Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 28 sur 262

Niger : Validation de la PNE-Niger par les ministres du Pétrole et de l’Énergie

NIAMEY (Niger), 24 février 2026 — Alors que le pays redéfinit progressivement les contours de sa souveraineté économique, le Niger franchit une étape déterminante. En effet, sous l’impulsion conjointe des ministères de l’Énergie et du Pétrole, les autorités viennent de valider la nouvelle Politique Nationale de l’Énergie (PNE-Niger), un document stratégique appelé à orienter le développement énergétique pour les années à venir.

Ce 24 février, le siège du ministère du Pétrole à Niamey s’est transformé en véritable centre de pilotage stratégique. Autour de la table, le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, ainsi que ses homologues de l’Énergie, des Mines et de l’Environnement ont procédé à la validation officielle du document.

cette rencontre ne relevait pas d’un simple exercice administratif. Au contraire, elle marque une volonté politique affirmée de coordonner les décisions dans un secteur considéré comme vital pour l’économie nationale.

 

Une synergie gouvernementale assumée

D’une part, la présence simultanée des principaux responsables sectoriels illustre l’importance du moment. D’autre part, elle traduit une rupture avec les approches fragmentées du passé.

En effet, le Niger entend désormais éviter les politiques menées en silos. Par conséquent, la nouvelle stratégie énergétique vise à harmoniser l’exploitation des ressources naturelles — qu’il s’agisse du pétrole ou de l’uranium — avec une vision globale et cohérente.

Il ne s’agit plus seulement de produire, mais de planifier, coordonner et anticiper.

Un outil stratégique face aux incertitudes mondiales

Dans un contexte international marqué par la volatilité des marchés et les exigences climatiques croissantes, le document PNE-Niger apparaît comme un instrument d’adaptation. En effet, le gouvernement souhaite ajuster son cadre juridique et technique aux nouvelles réalités technologiques et environnementales.

À ce titre, trois priorités structurent le document :

  • Premièrement, l’autonomie énergétique, afin de réduire progressivement la dépendance aux importations d’électricité.
  • Deuxièmement, l’accès universel, avec l’accélération de l’électrification aussi bien en zones rurales qu’urbaines.
  • Enfin, l’optimisation des ressources nationales, pour que le potentiel pétrolier et minier contribue directement à l’alimentation du réseau et à la croissance industrielle.

Ainsi, la stratégie ne se limite pas à la production d’énergie ; elle ambitionne également de soutenir le développement économique et social.

L’État en chef d’orchestre

Lors de la cérémonie, les ministres ont insisté sur la nécessité de transformer durablement le paysage énergétique nigérien. Désormais, le ministère de l’Énergie assume un rôle central de coordination. De plus, les experts finalisent un document qui servira de référence aux investisseurs internationaux au cours de la prochaine décennie.

Par ailleurs, cette validation envoie un signal politique fort : le Niger veut rassurer ses partenaires tout en affirmant sa maîtrise stratégique de ses ressources.

Un positionnement régional assumé

En définitive, Niamey cherche à structurer sa croissance énergétique pour renforcer sa place au Sahel. À terme, les autorités ambitionnent de faire du pays un pôle énergétique régional.

Ainsi, au-delà d’un simple texte de politique publique, la PNE-Niger se présente comme un levier de souveraineté et un outil de projection économique. Dans un environnement régional en mutation, le Niger affirme, pas à pas, sa volonté de prendre pleinement en main son destin énergétique.

Niger : Succès majeur de la campagne contre la bilharziose à Diffa

DIFFA (Niger), 24 février 2026 — Dans une région souvent sous les projecteurs pour ses défis sécuritaires, c’est une victoire médicale d’envergure qui s’écrit aujourd’hui. Les autorités de Diffa ont annoncé un taux de réussite spectaculaire de près de 97 % pour l’opération de traitement massif contre la bilharziose, protégeant ainsi plus de 110 000 enfants.

Ce mardi 24 février 2026, le Gouverneur de la région, le Général de Division Mahamadou Ibrahim Bagadoma, a ouvert les travaux d’évaluation d’une offensive sanitaire qui fera date. Lancée à peine dix jours plus tôt, la campagne de distribution de Praziquantel a ratissé 247 villages, des rives de la Komadougou aux zones plus reculées de N’Guigmi.

Gouvernorat de Diffa
© Gouvernorat de Diffa

Un bouclier pour la « Génération future »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 110 246 enfants, âgés de 5 à 14 ans, ont reçu le traitement. Avec un taux de couverture de 96,72 %, la région pulvérise l’objectif minimal de 75 % fixé par les normes internationales.

