Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 26 sur 262

Niger – États-Unis : 178 millions de dollars pour la santé… à quel prix ?

Le Niger vient-il de sceller un partenariat sanitaire ambitieux ou d’ouvrir un nouveau front de débats sur sa souveraineté numérique ? La question traverse les cercles diplomatiques depuis la signature, le 26 février 2026 à Niamey, d’un protocole de coopération sanitaire entre le gouvernement nigérien et les États-Unis.

D’un montant global estimé à 178 millions de dollars (près de 99,6 milliards de FCFA), l’accord s’inscrit dans la stratégie mondiale de santé « America First » de l’administration du président Donald Trump. Sur le papier, les priorités sont claires : lutte contre le paludisme, surveillance des maladies infectieuses, prévention de la poliomyélite, amélioration de la santé maternelle et infantile. Pourtant, derrière ces axes consensuels, plusieurs interrogations émergent.

Un financement massif dans un contexte budgétaire contraint

L’engagement américain pourrait atteindre 107 millions de dollars sur cinq ans. En parallèle, Niamey promet d’augmenter ses dépenses nationales de santé de plus de 71 millions de dollars.

Autrement dit, au-delà de l’appui extérieur, l’État nigérien accepte de renforcer significativement sa contribution domestique. Une inflexion notable, alors que le pays fait face à des tensions budgétaires persistantes et à une pression sécuritaire qui absorbe une part importante des finances publiques.

Dès lors, une première question s’impose : cet effort budgétaire sera-t-il soutenable sur la durée ? Et surtout, quelles lignes seront réajustées pour honorer cet engagement ?

Coopération sanitaire ou diplomatie d’influence ?

Officiellement, il s’agit d’un partenariat technique visant à consolider les capacités du système sanitaire nigérien. Toutefois, l’accord dépasse le simple cadre médical.

En effet, le Niger a été ajouté à la liste des pays signataires d’un dispositif d’échange de données de santé avec les États-Unis, contre rémunération. Ce point, peu détaillé dans les communiqués officiels, soulève un débat sensible : celui de la gestion et du partage des données sanitaires des citoyens.

Dans un monde où la donnée est devenue un levier stratégique, la santé n’échappe plus aux rivalités d’influence. Le protocole ouvre-t-il la voie à un transfert massif d’informations médicales vers des bases américaines ? Si oui, sous quelles garanties juridiques ?

Le précédent africain : prudence ou défiance ?

Plusieurs pays africains ont récemment exprimé des réserves face à des accords similaires.

Le Zimbabwe a décliné l’offre. Au Kenya, la justice a suspendu un dispositif comparable l’an dernier. Quant à la Zambie, elle a rejeté un accord d’un montant supérieur à un milliard de dollars, estimant que certaines clauses relatives au partage de données sensibles contrevenaient à ses intérêts nationaux.

Ces précédents alimentent les interrogations : le Niger a-t-il obtenu des garanties supplémentaires ? Ou bien a-t-il fait le choix pragmatique de privilégier l’urgence sanitaire à la prudence juridique ?

Une opportunité pour renforcer l’autonomie sanitaire ?

Il serait toutefois réducteur de limiter l’analyse à la question des données. Car le pays fait face à des défis sanitaires structurels : paludisme endémique, vulnérabilité épidémique, faiblesse des infrastructures rurales, taux de mortalité maternelle encore préoccupant.

Si les fonds sont efficacement mobilisés, l’impact pourrait être significatif : modernisation des systèmes de surveillance, amélioration de la couverture vaccinale, renforcement des centres de santé communautaires.

Mais l’histoire récente des partenariats internationaux invite à la prudence. Les financements extérieurs, aussi substantiels soient-ils, ne garantissent pas toujours un changement durable sans réforme interne profonde.

Entre souveraineté et nécessité

Au fond, l’accord signé à Niamey illustre une tension classique pour les États africains : comment attirer des investissements stratégiques tout en préservant leur autonomie décisionnelle ?

Dans un contexte de recomposition géopolitique et de redéfinition des alliances, le Niger semble opter pour une approche pragmatique. Reste à savoir si ce pari renforcera son système de santé ou s’il ouvrira un débat plus large sur la gouvernance des données et la souveraineté numérique.

Car derrière les 178 millions de dollars, une question demeure : le prix d’un partenariat se mesure-t-il uniquement en milliards de FCFA ?

Niger : Elisabeth Shérif renforce l’alphabétisation pour soutenir la scolarisation

Au-delà d’une simple tournée administrative, la visite effectuée ce 2 mars 2026 par la ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues, Elisabeth Shérif, dans plusieurs centres passerelles et d’alphabétisation de la région de Niamey, s’inscrit dans une démarche pédagogique assumée : observer, comprendre, ajuster.

