Niger Archives - Page 6 sur 30 - Journal du Niger

Le Nigéria sécurise ses frontières avec le Niger

Les forces armées nigérianes ont annoncé avoir neutralisé plus de 70 combattants présumés affiliés à l’organisation État islamique. Ces derniers étaient actifs dans une zone frontalière avec le Niger.

L’armée de l’air du Nigeria a annoncé, samedi 16 avril, cette opération d’envergure menée dans le Nord du pays. « Les missions effectuées le 13 avril 2022, au-dessus des lieux suspects, ont permis de repérer un grand nombre de terroristes et un camp logistique probable », a indiqué Edward Gabkwet, porte-parole de l’armée de l’air nigériane.

Après cette première mission de reconnaissance, les forces armées ont déclenché des frappes aériennes « le 14 avril 2022, à Tumbun Rego et dans un camp d’entraînement situé à environ 2 km au Nord-Ouest de Tumbun Rego ». Les frappes ont été menées conjointement avec l’aviation nigérienne, précise le communiqué des autorités nigérianes.

Ce raid a permis de mettre hors d’état de nuire plus de 70 terroristes de l’ISWAP (État islamique en Afrique de l’Ouest), qui ont « soit été éliminés, soit grièvement blessés ». Le Nigeria connaît un léger répit quant aux attaques terroristes, depuis la mort annoncée du chef de Boko Haram, Abubakar Shekau. Ce dernier, connu pour sa férocité, a dirigé ce mouvement pendant plus d’une décennie.

Un règne ensanglanté durant lequel plus de 30 000 personnes ont péri suite à des attaques, souvent kamikazes, contre les forces de défense et de sécurité, mais aussi les populations, qui ont payé un lourd tribut. Les marchés et même les mosquées n’ont pas été épargnés par la furie des membres du groupe djihadiste sous la direction du redoutable Shekau.

Covid-19 : l’Afrique sort de la quatrième vague (OMS)

L’Afrique connaît sa plus longue période de baisse du nombre de cas de Covid-19, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).Le nombre de cas de Covid-19 enregistrés chaque semaine régresse depuis 16 semaines, alors que le nombre de décès a diminué au cours des huit dernières semaines. Au cours de la semaine qui s’est achevée le 10 avril 2022, environ 18.000 cas et 239 décès ont été notifiés sur le continent, soit une baisse respective de 29 % et de 37 %, par rapport à la semaine précédente, rapporte l’OMS dans son dernier bilan publié ce jeudi.

Sur la même période, les contaminations, en grande partie dues à la quatrième vague pandémique induite par le variant Omicron, sont passées d’un pic de plus de 308.000 cas par semaine au début de l’année à moins de 20.000 cas.

L’OMS explique que ce faible niveau d’infection n’avait pas été observé depuis avril 2020, au tout début de la pandémie en Afrique.

La précédente plus longue période de baisse du nombre de cas d’infection par la Covid-19 avait été enregistrée entre le 1er août et le 10 octobre 2021.

Actuellement, aucun pays africain n’est confronté à une résurgence de la Covid-19, poursuit l’OMS. Un pays est dit en résurgence lorsqu’il enregistre une augmentation de 20 % des cas pendant au moins deux semaines consécutives et que la progression enregistrée d’une semaine à l’autre est supérieure de 30 % ou cette augmentation est supérieure au pic d’infection hebdomadaire le plus élevé précédemment atteint.

« Malgré la baisse du nombre d’infections, il est essentiel que les pays continuent à faire preuve de vigilance et maintiennent les mesures de surveillance, y compris la surveillance génomique pour détecter rapidement les variants de la Covid-19 en circulation, améliorer le dépistage et intensifier la vaccination », a indiqué la Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, Dre Matshidiso Moeti.

Selon elle, « le virus étant toujours en circulation, le risque d’émergence de nouveaux variants potentiellement plus mortels demeure, et les mesures de lutte contre la pandémie sont essentielles pour riposter efficacement à une recrudescence des infections », a-t-elle ajouté.

A la date du 14 avril 2022, l’Afrique a enregistré officiellement 11.597.206 cas de Covid-19 pour 252.452 décès.

Sahel : ISS Africa prône le dialogue avec les jihadistes

Chercheur principal à l’institut d’études et de sécurité en Afrique (ISS Africa) au sein du bureau de l’Afrique de l’Ouest en charge du Sahel et du bassin du Lac Tchad, Hassan Koné décrypte, pour APA News, le dialogue que prône son organisme entre les gouvernements sahéliens et les groupes jihadistes.Dans une étude récente du think tank ISS Africa, dont vous êtes le coauteur, la nécessité d’un dialogue entre le gouvernements sahéliens et les groupes jihadistes est fortement défendue. Pourquoi ?

L’idée du dialogue avec les jihadistes au Sahel, ou certains d’entre-eux, part d’un constat simple: depuis dix ans, les forces de défense des différents pays de cette région, appuyés par d’importants partenaires étrangers, comme la France et la force européenne Takuba, n’arrivent pas à éradiquer la menace jihadiste qu’ils s’efforcent de combattre. L’action  militaire n’ayant pas, à elle seule, réussi à résoudre le problème, l’idée d’envisager d’autres outils devient ainsi évidente. Il ne s’agit pas d’abandonner, purement et simplement, l’option sécuritaire. Il s’agit d’y associer d’autres moyens ayant fait leurs preuves ailleurs.
Cette approche qui se veut plus globale implique le recours à la médiation, d’autorités traditionnelles, religieuses notamment. Mais elle implique surtout l’exploration de solutions politiques susceptibles de convaincre les jihadistes ou certains d’entre-eux d’abandonner le recours à la violence. Or, cette voie-là que l’on peut assimiler à une sorte de politique de la « la main tendue » passe forcément par le dialogue. Elle a réussi dans les pays de la péninsule arabique et dans le Maghreb. Il n’y as pas de raison qu’elle ne soit pas tentée dans le Sahel.

Ces groupes sont-ils suffisamment réalistes pour accepter de dialoguer avec des gouvernements dont ils contestent la légitimité?

En règle générale, les jihadistes ne sont pas radicalement fermés au dialogue. Cela vaut, sans doute, plus pour les groupes liés à Al Qaida que pour ceux affiliés à l’Etat islamique.
Il est vrai que leurs exigences sont, par certains aspects, difficiles à accepter pour les Etats. Mais dans le Sahel, il y a des éléments qui pourraient rendre ce dialogue souhaité plus facile que dans d’autres régions du monde. Par exemple: si l’on prend les trois pays sahéliens où la menace jihadiste est la plus manifeste, qui sont le Mali, le Burkina-Faso et le Niger, l’essentiel des combattants islamistes sont nationaux. Une majorité d’entre-eux ont rejoint ces groupes non pas pour des raisons idéologiques, mais politiques ou sociales. Les recherches que nous avons menées au sein de l’Institut d’études de sécurité en Afrique (ISS Africa), ont démontré qu’une grande partie des jeunes engagés dans ces groupes, y ont adhéré pour avoir les moyens de se protéger, défendre ou venger leurs communautés contre les exactions réelles ou supposées des forces gouvernementales de sécurité ou d’autres groupes armés. Parfois, c’est aussi pour protéger leurs biens ou les moyens de substances de leurs groupes ethniques.
Cette diversité de profils est d’ailleurs un élément essentiel à prendre en compte dans le cadre du dialogue que l’ISS Africa prône entre les gouvernements et ces groupes.
Quels sont les compromis envisageables au Sahel avec les groupes jihadistes?

