dans les métiers de l’enseignement primaire.
Le CAP/SS enregistre, quant à lui, 745 candidats, répartis entre 655 issus des écoles traditionnelles, 47 de la filière franco-arabe et 43 du préscolaire. Dans la région de Niamey, 303 candidats participent aux épreuves, dont 174 au CFEEN et 129 au CAP/SS.
Après la cérémonie de montée des couleurs, la ministre a procédé à l’ouverture de l’enveloppe scellée contenant la première épreuve, consacrée à la physico-pédagogie, marquant ainsi le début officiel des compositions.
S’adressant aux candidats, le Dr Élisabeth Shérif les a invités à aborder les examens avec calme, discipline et confiance, rappelant que ces qualités constituent également des valeurs essentielles dans l’exercice du métier d’enseignant.
Par ailleurs, ces examens représentent une étape déterminante pour le renforcement des ressources humaines du système éducatif nigérien. Les titulaires du CFEEN et du CAP/SS viendront renforcer les établissements scolaires du pays, à un moment où les besoins en enseignants qualifiés demeurent importants pour accompagner l’amélioration de la qualité de l’éducation.
À l’issue du lancement, la ministre a salué le travail accompli par les équipes pédagogiques, les encadreurs et les services techniques mobilisés pour préparer cette session d’examens. Elle a également exprimé sa reconnaissance aux autorités nationales pour les moyens déployés afin d’assurer le bon déroulement des épreuves.
À travers cette nouvelle session, les autorités entendent ainsi poursuivre leurs efforts en faveur de la formation d’enseignants compétents, considérée comme l’un des leviers essentiels pour améliorer durablement les performances du système éducatif nigérien.
Le Niger entend faire entendre sa voix dans la réflexion engagée sur l’avenir du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS). À Niamey, le président du Conseil consultatif de la Refondation (CCR), Dr Mamoudou Harouna Djingarey, a reçu l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde, chargée de conduire la Revue stratégique indépendante du bureau onusien. Une rencontre qui intervient dans un contexte de recomposition des relations entre les États du Sahel et les institutions internationales.
La réflexion sur l’adaptation de l’action des Nations unies aux nouvelles réalités du Sahel se poursuit. Lundi 20 juillet 2026, le président du Conseil consultatif de la Refondation (CCR), Dr Mamoudou Harouna Djingarey, a échangé à Niamey avec Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de la République fédérale démocratique d’Éthiopie et cheffe de la mission chargée de la Revue stratégique indépendante (RSI) du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS).
Cette mission de haut niveau parcourt plusieurs pays de la sous-région afin de recueillir les analyses des autorités nationales sur le fonctionnement, le mandat et les perspectives d’évolution de l’UNOWAS, confronté à un environnement régional profondément transformé par les crises sécuritaires, politiques, humanitaires et de développement.
Le Niger expose sa vision de la refondation et de la souveraineté
Lors de l’audience, le président du CCR a présenté les orientations de l’institution qu’il dirige, créée pour accompagner le processus de refondation engagé par les autorités nigériennes.
Selon lui, le Conseil consultatif de la Refondation contribue à la consolidation de la souveraineté nationale, au renforcement de la cohésion sociale et à la promotion d’une paix durable. Ces priorités, a-t-il indiqué, constituent également des éléments essentiels dans la recherche de solutions aux défis auxquels le Sahel est confronté.
Les échanges ont porté sur plusieurs questions majeures, notamment la gouvernance, la stabilité régionale, la prévention des conflits et les mécanismes de coopération entre les États d’Afrique de l’Ouest et du Sahel.
Une évaluation pour adapter l’action des Nations unies
La visite de Sahle-Work Zewde s’inscrit dans le cadre de la Revue stratégique indépendante, un exercice destiné à évaluer l’efficacité du mandat de l’UNOWAS et à formuler des recommandations sur l’évolution de ses missions.
À travers cette démarche, les Nations unies cherchent à adapter leurs interventions aux nouvelles réalités d’une région confrontée à la montée des menaces sécuritaires, aux transitions politiques, aux défis humanitaires et aux exigences croissantes de développement.
À l’issue de l’entretien, l’ancienne cheffe de l’État éthiopien a salué la disponibilité des autorités nigériennes ainsi que la qualité des échanges. Elle a indiqué que les contributions recueillies auprès des institutions nationales alimenteront les conclusions de la revue stratégique et la réflexion engagée sur l’avenir de l’UNOWAS.
