Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 27 sur 294

Le Niger et la FAO mobilisent les bailleurs autour du « Programme Grande Irrigation »

Réunis à l’hôtel Radisson Blu de Niamey mardi 23 juin 2026, les partenaires techniques et financiers ont répondu à l’appel d’une mission de haut niveau de la FAO. Objectif : structurer des investissements massifs dans l’agro-industrie afin d’affranchir le pays de sa dépendance aux aléas climatiques.

Au Niger, la bataille pour l’autosuffisance alimentaire entre dans sa phase opérationnelle. Le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Mahaman Elhadj Ousmane, a profité d’une table ronde de haut niveau coorganisée avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour formaliser les ambitions du Niger devant un parterre de bailleurs de fonds internationaux.

Au cœur des discussions figuraient le financement du monde rural et l’industrialisation de l’appareil agricole nigérien, perçus comme les principales digues face aux crises climatiques récurrentes qui secouent la bande sahélienne.

Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
© Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL

Le « Programme Grande Irrigation », pivot stratégique de Niamey

Pour rompre avec la fatalité des cycles de sécheresse, Niamey mise désormais sur une restructuration profonde de son modèle. « Le Niger pose des actes historiques à travers le Programme Grande Irrigation pour s’affranchir de certaines contraintes climatiques et alimentaires », a salué Mme Janaba Mahonde, coordonnatrice par intérim du Système des Nations unies (SNU) au Niger, réaffirmant au passage l’alignement des agences onusiennes sur les priorités souveraines du pays.

Cette offensive agricole ne concerne toutefois pas uniquement le marché local. Pour l’institution onusienne, appuyer le Niger relève également d’un impératif géostratégique régional. « La FAO est prête à accompagner et à investir au Niger », a martelé Mme Bintia Stephen-Tchicaya, coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest. Selon elle, injecter des capitaux à Niamey revient à « investir dans la souveraineté alimentaire de toute l’Afrique de l’Ouest », le pays occupant une position charnière dans les flux commerciaux agro-pastoraux de la sous-région.

Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
© Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL

Sécurité, stabilité et capitaux

Pour les autorités, l’équation est simple : il n’y aura pas de paix durable sans prospérité rurale. Dans cette optique, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Mahaman Elhadj Ousmane, a rappelé aux partenaires financiers que l’investissement dans les structures agroalimentaires constituait le meilleur levier pour fixer les populations, créer des emplois pour la jeunesse et stimuler l’entrepreneuriat rural.

« Investir dans l’agriculture, c’est asseoir la stabilité et la prospérité durable. Les besoins demeurent importants ; nous devons partager une vision commune et renforcer notre collaboration afin de déboucher sur des investissements concrets », a insisté le ministre.

Sous la conduite du représentant résident de la FAO au Niger, Al Hassan Cissé, les échanges techniques ont ensuite porté sur la traduction de ces déclarations d’intention en engagements budgétaires plus tangibles. Reste désormais aux bailleurs à transformer les promesses formulées lors de la table ronde de Niamey en lignes de crédit effectives capables d’accompagner le virage agro-industriel du pays.

Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
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Niger : L’Université d’Agadez lance trois nouveaux Masters

Aux portes du désert nigérien, l’Université d’Agadez (UAZ) s’apprête à franchir un palier académique majeur. L’établissement vient d’officialiser l’ouverture de trois nouveaux Masters professionnels pour la rentrée universitaire 2026-2027, une décision stratégique destinée à retenir les talents locaux et à répondre aux défis écologiques et industriels de la région.

Agadez, 24 juin 2026 — C’est une annonce que les étudiants et les responsables de l’Université d’Agadez attendaient depuis longtemps. En officialisant trois arrêtés ministériels, les autorités nigériennes ont validé l’ouverture de nouveaux cursus au sein de l’établissement. Cette décision concrétise, par ailleurs, la récente promesse du recteur de l’établissement, le Dr Sama Arjika, qui plaidait pour une accélération de la modernisation pédagogique dans cette région septentrionale.

Dès la prochaine rentrée, les étudiants n’auront plus l’obligation de s’exiler vers la capitale, Niamey, ou vers l’étranger pour poursuivre leur spécialisation dans des secteurs clés.

