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Attaque meurtrière au Niger contre un site de réfugiés maliens

L’ONU a annoncé le lundi 1er juin, qu’une attaque djihadiste visant un site abritant des réfugiés maliens à Intikane dans l’ouest du Niger, a fait au moins 3 morts dont 2 réfugiés.

« Hier (dimanche) en fin de journée à 16 h 30 locales (15 h 30 GMT), une cinquantaine de jihadistes à motos ont attaqué le site des réfugiés d’Intikane. Trois personnes ont été assassinées: », a indiqué lundi 1er juin à l’AFP le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) à Niamey.

Les trois victimes sont « le président du Comité des réfugiés, le président du Comité de vigilance des réfugiés et le représentant du groupement nomade de Tahoua (chef coutumier nigérien) ».

Selon le HCR, un gardien « a été enlevé par les jihadistes » qui ont agi selon un « mode opératoire bien réfléchi ».

Bourgade nigérienne, Intikane, est une Zone d’accueil de réfugiés (ZAR) où 20 000 Maliens vivent mêlés à la population locale depuis 2013.

L’eau empoisonnée

« Les jihadistes ont infligé des dommages aux installations du camp et ont notamment vidé le magasin de vivres et détruit le système qui ravitaille la zone en eau potable dans un rayon de 40 km », explique l’agence onusienne.

Le système hydraulique saboté par les assaillants fournit de l’eau potable aux 20 000 réfugiés maliens, à 15 000 autres déplacés nigériens ayant fui leur village à cause des violences jihadistes, et à toute la population locale vivant dans cette vaste zone désertique, précise-t-elle.

« C’est grave, les terroristes ont détruit notre espace de vie », a déclaré à l’AFP Alessandra Moreli, la représentante du HCR au Niger qui « condamne cette attaque ».

« Les terroristes ont détruit des antennes relais téléphoniques » de la zone avant de mener l’attaque, a dit à l’AFP une source sécuritaire.

Une longue liste d’attaque contre les camps de réfugiés

Ce raid allonge la liste des camps de réfugiés maliens attaqués par des groupes jihadistes depuis quatre ans au Niger.

Vingt-deux soldats nigériens avaient été tués en octobre 2016 à Tazalit lors d’une attaque contre un camp de réfugiés. En 2016, deux morts réfugiés maliens avaient été tués à Tabarey Barey, un autre camp onusien dans la région de Tillabéri. En octobre 2014, neuf membres des forces de sécurité avaient été tués et deux réfugiés blessés dans une attaque similaire dans un troisième camp à Mangaize.

Selon l’ONU, le Niger abrite près de 60 000 réfugiés maliens qui avaient fui le Nord du Mali tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie chassés par une intervention militaire internationale lancée en 2013 à l’initiative de la France.

L’ouest du Niger est le théâtre d’attaques fréquentes de groupes jihadistes, notamment du groupe État Islamique au Grand Sahara (EIGS). Le Niger doit aussi faire face aux attaques dans l’Est des jihadistes de la nébuleuse Boko Haram.

Les violences jihadistes, souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires, ont fait quelque 4 000 morts en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger, selon l’ONU.

Avec AFP

Les Etats-Unis renforcent la capacité militaire du Niger dans la lutte contre le terrorisme

Le ministre nigérien de la Défense, M. Issoufou Katambé, a réceptionné mercredi à Niamey, un don d’équipements militaires offerts par les Etats-Unis aux Forces armées nigériennes engagées dans la lutte contre le terrorisme, a constaté sur place Xinhua.

Le don est composé de dix camions de transport de troupes de type Mercedes ATEGO d’une valeur d’un million de dollars (597 millions de FCFA) et d’un entrepôt pour le stockage de pièces de rechange d’une valeur de 430.000 dollars (257 millions de FCFA), construit dans l’enceinte de la direction centrale du matériel militaire de Niamey.

Ce geste vise, selon l’ambassadeur américain au Niger, M. Eric P. Whitaker, « à aider les Forces armées nigériennes à maintenir leur capacité en vue de préparer et de déployer leurs soldats pour apporter la sécurité et la paix au Sahel ».

Pour M. Katambé, « ce nouveau don marque une nouvelle étape dans la coopération entre le Niger et les Etats-Unis et renforce encore plus notre partenariat déjà très solide dans le domaine de la défense ».

Le Niger subit les attaques meurtrières perpétrées notamment par le groupe terroriste Boko Haram logé au Nigeria depuis 2009, les groupes terroristes proches d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), d’Ançar Dine et d’autres mouvements rebelles basés, depuis près de cinq ans, dans le nord du Mali, et les mouvements armés et autres bandits qui contrôlent le Sud de la Libye depuis le renversement en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi.

A cela est venu s’ajouter depuis près d’un an un nouveau foyer d’insécurité dans l’extrême sud-ouest du pays, au niveau de la région des « 3 frontières » (Niger-Mali-Burkina Faso) entretenu par d’autres groupes djihadistes qui mettent en péril la sécurité des personnes et des biens.

