Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 27 sur 262

Niger : à Mayahi, la prison mise sur le maraîchage pour favoriser la réinsertion

À première vue, la maison d’arrêt de Mayahi, dans la région de Maradi, ne se distingue pas des autres établissements pénitentiaires du Niger. Pourtant, derrière ses murs, une initiative peu commune est en train de redéfinir le sens même de la détention. Ici, la prison ne se limite plus à la privation de liberté : elle devient un espace de production et d’apprentissage.

À l’origine du projet, le régisseur de la maison d’arrêt, qui a fait le pari d’une approche différente. Plutôt que de laisser les détenus inactifs, il a entrepris de réhabiliter un ancien jardin abandonné. Résultat : plusieurs parcelles de culture ont vu le jour, transformant un terrain en friche en un espace agricole dynamique.

Maison d’Arrêt de Mayahi
© Maison d’Arrêt de Mayahi

Des champs derrière les barreaux

Désormais, pommes de terre, tomates, poivrons et salades poussent dans l’enceinte pénitentiaire. En cette période de récolte, les détenus ramassent chaque jour entre cinq et dix paniers de tomates fraîches. Ces produits sont ensuite vendus sur le marché local, où ils trouvent preneur sans difficulté.

Ainsi, l’initiative dépasse le simple cadre occupationnel. Elle contribue à l’approvisionnement de la commune tout en générant une activité économique locale. Selon des sources administratives, les revenus issus de la vente servent notamment à soutenir l’entretien du site et à améliorer certaines conditions internes.

Maison d’Arrêt de Mayahi
© Maison d’Arrêt de Mayahi

Une réponse à l’oisiveté carcérale

Au Niger, comme dans de nombreux pays de la région, la surpopulation et le manque d’activités structurées constituent un défi pour l’administration pénitentiaire. Dans ce contexte, l’expérience de Mayahi apparaît comme une alternative pragmatique.

En effet, le travail agricole offre aux détenus une occupation régulière, mais également un cadre structurant. Plusieurs observateurs locaux évoquent un impact positif sur le moral et la discipline au sein de l’établissement. L’activité maraîchère joue ainsi un rôle thérapeutique, en redonnant un rythme et une responsabilité aux participants.

Maison d’Arrêt de Mayahi
© Maison d’Arrêt de Mayahi

Un modèle en gestation ?

Les autorités locales suivent de près cette expérience. D’après des responsables communaux, des pistes de renforcement sont déjà à l’étude, notamment l’introduction de vaches laitières afin de diversifier les activités et d’élargir la production.

Si le projet venait à être consolidé, il pourrait inspirer d’autres établissements pénitentiaires à travers le pays. Parce que au-delà de la production agricole, l’enjeu est celui de la réinsertion. Apprendre à cultiver, gérer une récolte, organiser une vente : autant de compétences transférables une fois la peine purgée.

 

Produire pour se reconstruire

En filigrane, cette initiative pose une question essentielle : quelle doit être la finalité de la prison ? Punir uniquement, ou préparer le retour à la vie sociale ? À Mayahi, la réponse semble se dessiner dans les rangées de tomates mûries au soleil sahélien.

Avec peu de moyens : un lopin de terre, quelques outils et une volonté administrative affirmée, la maison d’arrêt expérimente une approche qui allie utilité sociale et dignité humaine. Une manière, peut-être, de démontrer que même derrière les barreaux, la terre peut devenir un outil de reconstruction.

Axe Cotonou-Niamey : Accident d’un bus de la compagnie Nizar près de Kandi.

Le soulagement l’emporte sur l’effroi après l’accident, ce mercredi 25 février, d’un autocar de la compagnie nigérienne Nizar dans le nord du Bénin. Si le bilan humain est miraculeusement léger, cet incident repose avec acuité la question de la responsabilité des transporteurs sur le corridor dépendant du port de Cotonou à Niamey.

La frayeur a été vive au petit matin pour les passagers de la compagnie Nizar. Alors qu’il effectuait la liaison entre la capitale économique béninoise et le Niger, un bus de transport de voyageurs s’est renversé à la hauteur de Bangoum, une localité située juste après la ville de Kandi.

L’accident s’est produit à proximité immédiate d’un pont, alors que le véhicule s’apprêtait à rallier Malanville, dernière étape avant la frontière nigérienne.