Un dialogue maintenu avec les partenaires internationaux
Cette rencontre illustre la volonté des autorités nigériennes de poursuivre les échanges avec les partenaires internationaux tout en réaffirmant les principes qui guident leur action diplomatique.
Pour le Conseil consultatif de la Refondation, le dialogue avec les organisations internationales demeure possible dès lors qu’il s’inscrit dans le respect de la souveraineté du Niger et des choix opérés par les autorités nationales.
L’audience s’est déroulée en présence du rapporteur général du CCR, Abdou Moustapha. Elle marque une nouvelle étape dans les consultations menées par la mission de la Revue stratégique indépendante, dont les conclusions devraient également contribuer à redéfinir le rôle du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel face aux mutations profondes que connaît la région.
Des détenus de l’établissement pénitentiaire d’Abéché, chef-lieu de la région du Ouaddaï, ont tenté de prendre la fuite dans la nuit de samedi à dimanche. L’intervention rapide des forces de défense et de sécurité, au terme d’échanges de tirs, a permis de rétablir l’ordre sans qu’aucune évasion ne soit à déplorer.
C’est un week-end sous tension qu’a vécu la ville d’Abéché. Selon plusieurs sources locales, un groupe de détenus de la maison d’arrêt a tenté, dimanche 19 juillet 2026, de s’échapper de l’établissement pénitentiaire. L’alerte a été donnée après que des coups de feu ont été entendus aux abords de la prison, plongeant un temps le quartier dans l’incertitude.
Mobilisées sans délai, les forces de défense et de sécurité ont encadré l’établissement et engagé des échanges de tirs avec les détenus impliqués dans la tentative de fuite. Grâce à la promptitude de leur intervention, conjuguée à celle de l’administration pénitentiaire, les forces de l’ordre ont pu maîtriser la situation avant qu’aucun prisonnier ne parvienne à franchir l’enceinte de la maison d’arrêt. À ce stade, les autorités locales ou l’administration pénitentiaire n’ont communiqué aucun bilan officiel — humain ou matériel.
Une opération rapidement circonscrite
D’après les premiers éléments recueillis sur place, l’affrontement est resté circonscrit aux abords immédiats de l’établissement, sans extension au reste de la ville. Les autorités locales n’ont pour l’heure fourni ni le nombre de détenus concernés par la tentative, ni les circonstances précises ayant permis son déclenchement. Cette réserve, habituelle dans les premières heures suivant ce type d’incident, laisse attendre un communiqué officiel des autorités judiciaires ou pénitentiaires du Ouaddaï.
Des habitants du voisinage ont rapporté avoir entendu plusieurs détonations avant que le calme ne revienne aux abords de l’établissement. Témoignages recueillis localement — Abéché
Les conditions carcérales à nouveau interrogées
Au-delà de l’incident lui-même, cette tentative d’évasion relance les interrogations récurrentes sur l’état des infrastructures pénitentiaires d’Abéché, régulièrement pointées du doigt pour leur vétusté et leur surpopulation. Comme ailleurs dans la région du Ouaddaï, la prison centrale incarne les failles béantes du système carcéral tchadien. Conçue à une époque révolue et plantée au cœur du tissu urbain, elle croule sous une surpopulation chronique et une logistique défaillante. Derrière ses murs fissurés, chaque jour ressemble à une étincelle prête à embraser une poudrière à ciel ouvert.
Le cas d’Abéché illustre l’urgence absolue : délocaliser ce centre hors des zones résidentielles et bâtir un établissement moderne, sécurisé, conforme aux normes internationales. Faute de quoi, le prochain dysfonctionnement risque de se transformer en drame civil, avec des conséquences que nul ne pourra contenir.
Abéché et le Ouaddaï
Abéché, chef-lieu de la région du Ouaddaï dans l’est du Tchad, est l’une des principales villes du pays. Sa maison d’arrêt, comme plusieurs établissements pénitentiaires tchadiens, fonctionne dans des conditions matérielles précaires régulièrement relevées par la presse locale, un facteur souvent cité en toile de fond des tentatives d’évasion recensées ces dernières années dans le pays.
À l’heure de la publication de cet article, aucune source officielle n’a confirmé le nombre exact de détenus ayant pris part à la tentative de fuite, ni précisé si les autorités envisagent des mesures disciplinaires ou des transferts. La rédaction mettra à jour cet article dès que les autorités compétentes communiqueront des informations complémentaires, notamment un bilan officiel.