Helene Sourou, Author at Journal du Niger - Page 30 sur 294

Sécurité routière à Diffa : le nouveau commandant de la Police routière sensibilise la population

Une grande journée de sensibilisation à la sécurité routière, organisée à l’initiative du commandant nouvellement affecté à la tête de la Police routière de Diffa, a réuni élus, magistrats, forces de sécurité, syndicats de transport et société civile. Une première sur les bords du lac Tchad, saluée à l’unanimité.

C’est une initiative qui a valeur de symbole dans une région habituellement davantage sous les projecteurs pour ses tensions sécuritaires que pour ses bonnes pratiques de gouvernance locale. Dimanche 14 juin 2026, la tribune officielle de Diffa a accueilli une journée de sensibilisation à la sécurité routière, portée par le nouveau commandant de la Police routière de la ville, fraîchement affecté dans la région. Une première qui a immédiatement suscité l’adhésion de l’ensemble des acteurs institutionnels, associatifs et professionnels de la cité.

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Un rassemblement institutionnel et syndical inédit à Diffa

La mobilisation autour de cet événement a frappé les observateurs par son ampleur et sa diversité. Rarement une initiative de sensibilisation routière n’avait réuni à Diffa une telle représentation transversale de la communauté. Le Substitut du Procureur de la République, représentant le parquet, le Directeur régional des Transports, les organisations de jeunesse, dont le CNJ-MCP Région de Diffa, les associations citoyennes, dont Diffa Chawa Vision des Jeunes, les représentants des comités de soutien aux autorités de la Transition (COSNA, COSNAS, M62), ainsi que les responsables des Forces de défense et de sécurité (FDS), ont pris place aux côtés de représentants de la société civile, de leaders religieux et de partenaires techniques.

Par ailleurs, la présence des présidents des différents syndicats du secteur des transports — couvrant aussi bien les conducteurs de petits porteurs et de gros-porteurs que les chauffeurs de taxis et les conducteurs de tricycles, véhicules désormais omniprésents dans les mobilités urbaines de la région — confère à cet événement une portée opérationnelle concrète. Ce sont en effet ces professionnels du volant et du guidon qui constituent le premier maillon d’une chaîne de sécurité routière trop souvent défaillante.

« Il a su toucher les points essentiels et pointer les comportements à risque — au volant comme au guidon. Une démarche citoyenne saluée unanimement par la population de Diffa. » — Communiqué de la Police routière de Diffa, 14 juin 2026.

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Prévention routière : Les comportements à risque clairement identifiés

Au cœur des échanges, la question des comportements dangereux sur la voie publique a été abordée avec franchise. Excès de vitesse, surcharge des véhicules, conduite sans permis, usage du téléphone au volant, insuffisance de l’éclairage nocturne : autant de pratiques qui font des routes nigériennes l’un des théâtres récurrents d’accidents mortels. Dans une région comme Diffa, où les usagers civils, les convois humanitaires et les mouvements logistiques des FDS partagent souvent les mêmes axes routiers, ces enjeux revêtent une acuité particulière.

Le nouveau commandant n’a pas seulement dressé un état des lieux : il a également engagé le dialogue avec les professionnels du transport, soulignant que la sécurité routière est une responsabilité partagée entre les forces de l’ordre, les usagers et l’ensemble de la chaîne institutionnelle. L’approche participative, qui a associé magistrats, élus de jeunesse, religieux et transporteurs, traduit ainsi une vision de la prévention ancrée dans la réalité sociale du territoire.

Ce qui retient particulièrement l’attention, c’est la temporalité de l’initiative. Le commandant, « fraîchement affecté » selon les termes utilisés par les observateurs locaux, n’a pas attendu de s’installer dans sa fonction pour agir. Dès lors, les populations interprètent ce volontarisme précoce comme un signal fort dans une région où elles attendent beaucoup des services de l’État, et où un responsable construit sa légitimité autant par sa présence que par ses actes.