Depuis 2016, les Etats-Unis ont positionné leurs drones à Niamey, avant de lancer la construction d’une base militaire à Agadez (nord du Niger), dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Niger: Au moins 75 terroristes de Boko Haram neutralisés par l’armée nigérienne

Deux opérations menées par la force régionale ont permis d’éliminer 75 terroristes de Boko Haram, dans le sud-est du pays et en territoire nigérian.

En effet, au moins 75 terroristes de la secte Boko Haram neutralisés à Diffa et dans la zone du lac Tchad le 12 mai 2020, a annoncé le ministère de la Défense nationale dans un communiqué

L’armée nigérienne a annoncé mercredi qu’au moins 75 combattants de Boko Haram » ont été neutralisés » lundi.

« Face aux attaques répétées de Boko Haram sur les positions de nos forces de défense et de sécurité, notamment celle du poste frontalier nigéro-nigérian de Diffa, le dimanche 3 et le samedi 9 mai derniers, les forces armées nigériennes ont engagé plusieurs opérations offensives et de ratissage dans le lit du lac Tchad », a expliqué le ministère de la Défense.

Selon un communiqué du ministère nigérien de la Défense, un groupe de 25 islamistes a été tué au sud de Diffa, et « une cinquantaine d’éléments ennemis » ont été « neutralisés » dans la zone du lac Tchad, sur le territoire du Nigeria.

Une nouvelle attaque djihadiste signalée au Niger (Tillabéri)

La plupart des personnes tuées sont des jeunes civils de trois villages de l’Anzourou,non loin de la frontière malienne. Dans l’après-midi de samedi, en plein ramadan, à l’heure où les jeûneurs sont à bout de force, des terroristes armés et à moto ont fait irruption dans chacun des villages de Gadabo, Zibane-Zeno et Zibane-Tegui et ont abattu leurs victimes vraisemblablement ciblées.

L’attaque de ces trois villages intervient 24 heures seulement après la prorogation de l’état d’urgence de la zone de Tillabéri. Avant de disparaître dans la nature, les assaillants ont pillé des commerces, selon une source proche du gouverneur de Tillabéri qui a visité le village endeuillé.

Ce n’est pas la première fois que les habitants de l’Anzourou sont victimes d’actes terroristes. En février dernier, quatre personnes du village de Molia avaient été tuées. Malgré de grandes opérations militaires sur toute la bande frontalière avec le Mali voisin, les terroristes à moto gardent toujours leur capacité de nuisance.

Dans cette même zone, plusieurs chefs traditionnels ont été froidement assassinés et ceux qui ont eu la vie sauve vivent loin de leurs administrés. Les enseignants ne sont pas non plus épargnés.

D’importants combats entre l’armée du Niger et Boko Haram aux portes de Diffa

D’importants combats ont opposé l’armée nigérienne et des combattants djihadistes dimanche 3 mai aux portes de Diffa, la capitale du sud-est du Niger (200 000 habitants), à proximité de la frontière avec le Nigeria.

Dans une vidéo de propagande diffusée par l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), issu d’une scission de Boko Haram et affilié au groupe Etat islamique, on voit de nombreux insurgés s’emparer au milieu de tirs nourris d’armes automatiques d’un camp de l’armée nigérienne, mettant la main sur des véhicules et des stocks d’armements aux cris d’« Allah Akbar » (« Dieu est le plus grand », en arabe). Ils semblent ensuite quitter le camp avec les véhicules. On voit également un soldat nigérien, couché face contre sol, qui semble déjà mort ou inanimé, recevoir deux balles.

Le gouvernement a donné sa version mardi soir dans un communiqué : « Le 3 mai 2020, aux environs de 17 h 45 locales [16 h 45 GMT], le poste frontalier Niger-Nigeria de Diffa a été attaqué par des éléments de Boko Haram [les autorités font rarement la différence entre Iswap et Boko Haram] à bord de véhicules lourdement armés. On déplore malheureusement deux morts, trois blessés, des matériels calcinés. »

« A l’heure de la rupture du jeûne »

Des habitants de Diffa ont témoigné avoir entendu la violence des combats. « On a entendu le bruit des armes, surtout d’armes lourdes, de 16 h 30 jusqu’à 19 heures [de 15 h 30 à 18 heures GMT] du côté sud de la ville », a raconté à l’AFP Lawan Boukar, un résident de Diffa. « Les assaillants étaient venus du côté nigérian, en fin d’après-midi, à l’approche de l’heure de la rupture du jeûne du ramadan et pensaient certainement prendre par surprise nos soldats », a avancé un autre habitant.

En 2015, d’intenses combats avaient opposé l’armée nigérienne aux djihadistes autour du pont de Doutchi, qui relie le Niger au Nigeria, au sud de Diffa. Ce check-point est également proche de Damasak, une localité nigériane située à 30 kilomètres au sud de Diffa. Damasak avait été conquise en octobre 2014 par Boko Haram après de violents combats avec l’armée nigériane. Elle avait été reprise par les armées du Tchad et du Niger après d’âpres combats.

« Au cours de cette même journée » de dimanche, « aux environs de 13 heures locales, une autre colonne de dix véhicules ennemis en provenance de Tombon-Fulani, une localité située à 24 kilomètres au nord-est de Bosso [est du Niger] a été interceptée », selon le ministère de la défense nigérien.