Avant d’envisager tout dialogue avec les jihadistes, les gouvernements doivent se pencher sur les raisons qui sont à l’origine de leur choix pour les armes. Une fois ce préalable franchi, le dialogue proprement dit peut être envisagé. Dans le cadre des concessions que pourraient faire les gouvernements, il ne faudrait pas avoir peur de proposer l’option du pardon en contrepartie d’un abandon des armes. Le dialogue souhaité pourrait d’ailleurs s’inscrire dans une sorte d’accords politiques, ou de proposition unilatérale de la part des autorités, sous forme de « réconciliation nationale ». L’essentiel est de faire preuve d’imagination et de courage politiques. Dans certaines situations individuelles, il est possible, par exemple, d’accorder une libération des détenus dont la situation personnelle le permet selon la loi. Si la législation l’autorise, les autorités peuvent encourager une atténuation des peines pour certains condamnés. Une fois démobilisés, les individus devraient également pouvoir bénéficier d’un plan d’insertion social rigoureux. Des réformes des programmes d’enseignement des écoles coranique sont aussi à envisager. L’enseignement théologique dispensé dans ces établissements doit être accompagné de cours de formation préparant à l’exercice de métiers générateurs de revenus.
Des retouches au sein du système judiciaire pourraient être apportées en fonction des pays et des situations. Le « cadi », ce juges musulman qui a toujours existé dans des pays comme la Mauritanie, le Niger et même le Mali, pourrait voir son statut clarifié ou amélioré. C’est une fonction très appréciée par les populations en raison de son rôle traditionnel de médiateur et de régulateur efficace de certains conflits sociaux.
Dans le même esprit, les Etats ne devraient surtout pas oublier un sujet essentiel: la crise du pastoralisme. Aussi bien au Mali, au Niger, au Burkina Faso, que dans les pays du Golfe de Guinée, comme le Bénin ou le Togo qui commencent à être touchés par la menace jihadiste, le problème est une cause majeur de la violence islamiste. Dans tous ces pays, les éleveurs ont des problèmes d’accès aux pâturages. Avec la hausse de la démographie, les terres subissent une surexploitation pour l’agriculture, rendant les espaces de pâturages moins disponibles. Cette situation crée des tensions entre éleveurs transhumants et agriculteurs sédentaires, contraignant les premiers, faute de quoi entretenir leur bétail, de commettre dee actes de banditisme ou de criminalité.

Votre étude cite l’exemple mauritanien où un dialogue entre religieux et détenus jihadistes a contribué au repentir d’une majorité de ces derniers. Peut-il servir de modèle ?

Le dialogue initié en 2010 par le gouvernement mauritanien avec une partie des partisans du jihad en Mauritanie en 2010 était une réussite incontestable. Le fait que depuis 20011, soit un an après le lancement de ce dialogue, aucune opération jihadiste n’a eu lieu dans ce pays, s’explique d’ailleurs en partie par les résultats de cette initiative.
S’il peut servir d’exemple pour les autres pays sahéliens actuellement confrontés à la menace jihadiste, il ne peut cependant y être copié sans avoir été adapté aux réalités locales.
En Mauritanie, le dialogue était purement doctrinal, en raison du fait que la majorité des jeunes mauritaniens alors engagés dans les rangs des groupes jihadistes ou partisans du jihad armé, avait fait un choix fondé sur une conviction religieuse.
Dans les autres pays de la région, les raisons qui ont poussé leurs citoyens à rejoindre les groupes islamistes armés sont, souvent, différentes. Les motivations dans ces pays sont largement dominées par le besoin de se protéger ou de défendre les siens, contre des agressions extérieures, réelles ou supposées, qu’elles soient le fait de forces régulières ou d’autres groupes armés.

Le modèle mauritanien ne peut donc s’exporter sans adaptation au contexte propre à chaque pays. Faute de quoi, son échec est assuré. 

Niger : une trentaine de hauts cadres emprisonné pour détournement

Le chef de l’Etat a annoncé l’arrestation d’une trentaine de hauts cadres de l’administration publique pour malversation ou détournement.

 

Accusés de malversation ou détournement, une trentaine de hauts cadres de l’Etat a été emprisonné. Cette information a été donnée par le président de la République, Mohamed Bazoum sur son compte twitter.

Il faut noter qu’aucune information sur les identités des personnes arrêtées n’a été donnée. Rappelons que les médias locaux avaient déjà fait état de l’arrestation de plusieurs fonctionnaires du ministère des finances et du plan pour leur implication présumée dans des détournements de millions de dollars.

Niger : Ousmane Cissé suspecté de tentatives de putsch

L’ancien ministre nigérien de l’Intérieur (2010-2011), a été écroué vendredi pour son implication présumée dans deux tentatives de coup d’État dont celle de mars 2021.

 

« Ousmane Cissé, l’ex-ministre de l’Intérieur a été placé sous mandat de dépôt à la prison de Birni N’Gaouré (sud du Niger) pour son implication dans deux tentatives de coup d’État déjouées en mars 2021 puis tout récemment en mars 2022 », a affirmé à l’AFP un officiel nigérien, sans plus de précisions. Une source pénitentiaire a confirmé à l’AFP que l’ex-ministre « a été incarcéré dans une prison à Birni N’Gaouré », à une centaine de kilomètres au sud de la capitale.

Ousmane Cissé a été convoqué vendredi à la gendarmerie puis entendu plusieurs heures par un juge qui l’a placé sous mandat de dépôt, a expliqué l’officiel. On ignore les charges qui ont été retenues contre lui ou le rôle qu’il a pu jouer dans les deux putschs avortés.

Le 31 mars 2021, le gouvernement nigérien avait annoncé l’arrestation de plusieurs personnes après une tentative de coup d’État, deux jours avant la prestation de serment de l’actuel président Mohamed Bazoum. Le « cerveau » présumé de cette tentative de coup d’État, Sani Gourouza, un capitaine de l’armée de l’air, avait été arrêté en avril 2021 au Bénin voisin et remis aux autorités nigériennes.

L’arrestation d’Ousmane Cissé « est également en lien avec un dernier coup d’État déjoué en mars 2022, alors que le président Bazoum se trouvait en Turquie », a ajouté l’officiel nigérien. Les autorités n’ont pas communiqué publiquement sur ce deuxième putsch manqué.

Ousmane Cissé, 60 ans, est un officier de police qui a été ministre de l’Intérieur de 2010-2011 dans le gouvernement de transition mis en place par le général Salou Djibo, chef de la junte militaire qui avait renversé l’ancien président Mamadou Tandja en février 2010.

La junte du général Djibo avait organisé des élections remportées par l’opposant historique Mahamadou Issoufou qui s’est retiré du pouvoir après deux mandats en 2021, pour passer le témoin à son dauphin Mohamed Bazoum.

Ousmane Cissé avait été nommé conseiller du président Issoufou et avait occupé d’importants postes dont celui de directeur général de la police nationale et de directeur général de la sécurité extérieure. Il a été ambassadeur pour le Tchad et la Centrafrique de 2016 à février dernier.