Mais au-delà des statistiques, c’est un « tueur silencieux » que le Niger tente de neutraliser. La bilharziose, ou schistosomiase, est une maladie parasitaire contractée au contact d’eaux douces souillées. Si elle ne tue pas instantanément, ses ravages sur le long terme sont dévastateurs pour le développement des enfants :

  • Anémie sévère et retard de croissance ;
  • Troubles cognitifs impactant la scolarité ;
  • Lésions irréversibles pouvant mener au cancer de la vessie à l’âge adulte.

Gouvernorat de Diffa
© Gouvernorat de Diffa

« Négligées mais pas oubliées »

Le Général Bagadoma a profité de cette tribune pour alerter sur la nature insidieuse des Maladies Tropicales Négligées (MTN). « Elles évoluent à bas bruit », a-t-il martelé, rappelant aussi que ces pathologies frappent principalement les communautés rurales et riveraines, là où l’accès à l’eau potable reste un combat quotidien.

L’opération s’inscrit dans le cadre du Plan Directeur National 2022-2026, une stratégie ambitieuse visant à éradiquer 14 maladies prioritaires sur le sol nigérien. Pour le Gouverneur, ce succès est le fruit d’une synergie inédite entre agents de santé, enseignants, leaders traditionnels et l’appui logistique de l’ONG Helen Keller International.

 

Un signal de résilience

Ce résultat exceptionnel envoie également un message politique fort. Réussir une telle mobilisation logistique dans les districts de Bosso, Goudoumaria ou Mainé-Soroa prouve la capacité des autorités à administrer des services essentiels de base malgré un contexte régional complexe.

Toutefois, le Général Bagadoma refuse tout triomphalisme prématuré. Il a appelé ses équipes à une analyse froide des insuffisances rencontrées sur le terrain. L’objectif final reste l’élimination totale de la bilharziose, afin que les eaux de la région ne soient plus synonymes de menace, mais de vie pour la jeunesse du Manga.

Accident de bus au Niger : Collision mortelle sur l’axe Tabalak-Tahoua

TAHOUA (Niger), 24 février 2026 — Le tronçon routier dépendant de Tabalak à Tahoua a été le théâtre d’une scène de désolation ce mardi. Une collision frontale entre deux autocars de transport de passagers a coûté la vie à au moins trois personnes, soulevant une nouvelle fois l’épineuse question de la sécurité routière sur les grands axes du pays.

 

La poussière ne s’était pas encore dissipée à Tourouche, localité située à quelques encablures de Tabalak, que les premiers cris de détresse déchiraient déjà le calme de cette matinée du 24 février 2026. Selon des sources locales et des témoins sur place, deux géants de la route — un bus de la compagnie Nizar arrivant d’Agadez et un véhicule de la société SONITRAV — se sont percutés de plein fouet au point kilométrique connu sous le nom de « Tacha Tchika ».

 

Un bilan lourd et des secours en état d’alerte

Le choc, d’une violence extrême, n’a laissé que peu de chances aux passagers situés à l’avant des deux véhicules. Le bilan initial, encore provisoire, fait état de trois décès confirmés sur les lieux de l’accident.

Les équipes de secours, dépêchées en urgence depuis les centres urbains environnants, ont pris en charge de nombreux blessés, dont certains seraient dans un état critique. Ces derniers ont été évacués vers les hôpitaux les plus proches pour recevoir des soins d’urgence.

DR
© DR

« Tacha Tchika » : un nouveau point noir sur la carte ?

L’accident s’est produit sur un axe névralgique pour le transport interurbain au Niger. En fait, sur cet itinéraire, des dizaines de bus dépendant du Nord au reste du pays circulent quotidiennement, alimentant un trafic réputé pour sa densité.

Bien que les circonstances exactes de ce drame restent à déterminer, les premiers éléments pointent du doigt la dangerosité de certains segments de la route près de Tabalak. D’ailleurs, les forces compétentes ont immédiatement ouvert une enquête officielle : elles analysent actuellement les trajectoires pour déterminer si une défaillance technique ou une erreur humaine a provoqué cette collision meurtrière.

 

Un appel pressant à la vigilance

Face à cette nouvelle tragédie, les autorités régionales de Tahoua exhortent à nouveau les usagers à la prudence. La vitesse excessive et les dépassements dangereux provoquent souvent ces accidents qui endeuillent régulièrement les familles nigériennes.

En attendant les conclusions des enquêteurs, le trafic sur l’axe Tabalak-Tahoua reste sous haute surveillance, alors que la nation pleure les victimes de ce qui restera comme l’une des journées les plus sombres de ce début d’année sur les routes nationales.