Bio-écologie, industrie et Big Data

Par ailleurs, les trois nouveaux parcours ont été minutieusement calibrés pour répondre aux réalités économiques et géographiques du territoire sahélo-saharien :

  • Le Master en Bio-écologie et Agriculture en zone aride : un enjeu vital pour le Niger, confronté de plein fouet au changement climatique, à l’avancée du désert et aux défis de la sécurité alimentaire.

  • Le Master en Génie des procédés industriels et environnement : une filière connectée au tissu économique d’Agadez, région historique d’exploitations minières, notamment de l’uranium, qui doit aujourd’hui concilier développement industriel et préservation des écosystèmes.

  • Le Master en Mathématiques et Sciences des données : dispensé au sein de l’École nationale d’ingénieurs des sciences et de l’environnement (ENISE), ce cursus propulse l’université dans l’ère du numérique et du Big Data, un secteur en pleine expansion sur le continent.

L’enjeu de la recherche et du CAMES

Au-delà de l’impact direct pour les étudiants, qui bénéficient désormais d’une offre de formation supérieure de proximité, cette réforme constitue également une bouffée d’air pour les enseignants-chercheurs de l’UAZ. En ouvrant des cycles de niveau Master, l’université renforce ses capacités de recherche locale.

En outre, cette évolution représente un levier essentiel pour la carrière des enseignants. Ces nouveaux espaces de recherche leur permettront d’encadrer des travaux de pointe, une condition sine qua non pour valider leurs grades et progresser au sein du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES).

À travers cette adaptation de son offre aux transitions environnementales, industrielles et numériques, la jeune Université d’Agadez démontre qu’elle ne veut plus seulement être un pôle d’enseignement supérieur de proximité, mais un véritable laboratoire scientifique ancré au cœur du Sahel.

Niger : Seize hauts gradés écroués dans une scabreuse affaire de mœurs

Niamey, 23 juin 2026 — C’est un séisme institutionnel sans précédent qui ébranle la capitale nigérienne. L’onde de choc s’est propagée ce mardi jusqu’aux plus hauts sommets des forces de sécurité et des administrations financières du pays. Dans l’affaire dite « des mœurs », qui défraie la chronique à Niamey, la justice a tranché avec une rare sévérité : seize prévenus, parmi lesquels figurent de très hauts gradés de la douane et de la police, ont été placés sous mandat de dépôt.

Signe de la sensibilité extrême du dossier et d’une volonté manifeste d’éviter toute collusion ou concertation entre les mis en cause, les autorités judiciaires ont fait le choix de la dispersion. Dans cette logique, elles ont réparti les seize détenus dans cinq maisons d’arrêt distinctes à travers le pays.

Les douanes et la police décapitées à Kollo, Say et Birni Ngaouré

Le catalogue des incarcérations se lit comme un annuaire des cercles d’influence de Niamey. À la prison civile de Kollo, le premier nom à figurer sur les registres d’écrou est celui du commissaire Ibrahim Adamou Harouna. Il y est détenu aux côtés de quatre autres civils : Ibrahim Moussa, Habiboulaye Mahamadou Boni, Mahamadou Salim et Izdine Ben Yusuf.

À quelques dizaines de kilomètres de là, la prison de Say accueille un autre gros poisson du dossier : le colonel des douanes Saguirou Mindaoudou, écroué avec Habibou Nouhou, Ousmane Yayé Moussa ainsi que  Mahamadou Moutari Hassan.

Plus encore, c’est sans doute le quartier de haute sécurité de la prison de Birni Ngaouré qui symbolise le mieux la violence de la purge judiciaire. La justice y a incarcéré un véritable trio de hauts responsables de l’administration douanière :

  • le colonel des douanes Ali Hamani ;

  • le colonel des douanes Abdoul Kader ;

  • le colonel des douanes Moumouni Abdou Boha.

Dispersion stratégique

Le dispositif judiciaire s’étend également à la maison d’arrêt de Ouallam, qui accueille Moussa Zaidu, Ibrahim Dioffo et Hassan Amadou Adamou. Enfin, les autorités judiciaires ont transféré seul le dernier haut fonctionnaire impliqué dans ce dossier, le commissaire Abdoul Razak Mahamadou Mossi, vers la prison civile de Filingué.

Un test pour le nouveau Code pénal nigérien ?