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Contexte à Diffa : La gouvernance locale au-delà du défi sécuritaire

La région de Diffa, à l’extrême est du Niger, est l’une des zones les plus éprouvées du pays. Frontalière du Nigeria, du Tchad et du Cameroun, elle est affectée depuis 2015 par les activités de groupes armés non étatiques opérant dans le bassin du lac Tchad. Le nombre d’accidents de la route y reste néanmoins une cause significative de mortalité évitable, notamment sur les tronçons reliant Diffa aux agglomérations de N’Guigmi et de Maine-Soroa.

Dans ce contexte, les initiatives de gouvernance locale prenant le relais des seules réponses sécuritaires sont particulièrement valorisées par les populations et les partenaires humanitaires présents dans la région.

Par ailleurs, plusieurs participants ont d’ores et déjà appelé le Directeur régional de la Police nationale (DRPN) à apporter son soutien institutionnel à cette démarche et à en encourager la répétition. L’ambition, à terme, serait d’inscrire ce type de journée de sensibilisation dans un calendrier régulier, en lien avec les grandes périodes de trafic — fêtes religieuses, périodes de récolte, marchés hebdomadaires — qui concentrent traditionnellement les risques les plus élevés sur les routes de la région.

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CNSP et société civile : un appel à l’exemplarité des responsables

Les associations présentes, dont Diffa Chawa Vision des Jeunes et les comités de soutien aux autorités de la Transition, ont unanimement salué l’initiative, y voyant un exemple que d’autres responsables devraient s’empresser de suivre. Dans un contexte national marqué par les reconfigurations politiques issues du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), chaque geste de gouvernance concrète au profit des populations ordinaires envoie un signal positif.

Enfin, le message porté par cette journée dépasse Diffa : il rappelle que la sécurité routière, trop souvent reléguée au rang des préoccupations secondaires face aux urgences sécuritaires, est en réalité un enjeu majeur de santé publique — et que des solutions existent, à condition que des femmes et des hommes décident de s’en emparer.

Pluies à Niamey : Le Colonel Boubacar Soumana Garanké évalue les dégâts

La première pluie importante de la saison à Niamey n’a pas seulement rafraîchi la capitale : elle a révélé des fragilités qui exigent une réponse rapide. Ainsi, sur le terrain, l’Administrateur délégué de la Ville, le Colonel Boubacar Soumana Garanké, a immédiatement inspecté plusieurs secteurs touchés pour constater les dégâts et lancer une évaluation d’urgence.

Accompagné des équipes techniques, le Colonel Garanké a parcouru les quartiers les plus affectés afin d’observer les points noirs : rues encombrées d’eau, caniveaux obstrués et zones où l’évacuation des eaux pluviales montre des dysfonctionnements. Cette visite de terrain a permis une première cartographie des zones vulnérables et une identification des priorités d’intervention.

Ville de Niamey
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Curage et assainissement : les mesures d’urgence de la municipalité

À cet effet, les services municipaux ont procédé à une évaluation préliminaire visant à :

  • repérer les points critiques nécessitant un curage immédiat ;
  • vérifier l’état des dispositifs d’assainissement et d’évacuation ;
  • renforcer le suivi dans les secteurs où le risque d’inondation est le plus élevé.

Ces constats doivent, par conséquent, permettre de déployer des équipes de curage, de réparation et de sécurisation dans les heures et les jours à venir.

Ville de Niamey
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Gestion des déchets : la mairie de Niamey appelle au civisme

Par ailleurs, la municipalité érige la prévention des inondations et la protection de l’environnement en responsabilité collective. La Ville de Niamey demande ainsi aux habitants de redoubler de vigilance pendant toute la saison hivernale et de respecter des gestes simples mais essentiels : ne pas jeter d’ordures dans les caniveaux, dégager les voies d’écoulement et signaler tout blocage aux services municipaux.

En outre, la mairie assure qu’elle reste pleinement mobilisée aux côtés des populations tout au long de la saison des pluies. L’objectif affiché est de contribuer à la sécurité des personnes, de limiter les dégâts matériels et d’améliorer durablement le cadre de vie grâce à des actions de prévention et d’entretien des infrastructures.