Paiements sans frontières : Grey lance des comptes professionnels en dollars et vise 170 pays

Lagos (Nigeria), 24 février 2026 – Dans un contexte où les entreprises africaines cherchent à commercer au-delà de leurs frontières, la fintech Grey annonce une nouvelle étape dans son expansion : l’intégration de comptes professionnels en dollars américains, de paiements groupés et de transactions en stablecoin USDC sur une plateforme unique.

Derrière cette annonce technique se cache un enjeu stratégique : réduire les obstacles qui freinent encore les entreprises des marchés émergents lorsqu’elles veulent encaisser ou envoyer de l’argent à l’international.

Un problème ancien : le coût et la lenteur des transferts

Pour de nombreuses PME africaines — y compris au Niger —, recevoir un paiement en devise étrangère relève parfois du parcours du combattant. Frais élevés, délais de traitement imprévisibles, commissions d’intermédiaires et manque de clarté sur les taux de change grignotent les marges.

Selon les données de la Banque mondiale, les transferts internationaux coûtent encore en moyenne entre 6 % et 7 % du montant envoyé. À cela s’ajoutent plusieurs jours d’attente avant que les fonds ne soient réellement disponibles.

Dans un environnement où la trésorerie conditionne la survie des entreprises, ces lenteurs peuvent freiner l’investissement, retarder le paiement des fournisseurs ou compliquer la gestion des salaires.

Grey
© Grey

Grey mise sur la rapidité et la transparence.

Pour pallier à cela, la plateforme permet désormais aux entreprises d’ouvrir un compte professionnel en dollars américains, de recevoir des paiements de clients étrangers et d’effectuer des versements vers plus de 170 pays, y compris sous forme de paiements groupés.

Autre nouveauté : la prise en charge du stablecoin USDC, une monnaie numérique adossée au dollar américain. L’objectif affiché est de proposer des règlements plus rapides, avec des frais clairement annoncés à l’avance.

Pour Idorenyin Obong, cofondatrice et directrice générale de Grey, le commerce international est aujourd’hui accessible à tous grâce au numérique, mais l’accès aux services bancaires mondiaux reste inégal. La fintech entend combler cet écart en simplifiant les transactions transfrontalières.

Joseph Femi Aghedo, directeur des opérations, souligne pour sa part que l’incertitude sur les coûts et les délais ralentit la croissance. En centralisant les paiements, la gestion de la paie et les règlements fournisseurs, Grey promet ainsi une solution plus fluide pour les entreprises opérant à l’échelle internationale.

Une expansion progressive vers plusieurs continents

Fondée en 2020, l’entreprise a progressivement élargi son empreinte. Déjà présente aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans plusieurs pays européens, elle s’est récemment implantée en Amérique latine et en Asie du Sud-Est.

Grey détient notamment des licences délivrées par la FINTRAC au Canada et par la FinCEN aux États-Unis, gages de conformité réglementaire dans des environnements strictement encadrés.

Au-delà des comptes en USD, l’offre comprend aussi des comptes multidevises, des transferts internationaux à coûts réduits, une carte virtuelle en dollars et des outils de gestion des dépenses.

Quel impact pour les entreprises Niger ?

Pour les entrepreneurs nigériens actifs dans le numérique, l’import-export ou les services à distance, ces évolutions pourraient représenter une opportunité concrète. La possibilité de recevoir rapidement des paiements en dollars, sans passer par des circuits bancaires longs et coûteux, peut améliorer la compétitivité.

Reste toutefois un défi plus large : l’adoption massive de ces solutions numériques dépendra de la confiance des utilisateurs, de la stabilité réglementaire locale et de l’éducation financière.

À l’heure où les économies africaines cherchent à renforcer leur intégration au commerce mondial, la bataille des paiements transfrontaliers s’impose comme un terrain stratégique. Et les fintechs, à l’image de Grey, entendent bien y jouer un rôle central.

 Cryptomonnaies : Quidax et Lisk s’allient pour accélérer la finance numérique en Afrique

Lagos (Nigeria), 24 février 2026 – Dans un contexte où l’Afrique s’impose progressivement comme un laboratoire de la finance numérique, la plateforme d’échange Quidax annonce un partenariat stratégique avec la blockchain Lisk.

Derrière cette alliance technique se dessine une vaste ambition : faciliter l’accès aux stablecoins et aux devises locales, tout en soutenant l’essor d’une nouvelle génération d’entrepreneurs Web3 sur le continent.

 

Un pont entre régulation et innovation

L’accord revêt une portée symbolique. En effet, en 2024, Quidax est devenue la première plateforme d’échange de cryptomonnaies à obtenir une licence provisoire de la Securities and Exchange Commission du Nigéria. Ainsi, cette reconnaissance réglementaire lui confère une crédibilité particulière dans un secteur souvent critiqué pour son manque de supervision.