Si les détails précis des faits qualifiés d’« affaire de mœurs » restent, pour l’heure, couverts par le secret de l’instruction, plusieurs rumeurs évoquent avec insistance des pratiques liées à l’homosexualité. Si ces informations s’avéraient exactes, ces hauts fonctionnaires pourraient être les premiers à se voir appliquer les nouvelles dispositions particulièrement répressives du Code pénal nigérien visant les relations entre personnes de même sexe.

Quoi qu’il en soit, l’ampleur des mandats de dépôt montre que la justice nigérienne a décidé de frapper fort et rapidement. Dans une capitale où les spéculations allaient bon train ces derniers jours, l’incarcération simultanée de quatre colonels des douanes et de deux commissaires de police envoie un message unique : aucun uniforme, aussi prestigieux soit-il, ne saurait constituer un bouclier dans ce scandale d’État.

Faso : l’enfer des mines d’or évité de justesse pour 23 enfants mineurs

Mogtédo, 23 juin 2026 – C’est un coup d’arrêt majeur porté aux réseaux de traite d’êtres humains qui sévissent dans la région du Sahel. En effet, ce mardi 23 juin 2026, la gendarmerie nationale du Burkina Faso a annoncé avoir intercepté 23 enfants mineurs, âgés de seulement 12 à 15 ans. Entassés dans des minicars de transport en commun, ils étaient en route vers une destination destructrice : l’enfer des sites d’orpaillage clandestins.

L’interception a eu lieu à Mogtédo, une commune rurale stratégique située sur l’axe routier reliant Ouagadougou à l’est du pays. Lors d’un contrôle de routine, la vigilance des éléments de la Brigade territoriale locale a permis de déceler l’anomalie et d’arracher ces adolescents à leurs convoyeurs.

Gendarmerie Nationale du Burkina Faso
© Gendarmerie Nationale du Burkina Faso

Une filière d’exploitation sous-régionale

Selon les premières vérifications effectuées par les forces de sécurité, le voyage de ces enfants ne devait pas s’arrêter aux frontières burkinabè. En effet, les enquêteurs ont établi que les mineurs étaient destinés à alimenter des sites aurifères en Côte d’Ivoire, au Mali et en Guinée.

Dans ces enclaves minières souvent hors de contrôle des États, les mineurs exploitent généralement ces enfants dans des conditions de sécurité et d’hygiène alarmantes, les exposant ainsi aux effondrements de galeries et aux produits chimiques toxiques comme le mercure.

L’enquête menée dans la foulée a permis aux autorités de remonter la piste des recruteurs. Elles ont identifié six suspects, tous de nationalité burkinabè, soupçonnés d’être les cerveaux ou les intermédiaires de ce convoyage. Saisi de l’affaire, le Procureur du Faso a ordonné leur déferrement immédiat devant son parquet.

Gendarmerie Nationale du Burkina Faso
© Gendarmerie Nationale du Burkina Faso

De la mine au filet de sécurité sociale

Si le volet répressif suit son cours, l’urgence est également humanitaire. Dès l’interception, la gendarmerie a passé le relais aux services de l’Action sociale. Ce sont eux qui assurent actuellement la prise en charge psychologique, médicale et logistique des 23 enfants rescapés, en vue de leur réintégration familiale.

« Cette intervention met en lumière l’importance de la coopération entre les forces de sécurité, les autorités judiciaires et les services sociaux », a souligné le commandement de la gendarmerie, qui a rappelé sa devise pour l’occasion : « Une force humaine ».

Face à la multiplication de ces réseaux clandestins qui profitent de la vulnérabilité économique des familles, les autorités burkinabè ont renouvelé leur appel à la vigilance citoyenne. Elles incitent les populations à signaler tout mouvement suspect de mineurs, rappelant qu’un signalement routier peut, comme ce fut le cas à Mogtédo, sauver des dizaines de vies.

Niger : Organisation du BEPC 2026 sous haute vigilance à Diffa

Diffa, 23  juin 2026 — Dans la région de Diffa, à l’extrême sud-est du Niger, l’organisation des examens nationaux relève chaque année du défi d’État. C’est dans ce contexte de haute vigilance que s’est tenue, ce matin, la réunion préparatoire cruciale de la session 2026 du Brevet d’études du premier cycle (BEPC). Autour de la table, dans la salle de réunion de la Direction régionale de l’Éducation, l’ambition affichée est limpide : garantir l’équité et la transparence, malgré les contraintes d’une région éprouvée.