Baptisée « Une semaine, une école », l’initiative vise à confronter la politique éducative aux réalités du terrain. Autrement dit, replacer l’école au centre de l’action publique en évaluant concrètement son fonctionnement.

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Banifondou 2 : vitrine d’un modèle passerelle

Première étape, le centre SSA/P (Stratégie de Scolarisation Accélérée Passerelle) de l’école Banifondou 2. La cérémonie de montée des couleurs, ponctuée par l’hymne national L’Honneur de la Patrie et celui de l’Alliance des États du Sahel (AES), a donné le ton : ici, l’éducation se conjugue avec citoyenneté.

Selon l’inspectrice en cheffe de service de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle de Niamey 2, Younoussa Fourera Alhassane, l’inspection a enregistré un taux de transfert vers le système formel de 100 % pour l’année 2024-2025. Une performance notable.

Le centre de Banifondou 2 accueille 40 apprenants, dont 19 filles. Il fait partie des dix structures intégralement financées par le budget national dans les 3ᵉ et 4ᵉ arrondissements de Niamey. Ce détail traduit la volonté de l’État de reprendre la main sur un sous-secteur longtemps dépendant des partenaires techniques et financiers.

Alphabétiser pour mieux scolariser

À travers cette tournée – qui a également conduit la ministre aux centres d’alphabétisation des écoles primaires Pays-Bas, Mederssa de Karadjué, Nordiré 1 et Gabougoura –, un message pédagogique se dessine.

En effet, la stratégie actuelle repose sur un principe simple mais structurant : renforcer l’alphabétisation des parents pour soutenir durablement la scolarisation des enfants. L’initiative « Une école, un centre d’alphabétisation », en cours de déploiement, vise précisément cet objectif.

Car l’équation est connue : un parent alphabétisé suit mieux le parcours scolaire de son enfant, valorise l’école et contribue à réduire l’abandon précoce.

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Réhabiliter l’éducation non formelle

Longtemps considérée comme un dispositif périphérique, l’éducation non formelle retrouve aujourd’hui une place centrale dans la politique éducative nigérienne.

La ministre a salué le travail des cadres de la direction de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle, soulignant leur rôle dans le renforcement de la présence de l’État. Par ailleurs, elle a rappelé l’augmentation progressive de l’enveloppe budgétaire allouée à ce sous-secteur.

Ainsi, l’enjeu dépasse la seule gestion administrative. Il s’agit de structurer un continuum éducatif capable d’absorber les enfants déscolarisés ou jamais scolarisés et de leur offrir une seconde chance.

Une pédagogie de proximité

À chaque étape, Elisabeth Shérif a encouragé encadreurs et apprenants, insistant sur l’importance d’un accompagnement constant. Cette posture traduit une approche de proximité : écouter les acteurs, valoriser les résultats et corriger les failles.

Dans un pays où les défis éducatifs demeurent immenses – croissance démographique rapide, disparités régionales, contraintes budgétaires – la consolidation des centres passerelles apparaît comme un levier stratégique.

Un pari sur l’avenir

En définitive, cette tournée ministérielle révèle une orientation claire : faire de l’alphabétisation un socle de transformation sociale.

Car au Niger, l’école ne se limite pas à la transmission des savoirs. Elle représente un outil de cohésion nationale et de développement.

Reste désormais à mesurer l’impact réel de ces dispositifs sur les taux de scolarisation et d’alphabétisation. Mais une chose est acquise : en plaçant le terrain au cœur de sa démarche, le ministère affiche une volonté de réforme ancrée dans la réalité.

Décès de Boncana Maïga : l’Afrique pleure une icône de la salsa mandingue

À Bamako, le silence a remplacé la salsa, le rideau est tombé sur une vie consacrée à la musique. Le 28 février 2026, Boncana Maïga s’est éteint à l’âge de 76 ans, des suites d’une longue maladie, selon des sources familiales. Avec lui disparaît une mémoire vivante de la fusion afro-cubaine, une voix discrète mais décisive dans l’écriture musicale du continent.

Dans les rues de la capitale malienne, l’émotion est palpable. Car au-delà de la perte d’un artiste, c’est un pan entier de l’histoire culturelle africaine qui s’efface.

L’enfant de Gao devenu architecte sonore

Né en 1949 à Gao, Boncana Maïga s’impose très tôt comme un prodige. Il fait ses premières armes au sein du mythique Négro Band de Gao, symbole du Mali indépendant en quête d’identité artistique.

Mais c’est à La Havane, où il obtient une bourse d’études musicales dans les années 1960, que son destin bascule. L’immersion cubaine façonne son oreille et élargit son horizon. Il y découvre les architectures rythmiques de la salsa et les tisse, avec une rare élégance, aux sonorités mandingues.

De cette alchimie naît une signature unique, immédiatement reconnaissable.