En s’associant à Lisk, qui a récemment migré vers une infrastructure Ethereum de couche 2 (Layer 2) pour améliorer la rapidité et réduire les coûts de transaction, Quidax relie ainsi un cadre réglementé africain à une technologie blockchain conçue pour évoluer à grande échelle.

Concrètement, les utilisateurs pourront échanger et transférer des actifs numériques tels que l’USDT, l’USDC, le token LSK ou encore l’Ether (ETH) sur le réseau Lisk.

 

Au-delà du trading : soutenir les bâtisseurs africains

Mais l’enjeu dépasse la simple spéculation. Le partenariat vise surtout les développeurs et les startups africaines qui construisent des solutions financières sur la blockchain.

Grâce à l’infrastructure de Quidax, les créateurs du réseau Lisk pourront accéder à des stablecoins et convertir plus facilement leurs actifs en monnaies locales, à des taux compétitifs. Une étape essentielle pour transformer des projets numériques en services concrets : néobanques, plateformes de paiement transfrontalier, places de marché régionales ou solutions fintech adaptées aux réalités africaines.

Pour Morris Ebieroma, responsable de l’infrastructure chez Quidax, cette collaboration permettra d’élargir l’accès aux produits numériques sur le continent. De son côté, Chidubem Emelumadu, chargé de l’écosystème africain chez Lisk, voit dans l’Afrique l’un des terrains les plus dynamiques pour l’innovation blockchain, où la demande en outils financiers fiables reste forte.

 

L’Afrique, nouveau front stratégique du Web3

Avec une population jeune, connectée et souvent sous-bancarisée, l’Afrique attire l’attention des acteurs mondiaux de la blockchain. Les stablecoins, adossés à des devises comme le dollar américain, séduisent particulièrement dans des économies marquées par la volatilité monétaire.

En combinant la liquidité locale de Quidax et la technologie évolutive de Lisk, les deux partenaires espèrent accélérer l’adoption de solutions Web 3 capables de répondre à des besoins bien réels : transferts d’argent plus rapides, paiements sécurisés, accès simplifié aux services financiers.

 

Quel impact pour le Niger ?

Au Niger, où l’écosystème fintech progresse lentement mais sûrement, ce type d’alliance pourrait ouvrir des perspectives aux jeunes développeurs et aux startups. La possibilité d’accéder à une infrastructure blockchain robuste, tout en bénéficiant d’une passerelle vers les monnaies locales, pourrait réduire certaines barrières techniques et financières.

Reste néanmoins un défi central : la sensibilisation du grand public et la mise en place de cadres réglementaires clairs pour éviter les dérives et renforcer la confiance.

À mesure que la finance numérique redessine les circuits traditionnels, des partenariats comme celui de Quidax et Lisk illustrent une tendance de fond : l’Afrique ne veut plus seulement être un marché, mais un acteur à part entière de l’innovation financière mondiale.

Niger : Dr Elizabeth Shérif au Prytanée Militaire

Dans le cadre de son initiative « Une semaine, une école », la ministre de l’Éducation nationale s’est rendue ce lundi 23 février 2026 au Prytanée Militaire de Niamey. Plus qu’une simple visite de routine, ce déplacement souligne l’ambition de Niamey de forger une élite intellectuelle et militaire au service de la souveraineté continentale.

 

Le rituel est immuable, mais l’émotion était palpable ce lundi matin. Sous le soleil de Niamey, la levée des couleurs a marqué le début d’une journée riche en symboles. Accueillie par le Colonel Mamane Mahirou Rabiou, commandant de l’institution, la ministre de l’Éducation nationale, Dr Elizabeth Shérif, n’est pas là uniquement pour constater les infrastructures. Elle est venue saluer un modèle de réussite qui fait la fierté du pays.

Ministère de l’Education Nationale
© Ministère de l’Education Nationale

Un bastion de la « dignité africaine »

Pour la ministre, le Prytanée Militaire ne forme pas seulement des soldats, mais les architectes de l’Afrique de demain. S’adressant aux enfants de troupe avec une solennité remarquée, elle a insisté sur leur rôle historique :

« Vous êtes les futurs officiers qui porterez haut l’image de l’Afrique. Votre mission est d’insuffler à vos frères et sœurs l’amour de la patrie pour faire de notre continent un moteur de paix, de solidarité et de prospérité. »

Dans un contexte sahélien où la question sécuritaire est liée à l’éducation, ce message résonne comme un appel à la « dignité retrouvée », une thématique chère aux autorités de la transition.