 

Un bilan miraculeux

Fort heureusement, le pire a été évité. Selon les premières constatations effectuées sur place, aucun décès n’est à déplorer parmi les voyageurs. Le bilan fait état d’un unique blessé, dont les jours ne sont pas en danger.

La victime a subi une intervention prompte des services de secours. En effet, les sapeurs-pompiers ont rapidement pris en charge le passager pour lui prodiguer les soins nécessaires.

 

L’appel à la rigueur des transporteurs

Bien que l’accident se soit terminé sans drame, il met en lumière la vulnérabilité des usagers sur cet axe stratégique. Pour de nombreux observateurs, l’événement sonne comme un signal d’alarme adressé aux agences de transport de la sous-région. Ils dénoncent des failles et appellent à des mesures concrètes : recruter des conducteurs en exigeant professionnalisme et sérieux, imposer le respect strict des limitations de vitesse et renforcer la maintenance des véhicules parcourant de longues distances.

 

En définitive, si les passagers de la compagnie Nizar ont pu reprendre le cours de leur voyage, la récurrence des incidents sur le corridor Cotonou-Niamey impose une prise de conscience collective des acteurs du transport routier.

Niger : Audit majeur du pipeline d’exportation pour plus de transparence

Dans une volonté assurée de reprendre en main la gestion de ses richesses naturelles, les autorités nigériennes engagent un audit sans précédent du pipeline d’exportation Niger-Bénin. Entre quête de souveraineté et exigence de redevabilité, Niamey veut désormais que chaque baril de brut raconte une histoire limpide aux citoyens.

 

Changement de cap pour l’or noir nigérien. Alors que l’exploitation pétrolière, amorcée dans les années 70, a pris une dimension stratégique avec la mise en service du gigantesque oléoduc dépendant des champs d’Agadem au terminal de Sèmè au Bénin, l’État du Niger a décidé de passer à la vitesse supérieure en matière de contrôle.

Dans l’édition du quotidien national Le Sahel de ce jeudi 26 février, le ministère du Pétrole a lancé un avis à manifestation d’intérêt pour le recrutement d’un cabinet indépendant de renommée internationale.

 

Une expertise multidisciplinaire pour un projet colossal

L’objectif de cette mission est clair : réaliser un audit complet — technique, économique, juridique et environnemental — de l’infrastructure de transport Niger-Bénin. Par cette initiative, le gouvernement nigérien souhaite disposer d’une évaluation exhaustive et documentée d’un projet dont la complexité et l’importance stratégique ne sont plus à démontrer.

Ainsi, les cabinets intéressés ont jusqu’au 25 mars 2026 pour soumettre leurs dossiers. Il est à noter que, dans un souci de promotion de l’expertise locale, les firmes étrangères sont invitées à se constituer en groupements avec des entreprises nigériennes.

 

La transparence comme boussole

Cette démarche n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une feuille de route ambitieuse portée par le ministre du Pétrole. Pour ce dernier, la gestion des ressources ne peut plus se faire dans l’ombre : elle exige aussi un haut niveau de responsabilité vis-à-vis des institutions et des populations.

De fait, le ministère prévoit plusieurs axes de réforme :

  • Une communication régulière sur les chiffres clés de la production et des recettes pétrolières.
  • Le renforcement du reporting pour assurer une traçabilité sans faille des flux financiers.
  • Un accès facilité pour le grand public aux informations sectorielles, afin de briser le secret qui entoure souvent ce domaine.

 

Horizon 2030 : vers un système intégré

À terme, d’ici trois à cinq ans, l’ambition est d’instaurer un système de gestion numérique et intégré. Ce dispositif devrait également permettre de suivre en temps réel les mouvements financiers et de consolider la confiance entre l’État et les citoyens.

En définitif, avec cet audit du pipeline Niger-Bénin financé par la société WAPCO NIGER, Niamey pose un acte fort. Il ne s’agit plus seulement de produire du pétrole, mais de garantir que cette ressource sert réellement de levier de développement national, sous l’œil vigilant d’un contrôle rigoureux.

Niger : Saisie de 1 758 bâtons de dynamite à Kouré par la Douane.

La douane nigérienne vient de réaliser une saisie spectaculaire à Kouré, à une soixantaine de kilomètres de la capitale. Plus de 1 700 bâtons de dynamite ont été interceptés par les unités de surveillance. Cette opération met en lumière les nouveaux défis sécuritaires faisant face aux « soldats de l’économie » dans un contexte régional sous haute tension.