Ville de Niamey
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Que faire en cas d’urgence ?

En cas d’inondation locale, la Ville recommande de quitter les zones basses et de se rendre vers des lieux sûrs, d’éviter de traverser les eaux stagnantes en raison des risques sanitaires et électriques, et de contacter les services municipaux afin de signaler les situations dangereuses.

Au final, Niamey a mesuré ses points faibles ; il reste désormais à transformer ces constats en actions concrètes afin de protéger la population durant une saison qui s’annonce plus humide que d’ordinaire.

Ville de Niamey
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OIT 2026 : La ministre Aissatou Abdoulaye Tondi porte la voix du Niger

Du 1ᵉʳ au 12 juin 2026, la 114ᵉ session de la Conférence internationale du Travail (CIT) de l’Organisation internationale du Travail (OIT) s’est tenue à Genève. L’événement a réuni les délégations des 187 États membres — gouvernements, employeurs et travailleurs — venus débattre des grandes questions qui façonnent l’avenir du travail.

Mme Aissatou Abdoulaye Tondi, ministre de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi de la République du Niger, était à la tête de la délégation nigérienne, composée de cadres ministériels, de représentants des employeurs et des centrales syndicales. Elle a ainsi pris part aux commissions techniques et aux séances plénières. En effet, l’objectif était de porter la voix du Niger sur des sujets cruciaux tels que le travail décent, la protection sociale et la justice sociale, dans un monde du travail en pleine mutation.

La ministre Aissatou Abdoulaye Tondi
© La ministre Aissatou Abdoulaye Tondi

Économie numérique et égalité : les grands thèmes de la CIT 2026

Les discussions de cette 114ᵉ session ont porté principalement sur :

  • le travail décent dans l’économie des plateformes numériques ;
  • l’égalité entre les sexes sur le lieu de travail ;
  • le renforcement du dialogue social et du tripartisme ;
  • l’examen de l’application des conventions et recommandations internationales du travail.

Ces sujets reflètent les enjeux posés par les transformations technologiques et économiques, ainsi que les exigences croissantes en matière d’inclusion sociale.

La ministre Aissatou Abdoulaye Tondi
© La ministre Aissatou Abdoulaye Tondi

Rapprochements régionaux en marge de la conférence

En marge des travaux pléniers, la ministre a participé à plusieurs réunions de concertation avec des délégations de l’Alliance des États du Sahel (AES), de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (CIPRES) et du Centre régional africain d’administration du travail (CRADAT). Ces rencontres ont dynamisé les échanges sur la coopération régionale, le renforcement des systèmes de protection sociale, la formation des administrations du travail et l’élaboration de politiques adaptées aux réalités africaines.

La ministre Aissatou Abdoulaye Tondi
© La ministre Aissatou Abdoulaye Tondi

Plaidoyer pour l’équité des États africains

En outre, le Niger a assumé une responsabilité particulière lors de cette session. Au nom du Groupe africain, Mme Aissatou Abdoulaye Tondi a plaidé pour un traitement équitable des États membres dans le cadre de la promotion de l’instrument d’amendement de 1986 à la Constitution de l’OIT, instrument qui célèbre cette année son 40ᵉ anniversaire. Ce plaidoyer visait à préserver la voix et les intérêts des pays en développement au sein des instances internationales du travail.

Par ailleurs, la participation nigérienne s’inscrit dans un contexte diplomatique favorable. En avril 2026, le Directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo, a mené une mission officielle dans les pays de l’AES, dont le Niger, afin de réaffirmer l’engagement de l’organisation en faveur de l’emploi décent dans la région. À Niamey, il s’est entretenu avec le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine et plusieurs membres du gouvernement, témoignant ainsi de la solidité du partenariat entre le Niger et l’OIT.