Niger : Cissé Ibrahim Ousmane écroué

L’ancien ministre de l’Intérieur est accusé d’ « atteinte à la sûreté de l’Etat » dans la tentative du putsch du 31 mars 2021.La tentative de coup d’état à laquelle serait impliquée Cissé Ibrahim Ousmane est survenue deux jours avant l’investiture de l’actuel président nigérien, Mohamed Bazoum.

Cissé Ibrahim Ousman, proche parent du général Salou Djibo qui a renversé le président Tanja Mamadou, était jusqu’à son arrestation Ambassadeur de son pays au Tchad.

Alliance Sahel: 23 milliards d’euros d’engagements financiers

Les membres de l’Alliance Sahel réaffirment leur engagement aux côtés des populations.Dans un contexte d’instabilité et d’insécurité croissantes, l’Alliance Sahel veut maintenir et adapter le soutien au bénéfice des populations pour ne pas compromettre les gains obtenus en termes de développement. Ainsi, depuis son lancement en 2017, les engagements financiers en sa faveur sont passés de 7,3 à 23 milliards d’euros.

« La présence de l’État et la fourniture des services essentiels dans tous les territoires des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad), la restauration de la cohésion sociale et de la confiance des citoyens dans leurs institutions publiques, demeurent une priorité absolue », rapporte le compte rendu de la 3e Assemblée générale de l’Alliance Sahel tenue le 4 avril dernier à Madrid (Espagne).

En juillet 2017, la France, l’Allemagne et l’Union Européenne, accompagnées de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et du Programme des Nations Unies pour le développement lancent l’Alliance Sahel, une plate-forme de coopération internationale pour intervenir davantage et mieux au Sahel. Depuis son lancement, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Danemark, la Banque Européenne d’Investissements, la Norvège et la Suède ont rejoint l’initiative comme membres de plein exercice.

Dans leur intervention, les membres de l’Alliance Sahel se sont fortement mobilisés pour la mise en œuvre du Programme de développement d’urgence (PDU) du G5 Sahel, qui cible les régions fragiles frontalières.

« Le PDU a montré des impacts rapides et tangibles : 1 080 000 bénéficiaires ont d’ores et déjà eu un accès amélioré à l’eau ; 125 000 personnes ont bénéficié d’une assistance alimentaire ; 1 572 structures contribuant à la prévention des conflits et à la cohésion sociale ont été créées et 414 000 personnes ont été formées au dialogue, à la gestion et à la médiation des conflits », poursuit le communiqué de l’AG.

« Les efforts collectifs et la nécessité d’une coordination entre l’humanitaire, le développement et la paix pour relever les défis de la région ne sauraient être surestimés », a dit pour sa part, Yero Baldeh, directeur du Bureau de coordination des États en transition au sein du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad).

Au Sahel, près de 2,5 millions de personnes ont fui leur foyer au cours de la dernière décennie. Environ 6,7 millions de personnes ont besoin d’assistance alimentaire en urgence, un chiffre qui pourrait atteindre 10,5 millions de personnes si des mesures urgentes ne sont pas prises.

À cette situation déjà critique s’ajoute l’impact sans précédent de la guerre en Ukraine sur le marché mondial des céréales et des fertilisants pour l’approvisionnement des pays et l’assistance destinée aux populations souffrant d’insécurité alimentaire. La pandémie de Covid-19 a égalmement amplifié les fragilités économiques, sanitaires et nutritionnelles auxquelles étaient déjà confrontées les populations.

« Face à cette situation, il faut comprendre que si nous, pays sahéliens, sommes responsables de l’avenir de nos États en tant que dirigeants, nous restons dépendants de l’environnement politique, économique et financier international, sur lequel nous avons peu de prise. Aussi, la situation sécuritaire dans nos pays, nous rappelle l’urgence du développement et notre responsabilité particulière en la matière », a souligné Mahamat Hamid Koua, président du Conseil des ministres du G5 Sahel.

Urgences climatiques : la Cédéao pour des « actions fortes »

Pour le Commissaire au département Politique, Paix et Sécurité de la Cédéao, le général Francis Béhanzin, l’heure est venue de poser des actes concrets face aux effets dévastateurs du changement climatique.Aller au-delà des engagements et agir. C’est en somme ce que réclame la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour combattre les conséquences désastreuses du changement climatique sur les populations et leur environnement.

« Au regard des objectifs de la présente conférence, je souhaite la prise de décisions qui rassurent. Au demeurant, il est grand temps de passer aux actions fortes et à la synergie de toute la communauté internationale pour lutter ensemble contre le changement climatique, l’extension du terrorisme et l’insécurité sous toutes ses formes », a déclaré le général Béhanzin.

Il s’exprimait ce mercredi à Dakar à l’ouverture de la Conférence régionale sur les changements climatiques, la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest et le Sahel (6 et 7 avril). Ces trois secteurs constituent, selon le Commissaire de la Cédéao, « le point névralgique des souffrances de nos populations qui, comme une fatalité, les vivent dans une totale désespérance ».

Malgré la résilience dont font montre les habitants de la région, « ces phénomènes, du reste difficilement solubles, entraînent des conséquences désastreuses sur la productivité et la vie de nos concitoyens », a-t-il déploré.

Partant de constat, le haut gradé de la Police béninoise a invité « les grandes puissances mondiales, productrices des nuisances climatiques […] à mettre la main à la poche pour atténuer les douleurs des êtres vivants d’une part, et d’autre part, étudier et mettre en œuvre de façon durable toutes les solutions humainement possibles pour redonner à la nature ce qui lui a été indûment arraché ».

De son côté, le chef de bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (Unowas, sigle anglais), Mahamat Saleh Annadif, a souligné la nécessité d’une approche cohérente, multidisciplinaire et intégrée à tous les niveaux pour relever le défi croissant de la sécurité climatique dans la région.

« S’il est attendu des gouvernements de la région de montrer la voie, il est tout aussi vrai que nul ne sera de trop dans ce combat pour la sécurité et le développement de nos pays. Nous comptons sur l’engagement de tous et sur votre soutien pour transformer ces défis en opportunités », a-t-il soutenu.

La Conférence régionale sur les changements climatiques, la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest et le Sahel fait partie des activités qu’entreprend l’Unowas en coordination avec ses partenaires nationaux, régionaux et internationaux en réponse à la demande du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies, formulée le 20 janvier 2020.

Celle-ci exhorte à « prendre en considération les conséquences néfastes du changement climatique, de la précarité énergétique, des changements écologiques et des catastrophes naturelles sur la paix et la sécurité en aidant les gouvernements de la sous-région et le système des Nations Unies à effectuer des évaluations des stratégies de gestion des risques liées à ces changements ».

Mali : la botte secrète des militaires pour faire plier la CEDEAO

Si un accord n’est pas trouvé entre les autorités de la transition malienne et la CEDEAO, Bamako envisage de décréter unilatéralement une transition de vingt-quatre mois.Suite et pas fin entre le Mali et la CEDEAO. Le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour le Mali, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, est attendu ce mardi ou mercredi à Bamako. En dépit des divergences, les deux camps tentent de trouver un accord sur la durée de transition.

Le chef de l’Etat malien Assimi Goïta, avait carte blanche pour dérouler une transition de cinq ans selon les conclusions des Assises de refondation de décembre 2021. Mais, dans un « ultime sursaut », il a accepté une transition de vingt-quatre mois pour convaincre les chefs d’Etat de la CEDEAO qui campent sur une durée de seize mois. 