 

C’est un véritable arsenal qui a été neutralisé par les agents de la Brigade d’Intervention et de Recherche (BIR) de Niamey. Au poste de contrôle de Kouré, verrou stratégique sur l’axe menant à la capitale, la vigilance des douaniers a permis de débusquer une cargaison de 1 758 bâtons de dynamite.

Loin d’être une découverte fortuite, cette saisie est le fruit d’un flair aiguisé et d’une rigueur de contrôle renforcé dans cette zone sensible.

 

Le transport de voyageurs, nouveau cheval de Troie des trafiquants ?

En effet, la méthode utilisée par les convoyeurs souligne l’audace des réseaux de trafic. Le lieutenant-colonel Abdel Kader Ibrahim Mahaman, commandant du BIR, affirme que ses unités ont saisi des explosifs lors de deux interventions distinctes.

Dans un premier cas, elles ont découvert les produits dangereux dissimulés à l’intérieur d’un bus de transport de passagers.  Dans le second cas, la cargaison se retrouvait dans un véhicule de type Hiace.

Cependant, cette tactique, consistant à mêler des substances hautement instables aux flux de civils, suscite l’inquiétude des autorités, tant pour la sécurité des voyageurs que pour la destination finale de ces produits interdits.

Direction Générale des Douanes Nigériennes
© Direction Générale des Douanes Nigériennes

Une réponse institutionnelle ferme

Face à ce péril, la hiérarchie douanière est montée au créneau. La Colonel Mme Dioffo Aicha, Directrice Régionale des Douanes de Niamey-Tillabéri, s’est rendue sur place pour saluer l’engagement des troupes.

Par ailleurs, le Colonel Rabiou Gouzaye, représentant la Direction Générale, a tenu à rappeler la sévérité de la réglementation régissant la circulation de telles matières au Niger. Il a réaffirmé la volonté de l’institution de muscler davantage les capacités d’analyse des risques et de renseignement de ses unités de terrain.

 

Au-delà des recettes, la mission sécuritaire

Cette opération rappelle que la douane nigérienne ne se contente plus de sa mission fiscale. De fait, elle s’impose aujourd’hui comme un maillon essentiel de la sécurité intérieure. Dans une région où la circulation illicite d’explosifs alimente souvent l’insécurité, le verrouillage de Kouré vient de prouver son efficacité.

En définitive, si l’enquête devra déterminer l’origine et la destination de ces bâtons de dynamite, ce succès du BIR Niamey marque un point décisif dans la lutte contre la criminalité transfrontalière organisée.

Niamey à 100 ans : une capitale face à son histoire et tournée vers 2050

Niamey ne célèbre pas seulement un anniversaire. Elle interroge son identité, son parcours et son destin. Ce mercredi 25 février 2026, le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Sidi Mohamed Almahmoud, a officiellement lancé l’exposition du centenaire intitulée « Niamey, des origines à l’horizon 2050 » au Centre Culturel Nigérien Moustapha Alassane.

Bien plus qu’une commémoration, l’événement s’impose comme une réflexion collective sur le passé, le présent et l’avenir de la capitale nigérienne.

Ville Niamey
© Ville Niamey

Une immersion dans l’histoire urbaine

À travers archives, photographies, témoignages et projections prospectives, l’exposition retrace l’évolution de Niamey, d’un modeste noyau administratif à une métropole sahélienne en pleine mutation.

D’abord village riverain du fleuve Niger, la ville s’est progressivement imposée comme centre politique, économique et culturel du pays. Aujourd’hui, elle concentre les défis majeurs du Niger : croissance démographique rapide, urbanisation accélérée, pression sur les infrastructures et nécessité d’une planification durable.

Ainsi, le parcours proposé au public ne se limite pas à une rétrospective. Il met en perspective les choix d’hier pour éclairer ceux de demain.

Ville Niamey
© Ville Niamey

Culture et citoyenneté : un enjeu stratégique

Selon les autorités, cette initiative s’inscrit dans une vision plus large : faire de la culture un levier d’éducation civique et d’unité nationale.

En effet, comprendre l’histoire de sa capitale, c’est aussi renforcer le sentiment d’appartenance et la responsabilité collective. À l’heure où la jeunesse représente la majorité de la population nigérienne, cette démarche vise à transmettre des repères solides et à encourager l’engagement citoyen.