La ministre Aissatou Abdoulaye Tondi
© La ministre Aissatou Abdoulaye Tondi

Justice sociale : Le Niger aligne ses priorités sur la vision du Général Tiani à la 114ᵉ session de la CIT

Enfin, à Genève, Mme Aissatou Abdoulaye Tondi, ministre de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi de la République du Niger, a réitéré l’engagement du Niger en faveur de la justice sociale et du travail décent, conformément à la vision du Président de la République, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, et à la politique conduite par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine. À travers cette participation, le Niger entend traduire ces grandes orientations politiques en actions concrètes, au bénéfice des travailleurs et des employeurs du pays.

Niger : Jusqu’à 10 ans de prison pour LGBTQIA+ dans le nouveau Code pénal

Le Niger franchit une nouvelle étape dans la refonte de son arsenal juridique. Réunis le 11 juin, les membres du Conseil consultatif de la Refondation (CCR) ont adopté un nouveau Code pénal qui introduit plusieurs dispositions répressives, notamment à l’encontre des actes qualifiés d’impudiques ou contre nature. Le texte prévoit des peines d’emprisonnement pouvant aller de cinq à moins de dix ans ainsi que des amendes susceptibles d’atteindre 100 millions de francs CFA.

Cette réforme s’inscrit dans un vaste processus de révision du cadre législatif engagé par les autorités nigériennes dans le cadre de la refondation institutionnelle du pays.

Un durcissement des dispositions pénales

Le nouveau Code pénal renforce les sanctions applicables aux personnes reconnues coupables d’actes considérés comme contraires aux bonnes mœurs ou relevant de comportements qualifiés « d’impudiques ou contre nature ». Les peines prévues s’échelonnent entre cinq et moins de dix années de prison, assorties d’amendes pouvant atteindre 100 millions de francs CFA.

Ces dispositions concernent notamment les actes associés aux personnes LGBTQIA+, une orientation qui marque une évolution notable dans le dispositif répressif nigérien. Les autorités présentent cette réforme comme une mesure destinée à préserver les valeurs sociétales et culturelles du pays.

Une réforme inscrite dans la dynamique de la refondation

L’adoption de ce texte intervient dans un contexte plus large de restructuration des institutions et de modernisation du corpus juridique national. Depuis leur arrivée au pouvoir, les autorités de transition ont engagé plusieurs réformes touchant aussi bien à l’organisation administrative qu’au système judiciaire.

Le nouveau Code pénal vise ainsi à actualiser certaines dispositions héritées des précédentes législations et à adapter les sanctions aux nouvelles orientations définies dans le cadre du processus de refondation.

Un texte susceptible d’alimenter les débats

Cette réforme pourrait susciter des réactions parmi les organisations de défense des droits humains, qui la qualifient de restrictive. Cependant, une partie de la population se déclare satisfaite de cette décision et félicite les dirigeants pour leur initiative. Les questions relatives aux libertés individuelles et aux droits des minorités sexuelles figurent régulièrement parmi les sujets sensibles dans plusieurs pays africains, où elles se heurtent souvent aux considérations culturelles, religieuses et sociétales.

Avec l’adoption de ce nouveau Code pénal, le Niger ajoute ainsi un nouveau chapitre à son chantier de réformes institutionnelles, dans un contexte marqué par la volonté des autorités de redéfinir les fondements juridiques et politiques de l’État.

Niger : Le président Tiani dissout 9 organismes d’État par décret

Le Niger poursuit son chantier de réforme de l’appareil d’État. Dans le cadre d’une politique de rationalisation des dépenses publiques et de réorganisation des services administratifs, les autorités ont décidé de dissoudre plusieurs organismes placés sous la tutelle de la Présidence de la République, du Cabinet du Premier ministre et du Secrétariat général du Gouvernement.

La mesure a été entérinée par le décret nᵒ 2026-310/PRN/PM du 8 juin 2026, signé par le président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani. Elle s’inscrit dans une volonté affichée de réduire les charges de fonctionnement de l’État tout en réaffectant les compétences des structures supprimées aux administrations sectorielles compétentes.