« Une action coordonnée entre les forces nigériennes et nigérianes, appuyées par les partenaires [France et/ou Etats-Unis, selon le jargon utilisé par le ministère], a permis de suivre et d’agir contre cette colonne ennemie. Il en a résulté la neutralisation de cinquante terroristes au niveau d’une localité nigériane située à 45 kilomètres au sud de Toumour [Niger]. »

Quelque 120 000 réfugiés nigérians

Ces attaques de dimanche interviennent après une offensive terrestre et aérienne en avril de l’armée tchadienne, qui a annoncé avoir chassé les djihadistes de son sol. Elle a affirmé avoir tué 1 000 djihadistes et perdu 52 hommes.

Fin mars, le Niger avait annoncé avoir tué une « figure de proue » du groupe djihadiste Boko Haram, Ibrahim Fakoura, lors d’une opération dans les îles du lac Tchad (sud-est), repaire d’islamistes nigérians. Fin avril, le ministre nigérien de la défense Issoufou Katambé avait déclaré à l’AFP que des opérations militaires étaient toujours en cours dans la zone du lac Tchad.

La région de Diffa abrite selon l’ONU quelque 120 000 réfugiés nigérians et des milliers de déplacés, fuyant les exactions de Boko Haram depuis 2015. Le conflit avec les djihadistes de Boko Haram et de l’Iswap a fait plus de 36 000 morts depuis 2009 dans le nord-est du Nigeria et près de 2 millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Le Niger doit aussi faire face dans l’ouest, à ses frontières avec le Mali et le Burkina, aux attaques récurrentes des groupes djihadistes sahéliens. Le centre du Sahel est touché par les violences djihadistes, souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires, qui ont fait 4 000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019, selon l’ONU.

La France annonce de nouvelles opérations entre le Mali, le Niger et le Burkina

La France et ses alliés prévoient agir dans les semaines à venir, en vue d’empêcher l’expansion des forces djihadistes dans la zone dite des trois frontières.

La ministre française des Armées Florence Parly a annoncé lundi à Bamako de nouvelles opérations militaires à venir dans la zone dite des trois frontières (Mali, Burkina Faso, Niger). « De nouvelles opérations vont se développer dans les prochaines semaines dans cette zone très particulière des trois frontières », a dit Florence Parly à des journalistes après avoir été reçue avec ses homologues suédois, estonien et portugais par le président Ibrahim Boubacar Keita. Elle n’a pas fourni plus de précisions.

La ministre était en visite dans la sous-région pour mettre en œuvre les conclusions du sommet de Pau, qui a réuni une semaine plus tôt le président français Emmanuel Macron et ses homologues du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina, Tchad et Mauritanie) confrontés à l’escalade des violences djihadistes. Avant d’arriver au Mali lundi, elle était au Tchad. Sa visite a coïncidé avec un attentat suicide portant la marque de Boko Haram qui a tué neuf civils dans la province du lac Tchad.

« Coalition pour le Sahel »

A Pau, les présidents avaient affirmé leur volonté de faire porter l’effort militaire sur la région des trois frontières – effort en réalité déjà en cours selon les experts – où se sont concentrées les attaques meurtrières des djihadistes ces derniers mois. Ils avaient désigné le groupe « Etat islamique au grand Sahara » comme l’ennemi prioritaire.

Le sommet de Pau, censé resserrer les liens face à un sentiment anti-français de plus en plus palpable dans les pays concernés, avait aussi débouché sur l’annonce de la création d’une « coalition pour le Sahel » rassemblant le G5 Sahel, la France, les autres partenaires déjà engagés et tous les pays qui voudront s’y joindre.

Cette coalition comprendrait le groupement de forces spéciales européennes Takuba auquel Paris s’emploie à rallier plusieurs pays. L’Estonie, qui participe déjà à la mission antijihadiste française Barkhane avec 50 hommes, s’est engagée à en fournir une quarantaine d’autres pour Takuba.

 

Le nombre de victimes d’attaques terroristes multiplié par cinq en trois ans au Burkina Faso, au Mali et au Niger

L’Afrique de l’Ouest et la région du Sahel ont été secouées ces derniers mois par un niveau sans précédent de violence terroriste, le nombre de victimes d’attaques terroristes ayant été multiplié par cinq en trois ans au Burkina Faso, au Mali et au Niger, a indiqué mercredi l’envoyé de l’ONU dans la région.

Dans ces trois pays, plus de 4.000 décès  dus à cette violence ont été signalés en 2019, contre 770 décès en 2016.

« Plus important encore, la cible géographique des attaques terroristes s’est déplacée vers l’est, du Mali vers le Burkina Faso, et menace de plus en plus les États côtiers de l’Afrique de l’Ouest. Le nombre de personnes tuées au Burkina Faso est passé d’environ 80 en 2016 à plus de 1.800 en 2019 », expliqué le chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), Mohamed Ibn Chambas, devant les membres du Conseil de sécurité de l’ONU.