La présence des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, ainsi que de représentants du gouvernement du Président du CCR, a d’ailleurs souligné la portée institutionnelle de l’événement.

Ville Niamey
© Ville Niamey

2050 : imaginer la métropole de demain

L’un des axes forts de l’exposition réside dans sa projection vers 2050. Quels seront les contours de Niamey dans vingt-cinq ans ? Comment concilier modernité, durabilité et cohésion sociale ?

Ces interrogations structurent la seconde partie du parcours. Urbanistes, historiens et acteurs culturels y esquissent les grandes orientations possibles : développement d’infrastructures résilientes, valorisation du patrimoine, intégration des nouvelles technologies et meilleure planification territoriale.

En ce sens, l’exposition agit comme un laboratoire d’idées ouvert au public.

Ville Niamey
© Ville Niamey

Un rendez-vous accessible à tous

Ouverte du mardi au dimanche, de 9 h à 17h (avec une pause de 13h à 14h30), l’exposition se tiendra jusqu’au 28 décembre 2026. Les autorités municipales invitent l’ensemble des citoyens, élèves, étudiants et familles à s’approprier cet espace de mémoire et de projection.

Car, au-delà des cérémonies officielles, le message est clair : on ne peut construire un avenir durable sans connaître les fondations sur lesquelles il repose.

Un centenaire comme moment d’unité

En définitive, cette célébration du centenaire dépasse le cadre festif. Elle symbolise un moment de vérité et de cohésion nationale. Niamey, à travers cette initiative, affirme aussi sa volonté de conjuguer héritage et ambition.

Le centenaire n’est donc pas seulement celui d’une ville. Il devient celui d’une communauté qui choisit de regarder son passé avec lucidité pour mieux façonner son avenir.

Crise des licences au Niger : La FENIFOOT brise le silence et durcit le ton

NIAMEY (Niger), 25 février 2026 — Le football se joue sur la pelouse, mais ces dernières semaines, c’est dans les bureaux de commissions et sur les réseaux sociaux que les scores semblaient se décider. Face à une multiplication sans précédent de recours et de contestations juridiques, le sommet de la Fédération Nigérienne de Football (FENIFOOT) a décidé de contre-attaquer.

Lundi 23 février, lors d’un point de presse aux allures d’opération de clarification, les ténors de la fédération ont dressé un constat sans concession : le championnat national traverse une zone de turbulences réglementaires qui menace l’image même du sport roi au Niger.

Fédération Nigérienne De Football
© Fédération Nigérienne De Football

Le « scandale des licences » : les faits qui fâchent

L’instance fédérale n’a pas utilisé de pincettes pour décrire l’ampleur du mal. Au cœur de la tempête ? Des manœuvres administratives qui faussent la donne sur le terrain. Oumar Hima Souley , Président de la Commission Compétitions, a mis en lumière des dossiers brûlants impliquant des piliers du football local :

  • L’imbroglio des transferts (Sahel SC, AS UAM et Urana FC) : la fédération a constaté l’utilisation de faux Certificats Internationaux de Transfert (CIT) lors des confrontations entre ces géants de la Super Ligue. En clair, certains joueurs ont obtenu leurs licences grâce à des documents falsifiés, rendant leur participation illégale.
  • L’affaire URANA FC vs USGN : ici, c’est le spectre de la fraude documentaire qui plane. Des licences internationales auraient été obtenues par des chemins détournés, une pratique qui frappe de plein fouet l’équité sportive lors de ces rencontres de haut vol.
  • Le dossier brûlant USGN vs AS UAM : Plus grave encore, la FENIFOOT a pointé du doigt un cas de « double identité ». Un joueur évoluant sous deux noms différents, une pratique strictement interdite qui jette aussi un froid sur l’éthique des clubs impliqués.

Fédération Nigérienne De Football
© Fédération Nigérienne De Football

« La loi, rien que la loi »

Face à ce que Mohamed Silimane, président de la Commission Communication, dénonce comme de la « mauvaise foi » et des « polémiques artificielles », l’instance fédérale rappelle avec fermeté que les décisions d’homologation reposent strictement sur les textes adoptés par les clubs eux-mêmes.

« Nous avons tranché en toute responsabilité. Le cadre réglementaire n’est pas une option, c’est un impératif », a martelé M. Silimane, au nom du président de la FENIFOOT, Issaka Adamou.