Le « 100 % de succès » : le secret d’une rigueur sans faille

Loin d’être un simple slogan, l’excellence au Prytanée se traduit par des chiffres concrets. Le Colonel Mahirou a profité de cette tribune pour rappeler les résultats exceptionnels de l’année écoulée : 100 % de réussite à tous les examens.

Ce score parfait n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une alliance entre discipline militaire et exigence académique. « Ce n’est pas une fin en soi, mais une responsabilité supplémentaire pour des citoyens moralement solides », a martelé le commandant de l’école.

Ministère de l’Education Nationale
© Ministère de l’Education Nationale

Un carrefour d’intégration régionale (AES)

Créé en 1996, le Prytanée Militaire de Niamey confirme son statut de pôle d’excellence sous-régional. Sur les 800 élèves que compte l’établissement, 118 viennent de pays amis, avec une présence notable de cadets issus de l’ Alliance des États du Sahel (AES).

Cette mixité renforce l’idée d’une défense commune et d’une fraternité d’armes dès le plus jeune âge, faisant de Niamey le creuset d’une nouvelle génération de cadres africains unis par un destin commun.

En somme, la ministre a retracé l’histoire de l’école, dialogué avec les enseignants et salué l’institution dans le Livre d’Or. Symbole d’excellence sous double tutelle, le Prytanée Militaire demeure ainsi une référence éducative nationale, alliant rigueur militaire et performances académiques

 

fin de cavale d’un « faux facilitateur » à Gaya

C’est un mode opératoire bien connu des voyageurs du Sahel, mais qui a fini par se heurter à la vigilance des autorités. Ce dimanche 22 février 2026, la Police Nationale a mis fin aux agissements d’un individu qui rançonnait les passagers à destination du Bénin, sous couvert de « frais de passage » imaginaires à Gaya.

 

Gaya, porte d’entrée stratégique du Niger vers le Bénin et le port de Cotonou, est souvent le théâtre d’une effervescence économique où se mêlent commerçants, transporteurs et voyageurs. Mais dans cette zone de transit, l’opportunisme criminel n’est jamais loin.

L’affaire, qui secoue la ville frontale depuis 48 heures, met en lumière un phénomène d’escroquerie qui entache la réputation des forces de l’ordre et fragilise la sérénité des usagers de la route.

Un scénario bien huilé : le racket par l’intimidation

Tout commence à bord d’un autocar de transport de voyageurs en provenance de Dosso. Parmi les passagers, un homme se distingue par son assurance et son discours alarmiste. Sa méthode consiste à convaincre les voyageurs, souvent peu informés des procédures administratives, que le passage de la frontière dépend du paiement d’une “taxe occulte” destinée à la police.

Jouant sur la peur du contrôle et l’envie de ne pas perdre de temps, l’escroc collectait ainsi des sommes d’argent en prétendant agir comme un intermédiaire indispensable. Mais ce dimanche, le château de cartes s’est effondré.

Le coup de filet de la Police de Gaya

Grâce à des signaux courageux et une coordination rapide, les agents de la Police Nationale ont procédé à l’interpellation de l’individu directement à bord du bus.

« Il utilisait le mensonge et l’intimidation pour soutenir les économies des citoyens qui ne cherchaient qu’à voyager en règle », confie une source proche du dossier.

Plusieurs victimes, soulagées de l’intervention des autorités, ont formellement identifié l’escroc et décrit un climat de pression psychologique exercé pendant le trajet.

Un signal fort pour le corridor Niger-Bénin

Cette arrestation n’est pas qu’un simple fait divers. Elle intervient dans un contexte où les autorités nigériennes cherchent à assainir les axes routiers pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens. En débusquant ce « passager de mauvaise foi », la police envoie ainsi un message clair : aucune complicité entre les forces de l’ordre et ces racketteurs de grand chemin n’est tolérée.

La Police Nationale a d’ailleurs profité de cette saisie pour rappeler une règle d’or : aucun frais de passage ne doit être versé à un civil. Tout paiement officiel fait l’objet d’une quittance dans les bureaux dédiés.

African Mining Week : le grand repositionnement du continent

À l’heure où la planète accélère sa transition énergétique et numérique, l’Afrique s’impose comme un acteur incontournable du nouvel échiquier mondial des ressources naturelles. Derrière les discours diplomatiques et les visites d’État se joue une bataille plus silencieuse : celle des métaux stratégiques.

En octobre 2026, la ville du Cap accueillera l’édition 2026 de l’African Mining Week (AMW), organisée par Energy Capital & Power. Mais bien avant ce rendez-vous continental, les ministres africains des Mines ont déjà tracé les grandes lignes d’une nouvelle ambition : transformer la richesse du sous-sol africain en moteur d’industrialisation.