L’âme de Las Maravillas et l’ombre bienveillante d’Africando

De retour en Afrique, Boncana Maïga fonde Las Maravillas de Mali, formation emblématique qui incarne la rencontre entre Bamako et La Havane. Plus tard, il contribuera à l’essor du collectif Africando, donnant à la salsa africaine une portée internationale.

Compositeur, arrangeur, producteur, il collabore avec de grandes voix du continent, façonnant des carrières sans jamais chercher la lumière pour lui-même. Son génie se glissait dans les orchestrations, dans ces cuivres vibrants et ces percussions qui racontaient l’Afrique en mouvement. Ainsi, son œuvre dépasse les frontières nationales pour devenir patrimoine commun.

Abidjan, seconde patrie musicale

Installé à Abidjan dès 1973, il y enseigne, produit et transmet. La Côte d’Ivoire devient son port d’attache artistique. À travers l’émission télévisée Stars Parade, il révèle de jeunes talents et offre une vitrine continentale à la création africaine.

Boncana Maïga n’était pas seulement un musicien. Il était un passeur. Un homme convaincu que la musique devait relier les peuples, abolir les distances et réconcilier les mémoires.

Une perte qui résonne jusqu’au Sahel

Au Niger, où la musique mandingue et les influences afro-cubaines ont nourri des générations d’artistes, la disparition de Boncana Maïga trouve un écho particulier. Son parcours rappelle que la culture ouest-africaine a toujours dialogué avec le monde.

En effet, son héritage témoigne d’une Afrique capable d’absorber, de transformer et de sublimer les influences extérieures sans renoncer à son âme.

L’écho d’un maestro

Aujourd’hui, les hommages affluent de Bamako à Dakar, d’Abidjan à Paris. Pourtant, derrière les mots, une même émotion : celle d’avoir perdu un maître discret, un bâtisseur d’harmonies.

Boncana Maïga laisse derrière lui une œuvre dense, lumineuse et profondément humaine. Ses arrangements continueront de vibrer dans les salles de concert, ses mélodies d’accompagner les fêtes familiales et les souvenirs d’enfance. Car certaines musiques ne meurent jamais. Elles deviennent mémoire.

À Dieu l’artiste.

Mort d’Ali Khamenei : l’Iran décapité, le Moyen-Orient au bord de l’embrasement

Frappes ciblées, succession incertaine, menaces de représailles : la disparition du guide suprême iranien ouvre une ère de périls régionaux.

 

La République islamique n’avait jamais envisagé un tel scénario. Ce dimanche, Téhéran a officialisé la mort d’Ali Khamenei, 86 ans, figure centrale du régime depuis plus de trois décennies. Selon les autorités iraniennes, son décès serait consécutif à des frappes aériennes américaines ayant visé des sites stratégiques dans la capitale et en province.

Dans la foulée, Washington et Tel-Aviv ont revendiqué des opérations contre des infrastructures militaires et nucléaires. Le choc est immédiat. Car au-delà de la disparition d’un homme, c’est l’ossature même du pouvoir iranien qui se retrouve brutalement amputée.

La chute d’un pilier du régime

Successeur de Ruhollah Khomeini en 1989, Ali Khamenei ne se contentait pas d’arbitrer la vie politique : il en détenait la clé. Chef des forces armées, maître de la diplomatie, ultime décideur sur les questions stratégiques, il dominait un système où la présidence et le Parlement restaient subordonnés à son autorité.

Sous son règne, l’Iran a consolidé son influence régionale tout en affrontant des sanctions sévères et des crises internes récurrentes. Il a résisté, verrouillé, contrôlé. Jusqu’à cette frappe qui a brisé l’équilibre.

Sa disparition ne crée pas un simple vide symbolique : elle ouvre une fracture institutionnelle. Certaines disparitions bouleversent un pays. Celle d’Ali Khamenei pourrait, elle, ébranler tout un équilibre régional.

Une succession sous haute tension

Conformément à la Constitution, l’Assemblée des experts doit désigner un nouveau guide suprême. Mais derrière la procédure formelle se joue une lutte silencieuse entre factions conservatrices, hiérarchie religieuse et Gardiens de la révolution.

L’absence d’un successeur consensuel pourrait transformer la transition en champ de rivalités. Or, dans un pays sous pression militaire extérieure, toute fissure interne devient un risque majeur.

En d’autres termes, la stabilité du régime dépendra de sa capacité à afficher rapidement une unité de façade. Faute de quoi, la crise pourrait se muer en recomposition brutale du pouvoir.

Le spectre d’une guerre élargie

Les frappes revendiquées par les États-Unis et Israël ont été présentées comme une opération préventive visant des capacités stratégiques. Téhéran, de son côté, promet des représailles. Les Gardiens de la révolution ont déjà évoqué une riposte « proportionnée et décisive ».