« Le nombre de personnes déplacées a décuplé pour atteindre environ un demi-million, en plus des 25.000 personnes qui ont trouvé refuge dans d’autres pays. Les attaques terroristes sont aussi souvent des efforts délibérés de la part d’extrémistes violents pour capturer des armes et des voies de trafics et se livrer à d’autres activités illicites, y compris l’exploitation minière artisanale illégale dans certaines zones qui soutiennent leurs réseaux », a-t-il ajouté.

Selon l’envoyé de l’ONU, les attaques incessantes contre des cibles civiles et militaires ont ébranlé la confiance du public dans les pays de la région. Il a noté que les gouvernements, les acteurs locaux, les organisations régionales et la communauté internationale se sont mobilisés à travers l’Afrique de l’Ouest et le Sahel pour répondre au terrorisme et à l’extrémisme violent et qu’il fallait qu’ils continuent leurs efforts dans ce sens.

Elections dans six pays

Mohamed Ibn Chambas a toutefois estimé que la situation sécuritaire ne devait pas éclipser les développements politique positifs. Il s’est félicité des efforts de dialogue au niveau national en Gambie et en Mauritanie, au Sénégal et au Sierra Leone.

Il a rappelé que six pays de la région se préparaient à des élections au cours des prochains mois.

« Le 22 février, le Togo organisera sa prochaine élection présidentielle. Suite aux récentes réformes électorales et constitutionnelles, il est important que tout grief pré ou post électoral soit traité par les voies légales », a dit Mohamed Ibn Chambas.

Le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée et le Niger se préparent également pour des élections qui auront lieu plus tard dans l’année. « Les griefs non réglés, les processus de réconciliation nationale inachevés et les sentiments de manipulation des institutions et des processus comportent des risques de tensions et de manifestations de violence politique », a dit l’envoyé de l’ONU.

S’agissant de la Guinée, la reprise du dialogue, sous l’impulsion de l’ONU et d’autres partenaires, a donné des premiers résultats, dont la libération de prisonniers politiques, a-t-il estimé. « L’ONU réitère ses appels aux acteurs nationaux pour qu’ils surmontent leurs divergences dans un esprit de consensus afin d’assurer la tenue d’élections législatives pacifiques prévues pour février 2020 », a-t-il ajouté.

Dans les mois à venir, le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel continuera de travailler en étroite collaboration avec toutes les parties prenantes nationales et les partenaires régionaux pour promouvoir le consensus et la participation de tous aux élections qui seront organisées dans la région, a-t-il conclu.

 

Niger : 14 militaires tués dans une attaque dans l’ouest

Quatorze militaires ont été tués mercredi dans une attaque de « terroristes lourdement armés » dans la région de Tillabéri, dans l’ouest du Niger, a annoncé jeudi le ministère nigérien de l’Intérieur dans un communiqué.

« Un convoi composé d’éléments de la gendarmerie et de la garde nationale escortant des équipes chargées de l’enrôlement électoral dans la commune de Sanam (département d’Abala) a été victime d’une embuscade tendue par des terroristes lourdement armés », selon le communiqué.

« A l’issue d’une bataille acharnée, plusieurs morts et blessés ont été enregistrés. Côté ami : sept gendarmes et sept gardes sont décédés. Un garde est porté disparu », selon le communiqué.

« L’ennemi quant à lui, a subi de nombreuses pertes », assure le ministère, sans préciser leur ampleur.

C’est dans cette même région de Tillabéri, proche du Mali, que 71 soldats nigériens ont été tués le 10 décembre, la pire attaque depuis le regain des attaques jihadistes en 2015 dans ce pays sahélien pauvre, revendiquée par l’Etat islamique.

Selon le ministère de l’Intérieur, l’équipe des agents d’enrôlement « a été sécurisée et a regagné Sanam en bonne santé ».

Cette équipe opérait pour le compte de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), qui doit organiser des élections générales (présidentielle et législatives) fin 2020.

Tout le Sahel – en particulier le Mali, le Niger et le Burkina -, est désormais visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 4.500 militaires français de la force antiterroriste Barkhane.

Le Burkina Faso observait jeudi son deuxième jour de deuil national après une attaque jihadiste qui a fait 42 morts dans le nord du pays, la pire depuis cinq ans.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait annoncé dimanche, lors de la visite du président français Emmanuel Macron, que les pays du Sahel et la France lanceront « un appel à la solidarité internationale » durant un sommet à Pau (sud-ouest de la France) le 13 janvier consacré à la lutte contre les groupes jihadistes.

Les Présidents Macron et Issoufou tentent de mobiliser contre le jihadisme au Sahel

 Les présidents français Emmanuel Macron et nigérien Mahamadou Issoufou se sont voulus mobilisateurs dimanche à Niamey pour renforcer la lutte contre le jihadisme au Sahel, au cours d’une cérémonie d’hommage aux 71 militaires nigériens tués par des jihadistes en décembre

M. Macron bouclait par un détour au Niger une visite de 48 heures en Côte d’Ivoire où il a acté la fin du Franc CFA qui laissera la place en 2020 à l’Eco.