Neuf organismes concernés par la réforme

La réorganisation concerne le Centre national d’études stratégiques et de sécurité (CNESS), le Fonds d’investissement pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (FISAN), l’Agence de modernisation des villes du Niger (AMV-Niger), la Haute Autorité du Waqf, l’Inspection générale de la gouvernance administrative (IGGA), le Haut-Commissariat à la modernisation de l’État (HCME), l’Autorité de régulation du secteur de l’eau (ARSEau), l’Autorité de régulation du secteur des transports (ARST) ainsi que la Haute Autorité de protection des données à caractère personnel (HAPDP).

Si ces entités cessent d’exister sous leur forme actuelle, leurs missions ne disparaissent pas pour autant. Les autorités ont opté pour un transfert de compétences vers les ministères concernés afin d’assurer la continuité des services. Ainsi, les prérogatives de régulation du secteur des transports seront désormais exercées par le ministère des Transports et de l’Aviation civile, tandis que les questions relatives à la protection des données personnelles relèveront des ministères de la Justice et de l’Intérieur.

Redéploiement du personnel et réaffectation des biens

Le décret prévoit également des mesures d’accompagnement. Les autorités réintégreront les fonctionnaires détachés ou mis à disposition au sein des organismes supprimés dans leurs administrations d’origine. Quant aux agents auxiliaires, elles mettront fin à leurs contrats conformément aux dispositions en vigueur du Code du travail.

Par ailleurs, les autorités mettent un terme aux fonctions des présidents, directeurs généraux, membres des conseils d’administration et autres responsables des structures concernées dès l’entrée en vigueur du décret.

S’agissant du patrimoine de ces organismes, les autorités transféreront l’ensemble des biens mobiliers et immobiliers au ministère de l’Économie et des Finances. Ce dernier se chargera ensuite de les réaffecter aux administrations appelées à reprendre les missions précédemment assurées par les structures supprimées.

Une nouvelle étape dans la restructuration de l’État

Cette réforme traduit aussi la volonté des autorités nigériennes d’engager une refonte plus large de l’organisation administrative du pays. En recentrant certaines compétences au sein des ministères sectoriels, le gouvernement entend améliorer l’efficacité de l’action publique, éviter les chevauchements institutionnels et optimiser l’utilisation des ressources de l’État.

Cette réorganisation marque ainsi une nouvelle étape dans la stratégie de modernisation de l’administration engagée par les autorités de transition, dans un contexte où la maîtrise des dépenses publiques et la recherche d’une plus grande efficacité institutionnelle figurent parmi les priorités affichées.

Niger : Déchéance de nationalité pour l’opposante Mayra

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans le bras de fer opposant les autorités nigériennes à certaines figures de l’opposition en exil. Le chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a signé un décret portant déchéance provisoire de la nationalité nigérienne de Mariama Djibrine, plus connue sous le nom de Mayra, selon un communiqué officiel rendu public jeudi.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par le durcissement du cadre juridique visant les personnes accusées de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État. Elle s’appuie notamment sur une ordonnance adoptée en 2024, qui prévoit des mesures de retrait de nationalité à l’encontre des individus ou entités considérés comme impliqués dans des activités jugées contraires à la sécurité nationale.

Une figure de l’opposition installée à l’étranger

Mariama Djibrine fait partie des personnalités nigériennes ayant quitté le pays après les bouleversements politiques survenus ces dernières années. Elle préside l’Alliance des démocrates du Sahel (ADS), une plateforme regroupant des responsables politiques et des acteurs de la société civile originaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger vivant en exil.

Cette organisation milite notamment pour un retour à l’ordre constitutionnel dans les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et plaide en faveur du rétablissement de gouvernements civils. Ses prises de position critiques vis-à-vis des autorités de transition lui ont valu une attention particulière de la part des pouvoirs en place.

Des accusations liées à la sûreté de l’État

Selon les autorités nigériennes, Mariama Djibrine fait l’objet de poursuites pour plusieurs chefs d’accusation, parmi lesquels la diffusion de données susceptibles de troubler l’ordre public, l’incitation à la révolte ainsi que l’intelligence avec une puissance étrangère.