Sous la présidence de Hassane Noufou Diori, directeur régional de l’Éducation, la rencontre a rassemblé la fine fleur du corps professoral et administratif local : inspecteurs de l’enseignement secondaire traditionnel et franco-arabe, ainsi que les présidents des centres d’examen.

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Sécurité numérique et rigueur académique

Au cœur de l’ordre du jour, qui comptait pas moins de huit points stratégiques, la lutte contre la fraude s’est imposée comme une priorité absolue. La Direction régionale a fermement rappelé les textes réglementaires : l’interdiction stricte des téléphones portables et de tout appareil connecté dans les centres d’examen, ainsi qu’un encadrement rigoureux de l’usage des calculatrices. Dans une ère hyperconnectée, le mot d’ordre reste l’étanchéité des épreuves.

La réunion a également permis de caler les derniers détails de la chaîne de commandement académique. De la répartition des rôles pour les présidents de jurys à l’organisation des centres de correction, rien n’a été laissé au hasard. Les autorités ont insisté sur la gestion minutieuse des procès-verbaux et les procédures de proclamation des résultats afin d’éviter toute contestation post-examen.

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Le défi de la prise en charge des élèves déplacés

Au-delà de la stricte rigueur pédagogique, ce sont les réalités humaines et logistiques de la région de Diffa qui ont occupé une place centrale dans les débats. L’un des points les plus critiques de l’agenda concernait la gestion des candidats déplacés par la situation sécuritaire.

Pour ces élèves, obligés de composer loin de chez eux, la Direction régionale de l’Éducation tente de mettre en place un filet de sécurité logistique :

  • Hébergement et hygiène : audit de la propreté des centres d’examen et des sites d’accueil.

  • Prise en charge globale : suivi de la qualité de l’alimentation et des conditions de vie des candidats déracinés.

  • Logistique matérielle : contrôle minutieux du contenu des caisses de transport et distribution des budgets de fonctionnement aux différents centres.

Alors que les caisses contenant les épreuves scellées s’apprêtent à être acheminées vers les différents centres de la région, les autorités scolaires de Diffa veulent envoyer un signal fort de résilience. Malgré le contexte régional, l’administration scolaire nigérienne entend prouver que l’école de la République maintient ses standards de rigueur, de l’élaboration des budgets jusqu’à la proclamation des résultats.

Niger-Libye : Libération croisée de Barhadine Rifi et Mahmoud Sallah

Niamey, 23 juin 2026 — C’est un dénouement digne d’un thriller géopolitique qui vient de se jouer sur l’axe Niamey-Benghazi-Tripoli. Ce lundi 22 juin, les autorités nigériennes ont acté la libération du chef de guerre libyen Barhadine Mehdoune Rifi et de ses hommes, mettant ainsi fin à un feuilleton sécuritaire qui tenait les services de renseignement du Sahel en haleine depuis près d’un an. Presque au même moment, le leader du Front patriotique pour la libération (FPL), le Nigérien Mahmoud Sallah, recouvrait lui aussi la liberté sur le territoire libyen.

Derrière ce double élargissement simultané, les analystes voient la main d’une négociation secrète de haut niveau entre les autorités nigériennes et les maîtres du sud libyen.

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Rappel des faits : le coup de filet de Tesker

Pour comprendre l’importance de ce dénouement, il faut remonter à juillet 2025. Sur la base de renseignements de premier ordre, les éléments de la Brigade territoriale de Tesker, dans la région de Zinder, tendent une embuscade majeure. Les militaires nigériens interceptent alors un convoi de cinq véhicules transportant 21 individus lourdement armés.

Parmi les visages fatigués par le désert, les forces de sécurité identifient une cible de haute valeur : Barhadine Mehdoune Rifi (ou Bahridine Mehdoune Rifi), le redoutable chef de la katiba libyenne « Ahrar Fazzan », un groupe armé très actif dans le sud de la Libye. Ébruitée sur les réseaux sociaux sous les mots-clés de l’époque, cette arrestation avait porté un coup d’arrêt majeur aux infiltrations transfrontalières.

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Un troc de haut vol : Rifi contre Sallah

Pourtant, la donne a radicalement changé ce 22 juin 2026. Des sources concordantes confirment que Barhadine Rifi, son lieutenant, Mohamed Sallah, ainsi que 20 autres personnes ont quitté leurs geôles nigériennes pour regagner la Libye.