Il s’est incliné devant les tombes des soldats nigériens moins d’un mois après s’être recueilli devant les cercueils des 13 soldats français tués au cours d’un accident d’hélicoptères au Mali, en zone de combat. Le président français a ensuite à nouveau tenu un discours volontaire au risque de froisser encore ses alliés.

« Nous sommes à un tournant de cette guerre. Il nous faut (…) redéfinir plus clairement les objectifs » à l’occasion du sommet de Pau (sud-ouest de la France) le 13 janvier, a affirmé le président Macron.

« Il faut définir de manière beaucoup plus claire les objectifs militaires, politiques et de développement pour les 6, 12 et 18 prochains mois », a-t-il insisté.

« Je vois dans trop de pays prospérer sans condamnation politique claire des sentiments anti-français Je ne peux pas accepter d’envoyer nos soldats sur le terrain dans les pays où cette demande (de présence française) n’est pas clairement assumée », a poursuivi Emmanuel Macron.

« Quand il parle de clarification, le président Macron vise IBK (Ibrahim Boubacar Keita, le président malien) et Kaboré (Roch Marc Christian Kaboré, le président burkinabè) », avait récemment précisé une source sécuritaire à l’AFP.

Sur la même longueur d’ondes que Macron, le président Issoufou a révélé que la France et les pays du Sahel lanceraient à Pau « un appel à la solidarité internationale pour que le Sahel et la France ne soient pas seuls dans ce combat ».

Il a rappelé que le Niger consacrait « 19% de ses ressources budgétaires dans le combat contre le terrorisme », soulignant aussi que la « France emploie beaucoup de ressources ».

Menace planétaire

« La menace du terrorisme est une menace planétaire, elle nécessite une riposte à l’échelle de la planète », a-t-il poursuivi. « Si les Européens ne s’engagent pas, ils auront à faire cette guerre sur leur territoire », a-t-il lancé.

Les deux présidents se sont embrassés à deux reprises au cours d’une cérémonie empreinte d’émotion. Le président Macron a souligné que les soldats français et nigériens étaient des « frères d’armes » et lancé : « Nous sommes là aujourd’hui pour nous incliner devant vos martyrs, nous serons la demain pour célébrer les victoires ».

L’invitation par le président français au sommet de Pau avait été mal ressenti par beaucoup, certains y voyant une « convocation » teintée d’attitude néo-coloniale.

Le président Keïta a semblé faire allusion à cette tension samedi sur TV5, en indiquant que les pays unis dans la force militaire G5 Sahel souhaitaient « un partenariat respectable et respectueux ». De source diplomatique, tous les pays devraient toutefois être présents à Pau.

Avant d’arriver à Niamey, le président Macron s’était également recueilli en hommage à des soldats tués, cette fois à Bouaké, deuxième ville de Côte d’ivoire et ancienne capitale de la rébellion.

Hommage aussi à Bouaké

Neuf soldats français et un Américain y avaient été tués en 2004, par un bombardement de l’armée ivoirienne. Un épisode charnière de la décennie de crise ivoirienne et un dossier qui garde de nombreuses zones d’ombre.

Les présidents Macron et Ouattara ont dévoilé une stèle et déposé des gerbes aux couleurs ivoiriennes et françaises. Cet acte doit « œuvrer à l’essentiel travail de réconciliation dont la République de Côte d’Ivoire a tant besoin et qui est le chemin sur lequel elle avance », avait dit M. Macron la veille.

Les dernières heures de M. Macron, en Côte d’Ivoire ont été plus festifs avec un accueil par des dizaines de milliers de personnes.

« ADO ! ADO ! Macron ! Macron ! », scandait la foule en honneur au président français et son homologue ivoirien Alassane Dramane Ouattara, dit « ADO ».

« C’est la première fois depuis que la Côte d’Ivoire existe qu’un président français vient à Bouaké. Et il vient pour construire notre marché, seul lieu d’activité à Bouaké », a jubilé Sanata Traoré, commerçante, devant le futur marché dont M. Macron a posé la première pierre.

D’un coût de 60 millions d’euros, financé par la France, le site, qui sera le plus grand marché couvert d’Afrique de l’Ouest, rassemblera 8.500 commerçants sur près de 9 hectares.

Objectif : relancer l’activité économique jadis florissante et faire oublier le passé de Bouaké, ville de casernes régulièrement secouée par des mouvements de grogne de militaires.

Les deux présidents ont posé la première pierre lors d’une cérémonie expédiée au pas de course. Le temps, tout de même pour le président Macron de recevoir en cadeau un… cheval.

Après l’étape nigérienne, Emmanuel Macron est reparti dimanche en début de soirée pour la France.

 

Le président du Burkina Faso exprime sa solidarité au Niger, après l’attaque d’Inates

Suite à l’attaque meurtrière d’Inates ce 10 décembre, le président du Burina Faso a exprimé sa solidarité avec le Niger qui a perdu plus de 70 soldats, et enregistre plusieurs blessés et disparus.

« J’exprime ma solidarité avec le gouvernement et le peuple frère du Niger, qui ont perdu ce jour plusieurs soldats tombés à Inates, victimes de la barbarie terroriste », a-t-il écrit dans une déclaration.