La différence n’est pas insurmontable, mais elle est suffisamment importante pour créer un blocage. L’urgence pour le Mali est d’arriver à faire plier le bloc régional de lever l’embargo décrété en janvier 2022.

Mais cette issue ne serait envisageable que s’il y a d’accord entre les deux parties sur la durée de transition. Cet énième visite de Goodluck Jonathan, qualifiée par certains comme celle de la dernière chance, permettra-t-elle de décrocher enfin un accord pour la levée des suspensions ?

La CEDEAO mise devant le fait accompli ?

En cas d’échec des négociations, Bamako compte maintenir son chronogramme de vingt-quatre mois pour achever cette transition, avant de fixer une date pour les élections qui doivent déboucher sur le retour des civils au pouvoir. La CEDEAO serait dans ce cas mise devant le fait accompli avec l’obligation de se prononcer clairement sur le maintien ou la levée de l’embargo sur le Mali.

Sur le terrain, les effets de ces sanctions commencent à se faire sentir chez les populations surtout avec la fermeture des frontières terrestres et aériennes. Dans un contexte de menace jihadiste dans le Sahel, la CEDEAO peut-elle maintenir indéfiniment l’embargo sur cet État enclavé ?

A côté, les sanctions économiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) commencent à inquiéter les banques exposées à certains risques face à l’accumulation des impayés de l’Etat malien dont les avoirs sont gelés par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) basée à Dakar. A la date du 28 février 2022, les impayés de Bamako auprès des certains établissements financiers s’élevaient à 90,8 milliards francs Cfa selon la plateforme d’informations financières et boursières, Sika Finance.

Au niveau interne, les banques maliennes détentrices des créances des autres pays de la zone UEMOA ne peuvent pas être payées en raison de la suspension des transactions commerciales et financières entre le Mali et les autres pays de la CEDEAO.

Aujourd’hui, les créances détenues par les établissements de crédit auprès de l’UEMOA sur le Mali seraient estimées à 1825,34 milliards francs CFA soit 2,8 milliards d’euros. 

Niger : plus de mille migrants mendiants nigériens rapatrié de Dakar

Les 25 et 26 mars, deux vols affrétés par le gouvernement nigérien ont ramené de Dakar 478 enfants, 413 femmes et 162 hommes.

 

Plus de mille migrants nigériens mendiants dans les rues de Dakar ont été rapatriés la semaine dernière dans leur pays. L’annonce a été faite par le gouvernement sénégalais. Ce dernier entend renvoyer tous les mendiants nigériens dans leur pays.

Ils étaient 478 enfants, 413 femmes et 162 hommes, tous ressortissants « de Kantché et Magaria », deux départements de la région de Zinder (centre-est), proche du Nigeria, a être rentré. C’est du moins ce qu’a indiqué un communiqué du gouvernement nigérien.

« Face au phénomène grandissant de la mendicité qui dégrade l’image de notre pays (…) et hypothèque l’avenir des enfants innocents, le gouvernement a décidé de prendre des dispositions fortes pour y mettre fin », communiqué du gouvernement sénégalais

Il va « poursuivre devant les juridictions compétentes » tous « ceux qui entretiennent ce réseau criminel » et d’autres opérations de rapatriement de Nigériens « qui pratiquent la mendicité à l’étranger » seront lancées, ajoute-t-il.

Démanteler « les réseaux »

Dans la région de Zinder, les autorités locales ont pour leur part ouvert « une enquête » en vue de démanteler « les réseaux » qui convoient les mendiants à l’étranger.

« Il faut qu’on ait un oeil sur les mouvements (surtout) des femmes dans ces deux départements » de Kantché et Magaria, a déclaré à la télévision publique Laouali Amadou Madougou, le gouverneur de Zinder, au cours d’une réunion avec les responsables des Forces de défense et de sécurité (FDS), des chefs traditionnels et des patrons des compagnies de transports.

« Si une compagnie de transport embarque une femme avec plusieurs enfants sans motifs valables (…) son véhicule sera immobilisé », a-t-il poursuivi.

« Ce n’est pas la misère qui est à la base (de ce phénomène), mais des réseaux mafieux organisés qui procèdent à la traite et au trafic de ces êtres humains », avait déclaré le ministre nigérien de l’Intérieur, Hamadou Adamou Souley, ministre nigérien de l’Intérieur en accueillant la première vague des rapatriés du Sénégal à Niamey.

Le Niger est frappé par une grave crise alimentaire en raison de la sécheresse. En outre, les violences djihadistes empêchent les paysans de cultiver leurs champs, selon l’Organisation des Nations unies (ONU) et les autorités.

Niger : un an après son élection, le président Bazoum fait le tour des problèmes

Le chef de l’Etat, Mohamed Bazoum était l’invité de TV5 Monde ce samedi, un an jour pour jour après son élection à la tête du Niger.

 

Mohamed Bazoum a abordé de nombreux sujets intérieurs au cours de cet entretien notamment la démographie, l’éducation, la pauvreté. Mais il s’est aussi longuement exprimé sur les questions internationales et la situation sécuritaire du Sahel, notamment sur la force G5 Sahel, qui a « du plomb dans l’aile » selon lui.

Interrogé sur la popularité du pouvoir malien, qu’il a amplement critiqué ces derniers mois, Mohamed Bazoum s’est voulu prudent. Mais son allusion au décès en prison de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga était claire.

« Je ne suis pas sûr qu’il soit populaire. Comment peut-on savoir s’il est populaire ? Dans le contexte de nos pays qui ont été fatigués par des promesses qui n’ont pas été tenues, il y a un grand désenchantement aujourd’hui et puis une certaine fatalité à laquelle se soumettent les citoyens, a affirmé le président nigérien. Si surtout par ailleurs on prend la précaution de leur dire que même si vous êtes malade vous pouvez mourir en prison, je pense que c’est de cette façon plutôt qu’il faut comprendre les choses ».

S’agissant du redéploiement qu’il souhaite de la force Barkhane du Mali vers le Niger, il a indiqué que des pourparlers formels allaient commencer bientôt. Avec, selon lui, un objectif pour le Niger : « La seule chose que nous devons à notre population et sur laquelle elle s’attend à ce que nous fassions quelque chose, c’est de lui assurer sa sécurité, a-t-il assuré. Quels sont les  moyens que nous pouvons utiliser ? Avec qui nous pouvons nous organiser ? C’est notre affaire à nous ! »

Pour lui le sentiment anti-français grandissant en Afrique n’est pas un sujet. En termes forts, il a insisté pour dire que ce que les Nigériens attendent d’abord de lui, c’est qu’il soit « efficace » et que ses promesses soient tenues.

Niger: un millier de «mendiants» rapatriés du Sénégal (gouvernement)

Niamey entend rapatrier tous les Nigériens mendiant à l’étranger.Après concertation entre Dakar et Niamey, deux vols affrétés le 25 et 26 mars par le gouvernement nigérien ont ramené de Dakar 478 enfants, 413 femmes et 162 hommes, tous ressortissants «de Kantché et Magaria», deux départements de la région de Zinder (centre-est), proche du Nigeria.

L’annonce a été faite dans un communiqué diffusé vendredi soir à la télévision publique.  
 