Au moment de l’annonce du décret, Mariama Djibrine n’avait encore fait aucune déclaration officielle sur cette décision. Toutefois, cette décision intervient dans un climat de tensions persistantes entre les autorités militaires et les mouvements d’opposition opérant depuis l’étranger.

Une mesure aux implications politiques et juridiques

Au-delà du cas de Mariama Djibrine, cette décision illustre la volonté affichée des autorités nigériennes de recourir aux instruments juridiques instaurés depuis 2024 pour lutter contre ce qu’elles qualifient de menaces à la stabilité et à la souveraineté du pays.

La procédure de déchéance provisoire ouvre désormais une nouvelle séquence dont les conséquences pourraient dépasser le seul cadre individuel. Elle intervient alors que le Niger poursuit sa reconfiguration institutionnelle et diplomatique dans un contexte régional marqué par des recompositions politiques majeures et des débats récurrents sur les libertés publiques, la sécurité nationale et le rôle des oppositions en exil.

Coopération Niger – Türkiye : Salifou Mody reçoit l’ambassadeur

Les relations entre le Niger et la Türkiye poursuivent leur dynamique de renforcement. Le ministre d’État, ministre de la Défense nationale, le général d’armée Salifou Mody, a reçu en audience, ce jeudi à Niamey, le nouvel ambassadeur de la République de Türkiye au Niger, Son Excellence Özgür Arslan.

Cette rencontre intervient un mois après la présentation des copies figurées du diplomate turc aux autorités nigériennes. Elle s’inscrit dans le cadre des consultations régulières entre les deux pays, engagés depuis plusieurs années dans un partenariat marqué par une coopération croissante dans plusieurs secteurs stratégiques.

Ministère de la Défense Nationale
© Ministère de la Défense Nationale

La défense, un axe majeur du partenariat bilatéral

Au cours des échanges, les deux personnalités ont passé en revue les perspectives de coopération entre Niamey et Ankara, avec un accent particulier sur le domaine de la défense. Ce secteur occupe une place importante dans les relations bilatérales et fait l’objet d’échanges diversifiés entre les deux États.

L’audience a ainsi permis de réaffirmer la volonté commune des autorités nigériennes et turques de consolider davantage leur partenariat, dans un contexte régional où les questions de sécurité demeurent au centre des préoccupations.

Ministère de la Défense Nationale
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Des relations en constante consolidation

Par ailleurs, cette visite traduit également l’intérêt porté par les deux pays au développement de leurs relations diplomatiques et institutionnelles. L’arrivée du nouvel ambassadeur turc ouvre aussi une nouvelle phase dans la coopération entre Niamey et Ankara, avec la perspective d’un approfondissement des échanges dans les domaines d’intérêt commun.

Cette audience confirme ainsi la place qu’occupe la Türkiye parmi les partenaires du Niger et témoigne de la volonté des deux capitales de maintenir un dialogue régulier au service du renforcement de leurs liens de coopération.

Niger : Le projet WURI relancé avec la Banque mondiale

Niamey a accueilli, le mercredi 10 juin 2026, une importante réunion de travail consacrée à la relance des activités du projet WURI-Niger restructuré. Organisée en présence des représentants du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, du ministère des Finances ainsi que d’une mission de la Banque mondiale en séjour au Niger, cette rencontre marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre du programme d’identification unique en Afrique de l’Ouest pour l’intégration et l’inclusion régionale.

Placée sous la conduite des secrétaires généraux des deux ministères concernés, la cérémonie officielle de lancement a permis de réaffirmer l’engagement des différentes parties à accélérer l’exécution de ce projet stratégique, considéré comme un levier essentiel pour la modernisation de l’état civil et le renforcement de l’inclusion administrative.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Une mobilisation des acteurs autour du projet restructuré

Dans l’après-midi, une session de briefing a été organisée autour du secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, le général de police Ayouba Abdourahmane. Cette rencontre a réuni l’ensemble des structures impliquées dans la mise en œuvre du projet.