Dans le Golfe, région vitale pour l’approvisionnement énergétique mondial, les tensions montent. Les marchés énergétiques réagissent fébrilement, conscients que toute déstabilisation prolongée pourrait provoquer une flambée des prix et perturber les équilibres économiques mondiaux. Chaque mouvement militaire est scruté, chaque déclaration amplifiée.

Ainsi, la disparition du guide suprême agit comme un détonateur dans une région saturée de lignes rouges.

Moscou accuse

Le Kremlin a immédiatement pris position. Le président Vladimir Poutine a dénoncé un « assassinat » et une « violation cynique du droit international », saluant la mémoire d’un partenaire stratégique majeur.

Cette réaction dépasse la simple diplomatie. Elle inscrit la crise iranienne dans le bras de fer plus large opposant Moscou aux puissances occidentales. Autrement dit, le théâtre moyen-oriental pourrait devenir un nouvel espace de confrontation indirecte.

Une onde de choc globale

Pour les pays africains, y compris le Niger, l’évolution de cette crise mérite une attention particulière. L’Iran demeure un acteur influent sur le marché énergétique et un partenaire diplomatique actif dans les forums internationaux.

Toute escalade prolongée pourrait provoquer une flambée des prix de l’énergie, affecter les équilibres budgétaires et redessiner les alliances diplomatiques.

Car l’Iran n’est pas seulement un acteur régional : il est une pièce stratégique du jeu mondial.

La fin d’une ère, le début de l’inconnu

Ali Khamenei aura marqué son époque par la consolidation d’un pouvoir centralisé et par une diplomatie de résistance. Sa mort, brutale et controversée, ouvre une période d’incertitude extrême.

L’Iran est désormais confronté à une double épreuve : organiser une succession crédible tout en évitant une escalade militaire incontrôlable. Dans cette zone de turbulence, chaque décision comptera. Car parfois, l’histoire bascule en une nuit.

En jouant aux mains de Dieu, Washington et Tel-Aviv risquent d’allumer une guerre qui les engloutira.

Burkina Faso : un ex-employé de l’ambassade américaine condamné à vie pour abus sur mineures

Le verdict est tombé à Washington, mais l’affaire trouve son origine à Ouagadougou. Un ressortissant américain de 41 ans, ancien employé de l’ambassade des États-Unis au Burkina Faso, a été condamné le 26 février 2026 à la réclusion criminelle à perpétuité par un tribunal fédéral du Maryland pour abus sur  des adolescentes burkinabè.

Au terme d’un procès de deux semaines tenu en octobre 2025, le jury a reconnu Fode Sitafa Mara coupable de multiples chefs d’accusation liés à des agressions sexuelles sur mineures commises entre 2022 et 2023 dans la capitale burkinabè.

Des faits commis dans une résidence diplomatique

Selon les éléments présentés à l’audience, les faits se sont déroulés dans une habitation louée par l’ambassade américaine à Ouagadougou. Ce détail est déterminant : les résidences réservées au personnel diplomatique relèvent de la juridiction des États-Unis, permettant ainsi aux autorités américaines d’engager des poursuites.

Les enquêteurs ont établi que l’accusé aurait abusé à plusieurs reprises de deux adolescentes burkinabè âgées de 13 et 15 ans au moment des faits. Les victimes vivaient dans une grande précarité, dans un quartier proche de la résidence diplomatique.

D’après les documents judiciaires, l’homme aurait profité de la vulnérabilité de la famille, notamment de la maladie grave de la mère, pour exercer une pression sur les jeunes filles. Il leur aurait également fourni des téléphones afin de maintenir le contact à l’insu de son entourage.

Le jury fédéral du district du Maryland l’a reconnu coupable de quatre chefs d’abus sexuels aggravés sur mineure, ainsi que de tentative de coercition, d’incitation à un mineur et d’entrave à la justice.

Une affaire sensible pour la diplomatie américaine

Au-delà du drame humain, cette affaire met directement en cause la responsabilité des personnels affectés à l’étranger.

Dans un communiqué, des responsables du département américain de la Justice ont affirmé que le verdict « envoie un message clair » : les autorités américaines poursuivront tout citoyen impliqué dans des crimes sexuels contre des enfants, y compris lorsque ces faits se produisent hors du territoire national.

Les enquêteurs du Service de sécurité diplomatique (DSS), de l’Inspection générale de l’USAID et de la Homeland Security Investigations (HSI) ont mené conjointement les investigations, avec le soutien actif des autorités burkinabè. À Washington, les responsables ont salué cette coopération judiciaire transnationale.

Coopération judiciaire et protection des mineurs

L’affaire a été instruite dans le cadre du Project Safe Childhood, un programme lancé en 2006 par le département de la Justice des États-Unis pour lutter contre l’exploitation sexuelle des enfants.