Les autorités du Niger on réagi après la diffusion par les médias dakarois d’un reportage sur la situation des mendiants dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. La séquence montrait la situation précaire des mendiants pour la majeure partie des sans-abris ou dormant dans des rues souterraines avec les risques d’insécurité. 

De telles images ont alerté les autorités nigériennes qui ont aussitôt réagi. «Face au phénomène grandissant de la mendicité qui dégrade l’image de notre pays (…) et hypothèque l’avenir des enfants innocents, le gouvernement a décidé de prendre des dispositions fortes pour y mettre fin», indique le communiqué du gouvernement nigérien.

Le Niger est frappé depuis quelques années par la sécheresse et les violences jihadistes. Certaines régions du pays font face à un exode des populations qui tentent de fuir la précarité. 

Dans cette politique de rapatrier de ses ressortissants, Niamey compte «poursuivre devant les juridictions compétentes» tous « ceux qui entretiennent ce réseau criminel» et «d’autres opérations de rapatriement de Nigériens »qui pratiquent la mendicité à l’étranger« seront lancées , ajoute-t-il.

Dans la région de Zinder, les autorités locales ont pour leur part ouvert une enquête « en vue de démanteler » les réseaux « qui convoient les mendiants à l’étranger». 

Derrière le phénomène de la mendicité qui ne serait  qu’un prétexte, le gouvernement nigérien soupçonne « des réseaux mafieux organisés qui procèdent à la traite et au trafic de ces êtres humains».

Sahel : 40 millions de personnes menacées de famine

Selon le secrétaire exécutif du Comité permanent Inter-états de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), près de 40 millions risquent d’être confrontés à la famine.Abdoulaye Mahamadou a tiré la sonnette d’alarme par rapport au risque de famine au Sahel. Ce dernier, qui présidait à Dakar la réunion de concertation technique du dispositif régional de prévention et de gestion des crises (PREGEC), souligne que seuls le Cap Vert et le Liberia seront épargnés par cette situation.

A l’en croire, si aucune mesure n’est prise d’ici le mois août prochain, des millions de personnes risquent de connaître une insécurité alimentaire au cours de la prochaine période de soudure entre juin et août dans la bande du Sahel.

Cette situation traduit une détérioration inquiétante de la situation alimentaire jamais observée depuis 2005 dans la région.

Le Niger, le Mali, le Burkina Faso et le Tchad sont les pays les plus touchés. L’expert a soutenu pour la campagne agricole dans les pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, les récoltes sont estimés à 73 millions de tonnes, soit une baisse de -2,2% par l’année dernière et en hausse de 2,7% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Le secrétaire exécutif du CILSS, préconise une assistance alimentaire appropriée, pour assurer une consommation alimentaire adéquate.

Niger : bientôt un parc éolien de 250 MW à Tahou

L’infrastructure représente le premier du pays et comprendra jusqu’à 60 turbines, dont l’électricité sera intégrée au réseau électrique national et régional.Ce projet marque une étape importante vers la réduction de la pauvreté énergétique en Afrique de l’Ouest, se félicite, dans une note parvenue mercredi à APA, Savannah Energy, promotrice du parc. Elle ajoute que la ferme éolienne augmentera la capacité de production et l’accès à l’électricité du pays. Elle servira également de modèle pour d’autres pays riches en énergies renouvelables qui cherchent à diversifier leur mix énergétique.

« Je suis ravi d’annoncer aujourd’hui nos plans pour le développement du Parc Eolien de Tarka. […] Un tel projet devrait stimuler une augmentation significative de l’activité économique à travers notre pays, créant directement et indirectement des milliers d’emplois au cours de la prochaine décennie », a déclaré le ministre nigérien du Pétrole, de l’Energie et des Energies renouvelables, Mahamane Sani Mahamadou, cité dans le communiqué.

Savannah Energy est, d’après la note, un acteur majeur de l’énergie au Nigeria, au Tchad et au Niger. Elle affirme avoir déjà réalisé des progrès significatifs dans la promotion du développement énergétique de l’Afrique.

Au Nigéria, la société britannique est impliquée dans le secteur en amont, détenant des intérêts dans deux champs pétroliers et gaziers onshore à grande échelle. Elle est aussi présente dans le secteur intermédiaire, avec une participation de 80 % dans l’installation de traitement de 200 millions de pieds cubes standard par jour d’Accugas ainsi que d’un réseau de gazoducs de 260 km.

Grâce à ces projets, la société fournit du gaz pour permettre plus de 10 % de la production d’énergie thermique du pays. De plus, au Niger, Savannah Energy détient des intérêts sous licence couvrant 13 655 km² dans le bassin du Rift d’Agadem, soit environ 50 % du principal bassin pétrolier du pays.

À ce jour, la société a fait cinq découvertes à partir de cinq puits répartis sur cinq champs pétrolifères. Elle représente l’un des poids lourds de l’Afrique de l’Ouest et sera un partenaire précieux pour le Niger alors que le pays s’efforce d’atteindre ses objectifs en matière d’énergie renouvelable.

Cedeao : un accord de 2 milliards pour développer l’industrie pharmaceutique

La Banque africaine de développement (Bad) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) ont signé un protocole d’accord de 3,56 millions de dollars, soit plus de deux milliards de FCFA, pour développer l’industrie pharmaceutique en Afrique de l’ouest.La partie occidentale du continent veut prendre son indépendance dans le domaine pharmaceutique. Mercredi dernier à Abuja, siège de l’institution sous-régionale, un protocole d’accord dudit montant a été paraphé par Lamin Barrow, directeur général de la banque pour le Nigéria et par Mamadou Traoré, commissaire de la Cedeao chargé de l’Industrie et du Secteur privé.

L’objectif des deux organisations panafricaines est de mettre en œuvre le Projet d’appui au développement de l’industrie pharmaceutique en Afrique de l’Ouest. Selon le communiqué reçu à APA, le projet soutiendra la mise en œuvre de la réglementation relative à l’application d’une franchise de droits de douane sur les matières premières pharmaceutiques.

D’un coût total de 3,77 millions de dollars, le Projet de développement de l’industrie pharmaceutique dans la région de la Cedeao sera financé non seulement par ce don de 3,56 millions de dollars du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Banque, mais aussi par une contribution de 200.000 dollars en espèces et 400.000 dollars  en nature de la Commission de la Cedeao, explique la même source.

« La production locale de produits pharmaceutiques et biologiques est devenue un impératif et une priorité régionale ainsi que la fourniture de services de prestation de soins de santé pour lesquels le soutien de la Banque africaine de développement aidera la CEDEAO à atteindre ses objectifs de développement », souligne Mamadou Traoré.

« La crise du Covid-19 a davantage exposé la fragilité de nos systèmes de santé nationaux et a provoqué des perturbations importantes dans le secteur sanitaire et pharmaceutique mondial et des chaînes d’approvisionnement. Cela souligne l’urgence d’accélérer les efforts pour assurer un niveau minimum d’approvisionnement en produits de santé », a de son côté indiqué Lamin Barrow.

Outre les objectifs à propos de la réglementation douanière, le projet vise également à mettre en place un écosystème régional de réglementation pharmaceutique efficace en proposant des programmes d’assistance technique et de renforcement des capacités des autorités régionales de réglementation des médicaments.

La Cedeao maintient ses sanctions contre le Mali

La décision a été prise à l’issue d’un sommet extraordinaire des chefs d’État de la Cedeao.La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a décidé de maintenir ses sanctions contre Bamako.