Les échanges ont notamment permis de présenter la vision globale du projet restructuré et de préciser les responsabilités des différentes institutions concernées. La Direction générale de l’État civil, l’Agence nigérienne de la société de l’information (ANSI), l’Agence nigérienne de certification électronique (ANCE), l’Agence nationale d’enregistrement et d’identification des personnes physiques (ANEI) ainsi que la Haute Autorité de protection des données à caractère personnel (HAPDP) figurent parmi les principaux acteurs appelés à contribuer à la réussite du programme.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
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Un horizon fixé à juillet 2027

Cette mission de supervision conduite par la Banque mondiale a également permis d’examiner et d’améliorer le document relatif au cadre juridique et institutionnel du projet. Les différentes parties se sont, par ailleurs, accordées sur une extension de sa mise en œuvre jusqu’en juillet 2027 afin de garantir l’atteinte des objectifs fixés.

À travers cette prorogation, les autorités nigériennes et leurs partenaires entendent renforcer les opérations d’identification des populations en favorisant l’enregistrement du plus grand nombre de citoyens dans les registres d’état civil. Un enjeu majeur pour l’accès aux services publics, l’inclusion sociale et le développement des politiques publiques fondées sur des données fiables.

La relance du projet WURI-Niger intervient ainsi dans un contexte où la maîtrise de l’identité juridique des personnes constitue un outil stratégique pour la gouvernance, la planification du développement et l’intégration régionale au sein de l’espace ouest-africain.

Niamey : les collectivités territoriales de l’AES se dotent d’une instance fédératrice

Pour la première fois, les élus et responsables territoriaux des trois pays de la Confédération se réunissent pour jeter les bases d’une coordination commune au service des populations.

Niamey revêt, ce jeudi, un caractère historique pour l’espace confédéral. En effet, la capitale du Niger accueille l’assemblée générale constitutive de l’Union des Collectivités Territoriales de l’Alliance des États du Sahel (AES), une initiative inédite visant à doter les territoires des trois pays — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — d’un mécanisme commun de concertation et d’action au service de leurs populations.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
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Une faîtière pour coordonner l’action territoriale

C’est le Général de Division Mohamed Toumba, ministre d’État chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, qui a présidé la cérémonie d’ouverture. Dans son allocution, il a rappelé que cette rencontre s’inscrit dans le prolongement direct de la vision commune des trois chefs d’État, déterminés à insuffler une nouvelle dynamique de développement à l’échelle des territoires, au plus près des réalités vécues par les populations.

Agenda de la rencontre :

  • Création officielle de l’Union des Collectivités Territoriales de l’AES ;
  • Mise en place des organes dirigeants de la nouvelle instance ;
  • Définition des perspectives stratégiques de la faîtière ;
  • Harmonisation des politiques territoriales au sein de l’espace confédéral ;
  • Coordination des actions en faveur des populations.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
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Ainsi, la création de cette faîtière répond à un double impératif. D’une part, combler le vide institutionnel qui existait entre les États membres au niveau infranational, où les collectivités agissaient jusqu’ici sans cadre de coordination transfrontalier. D’autre part, ancrer concrètement le projet confédéral dans le quotidien des communautés, en faisant des élus et responsables territoriaux des relais actifs de la politique d’intégration.

« Aujourd’hui, l’AES est une réalité incontournable. Il est plus que nécessaire que les institutions, au sein de notre espace, s’approprient cette réalité et mettent le cap à l’endroit pour une synergie d’actions et un renforcement de la coopération. » —Général de Division Mohamed Toumba. Ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire du Niger

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Un nouveau pas dans la consolidation de l’AES

Par ailleurs, cette assemblée constitutive illustre la montée en puissance institutionnelle de la Confédération des États du Sahel, qui cherche à transformer une alliance née dans les turbulences diplomatiques de 2023 en un édifice d’intégration durable. En effet, la mise en place d’une instance dédiée aux collectivités territoriales constitue un maillon essentiel dans cet effort de construction : celui qui relie les décisions prises au sommet aux réalités vécues dans les communes, les cercles et les départements des trois nations.