Pour mettre fin aux recours répétitifs, une note circulaire transitoire impose désormais la confirmation immédiate de toutes les licences de la saison en cours, afin d’assainir durablement la base de données fédérale.

Fédération Nigérienne De Football
© Fédération Nigérienne De Football

La cybercriminalité en ligne de mire

Le secrétaire général, Moulaye Mahamane Oumarou, a insisté sur l’urgence de protéger l’intégrité des tournois. Mais au-delà du terrain, c’est le terrain numérique qui inquiète. La FENIFOOT s’alarme de la virulence des débats sur les réseaux sociaux.

En effet, l’instance avertit : les publications tendancieuses qui menacent la cohésion sociale sous prétexte de rivalité sportive pourraient désormais tomber sous le coup de la loi sur la cybercriminalité. Un avertissement formel aux acteurs du football pour qu’ils privilégient la responsabilité au buzz destructeur.

 

La FENIFOOT impose la rigueur

En somme, cette sortie médiatique ferme la porte à l’ère de l’incertitude. En passant d’une phase de tolérance à une phase de rigueur technologique et juridique, la FENIFOOT tente de boucler la boucle des désagréments administratifs. L’objectif est clair : faire en sorte que dès la saison prochaine, le seul verdict qui compte soit celui du sifflet final. Le message est passé : le football nigérien doit grandir, ou il s’étouffera sous ses propres querelles.

 

Le Niger sécurise 20 000 tonnes d’engrais via le port de Lomé

Dans un contexte régional marqué par des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et par l’urgence de renforcer la production agricole nationale, le Niger vient de franchir une étape stratégique. En déplacement à Lomé, le ministre de l’Agriculture, le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, s’est entretenu avec le ministre togolais en charge de l’Économie maritime, Kokou Edem Tengue, afin de sécuriser l’acheminement de 20 000 tonnes d’engrais destinées aux producteurs nigériens.

Cette opération logistique, qui transitera par le Port autonome de Lomé, représente bien plus qu’un simple accord technique : elle constitue un levier essentiel pour préserver la sécurité alimentaire nationale.

Kokou Edem Tengue
© Kokou Edem Tengue

Un enjeu vital pour l’agriculture nigérienne

Régulièrement confronté aux aléas climatiques, le Niger dépend fortement de la disponibilité des intrants agricoles pour maintenir ses rendements. L’engrais, en particulier, demeure indispensable pour soutenir la production céréalière, pilier de l’alimentation des ménages.

Or, l’enclavement géographique du pays impose une dépendance accrue aux corridors portuaires des États côtiers. Dans ce contexte, la fluidité du transit devient un facteur déterminant. En sécurisant le passage de 20 000 tonnes d’engrais via Lomé, Niamey anticipe les risques de rupture et protège sa campagne agricole.

Une coopération régionale pragmatique

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de solidarité sous-régionale. Le Togo, sous l’impulsion du Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé, mobilise ses infrastructures portuaires pour garantir un transit rapide et sécurisé au pays de l’AES depuis plusieurs années.

Pour le Niger, cet appui logistique représente une bouffée d’oxygène stratégique. Il témoigne également d’une diplomatie économique tournée vers des résultats concrets, au service des populations.

En effet, au-delà des discours, c’est la capacité des États à coopérer efficacement qui conditionne la résilience alimentaire de la région.

Kokou Edem Tengue
© Kokou Edem Tengue

Sécurité alimentaire : une priorité nationale

Le Niger fait face à des défis multiples : croissance démographique soutenue, pression climatique, instabilité régionale. Dans un tel environnement, sécuriser l’accès aux intrants agricoles devient une priorité nationale.

Ainsi, l’accord logistique conclu à Lomé participe d’une stratégie plus large visant à renforcer l’autonomie productive du pays. En garantissant l’arrivée d’engrais en quantité suffisante et dans les délais requis, les autorités nigériennes entendent soutenir les exploitants et limiter les risques de pénuries alimentaires.

 

Un corridor stratégique pour l’avenir

Le choix du port de Lomé illustre l’importance croissante des corridors ouest-africains dans les équilibres économiques régionaux. Pour Niamey, diversifier et sécuriser ses voies d’approvisionnement constitue un impératif stratégique.