Réunis en sommet extraordinaire, vendredi soir à Accra (Ghana), les présidents ouest africains ont maintenu le gel des avoirs maliens au sein de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), sa suspension des aides financières, la fermeture des frontières entre le pays et les États membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), la suspension des transactions avec Bamako à l’exception des produits médicaux et de première nécessité et le retrait des ambassadeurs de tous les pays membres au Mali.

Pourtant jeudi dernier, la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) a suspendu les sanctions de l’instance régionale contre le Mali.

La Cedeao a menacé de sanctionner la junte guinéenne si elle ne présente pas un «calendrier acceptable pour la transition» avant fin avril 2022. Pour les militaires au pouvoir au Burkina Faso, ils sont demandés de liberer l’ex-président Roch Marc Christian Kaboré d’ici au 31 mars 2022.

Nider : dialogue multi-acteurs pour une alimentation saine à l’horizon 2030

Le Secrétaire Général du Gouvernorat d’Agadez Attaher Adam a présidé en début de cette semaine, une rencontre de dialogue multi- acteurs de vulgarisation de la feuille de route pour opérationnaliser les voies de transformation des systèmes alimentaires pour une alimentation saine à l’horizon 2030 au Niger.

Le thème de cette rencontre est ‘’Mobilisation des parties prenantes régionales afin d’actionner les leviers locaux de la transformation des systèmes alimentaires’’.

Organisée par la Coordination Régionale de l’Initiative 3N avec l’appui financier et technique du Haut-commissariat à l’Initiative 3N, la rencontre qui s’est tenue du Lundi 21 et au Mardi 22 Mars 2022. Elle a permis aux participants de se pencher sur la Vulgarisation de la Note de synthèse des concertations des parties prenantes multiples et de la feuille de route des voies de transformation des systèmes alimentaires pour des régimes alimentaires abordables, sains, sûrs et durables au Niger.

La Feuille de Route pour opérationnaliser les voies de transformation des Systèmes Alimentaires pour une Alimentation Saine à l’horizon 2030 au Niger vise à construire un système alimentaire durable et sensible à la nutrition qui met durablement les Nigériens à l’abri de la faim et de la malnutrition et leur garantit les conditions d’une pleine participation à la production nationale et à l’amélioration de leurs revenus.

La présentation sur la vulgarisation de la note de synthèse est articulée entre autres sur le choix des priorités politiques liées aux Systèmes Alimentaires ; les priorités liées à l’approvisionnement, l’environnement alimentaire ; les voies de transformations des systèmes alimentaires.

Dans son discours à cette rencontre, le Secrétaire Général du gouvernorat d’Agadez a rappelé les défis du Niger à l’instar des autres pays sahéliens en matière d’insécurité alimentaire, notamment la sécheresse, les inondations, l’insécurité civile et sanitaire qui se manifeste par le COVID 19 qui ont pour conséquence l’amplification des contradictions et des conflits locaux, la dégradation de l’accès à une alimentation saine pour les groupes les plus vulnérables.

M. Attaher Adam a aussi abordé la disparité en termes de diversité alimentaire entre les différentes régions administratives du pays, la raison de l’élaboration de la Stratégie Alimentaire , Nutritionnelle et de Développement agricole durables (Initiative 3N) et sa mise en œuvre à travers ses axes qui sont : le développement des chaînes de valeurs alimentaires à fort potentiel économique et nutritionnel, le développement des infrastructures rurales , la transformation alimentaire à petite échelle et l’agro industrialisation, le développement des marchés locaux, le développement de la recherche et de la vulgarisation agricole et la protection sociale.

Il a enfin rappelé l’objectif de la rencontre qui vise la mobilisation des parties prenantes régionales afin d’actionner les leviers locaux de la transformation des systèmes alimentaires.

Les autres points développés au cours de cette rencontre visent à : améliorer la gouvernance et le financement des systèmes alimentaires; impulser des reformes administratives et législatives assorties d’actes facilitant leur opérationnalisation. Ils visent aussi à promouvoir la chaîne de valeur prioritaire des produits alimentaires à fort potentiel nutritionnel et commercial; renforcer la recherche et l’innovation pour des systèmes alimentaires durables; promouvoir et renforcer la vulgarisation et l’appui conseil agricole; soutenir le renforcement et la résilience et du relèvement.

Ils visent enfin, à rendre disponible les données statistiques de qualité et renforcer le système d’information et de suivi – évaluation sectoriel.

Niger : bientôt un nouvel hymne national

Le gouvernement nigérien a adopté, jeudi, le projet de loi relatif à l’instauration d’un nouvel hymne national qui va remplacer celui hérité de la colonisation française depuis 1961, dénommé « la Nigérienne ».

La décision a été prise à l’issue d’un conseil des ministres. « De la seconde guerre mondiale aux indépendances, le Niger a connu une évolution politique similaire à celle de bien de colonies françaises d’Afrique, caractérisée notamment par l’adoption progressive d’un ensemble d’attributs afférents à un État aspirant légitimement à la souveraineté nationale », a indiqué un communiqué publié à l’issue du conseil ministériel.

« Il en a été ainsi de l’hymne national la Nigérienne », a précisé la même source, ajoutant que « nonobstant toutes les valeurs d’attachement à identité nationale et à la paix » que cet hymne promeut, « force est de déplorer certaines insuffisances, en particulier le paternalisme ».

Selon le gouvernement nigérien, « pour combler ces lacunes, plusieurs tentatives de relecture de l’hymne national ont été amorcées qui ont abouti à l’adoption d’un nouveau texte et d’une nouvelle mélodie, le tout consacrant ainsi ce qu’il est convenu d’appeler désormais l’hymne de la République, dénommé l’honneur de la Patrie ».

Le nouvel hymne national du Niger, dont la date d’entrée en vigueur n’a pas été fixée, a été composée par un groupe d’experts nationaux.

Niamey et Abuja veulent renforcer leur coopération en matière fiscale.

Le directeur général de l’Autorité fiscale du Niger était en visite chez son homologue du Nigeria.Le président exécutif du Federal Inland Revenue Service (FIRS, fisc), M. Muhammad Nami, a déclaré que la mobilisation des recettes du Nigeria et de la République du Niger peut être améliorée si les autorités fiscales des deux pays travaillent ensemble pour approfondir leurs relations, partager les informations fiscales et s’engager dans une assistance administrative mutuelle.

En recevant son homologue de la République du Niger, le directeur général de l’Autorité fiscale du Niger, Mallam Ousmane Mahamane, et sa délégation au siège du FIRS, lors d’une visite de coopération au service hier, Nami a noté les relations de longue date et la culture et les langues communes des deux pays.

Il a déclaré la nécessité pour le FIRS de travailler avec l’Autorité fiscale nigérienne étant donné « la présence de particuliers et de sociétés nigérians très fortunés faisant du commerce au Niger avec des implications fiscales importantes, ce qui est d’un grand intérêt pour le FIRS ».

Le président exécutif du FIRS a également souligné la relation de travail dont le service et l’autorité fiscale nigérienne ont bénéficié par le passé, notamment en ce qui concerne la règle communautaire sur la double imposition et les prix de transfert.