M. Kaboré a présenté ses sincères condoléances aux familles éplorées et souhaité un prompt rétablissement aux blessés, avant de souligner qu' »ensemble avec le Niger et les autres pays frères du G5 Sahel, nous devons renforcer notre coopération pour vaincre les forces du mal ».

71 morts dans une attaque contre l’armée nigérienne

C’est un bilan lourd auquel doit faire face l’armée nigérienne. Attaquée à Inates, dans l’ouest du pays, il est question de 71 morts et plusieurs disparus, selon un communiqué du ministère de la défense, lu mercredi 11 décembre à la télévision nationale.

« Malheureusement, on déplore le bilan suivant : 71 militaires tués, douze blessés, des portés disparus, et un nombre important de terroristes neutralisés », selon le texte estimant les assaillants à « plusieurs centaines » et décrit des « combats d’une rare violence ».  Ce bilan est le plus lourd subi par l’armée nigérienne, depuis que le pays fait face à des attaques terroristes, c’est-à-dire, en 2015.

« Le président de la République, chef suprême des armées, Mahamadou Issoufou, a interrompu sa participation à la Conférence sur la paix durable, la sécurité et le développement en Afrique qui se tient en Egypte, pour rentrer à Niamey suite au drame survenu à #Inates » a annoncé la présidence nigérienne sur Twitter.

Inates se situe au coeur d’une région en proie à la contrebande et aux trafics. La base militaire y avait déjà été ciblée le 1er juillet quand 18 soldats nigériens y avaient perdu la vie, dans une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique, rapporte AFP.

Nigeria : Des jihadistes publient une vidéo d’exécution de militaires

Le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), la faction de Boko Haram affiliée à l’EI, a diffusé une vidéo dans laquelle des combattants exécutent deux soldats et un policier nigérians.

Cette courte vidéo, datée du 8 décembre, a été publiée lundi soir en ligne par l’agence de propagande du groupe jihadiste Amaq.

On peut y voir les trois hommes habillés en civil, à genoux au milieu de la savane, se présenter comme des membres des forces de l’ordre nigérianes, avant d’être abattus par des combattants cagoulés en tenue de camouflage criant « Allahu Akbar » (Dieu est grand).

« Nous disons à l’armée nigériane que nous n’épargnerons jamais ceux qui se battent contre le peuple qui suit la religion d’Allah », affirme à la caméra l’un des bourreaux, en haoussa, la langue majoritairement parlée dans le nord du Nigeria.

« Nous allons attaquer vos bases et vous bloquer la route sur vos itinéraires », ajoute-t-il.

Peu avant l’exécution, l’une des trois victimes s’est présentée comme un sergent de la police, affirmant que les jihadistes l’avaient « capturé » alors qu’il était en route pour la capitale de l’Etat du Borno (nord-est), Maiduguri.

Le 4 décembre, des jihadistes avaient enlevé 14 personnes, dont deux travailleurs humanitaires, selon plusieurs sources sécuritaires à l’AFP.

Iswap avait revendiqué l’enlèvement le lendemain, affirmant que six membres des forces de sécurité nigérianes se trouvaient parmi les otages.

Le groupe de voyageurs avait été intercepté sur l’axe reliant Maiduguri à Damaturu, à un faux poste de contrôle établi par les insurgés qui se sont fait passer pour des militaires.

L’ISWAP est une faction dissidente du groupe jihadiste Boko Haram, qui cible en priorité des bases et des positions militaires – contrairement à Boko Haram qui s’en prend majoritairement aux civils.

Il a déjà publié plusieurs vidéos macabres d’exécution de soldats, parfois vêtus de combinaisons orange imitant le style de propagande de l’Etat islamique.

L’insurrection a fait plus de 35.000 morts et deux millions de déplacés dans le nord-est du Nigeria, et s’est étendue aux pays voisins.

L’invitation de Macron aux présidents du G5 Sahel passe mal

Emmanuel Macron parle d’invitation. Mais le message du président français conviant cinq homologues africains à une réunion autour de l’engagement antijihadiste de la France au Sahel a été perçu comme une dégradante « convocation » par beaucoup dans les pays concernés.

M. Macron l’a annoncé le 4 décembre: il a invité les présidents du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie à le retrouver le 16 décembre à Pau, la ville du sud-ouest de la France où étaient basés sept des 13 soldats de la force antijihadiste Barkhane tués le 25 novembre au Mali.

Il a fermement réclamé de la « clarté » de la part de ses homologues sahéliens sur la présence française au moment où celle-ci suscite une contestation grandissante. Il a évoqué des manifestations antifrançaises, mais aussi des prises de position de ministres et « l’ambiguïté » dont feraient preuve certains gouvernements sahéliens. Il a paru désigner en particulier le Mali et le Burkina.

M. Macron attend de ses hôtes qu’ils « assument » publiquement auprès de leurs opinions le fait que les soldats français sont au Sahel à la demande des pays concernés, et non pas pour des « visées néocoloniales ». C’est une « condition nécessaire » et il tirera les conséquences si elle n’est pas remplie, a-t-il ajouté.