Pour les autorités américaines, cette condamnation à perpétuité vise à rappeler que le statut diplomatique ou la fonction exercée à l’étranger ne sauraient constituer un bouclier contre les poursuites.

Les autorités burkinabè ont participé activement à l’enquête, et Washington juge leur implication déterminante malgré une procédure menée aux États-Unis.

Un signal fort dans la lutte contre l’impunité

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte mondial de vigilance accrue face aux abus sexuels impliquant des personnels expatriés ou des travailleurs humanitaires.

En condamnant à la prison à vie un employé de mission diplomatique, la justice américaine entend démontrer que les crimes commis à l’étranger peuvent faire l’objet de poursuites sévères.

Si aucune peine ne peut effacer les traumatismes subis par les victimes, ce verdict marque néanmoins une étape importante dans la lutte contre les abus sur des mineurs et dans l’affirmation du principe de responsabilité, y compris au-delà des frontières.

Mali : NDC rachète la filiale de TotalEnergies

Le groupe français TotalEnergies cède sa filiale à l’entreprise malienne NDC. Un tournant stratégique dans le secteur des hydrocarbures

Au Mali, le paysage énergétique connaît une évolution majeure. La filiale locale du groupe français TotalEnergies passe désormais sous le contrôle de NDC, entreprise dirigée par le jeune entrepreneur malien Mamadou Niangadou.

L’opération marque une étape importante dans la recomposition du secteur des hydrocarbures au Mali, où les acteurs nationaux prennent progressivement davantage de place dans la distribution pétrolière.

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PDG de NDC Mamadou Niangadou

Un réseau stratégique de 80 stations-service

La filiale concernée exploite environ 80 stations-service à travers le territoire malien et représente plus de 1 000 emplois directs et indirects. Autrement dit, il s’agit d’un maillon essentiel de l’approvisionnement en carburant du pays.

Initialement, la cession devait bénéficier à un autre opérateur, Coly Energy. Toutefois, à l’issue du processus, c’est finalement NDC qui reprend l’ensemble des activités. Les modalités financières de la transaction n’ont pas été rendues publiques.

 

L’ascension d’un acteur local

Peu connue du grand public il y a quelques années, NDC s’est imposée comme un acteur majeur de la logistique pétrolière au Mali. L’entreprise dispose d’une flotte de plus de 200 camions-citernes, assurant le transport et la distribution de carburants sur l’ensemble du territoire, y compris dans des zones parfois difficiles d’accès.

En prenant le contrôle d’un réseau aussi structurant, NDC franchit un cap décisif. Cette acquisition ne se limite pas à un simple changement d’actionnaire : elle symbolise une montée en puissance des capitaux nationaux dans un secteur longtemps dominé par les multinationales.

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Une tendance régionale

Cette opération s’inscrit dans un mouvement plus large observé en Afrique de l’Ouest. Au Burkina Faso, des investisseurs locaux ont récemment renforcé leur présence dans le secteur bancaire et énergétique.

Ainsi, au Mali, la reprise de la filiale de TotalEnergies par une entreprise nationale traduit une volonté croissante de souveraineté économique. Elle intervient dans un contexte où les États sahéliens cherchent à consolider leurs capacités internes, notamment dans les secteurs stratégiques.

 

Quels enjeux pour le Mali ?

Pour les autorités maliennes, l’enjeu est double. D’une part, assurer la continuité de l’approvisionnement en carburant dans un pays enclavé. D’autre part, préserver les emplois et maintenir la qualité des services dans les stations-service concernées.

Du côté des consommateurs, la question des prix et de la stabilité des stocks reste centrale. La transition devra donc être suivie de près afin d’éviter toute perturbation.

 

Une nouvelle étape dans la recomposition énergétique

En définitive, cette cession illustre l’évolution du paysage économique malien. La prise de contrôle par NDC pourrait renforcer l’ancrage local de la distribution pétrolière, tout en posant des défis en matière de gouvernance et de compétitivité.

Pour Bamako comme pour l’ensemble du Sahel, cette opération constitue un signal fort : les entreprises africaines ambitionnent désormais de jouer un rôle de premier plan dans des secteurs stratégiques autrefois dominés par les groupes internationaux.

Cyclone Gezani : la Russie livre 60 tonnes d’aide humanitaire à Madagascar

Au lendemain du passage du cyclone tropical Gezani à Madagascar, la Russie déploie une aide humanitaire d’envergure à Antananarivo, avec près de 60 tonnes de vivres et plusieurs hélicoptères mobilisés. Ce 27 février, une cérémonie officielle s’est tenue à l’aéroport international d’Antananarivo pour marquer la remise de cette assistance destinée aux populations sinistrées.