Ce spectaculaire élargissement répond à un parallélisme des formes géopolitique. Simultanément, à Gatroun, sur le territoire libyen, les forces du maréchal Khalifa Haftar ont ouvert les portes de la cellule où croupissait Mahmoud Sallah.

 Appréhendé dimanche 23 février 2025 à Qatrun, dans le sud de la Libye par l’Armée nationale libyenne (ANL), Mahmoud Sallah dirige le FPL, un mouvement politico-rebelle nigérien qui menaçait les intérêts de Niamey depuis la frontière nord. En clair, chaque camp a rendu à l’autre son « épine dans le pied ».

Les nouvelles règles du jeu sécuritaire sahélo-libyen

En fin de compte, cet échange de prisonniers démontre la forte imbrication sécuritaire entre le Niger et la Libye. Plutôt que de s’enfermer dans de longs procès politiques, Niamey et les autorités de l’Est libyen préfèrent utiliser la diplomatie bilatérale directe pour stabiliser leurs arrières-gardes.

Dès lors, une question cruciale brûle toutes les lèvres : quel sort réel les autorités nigériennes et libyennes réservent-elles à ces deux figures ? Vont-elles les maintenir sous les verrous dans leurs pays respectifs pour donner des gages à la communauté internationale, ou les remettront-elles purement et simplement en liberté ?

Si cette dernière option se confirme, l’inquiétude se déplace sur le terrain : que vont devenir les frontières communes ? Le retour aux affaires de ces deux chefs de guerre réactivera-t-il les tensions et les trafics dans le bassin du Fezzan ? Ou ce pacte de l’ombre garantira-t-il, au contraire, une trêve durable le long d’une frontière poreuse et hautement stratégique ? La suite des événements le dira très vite.

À Kouré, le miracle vert de l’ANGMV fait revenir les girafes

Kouré (Tillabéri), 22 juin 2026 – À première vue, la latérite stérile du Sahel semblait avoir définitivement condamné ce paysage. Pourtant, à Kouré, dans le département de Kollo, la nature reprend ses droits de manière spectaculaire. À peine rentré d’une mission de travail marathon dans la région de Dosso, le Directeur Général de l’Agence Nationale de la Grande Muraille Verte (ANGMV), le Colonel Abdou Ibrahim, a immédiatement enchaîné par une inspection de combat sur ce site emblématique de transition écologique. Objectif : évaluer l’impact environnemental et humain des aménagements lancés en 2022 sous l’impulsion du Programme MCA-Niger.

Agence Nationale de la Grande Muraille Verte
© Agence Nationale de la Grande Muraille Verte

L’ingénierie verte au secours de 144 hectares de désert

Sur ce périmètre de 144 hectares, l’ANGMV a déployé une véritable artillerie de techniques de conservation des eaux et des sols. Les équipes techniques ont notamment supervisé la création de 45 072 demi-lunes sylvopastorales, ces structures en forme de cuvettes qui capturent chaque goutte de pluie et retiennent les nutriments du sol.

Pour transformer ce projet en succès, l’Agence a misé sur une approche résolument inclusive. Le Président du Comité de Gestion a expliqué au Colonel Abdou Ibrahim comment la formule participative a mobilisé plus de 500 villageois, dont une écrasante majorité de femmes. Ce sont elles qui, à la force des bras, ont façonné la terre et mis en terre plus de 45 000 plants forestiers, consolidés par un épandage massif de semences herbacées.

Agence Nationale de la Grande Muraille Verte
© Agence Nationale de la Grande Muraille Verte

Des dividendes financiers grâce à la paille

À Kouré, l’écologie ne se contente plus de sauver des arbres : elle remplit les caisses du village. Le rétablissement du couvert végétal a généré une retombée économique immédiate et inattendue. La communauté a déjà réalisé trois ventes successives de paille de coupe issue du site restauré.

Ces revenus directs autofinancent désormais les activités du comité de gestion et sécurisent l’entretien du site sans perfusion d’aide extérieure. En fin de compte, la restauration des terres dégradées apporte la preuve par neuf qu’elle peut s’autofinancer tout en garantissant des bénéfices économiques durables aux populations rurales.