Barkhane lutte contre les mouvements jihadistes qui se sont multipliés depuis 2013 et ont étendu leur champ d’action du nord au centre du Mali et aux Niger et Burkina voisins. Les morts de cette guerre asymétrique se comptent par milliers, les déplacés par centaines de milliers.

A Bamako, Ouagadougou ou Niamey, une partie des opinions s’agace de l’incapacité imputée aux forces nationales et internationales à venir à bout des mouvements jihadistes, quand elle n’attribue pas la dégradation sécuritaire à la présence même des troupes étrangères.

Le ministre burkinabè de la Défense Cheriff Sy s’était lui-même « étonné », dans l’hebdomadaire sud-africain Mail&Guardian en juin, que les Français, avec les quelque 4.500 hommes de Barkhane et leurs moyens, « n’aient pas été en mesure d’éradiquer cette bande de terroristes ».

– « Paternaliste » –

Dans un contexte de tensions exacerbées par les violences, l’ancienne puissance coloniale fait une cible toute désignée, a fortiori quand elle est la force étrangère en première ligne. Le ton employé par le président français heurte d’autant plus.

« On aurait dit un appel du papa à ses enfants, c’est paternaliste, c’est pas possible! », lance Ali à ses camarades, au « Grin » à Bamako, lieu d’échanges autour d’un thé, souvent dans la rue. « Insultant », renchérit Georges, un autre consommateur.

« Roch (Marc Christian Kaboré, président du Burkina) aurait appris la convocation comme tout le monde, dans la presse apparemment, tu te rends compte! », enchaîne un camarade d’Ali. Ce que le président burkinabè a effectivement semblé indiquer lui-même.

L’amicale des anciens ambassadeurs et consuls généraux du Mali a jugé le procédé de M. Macron « particulièrement discourtois ».

« Espérons que quelqu’un, parmi les chefs d’État convoqués, aura le courage de dire (à M. Macron) que la meilleure façon de les griller aux yeux de l’opinion c’est justement de les convoquer de cette façon », a réagi auprès de l’AFP Moussa Tchangari, une figure de la société civile du Niger.

Ibrahim Maïga, chercheur malien à l’Institut des études de sécurité (ISS) à Bamako, convient que l’invitation « sonne comme une convocation » et que davantage d’écoute et de partage avec les partenaires sahéliens aurait peut-être été préférable.

– « Incohérences, inconséquences » –

Il a « le sentiment que le message s’adresse davantage aux Français » et à leur armée. Depuis 2013, 41 soldats français ont été tués au Mali. La mort récente de 13 militaires a causé un choc dans un pays dont l’armée n’avait pas subi d’aussi lourdes pertes depuis 1983 au Liban, et a soulevé des questions sur l’engagement au Sahel.

Paris connaît l’existence de longue date de sentiments antifrançais dans la région. Mais il fait ressentir son exaspération alors qu’à l’apparente impuissance des autorités nationales au Sahel s’ajoute par exemple la participation de députés maliens à la contestation. En novembre, l’état-major burkinabè, lui, mettait en garde les avions français qui survoleraient intempestivement le territoire.

Par ailleurs, la France fait depuis plusieurs mois des appels du pied à ses alliés européens pour qu’ils s’impliquent davantage dans la crise sahélienne. Le président français a indiqué vouloir repenser Barkhane « dans les prochaines semaines ».

Dans une lettre ouverte, l’ancien ministre des affaires étrangères burkinabè Ablassé Ouedraogo a lui aussi trouvé le ton de M. Macron « agacé et agaçant, voire autoritaire ». Mais, ajoute-t-il, il faut « reconnaître que par cet acte, le président français tape du poing sur la table et met nos gouvernants face à leurs responsabilités, à leurs incohérences et à leurs inconséquences ».

Une rencontre de la RIFU, contre le terrorisme et la criminalité, s’est tenue à Niamey

Le comité de gestion de l’Unité régionale de fusion de renseignements (RIFU), a tenu sa septième réunion ce jeudi, dans la capitale du Niger. Ce comité est consacré à la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale dans le Sahel.

La RIFU a été créée en 2014, elle a pour mission la fusion, l’analyse et la diffusion des renseignements au profit des services des pays membres, partenaires stratégiques et la force multinationale mixte.

Ainsi les responsables des renseignements et des délégués du Niger, du Nigeria, du Bénin et du Tchad, ainsi que des partenaires techniques et financiers, s’y sont réunis, en vue d’échanger sur des documents de travail et d’adopter des stratégies adaptées pour mieux lutter contre le terrorisme et la criminalité qui sévissent dans la région. Selon le général Lawal Chekou Koré, patron de la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure du Niger (DGDSE), les défis sécuritaires se multiplient et la menace terroriste encore élevée est entretenue par différentes factions terroristes résilientes. « Dans ce contexte, la RIFU est l’illustration d’une volonté de mutualisation en tant que plateforme d’échanges et de partage de renseignements« .

« Au Niger, ce dont nous pouvons témoigner, c’est que l’année 2019 aura été celle où notre armée a remporté le plus de victoires contre Boko Haram, l’année où nous avons prévenu le plus d’attentats du fait justement des renseignements que nous avons pu avoir sur les acteurs », a affirmé Mohamed Bazoum, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique du Niger.