Il a souligné la nécessité de poursuivre la coopération dans les domaines du partage de l’information fiscale et de l’assistance administrative mutuelle, notamment face à l’augmentation de la fiscalité transfrontalière dans le contexte de la Cedeao et de la Zlecaf.

Le communiqué du FIRS indique que M. Nami a profité de l’occasion pour partager avec son homologue de la République du Niger certains des succès remportés par le FIRS et les contributeurs responsables de ces étapes importantes.

Selon lui, l’un des facteurs contribuant à l’amélioration des recettes est la taxation de l’économie numérique par la mise en œuvre de politiques, de législations et de processus administratifs pertinents pour la collecte des impôts (impôts sur le revenu et taxe sur la valeur ajoutée (TVA)) de l’économie numérique. « Cela garantit que le Nigeria est en mesure de percevoir des impôts sur les entreprises non résidentes qui tirent des revenus du marché nigérian, sans présence physique. Cela garantit en outre l’équité fiscale pour les entreprises locales », a-t-il déclaré.

Il a également indiqué que « le service s’est transformé en une organisation centrée sur les données, tirant parti des données dans la prévision des recettes, la planification, la formulation de la politique fiscale et la conduite de la conformité et de l’application ».

Il a ajouté que l’un des facteurs contribuant au succès du FIRS était l’échange d’informations avec d’autres autorités fiscales, à la fois en interne et dans d’autres pays, ainsi que le fait que le FIRS soit une institution axée sur le client qui a mis en place des mesures pour rendre la conformité volontaire plus facile que jamais pour les contribuables.

Dans ses remarques, Mallam Ousmane Mahamane, le directeur général de l’Autorité fiscale du Niger, a déclaré qu’il y avait un besoin urgent de coopération fiscale internationale entre les deux institutions.

Par ailleurs il a indiqué que son autorité fiscale cherchait à établir des relations avec le FIRS qui couvriraient le commerce transfrontalier, le secteur pétrolier, le secteur des télécommunications, la numérisation des procédures fiscales, l’échange d’informations fiscales, l’assistance en matière d’audit fiscal, la séparation des procédures administratives, la modernisation de l’administration fiscale et le développement des capacités humaines.

Il a félicité le président exécutif du FIRS pour ses « performances exceptionnelles » dans la mobilisation de plus de 6.405 milliards de dollars de recettes 

Dakar accueille les dialogues du centre Koffi Annan de maintien de la paix

La conférence est axée sur le thème « Contribuer à la mise en œuvre du Cadre de prévention des conflits de la CEDEAO : Promouvoir le partenariat avec les organisations de la société civile dans le domaine de la paix et de la sécurité en Afrique de l’Ouest ».Le Centre international Kofi Annan de formation au maintien de la paix (KAIPTC, sigle anglais), basé à Accra (Ghana) tient dans la capitale sénégalaise, Dakar, sa deuxième édition de la série de dialogues avec les parties prenantes en partenariat en collaboration avec le Réseau ouest Africain pour l’Edification de la Paix (WANEP) et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ). 

En 2008, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a adopté un Cadre de prévention des conflits (CPCC) qui sert de cadre stratégique pour améliorer la prévention des conflits et la sécurité des individus. 

« Pour satisfaire les dispositions du CPCC, les organisations de la société civile (OSC) constituent des acteurs clés qui ont un rôle essentiel à jouer.  Ainsi, l’objectif de la série de dialogues est de créer un forum pour les OSC, les organisations nationales et internationales concernées afin de dialoguer sur leurs rôles respectifs dans la mise en œuvre du CPCC », a dit le général de Brigade, George Arko-Dadzie, commandant adjoint du KAIPTC

Pour Aseye Nani, conseillère technique au programme GIZ-KAIPTC, « la société civile constitue l’un des trois éléments essentiels d’une nation et d’une région libres, avec des gouvernements représentatifs et une économie qui fonctionne correctement ».

« Le nombre croissant de coups d’État militaires et de changements anticonstitutionnels en Afrique de l’Ouest depuis 2019 constitue un défi important pour l’ordre démocratique et le développement pacifique de la sous-région. Le poids de l’insécurité en Afrique de l’Ouest et dans la région du Sahel reste une source de préoccupation pour la bonne gouvernance régionale et les interventions extérieures, et c’est là que la société civile devrait jouer un rôle », a dit Mme Nani.

De l’avis de sa directrice, le WANEP, en tant que membre de la société civile, a joué un rôle central dans la résolution des multiples défis auxquels la région ouest-africaine est confrontée. 

« Nous avons contribué à modeler l’architecture de sécurité régionale vers la prévention des conflits, la consolidation de la paix, la reconstruction post-conflit, l’alerte précoce au niveau régional, la gouvernance et divers instruments de politique. Notre organisation a également collaboré avec la Cedeao pour renforcer la résilience des communautés et développer les capacités à répondre aux défis de paix et de sécurité auxquels la région est confrontée », a-t-elle dit.

Niger : 127 millions de dollars pour désenclaver l’Est du pays

Le financement de la Banque africaine de développement (Bad) est composé d’un prêt de 71 millions de dollars et d’un don de 56,8 millions de dollars.Ouvrir le champ des possibles. Tel est l’objectif de la Banque africaine de développement (Bad) à travers le projet de désenclavement des zones de production agropastorales situées à l’Est du Niger, frontalier du Nigeria.

L’appui financier a été approuvé, mercredi dernier, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, par le Conseil d’administration du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la Bad.

« Ce projet, attendu depuis plus d’une dizaine d’années, est l’une des priorités contenues dans la stratégie nationale de transport. Il est conçu avec une approche intégrée afin d’apporter une réponse globale aux défis majeurs des populations, particulièrement les plus vulnérables », a déclaré Marie Laure Akin Olugbade, directrice de la Bad pour l’Afrique de l’Ouest.

En outre, a-t-elle expliqué, les futures infrastructures contribueront à « la valorisation des richesses et opportunités qu’offre la région, ce qui permettra d’amplifier son impact sur le développement, d’améliorer la résilience des populations et de contribuer par la croissance induite à la transformation du milieu rural ».

Le projet, concernant les communes de Hamdara, Wacha et Dungass dans la région de Zinder, vise principalement l’aménagement et le bitumage de 110 kilomètres de route. Il devrait réduire le temps de parcours le long de cet axe très emprunté par les poids lourds.

D’après la Banque africaine de développement, la création d’environ 60.000 emplois directs et indirects est attendue pendant la phase de construction de ce tronçon. Parallèlement, des aménagements connexes seront réalisés.

Il s’agit notamment de « la réhabilitation et la construction d’infrastructures socioéconomiques, la construction de 150 kilomètres de pistes rurales et cinq kilomètres de voiries à Dungass », a précisé l’institution financière panafricaine.

Enfin, le projet est censé soutenir les chaînes de valeurs agropastorales (construction de maison des paysans et de parcs de vaccination du bétail, installation d’unités de laiterie, fournitures d’intrants et de petits équipements de production agricole etc.) et d’accroître les accès aux services sociaux de base (réhabilitation/construction de centre de santé).

Niger: au moins 19 morts dans l’attaque d’un bus qui revenait de Ouagadougou

L’attaque du bus en provenance de Ouagadougou a eu lieu en territoire nigérien à quelques kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Téra.