En définitive, cette coopération avec le Togo ne se limite pas à un accord ponctuel. Elle ouvre la voie à un partenariat logistique durable, capable d’accompagner les ambitions agricoles du Niger.

Car, au cœur de cette initiative, il y a un objectif clair : garantir que les producteurs nigériens disposent des moyens nécessaires pour nourrir la nation.

Horizon 2030 : Agadez dessine les contours de son futur économique

AGADEZ (Niger), 25 février 2026 — Au cœur de la cité historique des Askia, l’heure n’est plus seulement à la gestion des affaires courantes, mais à la projection vers la fin de la décennie. Ce mercredi 25 février, la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) d’Agadez a servi de cadre à un acte fondateur : le lancement officiel de la replanification du Plan de Développement Régional (PDR 2026-2030).

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Une architecture de gouvernance renforcée

Sous l’impulsion du Gouverneur de la région, le Général de Division Ibra Boulama Issa, deux organes clés ont effectivement pris leurs fonctions. Il s’agit du Comité Régional de Coordination et du Comité Technique Régional.

En d’autres termes, ces structures constituent désormais la boussole stratégique de la région. Elles auront pour mission de traduire les aspirations des populations en projets concrets, tout en s’assurant que chaque franc investi contribue à la résilience de cette zone carrefour.

 

L’union sacrée : Sabre, Plume et Turban

La solennité de l’événement a été marquée par une convergence rare des forces vives de la région. De fait, la présence de personnalités civiles et militaires aux côtés du Sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, témoigne d’une volonté d’inclure la tradition dans les mécanismes de modernisation de l’État.

« Le développement ne se décrète pas, il se planifie avec rigueur et inclusion », a laissé entendre l’atmosphère des échanges.

Cette synergie entre les directeurs régionaux, les partenaires au développement et les organisations socioprofessionnelles souligne une réalité évidente : le succès du PDR 2026-2030 reposera sur une coopération horizontale sans précédent.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Un défi de souveraineté et de proximité

Alors que le Niger traverse une période de réajustements structurels majeurs, Agadez se positionne comme un laboratoire de la décentralisation efficace. Par conséquent, ce nouveau plan ne se contentera pas de lister les besoins ; il devra répondre aux défis spécifiques de la zone, tels que la gestion des ressources naturelles, la sécurité frontale et l’autonomisation des jeunes.

Cependant, le chemin reste parsemé d’embûches. La réussite de cette replanification dépendra de la capacité du Comité Technique à transformer les données du terrain en opportunités de croissance réelle pour les populations nomades et urbaines.

 

La boucle du destin d’Agadez

En somme, cette cérémonie à la MJC boucle la boucle d’une longue tradition de résilience. En installant ces comités le jour même où les réflexions s’ouvrent, le Général Ibra Boulama Issa rappelle que si Agadez est la porte du désert, elle est avant tout celle de l’avenir du Niger. Le rendez-vous est pris pour 2030 : l’histoire retenue, c’est ici, entre le turban du Sultan et le commandement du Général, que le futur de l’Aïr a commencé à s’écrire, ouvrant un nouveau chapitre politique et social.”

Heurts au marché Dollé : quand la régulation vire à l’affrontement

NIAMEY (Niger), 25 février 2026 — L’épaisse fumée des gaz lacrymogènes a remplacé, ce mercredi matin, l’agitation habituelle des échanges commerciaux au marché Dollé. Ce qui ne devait être qu’une simple mesure de régulation s’est transformé en un véritable théâtre d’affrontements, opposant des commerçants à bout de nerfs à une société de sécurité privée déterminée à faire respecter la « loi du mètre ».

 

Une étincelle dans un baril de poudre

Le calme précaire qui régnait depuis l’incendie dévastateur d’une partie du site a volé en éclats. Selon nos informations recueillies sur place, les accrochages de ce 25 février ne sont que l’aboutissement d’une fureur qui couvait depuis quarante-huit heures.

En effet, la mise en place de nouvelles restrictions spatiales par l’administration du marché a mis le feu aux poudres. La règle est désormais stricte : aucune marchandise ne doit dépasser un périmètre de 100 centimètres devant les étals. Une directive perçue par les vendeurs non comme une mesure de sécurité, mais comme un étranglement de leur activité.

 

La « méthode forte » pointée du doigt

Le cœur du litige réside dans l’application zélée de cette norme. Les agents de sécurité, mandatés pour dégager les allées, procèdent à des saisies systématiques des articles hors limites.