Une ruée mondiale vers les minéraux stratégiques

La demande mondiale en minéraux dits « critiques » – indispensables aux batteries, aux énergies renouvelables ou encore aux technologies de pointe – pourrait être multipliée par quatre d’ici 2040. Dans ce contexte, l’Afrique détient des atouts majeurs.

Le continent concentre les plus grandes réserves mondiales de platine, de chrome et de manganèse. Il demeure également un poids lourd de l’or et du diamant. Cette abondance place plusieurs pays africains au centre des stratégies d’approvisionnement des grandes puissances économiques.

Mais un consensus émerge désormais chez les dirigeants africains : exporter des matières brutes ne suffit plus.

Cap sur la transformation locale.

De la République démocratique du Congo à l’Ouganda, en passant par le Libéria, le Soudan du Sud ou encore l’Égypte, le mot d’ordre est clair : attirer des capitaux, oui, mais pour développer des chaînes de valeur complètes.

En RDC, le ministre Louis Watum Kabamba ne cache plus ses exigences. Avec un trésor de guerre évalué à 24 000 milliards de dollars de ressources encore sous terre, Kinshasa veut transformer son fer en acier sur son propre sol. L’idée est de créer des zones économiques spéciales pour que la richesse profite d’abord à l’emploi local.

En Ouganda, Agnès Alaba, commissaire aux mines, est catégorique : Kampala ne veut plus d’exportateur de la roche brute. Le pays mise sur le graphite et les terres rares, mais exige que la transformation se fasse à domicile.

 

Sortir de l’ombre : cartographie et réformes

Pour d’autres nations, l’effort porte sur la cartographie géologique afin de mieux connaître le potentiel réel du pays et de rassurer les investisseurs.

  • Au Libéria : le gouvernement mobilise des experts en géocartographie pour connaître précisément son sous-sol et mieux négocier face aux multinationales.
  • En Centrafrique : le ministre Rufin Benam-Beltoungou mène une profonde réforme du Code minier. Avec 570 gisements répertoriés (cobalt, cuivre, lithium) mais encore largement artisanaux, la RCA veut s’industrialiser pour sortir de la précarité.
  • Au Soudan du Sud : traditionnellement dépendant du pétrole, Juba accélère ses prospections minières pour diversifier une économie trop fragile.

La carte de l’union régionale

Face à la pression des marchés mondiaux, l’heure est à la solidarité entre voisins. L’Égypte renforce ses liens régionaux pour le phosphate et l’or, tandis que le Kenya, par la voix de son ministre Hassan Ali Joho, mise sur le transfert de technologies et le partage de compétences avec ses pairs africains.

Partout, la même logique s’impose : renforcer les cadres réglementaires, moderniser les données géoscientifiques, structurer les filières et former une main-d’œuvre qualifiée.

 

Une compétition géopolitique assumée

Cette montée en puissance intervient alors que les États-Unis, la Chine et l’Union européenne multiplient les accords bilatéraux pour sécuriser leurs approvisionnements. Les pays africains veulent désormais négocier en position de force.

L’AMW 2026 ambitionne ainsi de servir de passerelle entre projets africains et investisseurs internationaux, tout en promouvant une industrialisation durable.

Et le Niger dans cette nouvelle équation ?

Pour le Niger, ces discussions continentales résonnent avec une actualité stratégique. Longtemps identifié à son uranium, le pays cherche à diversifier et à mieux valoriser l’ensemble de ses ressources minières.

Dans un contexte de recomposition des partenariats internationaux et d’affirmation de souveraineté économique, Niamey pourrait tirer profit de cette nouvelle dynamique africaine. Mais le défi reste immense : transformer les richesses du sous-sol en emplois durables, en infrastructures modernes et en recettes publiques stables.

La question dépasse donc la simple extraction. Elle touche à la formation, au transfert de technologies, à la transparence dans la gestion des revenus et à la création d’industries locales.

Vers une nouvelle ère minière africaine ?

L’enjeu pour 2026 n’est pas seulement d’attirer des investisseurs. Il s’agit surtout de redéfinir la place de l’Afrique dans l’économie mondiale : passer du statut de fournisseur de matières premières à celui d’acteur industriel stratégique.

Si les engagements politiques se traduisent en réformes concrètes et en partenariats équilibrés, le secteur minier pourrait devenir l’un des piliers de la transformation économique du continent – et une opportunité historique pour des pays comme le Niger.

En somme, l’African Mining Week 2026 se tiendra au Cap du 12 au 16 octobre, en parallèle de l’African Energy Week. Plus qu’un salon, elle s’annonce comme le théâtre d’une nouvelle diplomatie minière où l’Afrique entend imposer ses règles : investir dans l’exploration, certes, mais surtout dans les infrastructures et le capital humain.