Agence Nationale de la Grande Muraille Verte
© Agence Nationale de la Grande Muraille Verte

Le baromètre absolu : seize girafes s’installent sur le site

Le clou de la visite s’est invité de manière totalement spectaculaire sous les yeux du Directeur Général : l’apparition d’une communauté de seize (16) girafes, dont trois (3) girafons, paissant tranquillement au milieu des nouvelles plantations. Dans cette zone historiquement connue pour ses hardes de grands mammifères, ce retour en force de la biodiversité sonne comme le verdict incontestable de la réussite du projet. La faune sauvage valide elle-même l’amélioration des conditions écologiques du milieu.

Le Colonel Abdou Ibrahim a chaleureusement salué l’effort de guerre environnemental consenti par les communautés locales, les techniciens et les partenaires. Dès lors, en transformant une terre stérile en un écosystème productif et protecteur, l’ANGMV prouve que la Grande Muraille Verte n’est pas un simple slogan politique, mais un rempart physique et vivant pour bâtir un avenir résilient face au changement climatique au Niger.

Police & GNN : 4 milliards de FCFA investis pour moderniser les moyens de communication 

Niamey, 22 juin 2026 – Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, les autorités poursuivent leurs efforts de modernisation des forces de sécurité intérieure. Le ministère de l’Intérieur a réceptionné, ce lundi, un important lot d’équipements de communication destiné à la Police nationale et à la Garde nationale du Niger (GNN).

La Direction générale des ressources du ministère a piloté cette opération d’envergure. Elle s’inscrit en ligne droite dans la stratégie nationale de renforcement des capacités opérationnelles des unités de première ligne. Finie la dépendance aux aides extérieures : l’État nigérien a entièrement financé ces acquisitions sur fonds propres à hauteur de 4 milliards de FCFA, démontrant sa volonté de souveraineté logistique. En effet, ce matériel optimisera la rapidité des transmissions et la coordination des troupes lors des interventions critiques sur le terrain.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Un saut technologique crucial pour devancer la menace

Dans le théâtre des opérations actuelles, la fiabilité des systèmes de communication et le partage de renseignements en temps réel représentent des armes de combat à part entière. C’est pourquoi cet investissement massif vise à doter les forces de l’ordre d’un avantage technologique décisif face aux réseaux criminels et terroristes, tout en sanctuarisant la préservation de l’ordre public.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Logistique : 5 000 paquetages complets livrés à la Garde nationale

En marge de la cérémonie de réception, le directeur général des ressources du ministère de l’Intérieur s’est rendu au magasin central de la Garde nationale du Niger. Sur place, il a également réceptionné un stock massif d’effets d’habillement destinés aux troupes.

Le stock comprend notamment 5 000 tenues, 5 000 bérets, 5 000 paires de rangers ainsi que 5 000 ceinturons. Ces équipements doivent contribuer à améliorer les conditions de travail et l’équipement individuel des éléments de la Garde nationale.

En fin de compte, ces injections massives de capitaux et de matériel permettent au gouvernement de transformer sa riposte logistique face aux nouvelles réalités asymétriques du terrain. Le pays affiche ainsi une volonté sans équivoque : sécuriser le territoire national par l’autonomie financière et par la modernisation constante de ses forces armées. Dans un environnement régional saturé de menaces, cette stratégie trace une ligne de conduite claire : adapter les moyens d’intervention pour rester maître du terrain et imposer la souveraineté nationale.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
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Azerbaïdjan : le président du CCR Djingarey Mamoudou participe à la conférence de l’Union parlementaire des États membres de l’OCI

Bakou, 22 juin 2026 – Le président du Conseil consultatif de la Refondation (CCR) du Niger, le Dr Harouna Djingarey Mamoudou, accélère son offensive diplomatique sur la scène internationale. Après avoir activement pris part au 4ᵉ Forum parlementaire économique de Marrakech au Maroc du 19 au 20 juin, l’autorité nigérienne a immédiatement rallié Bakou, en Azerbaïdjan. Il y conduit une importante délégation pour assister à la 20ᵉ conférence de l’Union parlementaire des États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).

Les délégués nigériens siégeront aux côtés des représentants parlementaires de l’espace islamique du 22 au 25 juin 2026. Cette grande messe multilatérale permettra d’aborder de front les enjeux majeurs de coopération politique, économique et institutionnelle.