 

Plusieurs hauts responsables civils et militaires ont assisté à l’événement, dont le Président de la République, le Premier ministre et des membres du gouvernement. Cette forte représentation souligne l’importance politique accordée à ce geste de solidarité internationale.

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Une aide alimentaire et logistique structurée

L’assistance transmise par le biais du ministère russe des Situations d’urgence comprend près de 60 tonnes de denrées alimentaires. Dans le détail, 30 tonnes de riz, 16 tonnes de haricots rouges et 13 tonnes d’huile végétale ont été remises aux autorités malgaches.

Par ailleurs, via le ministère russe de la Défense, six camions ont été livrés pour faciliter la distribution. À cela s’ajoutent 600 kilogrammes de sucre, 600 kilogrammes de pâtes alimentaires et 600 kilogrammes d’huile de tournesol.

Autre élément notable : la mobilisation de deux hélicoptères Mi-8, des appareils polyvalents capables d’atteindre des zones enclavées. Par ailleurs, leur mission consiste à acheminer les vivres vers les régions difficilement accessibles, fortement touchées par les intempéries.

 

Une catastrophe aux lourdes conséquences

Le cyclone Gezani a provoqué d’importants dégâts matériels dans plusieurs localités malgaches, avec des habitations détruites, des routes coupées et des cultures endommagées. Dans un pays régulièrement exposé aux aléas climatiques, la question de la résilience demeure centrale.

L’intervention russe intervient donc dans un contexte d’urgence humanitaire où la rapidité d’action est déterminante pour limiter les pénuries alimentaires et les risques sanitaires.

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Une dimension diplomatique assumée

Au-delà de l’aspect humanitaire, cette opération traduit également un positionnement diplomatique. Le chargé d’affaires russe à Antananarivo, Alexeï Buriak, a évoqué une « solidarité sincère » envers le peuple malgache, insistant sur la tradition de coopération entre Moscou et Antananarivo.

Cette aide illustre, plus largement, la volonté de la Russie de consolider ses partenariats sur le continent africain à travers des actions concrètes, notamment dans les domaines humanitaire et sécuritaire.

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Madagascar : la distribution de l’aide russe, un test de coordination

En somme, l’initiative malgache souligne l’importance de mettre en place des mécanismes d’assistance rapide face aux catastrophes naturelles et met en lumière l’évolution des alliances internationales sur le continent. À Antananarivo, les autorités locales et leurs partenaires internationaux doivent désormais coordonner leurs efforts pour distribuer efficacement l’aide aux communautés sinistrées. Dans les prochains jours, ils veilleront également à ce que les vivres atteignent les zones les plus isolées et les plus touchées par le cyclone Gezani.

Niger : l’Université Abdou Moumouni lance un colloque sur la mendicité au Sahel

 À Niamey, universitaires et experts sécuritaires croisent leurs analyses sur la mendicité au Sahel, Un colloque international pour décrypter un phénomène social en expansion

Du 24 au 26 mars 2026, la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) de l’Université Abdou Moumouni (UAM) de Niamey accueillera un colloque international consacré à un sujet sensible : la mendicité dans l’espace sahélien. Placée sous le thème « Regards croisés sur la mendicité au Sahel », la rencontre ambitionne d’aller au-delà des constats pour proposer des pistes d’analyse et d’action.

En amont de cet événement scientifique, le comité d’organisation conduit par le doyen de la FLSH, le Pr Lawali Dambo, a été reçu le 27 février par le Directeur du Centre National d’Études Stratégiques et de Sécurité (CNESS), le Colonel-Major Mahamadou Nouhou Bako. Une audience qui témoigne de la volonté de rapprocher recherche académique et réflexion stratégique.

 

Entre question sociale et enjeu sécuritaire

Au Niger, la mendicité est un phénomène ancien. Toutefois, selon plusieurs observateurs, son ampleur semble s’accroître, notamment dans les grands centres urbains comme Niamey, Maradi ou Zinder. Les mouvements migratoires internes, la pression démographique et la précarité économique figurent parmi les facteurs souvent évoqués.

Lors de la rencontre, les échanges ont mis en lumière l’impact de cette réalité sur la cohésion sociale et la tranquillité publique. Si la mendicité demeure avant tout une question sociale et humanitaire, elle soulève également des interrogations en matière d’organisation urbaine, de protection des enfants et de sécurité.

Le CNESS, dont la mission consiste à analyser les enjeux stratégiques et sécuritaires nationaux et internationaux, s’est dit disposé à accompagner la réflexion. Son directeur a salué l’initiative universitaire, rappelant que les chercheurs constituent des partenaires clés dans la compréhension des dynamiques sociales complexes.