Depuis 2009, plusieurs pays de l’espace sahélien, y compris le Niger, subissent les attaques meurtrières perpétrées par le groupe islamiste nigérian Boko Haram, des groupes proches d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), d’Ansar Dine et des mouvements rebelles basés depuis près de cinq ans dans le nord du Mali ou encore divers groupes armés qui contrôlent le sud de la Libye depuis le renversement en 2011 de Moammar Kadhafi.

 

Les troupes militaires de l’UEMOA s’uniront contre le terrorisme au Sahel

Par jeuneafrique_ Les chefs militaires des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) vont se réunir en novembre afin de projeter fin 2019 ou début 2020 des troupes au Mali, Burkina Faso et Niger pour lutter contre les groupes jihadistes, a annoncé mercredi le ministre ivoirien de la Défense, Hamed Bakayoko.

« Avec cette réunion du 11 novembre, les chefs des opérations vont monter de opérations conjointes qui feront intervenir des bataillons sénégalais, ivoirien, et autres sur des théâtres malien, burkinabè et autres », a affirmé Hamed Bakayoko à la presse en faisant le point sur l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) à Abdjan.
« C’est une opération urgente. Nous espérons la monter au plus tard à la fin de l’année ou au début de l’année 2020 », a-t-il déclaré. « Nous voulons déterminer des zones, comme la zone des trois frontières (Mali/Burkina/Niger), où nous allons faire des manœuvres conjointes. Donc, des présences solidaires qui vont nous permettre d’occuper l’espace, réduire l’espace des terroristes et permettre aussi à ces armées (Mali, Burkina Faso, Niger) qui sont en proie à des attaques quotidiennes de souffler un peu ».

Ces opérations s’inscrivent dans le sillage du sommet des chefs d’État de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), en septembre à Ouagadougou qui avait promis une plus grande solidarité entre les pays directement touchés et les pays côtiers, a souligné un porte-parole du ministre sans préciser le lieu de la réunion du 11 novembre. « Si nous les États nous ne nous intégrons pas, s’il n’y a pas une synergie d’action, ils (jihadistes) auront toujours un coup d’avance sur nous. Il y a une progression. Hier c’était le Mali. (Aujourd’hui) le Niger et le Burkina. À qui le tour demain? Il faut qu’on soit ensemble pour apporter une réponse globale », a souligné le ministre.

Au Niger, la population exaspérée par la persistance du terrorisme

Un deuil de trois jours est respecté au Niger après l’attaque contre les soldats du pays qui a fait 28 morts mardi, vers Tillabéri. Sur place la population ne cache plus son exaspération.

 L’Etat islamique a revendiqué l’attaque qui a tué, mardi quatorze mai, 28 soldats, à Tillabéri, dans l’ouest du pays. Un deuil national de trois jours est, depuis jeudi, respecté dans tout le pays. Les autorités ont aussi dépêché dans la région des renforts militaires pour prévenir de nouvelles attaques. Mais déjà, la population ne cache plus son exaspération face aux attaques.

Depuis  fin 2018, le nord et l’ouest du Niger ont été la cible de plusieurs attaques djihadistes. À celles-ci viennent s’ajouter les incursions sporadiques de la nébuleuse Boko-Haram dans le sud-est. « Avant, l’insécurité était beaucoup plus accentuée à l’est, dans la région de Diffa », explique le politologue Amadou Boubacar Hassan. « Mais de plus en plus, la récurrence des attaques dans l’ouest de notre pays, malgré la situation d’état d’urgence qui est en vigueur pratiquement depuis quatre ans, ne peut que nous inquiéter. »

« À quoi servent les soldats ? »

L’inquiétude, c’est également le sentiment qui anime certains habitants de Tillaberi, joints au téléphone par la DW. Ils saluent les efforts de l’armée nationale pour contenir ce péril. Cependant, des acteurs de la vie politiques invitent les forces internationales qui ont leurs bases militaires dans le pays, notamment l’opération Barkhane, à s’impliquer davantage dans cette guerre. « Le souhait des Nigériens est que ces bases militaires, ces forces, puissent aider à sécuriser le peuple nigérien, à sécuriser le territoire nigérien », rapporte Ousseini Salatou, le président du RDN-Labizé, membre de la majorité présidentielle.

Pour l’heure, beaucoup ont l’impression que la présence des militaires « est inutile« . « Il semble qu’au moment de l’attaque, il y avait des avions qui survolaient l’espace où l’attaque a eu lieu. Alors, les Nigériens se posent la question de savoir à quoi servent ces forces ? A quoi servent ces drones ? A quoi servent ces avions? », questionne Ousseini Salatou. Ousseini Salatou souhaite aussi que la force mixe du G5 Sahel soit rapidement opérationnelle.

Celle-ci pourrait ainsi venir en appui aux forces de l’opération Barkhane dans la lutte contre les djihadistes et en particulier contre l’Etat islamique qui a étendu son influence dans la région du Sahel, notamment en Afrique de l’ouest, depuis sa création en 2006.

Source : Deutsche Welle