Par ailleurs, les travaux, qui se poursuivent dans la journée, devraient aboutir à l’adoption des textes fondateurs de l’Union ainsi qu’à la désignation de ses premiers responsables. Les résultats de cette assemblée seront suivis de près par les partenaires institutionnels et les observateurs régionaux, attentifs à la capacité de l’AES à traduire ses ambitions politiques en structures opérationnelles pérennes.

Protection de l’enfance : Alliance entre le MRPVS et l’ONG EDUCO

Le ministre Ali Ben Salah Hamouda a reçu une délégation de l’organisation internationale EDUCO, ouvrant ainsi la voie à une coopération structurée autour des valeurs citoyennes et de la protection des enfants en situation de crise.

Dans le cadre du renforcement des partenariats institutionnels, le ministre de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales (MRPVS), Ali Ben Salah Hamouda, a reçu en audience, ce jeudi 11 juin 2026, une délégation de l’ONG internationale EDUCO. Cette rencontre visait à présenter les domaines d’intervention de l’organisation et à explorer les perspectives d’une collaboration formalisée avec le ministère.

Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales
© Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales

L’enfance et la cohésion sociale au cœur des priorités

Au cours de cette séance de travail, les deux parties ont passé au crible les urgences structurelles du moment. En effet, les échanges ont principalement mis en lumière les dispositifs de protection de l’enfance, l’accès à une éducation de qualité ainsi que les mécanismes de promotion de la cohésion sociale. Une attention toute particulière a, par ailleurs, été accordée à la situation des mineurs vulnérables :

  • Soutien d’urgence : le déploiement d’actions ciblées en faveur des enfants directement touchés par les crises humanitaires et sécuritaires.
  • Dynamique communautaire : le renforcement du rôle des familles et des leaders locaux dans la transmission des valeurs civiques et de la culture de la paix.

Ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales
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Ancrage communautaire et cohésion sociale face aux défis régionaux

Par ailleurs, les échanges ont permis de dresser un panorama des interventions d’EDUCO sur le terrain, notamment en faveur des enfants affectés par les crises et dans le soutien aux mécanismes communautaires de transmission des valeurs. La délégation a mis en avant l’ancrage local de ses programmes, qui associent étroitement les familles et les structures communautaires à chaque étape de leur mise en œuvre.

De plus, le volet relatif au renforcement de la cohésion sociale et à la promotion du vivre-ensemble a particulièrement retenu l’attention des deux parties. Dans un contexte régional marqué par des fragilités persistantes, ces axes constituent des priorités stratégiques pour le ministère, qui cherche à mobiliser l’ensemble des acteurs de la société civile autour d’objectifs partagés.

« La contribution d’EDUCO dans ces domaines prioritaires est précieuse. Le MRPVS réaffirme son engagement à travailler avec les partenaires qui œuvrent pour le bien-être des enfants, la cohésion sociale et la préservation des valeurs qui fondent notre société. »  Ali Ben Salah Hamouda — Ministre de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales

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Vers un cadre de partenariat opérationnel et durable

Cette audience marque une étape significative dans l’ouverture du MRPVS aux organisations de la société civile internationale. Elle illustre la volonté du ministère de conjuguer l’action publique avec les ressources opérationnelles et l’expertise de terrain que peuvent apporter des structures spécialisées comme EDUCO, dont les programmes s’articulent autour de l’éducation inclusive et de la protection intégrale de l’enfant.

Les deux parties ont, en outre, convenu de poursuivre les discussions en vue de définir un cadre de partenariat opérationnel, dont les contours précis feront l’objet de concertations techniques dans les prochaines semaines.

Finalement , cette rencontre  pose les fondations d’un cadre d’action conjoint où l’expertise technique d’EDUCO viendra appuyer les programmes de sensibilisation civique et de protection sociale portés par le gouvernement.