« Ce n’est plus de l’organisation, c’est de la traque », s’insurge un revendeur de tissus, les yeux encore rougis par les irritants. « Ils prennent nos biens et les déposent à l’administration sans discussion. Comment nourrir nos familles si l’on nous prive de notre visibilité ? »

Par conséquent, cette rigueur jugée disproportionnée a provoqué une levée de boucliers. La contestation, d’abord verbale, a rapidement basculé dans la violence physique, forçant les unités de police à intervenir massivement pour disperser la foule et prévenir un embrasement généralisé du quartier.

 

Un défi de reconstruction sociale

Au-delà de la simple altercation, cet incident révèle la difficulté de réformer les espaces marchands après un sinistre. Si l’administration justifie ces mesures par la nécessité de laisser les voies d’accès libres pour les secours — une leçon tirée du dernier incendie —, les commerçants, eux, y voient une atteinte directe à leur liberté d’entreprise.

Cependant, le dialogue semble aujourd’hui rompu. Pour les autorités municipales, le défi est de taille : rétablir l’autorité sans sacrifier la paix sociale dans l’un des poumons économiques les plus vitaux de la capitale.

 

Le cycle du désaccord : de la cendre à la colère

Si l’on remonte le fil des événements, la situation au marché Dollé illustre une boucle tragique. Le traumatisme de l’incendie avait conduit à l’appel de la sécurité privée pour protéger le site ; ironiquement, c’est aujourd’hui cette même sécurité qui est perçue comme la menace principale par les usagers. En conclusion, tant qu’un terrain d’entente ne sera pas trouvé sur la gestion de l’espace, le marché Dollé risque de rester un terrain miné, où la sécurité des lieux et la survie des ventres peinent à cohabiter.

Niger : Le Général Tiani décore Mama Keita (ONU) en fin de mission

NIAMEY (Niger), 24 février 2026 — Dans un climat diplomatique en pleine mutation, le Palais de la Présidence a été le théâtre d’un geste symbolique fort ce mardi. Le Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a reçu la Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies, marquant ainsi la fin d’une mission charnière pour la coopération entre Niamey et l’organisation mondiale.

 

L’heure était aux bilans et aux adieux protocolaires. Après dix-huit mois passés au cœur des réalités nigériennes, Mama Keita quitte ses fonctions. Cependant, ce départ ne s’effectue pas dans l’anonymat : il est souligné par une reconnaissance officielle de haut rang, témoignant de la volonté du Niger de maintenir un dialogue constructif avec les instances internationales.

CCPRN
© CCPRN

Une diplomatie de terrain saluée par Niamey

Dès sa prise de fonction, Mama Keita avait bénéficié du soutien des autorités de transition. Aujourd’hui, le gouvernement nigérien transforme ce soutien en hommage. En effet, sur instruction directe du Général Tiani, le diplomate a reçu une médaille honorifique des mains du Ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré.

Cette distinction souligne non seulement l’accomplissement professionnel de l’émissaire onusienne, mais elle reflète également la capacité du Niger à stabiliser ses partenariats extérieurs dans un contexte régional complexe.

 

« Un peuple d’une grande simplicité »

Au-delà des médailles, c’est l’aspect humain qui semble avoir marqué cette mission. Lors de ses derniers mots à la presse présidentielle, Mama Keita n’a pas caché son émotion.

« Je retiens du Niger un peuple profondément humain », a-t-elle confié, tout en précisant que cette simplicité a été le moteur de la réussite de ses interactions diplomatiques.

Par conséquent, ce climat de confiance a permis au Système des Nations Unies de poursuivre ses activités essentielles, malgré les défis logistiques et sécuritaires auxquels le pays fait face.

CCPRN
© CCPRN

 Une transition diplomatique sous surveillance

Désormais, le Palais de la Marina prépare la suite de cette collaboration. Alors que le Ministre des Affaires étrangères orchestre le passage de témoin, le cabinet du président analyse les futurs axes de coopération avec le successeur attendu de Mme Keita.

Cette audience, tenue en présence des plus hauts dignitaires du pays, confirme que le Niger entend rester un acteur écoutant sur l’échiquier mondial. Les autorités nigériennes réaffirment ainsi leur souveraineté, tout en laissant la porte ouverte à une assistance internationale respectueuse des priorités nationales.