De Marrakech à Bakou : le marathon diplomatique du CCR

Le déplacement à Bakou intervient dans le prolongement de la participation du président du CCR au 4ᵉ Forum parlementaire économique de Marrakech. En effet, les autorités de transition nigériennes entendent maintenir une présence active et décomplexée au sein des instances parlementaires mondiales.

Dès sa descente d’avion à l’aéroport international de Bakou le 21 juin, les officiels azerbaïdjanais et le corps diplomatique ont réservé un accueil solennel au Dr Harouna Djingarey Mamoudou. À la suite de ce protocole d’accueil, les deux parties ont tenu un premier entretien bilatéral au salon d’honneur.

Selon les canaux officiels, les discussions ont ciblé l’état des relations économiques entre Niamey et Bakou, tout en traçant de nouvelles perspectives de co-investissement dans des secteurs stratégiques d’intérêt commun.

La diplomatie parlementaire : une arme de positionnement pour le Niger

La participation du président du Conseil consultatif de la Refondation à la 20ᵉ conférence de l’Union parlementaire des États membres de l’OCI s’inscrit dans la stratégie de diplomatie parlementaire engagée par le Niger depuis plusieurs années.

À travers ce sommet, Niamey consolide ses alliances historiques avec les pays de l’Oumma islamique tout en diversifiant ses partenariats en dehors des canaux occidentaux traditionnels.

Par ailleurs, les commissions de travail, qui plancheront jusqu’au 25 juin, examineront des dossiers cruciaux liés au dialogue interparlementaire et aux défis sécuritaires et économiques communs du monde musulman. Ainsi, la délégation du CCR profitera de cette tribune internationale pour faire entendre la voix singulière du Niger et défendre ses intérêts géopolitiques en mutation.

Frontière Niger-Bénin : Le comité d’experts fait son rapport à Lamine Zeine

Niamey, 22 juin 2026 – Les lignes bougent à pas de géant sur le front diplomatique entre Niamey et Cotonou. Le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, a reçu ce lundi à son cabinet le comité national d’experts chargé des négociations relatives à la réouverture de la frontière entre le Niger et le Bénin. Le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le Général de division Mohamed Toumba, a conduit la délégation.

De retour d’une mission de travail à Cotonou, les experts nigériens sont venus présenter au chef du gouvernement les conclusions des échanges techniques menés avec leurs homologues béninois, dans le cadre du processus de normalisation des relations entre les deux pays.

Les avancées enregistrées à Cotonou

Pour rappel, les autorités nigériennes avaient officiellement installé ce comité technique le 5 juin 2026. L’équipe a reçu pour mission exclusive d’examiner de fond en comble les modalités pratiques et sécuritaires d’une réouverture ordonnée de la frontière commune. Cette dynamique de normalisation découle directement du tête-à-tête historique du 2 juin dernier à Niamey, lors de la visite officielle du nouveau président béninois au Niger.

Selon les informations issues des travaux tenus à Cotonou, plusieurs avancées ont été enregistrées. Les deux parties se sont notamment accordées sur le principe de patrouilles mixtes le long du fleuve Niger afin de renforcer la coopération sécuritaire dans les zones frontalières.

Les discussions ont également permis d’esquisser un mécanisme de facilitation douanière destiné à fluidifier le transit des marchandises et à résorber les difficultés rencontrées par les transporteurs sur le corridor Niamey-Cotonou. Les experts ont, en outre, convenu de poursuivre les concertations dans le cadre d’un mécanisme permanent de coopération transfrontalière.

Des garanties sécuritaires au cœur des discussions

Malgré la volonté commune de relancer les échanges économiques, la question sécuritaire demeure une priorité pour les autorités nigériennes. Au cours de l’audience, le Général Mohamed Toumba a présenté au Premier ministre les principaux points d’accord obtenus avec la partie béninoise ainsi que les garanties envisagées pour renforcer le contrôle des axes frontaliers.

Les conclusions de ce rapport devraient servir de base à l’élaboration de la feuille de route définitive devant encadrer la réouverture de la frontière entre les deux pays.

Très attendue par les opérateurs économiques et les populations des deux côtés du fleuve Niger, cette normalisation pourrait marquer une nouvelle étape dans le réchauffement des relations entre Niamey et Cotonou, après plusieurs mois de tensions diplomatiques.