Mines africaines : 29 500 milliards $ sous terre

Le sous-sol africain attise les convoitises. Selon le dernier rapport publié par l’Africa Finance Corporation (AFC), les richesses minières du continent sont évaluées à près de 29 500 milliards de dollars, dont environ 8 600 milliards restent encore inexploités. Un trésor stratégique à l’heure où le monde accélère sa transition énergétique et où la demande en minéraux dits « critiques » explose.

Mais au-delà des chiffres vertigineux, une question centrale se pose : ces ressources peuvent-elles réellement transformer les économies africaines et créer des millions d’emplois durables ?

Un potentiel colossal encore sous-exploité

Le continent détiendrait près de 20 % des réserves mondiales de minerais stratégiques : cuivre, cobalt, lithium, uranium, terres rares… Autant de matières premières indispensables aux batteries, aux véhicules électriques, aux infrastructures énergétiques et aux technologies numériques.

Pour l’AFC, l’enjeu n’est plus seulement d’extraire, mais de transformer localement. Développer des industries en aval – aluminium, engrais, alliages, composants de batteries – permettrait de multiplier la valeur ajoutée et les emplois qualifiés.

Namibie : diversification et montée en compétence

En Namibie, la reprise de la production d’uranium en 2025-2026 marque un nouveau souffle. Le secteur employait déjà plus de 20 800 personnes fin 2024. Le pays mise désormais sur la diversification vers le lithium, le cuivre et les terres rares.

Les autorités annoncent des programmes de formation et d’accompagnement des petits exploitants afin d’intégrer davantage de travailleurs locaux à cette dynamique.

Afrique du Sud : 2 000 milliards de rands pour consolider la chaîne de valeur

En Afrique du Sud, le gouvernement prévoit de mobiliser environ 2 000 milliards de rands sur cinq ans pour renforcer l’exploration, la transformation et la formation professionnelle.

Avec près de 468 000 emplois formels recensés en 2025 dans le secteur minier, le pays reste l’un des piliers industriels du continent. L’objectif affiché : maintenir ces emplois tout en modernisant les infrastructures et en attirant davantage d’investissements étrangers.

Zambie : le cuivre comme moteur

En Zambie, plus de 73 000 emplois dépendent déjà de l’industrie minière. L’expansion de nouveaux projets cuprifères pourrait renforcer cette tendance.

La société américaine KoBold Metals développe la mine de Mingomba avec un investissement estimé à 300 millions de dollars, susceptible de générer plus de 700 emplois. De son côté, Vedanta Resources engage 1,5 milliard de dollars dans les mines de Konkola, tandis que First Quantum Minerals investit 1,25 milliard de dollars dans le projet Kansanshi S3.

RDC : un géant minier encore à 10 % de son potentiel

La République démocratique du Congo concentre à elle seule des réserves estimées à 24 000 milliards de dollars, dont seulement 10 % seraient exploitées. Le secteur soutient déjà plus de 100 000 emplois directs.

Dans un contexte de compétition accrue entre les États-Unis, la Chine et l’Europe pour sécuriser l’accès aux minerais stratégiques, Kinshasa cherche à renforcer ses partenariats internationaux pour stimuler l’investissement et l’emploi.

Le nerf de la guerre : le financement

Malgré ce potentiel, l’accès au capital demeure un obstacle majeur, notamment pour les exploitants locaux. Sans financements adaptés, les projets stagnent et les opportunités d’emplois tardent à se concrétiser.

Lors de l’African Mining Week 2025, les responsables de l’AFC ont rappelé que leurs investissements miniers – environ 700 millions de dollars à ce jour – ont déjà permis la création de plus de 15 000 emplois, principalement dans les minéraux critiques.

La prochaine édition de l’African Mining Week, prévue en octobre 2026 au Cap, ambitionne de rapprocher investisseurs et porteurs de projets pour transformer les promesses en chantiers réels.

Une opportunité stratégique pour le Niger ?

Pour le Niger, la dynamique continentale autour des minéraux critiques représente un enjeu majeur. Pays historiquement reconnu pour ses ressources en uranium, le Niger dispose également de gisements de pétrole, d’or et d’autres minerais encore insuffisamment valorisés.

Dans un contexte de recomposition des partenariats internationaux et de volonté affirmée de souveraineté économique, Niamey pourrait tirer profit de la hausse mondiale de la demande en matières premières stratégiques. Mais au-delà de l’extraction, le véritable défi consiste à développer des unités locales de transformation afin de créer davantage d’emplois qualifiés et d’augmenter les recettes nationales.