 

Un colloque structuré en plusieurs étapes

Selon les organisateurs, le colloque s’articulera autour de plusieurs axes. D’abord, des communications scientifiques visant à décrypter les causes et les formes contemporaines de la mendicité au Sahel. Ensuite, un atelier prévu à Maradi permettra de réfléchir à la diffusion des résultats et à leur appropriation par les décideurs publics et les acteurs de terrain.

Enfin, les promoteurs du projet envisagent la mise en place de programmes de recherche multi-acteurs. L’objectif est de créer une synergie durable entre universitaires, institutions étatiques et organisations de la société civile.

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Le Doyen de la FLSH, le Pr. Lawali DAMBO et le Directeur du Centre d’Etudes Stratégiques et de Sécurité (CNESS), le Colonel Major Mahamadou NOUHOU BAKO

Vers une approche concertée

Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités nigériennes cherchent à mieux encadrer le phénomène, tout en tenant compte de ses dimensions religieuses, culturelles et économiques.

En effet, la mendicité au Sahel revêt des réalités diverses : mendicité liée à l’apprentissage religieux traditionnel, stratégies de survie face à la pauvreté ou encore conséquences des déplacements internes provoqués par l’insécurité.

Ainsi, le colloque de l’UAM ambitionne d’apporter un éclairage nuancé, fondé sur des données scientifiques, afin d’éviter les approches simplistes

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Une attente forte autour des conclusions

À l’issue de l’audience, les universitaires ont exprimé leur souhait de voir le CNESS participer activement aux travaux. Tous s’accordent sur la nécessité d’une collaboration étroite pour transformer les résultats académiques en recommandations opérationnelles.

Dans un pays confronté à de multiples défis socio-économiques, cette rencontre scientifique pourrait aussi  marquer une étape importante vers une compréhension plus fine d’un phénomène qui touche directement les centres urbains nigériens.

Reste à savoir si les conclusions du colloque déboucheront sur des politiques publiques concrètes. Pour l’heure, la démarche se veut inclusive : analyser pour mieux agir, et agir sans stigmatiser.

Niger : quand Ramadan et Carême rapprochent un imam et son fils prêtre

Cette année, le calendrier religieux offre un symbole fort : le Ramadan et le Carême se déroulent simultanément. À travers le Sahel, cette coïncidence nourrit réflexion et dialogue. Mais au-delà des discours, elle prend un visage particulier dans l’histoire d’une famille burkinabè marquée par trois décennies de séparation avant une réconciliation inattendue.

Adrien Sawadogo est prêtre missionnaire. Son père, Al-Hâdjdj Issa, est imam. Tous deux vivent aujourd’hui côte à côte les temps de jeûne propres à leurs traditions respectives. Une situation impensable il y a trente ans.

 

Une conversion vécue comme une fracture

En 1992, alors qu’il est l’aîné d’une fratrie musulmane pratiquante, Adrien affirme avoir vécu une expérience spirituelle bouleversante qui l’oriente vers le christianisme. Pour sa famille, le choc est immense. Dans un environnement religieux structuré, voir le premier fils embrasser une autre foi est perçu comme une rupture majeure.

Son père, imam respecté, confie avoir difficilement accepté ce choix. La tension est telle qu’Adrien est écarté du cercle familial. S’ouvre alors une longue période de silence et de distance.

Cependant, avec le temps, la rigidité cède progressivement la place à l’interrogation. Un membre de la famille conseille à l’imam de laisser son fils libre de suivre son chemin spirituel. « Si je l’avais contraint, il aurait pu se perdre », reconnaît-il aujourd’hui.

 

Trente ans pour apaiser les blessures

Il faudra attendre 2022 pour que les mots se libèrent réellement entre le père et le fils. Trois décennies durant lesquelles chacun approfondit sa foi : l’un dans la théologie chrétienne, l’autre dans l’enseignement coranique.

La réconciliation ne s’est pas faite dans l’effacement des convictions, mais dans leur compréhension mutuelle. L’imam admet désormais que la foi chrétienne constitue une voie authentique vers Dieu. Adrien, de son côté, insiste sur le respect des racines familiales et sur la connaissance du Coran qu’il a lui-même étudié.

Ce cheminement illustre une réalité souvent peu visible : au Sahel, où l’islam et le christianisme coexistent depuis des siècles, les tensions religieuses ne résument pas l’ensemble des relations interconfessionnelles.

 

Une coïncidence porteuse de sens

En 2026, la concomitance du Ramadan et du Carême est interprétée par les deux hommes comme un signe d’encouragement au dialogue. Le Ramadan, pilier de l’islam, est un temps de jeûne, de prière et d’écoute du Coran, culminant avec la Nuit du Destin, moment central de la révélation coranique. Le Carême, période préparatoire à Pâques dans la tradition chrétienne, est également marqué par le jeûne, la prière et la méditation de la Parole.