La question centrale reste donc la suivante : comment convertir la richesse du sous-sol nigérien en prospérité tangible pour la population ? Les investissements structurants, la formation technique, l’amélioration du climat des affaires et la meilleure gouvernance seront déterminants.

Car si les milliards dorment encore sous terre, l’enjeu est désormais de les transformer en emplois durables, en infrastructures et en développement réel pour le Niger.

En somme, la richesse du sous-sol africain ne fait aucun doute. Le véritable défi consiste à transformer ce capital naturel en prospérité durable, en compétences locales et en emplois qualifiés.

Seychelles : premier laboratoire africain de reproduction corallienne opérationnel

C’est une première en Afrique et dans l’océan Indien occidental. Aux Seychelles, un laboratoire terrestre dédié à la reproduction des coraux vient de réussir sa toute première ponte contrôlée. Une avancée scientifique majeure dans la lutte contre le blanchissement et la disparition des récifs, ces écosystèmes marins essentiels à la biodiversité et aux économies côtières.

 

Une naissance scientifique sur l’île de Praslin

Implanté sur l’île de Praslin, Canon EMEA a développé le centre en collaboration avec Coral Spawning International et l’ONG environnementale Nature Seychelles.

Depuis l’ouverture du laboratoire en novembre 2025, les équipes ont déjà franchi une étape symbolique en réussissant la reproduction d’une espèce clé, Acropora tenuis. En quelques semaines, les chercheurs ont généré environ 800 000 embryons à partir de 14 colonies de coraux. Ils ont ensuite permis à plus de 65 000 jeunes coraux de se fixer sur des supports, lançant ainsi leur phase de croissance.

Pour les scientifiques impliqués dans le projet, ces résultats se révèlent particulièrement prometteurs.

Aller au-delà des méthodes classiques

Jusqu’ici, la restauration des récifs reposait surtout sur la « fragmentation » : on replante des morceaux de coraux existants. Une technique efficace à court terme, mais qui produit des clones génétiquement identiques, donc plus vulnérables aux maladies et aux hausses de température.

Le nouveau laboratoire mise au contraire sur la reproduction sexuée contrôlée, qui favorise une diversité génétique accrue. En clair : des coraux plus résistants au stress thermique et mieux armés face au changement climatique.

Le recours à des technologies d’imagerie avancées fournies par Canon permet ainsi aux scientifiques d’observer avec une précision inédite les différentes étapes de la reproduction, du frai jusqu’à la fixation des larves.

Une réponse concrète à l’urgence climatique

Les récifs coralliens sont souvent qualifiés de « forêts tropicales des océans ». Ils abritent près de 25 % de la biodiversité marine et protègent les côtes contre l’érosion. Mais ils sont en danger : la hausse des températures provoque des épisodes massifs de blanchissement.

Aux Seychelles, pays dont l’économie dépend fortement du tourisme et de la pêche, la survie des récifs est une question stratégique.

Le Dr Nirmal Shah, dirigeant de Nature Seychelles, parle d’« un tournant décisif » pour la restauration corallienne locale. L’objectif désormais est clair : passer du stade expérimental à une production à grande échelle et commencer la transplantation des jeunes coraux sur les récifs naturels.

Énergie Capital & Puissance
© Énergie Capital & Puissance

Technologie et écologie : un partenariat inédit

Pour Canon, ce projet illustre la manière dont la technologie peut soutenir la recherche scientifique et la préservation de l’environnement.

Les équipements d’imagerie permettent non seulement de documenter les pontes, mais aussi de constituer une base de données essentielle pour mieux comprendre le cycle de vie des coraux aux Seychelles.

À terme, le centre ambitionne de devenir un pôle régional de formation, ouvert aux étudiants, aux scientifiques et aux gestionnaires de récifs venus d’Afrique et d’ailleurs.

Une dynamique qui peut inspirer l’Afrique de l’Ouest

Pour les pays du golfe de Guinée, où l’érosion côtière et la pression climatique deviennent préoccupantes, l’initiative seychelloise démontre qu’innovation technologique et savoir scientifique africain peuvent se conjuguer pour répondre aux défis environnementaux.

La restauration des récifs ne relève plus de la science-fiction. Elle devient une stratégie concrète, structurée et soutenue par des partenariats public-privé.

Restaurer aujourd’hui pour protéger demain

Ce laboratoire pionnier marque le début d’un programme de long terme. D’autres pontes sont prévues dans les mois et années à venir. Les chercheurs suivront attentivement la survie des coraux transplantés en milieu naturel afin de mesurer leur résistance face aux vagues de chaleur marine.

Dans un monde confronté à une crise climatique sans précédent, cette réussite envoie un signal fort : l’Afrique peut être à l’avant-garde des solutions environnementales.