Pour Adrien, cette simultanéité constitue une invitation à une « mystique de la rencontre ». Son père y voit plutôt un appel à l’intelligence et à la modération. Selon lui, les querelles religieuses proviennent davantage des hommes que de Dieu lui-même.

 

Un message qui dépasse le Burkina Faso

Si cette histoire trouve ses racines au Burkina Faso, elle résonne aussi au Niger, pays où musulmans et chrétiens partagent souvent les mêmes quartiers, parfois les mêmes familles. Dans un contexte régional fragilisé par les crises sécuritaires, le témoignage d’Al-Hâdjdj Issa et d’Adrien rappelle qu’un dialogue patient peut surmonter les fractures les plus profondes.

En définitive, Ramadan et Carême demeurent, chacun à leur manière, des moments où l’être humain se tient face à Dieu. Deux traditions distinctes, mais un même appel à la conversion intérieure, à la retenue et à la miséricorde.

À l’heure où les crispations identitaires traversent plusieurs sociétés sahéliennes, cette trajectoire familiale offre une autre lecture possible : celle d’une foi vécue sans exclusion, et d’une coexistence fondée sur l’écoute plutôt que sur la confrontation.

Crise Niger-Libye : Tripoli menace d’expulser les Nigériens

Le ton monte entre Tripoli et Niamey. Le Gouvernement d’unité nationale (GUN) libyen, reconnu par la communauté internationale, accuse les autorités nigériennes d’avoir livré deux de ses ressortissants aux autorités rivales de l’Est. Entre menaces d’expulsions massives et pressions politiques, la crise diplomatique s’envenime, plaçant plus d’un million de Nigériens dans une situation précaire.

C’est une « note verbale » au vitriol que les diplomates nigériens en poste en Libye ont reçue le jeudi 26 février 2026. Le ministère libyen des Affaires étrangères, du gouvernement basé à Tripoli, y exprime son indignation après le transfert de deux citoyens libyens, MM. Bahr al-Din et al-Qallal, aux mains des autorités de Benghazi, fidèles au maréchal Haftar.

Pour Tripoli, cet acte constitue une entorse majeure aux usages diplomatiques et une atteinte directe à sa souveraineté, Niamey ayant traité avec une entité qu’il juge « non reconnue ».

 

Un million de Nigériens dans le viseur de Tripoli

En effet, la réponse de la capitale libyenne ne s’est pas fait attendre et prend la forme d’un chantage migratoire. Tripoli menace désormais de reconsidérer le statut juridique des ressortissants nigériens installés sur son sol. Estimée à plus d’un million de personnes, cette diaspora — pilier économique pour de nombreuses familles au Niger — pourrait se voir retirer ses titres de séjour.

De fait, le document officiel évoque la possibilité de traiter ces citoyens comme des migrants clandestins, ouvrant la voie à des vagues d’arrestations, des poursuites pénales et des reconduites à la frontière.

 

L’ombre d’un soutien à l’opposition nigérienne

La crise dépasse le simple cadre administratif pour toucher au cœur du pouvoir à Niamey. Par ailleurs, le gouvernement de Tripoli va plus loin en agitant la menace d’un appui direct aux opposants au Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). En invoquant le « principe de réciprocité », la diplomatie libyenne laisse entendre qu’elle pourrait devenir une base arrière pour la contestation du pouvoir militaire nigérien.

Cette escalade intervient alors que des sources font état de remous internes à Niamey. Les autorités évoquent l’implication présumée des plus hauts cercles du pouvoir, notamment les directions de cabinet de la présidence et du ministère de l’Intérieur. Des soupçons de transactions financières opaques et une série d’interpellations récentes au sein de la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE) ajoutent une couche de complexité à cette affaire.

 

Une responsabilité partagée ?

En définitive, Tripoli prévient : le Niger sera tenu pour responsable de tout traitement dégradant que subiraient les deux Libyens transférés vers l’Est. Le gouvernement libyen précise qu’en cas de récidive dans cette coopération avec Benghazi, des mesures coercitives encore plus lourdes pourraient être activées.

À Niamey, le silence des autorités officielles demeure pour l’heure total, alors que l’inquiétude grandit au sein des familles dont les proches vivent et travaillent en Libye. Mais derrière cette prudence diplomatique se joue une partie à haut risque. Car si Tripoli met ses menaces à exécution, c’est un choc humain et économique d’ampleur qui frapperait le Niger, déjà fragilisé sur le plan interne.

Dans cette confrontation où s’entremêlent rivalités libyennes, calculs politiques et pression migratoire, chaque faux pas pourrait avoir des conséquences irréversibles. Reste à savoir si Niamey choisira l’apaisement ou assumera l’épreuve de force. Une chose est sûre : la crise a quitté le terrain feutré des chancelleries pour devenir un enjeu stratégique majeur aux répercussions régionales.