 

Un bus d’une compagnie nigérienne de transport a été attaqué, ce mercredi 16 mars 2022, par un groupe de jihadistes lourdement armés sur l’axe Dori-Téra. Au moins 19 passagers, dont le chauffeur du bus qui revenait de Ouagadougou, ont été tués. Le ministre de l’Intérieur du Niger a confirmé l’attaque meurtrière. Les blessés ont été admis à l’hôpital de la ville de Téra toute proche.

L’attaque du bus en provenance de Ouagadougou a eu lieu en territoire nigérien à quelques kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Téra. Dans un premier temps, les jihadistes, à bord de plusieurs dizaines de motos, selon des témoins, ont intercepté un premier bus, non loin du village de Fono.

Après des fouilles et des vérifications d’identité, le bus et ses passagers ont été autorisés à continuer leur route en direction de Téra. Mais cette chance extraordinaire n’a pas souri à la cinquantaine de passagers du second bus violemment attaqué par les terroristes. Au moins 19 personnes au moins ont été massacrées et le bus incendié. Certains passagers qui ont réussi à s’échapper sont toujours portés disparus, quant aux blessés trouvés par l’armée, ils ont été admis à l’hôpital de Téra.

Ces dernières semaines, on constate une recrudescence de la violence terroriste dans la zone des trois frontières, notamment les préfectures de Téra, Bankilaré et Torodi. Cette insécurité va de la pose d’engins explosifs sur des axes routiers aux massacres des populations civiles. Selon le secrétaire général de l’Organisation patronale des gares modernes du Niger, s’il n’y a pas de sécurité sur les tronçons frontaliers avec le Burkina Faso, « les affaires de compagnies de transport vont s’arrêter ».

Une lueur d’espoir vient de la coopération européenne. En effet, selon le président Mohamed Bazoum, la Belgique va construire une grande caserne militaire à Torodi à destination de l’armée nigérienne.

 

Mali : HRW dénonce une nouvelle « vague d’exécutions » (rapport)

Un rapport de Human Rights Watch (HRW) met en cause les forces armées maliennes (FAMa) et les groupes jihadistes.L’organisation non gouvernementale internationale dont la mission est de défendre les droits de l’homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme, accuse d’une part l’armée malienne et d’autres les islamistes de commettre des « atrocités ».

L’armée malienne et des groupes islamistes armés auraient tué au moins 107 civils dans le centre et le sud-ouest du Mali depuis décembre 2021, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport.

Les victimes, dont la plupart auraient été exécutées sommairement, selon HWR, incluent des commerçants, des chefs de villages, des responsables religieux et des enfants.

Selon, HWR, les forces de sécurité maliennes auraient commis des « exactions » lors d’opérations antiterroristes dans le village de Tornou. S’appuyant sur des témoignages, l’ONG indique que « 14 civils de l’ethnie dogon auraient été exécutés sommairement par des militaires », apparemment en représailles de la mort par engin explosif improvisé (EEI) de deux militaires dans le site. « Les militaires ont traîné deux octogénaires et quatre autres personnes jusque sur le lieu de l’explosion de la mine et ils les ont exécutés sur place », a indiqué un témoin.

Début mars souligne toujours le rapport, des militaires se seraient livrés à des exécutions extrajudiciaires contre au moins 35 suspects dont les corps calcinés ont été retrouvés près du hameau de Danguèrè Wotoro, dans la région de Ségou indique HWR, dans son rapport, soulignant que c’est l’allégation la plus grave impliquant jusque-là, des membres de l’armée gouvernementale depuis 2012.

Le ministère de la Défense et des Anciens combattants du Mali avait qualifié le 11 mars dernier de « fake news », ces accusations dont l’objectif est selon lui, « de discréditer les FAMa, les (Forces Armées maliennes) ».

De l’autre côté, HWR qui suit la situation au Mali depuis 2012 et l’éclatement de l’insurrection jihadiste, cite des meurtres présumés de civils par des groupes islamistes armés. Le 16 janvier, des témoins qui se sont confiés à l’ONG soutiennent que « les combattants islamistes armés ont exécuté quatre hommes de l’ethnie dogon qu’ils avaient fait sortir de force d’un convoi de commerçants (…) au motif qu’ils auraient soutenu une force de défense villageoise ».

Parmi les exactions attribuées à des groupes jihadistes, HRW cite le massacre en décembre 2021 de 32 personnes qui se trouvaient à bord d’un bus reliant Songho à Bandiagara (centre). Des habitants locaux ont confié à l’ONG que « des combattants islamistes avaient tiré des coups de feu sur un bus conduisant des commerçants à un marché à Bandiagara début décembre 2021, tuant 32 civils, dont au moins six enfants ».

Dans un courrier adressé au gouvernement de transition le 4 mars 2022, HWR demande l’ouverture d’enquêtes sur ces crimes. « Ce sont des allégations. Parce que Human Rights Watch n’est pas un organe judiciaire, mais plutôt une ONG avec une autre méthode de travail, précisément le travail avec les témoignages », indique Corinne Dufka, la directrice pour le Sahel de Human Rights Watch.

Avant d’ajouter que « c’est pour cela que nous avons recommandé au gouvernement malien de mener des enquêtes en profondeur afin d’identifier les auteurs de ces présumés assassinats et établir la véracité des accusations ».

En réponse, le secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants a indiqué dans une réponse datée du 11 mars adressée à l’ONG, que la gendarmerie avait ouvert des enquêtes sur les incidents dans certaines localités et que celles-ci étaient toujours en cours soutient l’ONG.

La BCEAO dément une dévaluation du franc CFA

L’information diffusée le 9 mars sur les réseaux sociaux est fausse,
annonce la Banque centrale.La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dément fermement à travers un communiqué, une information diffusée sur les réseaux sociaux annonçant la dévaluation du franc CFA.

L’information diffusée  le 9 mars 2022 sur les réseaux sociaux est fausse, annonce la Banque centrale qui précise que le taux de change entre l’Euro et le FCFA demeure inchangé, à savoir 1 euro = 655,957 FCFA.

Elle rappelle également que les taux de change officiels des principales devises sont publiés quotidiennement sur son site internet consultable sur www.bceao.int dans la rubrique Statistiques – « Cours des devises contre Franc CFA ».

La BCEAO invite par conséquent les populations à la plus grande vigilance et à ne se référer qu’aux seules voies de communication officielles usuelles de l’Institut d’émission.

A cet égard, elle rappelle que tous ses communiqués sont publiés sur son site internet, ainsi que dans la presse écrite et audiovisuelle officielle des Etats membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA).

La BCEAO, affirme qu’elle, se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs et complices des actes et messages de nature à porter atteinte aux signes monétaires ayant cours légal dans les Etats membres de l’UMOA.

Créée par la France alors puissance coloniale en 1945, le franc Cfa s’appelait initialement Franc des Colonies Françaises d’Afrique. Quinze ans plus tard, à la faveur des indépendantistes de ces colonies, il devient le Franc de la Communauté financière africaine en Afrique de l’Ouest et Franc de la Coopération financière en Afrique centrale dans la région du même nom.

En plus des Comores, le Franc Cfa est utilisé par les citoyens de douze autres pays africains de l’Ouest et du Centre du continent.

Les premiers réunis au sein d’une Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Leur Institut d’émission est la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), créée en 1962 et dont le siège est à Dakar.

Les seconds organisés dans le cadre d’une Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad. Eux aussi disposent d’un l’institut d’émission : la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), créée en 1972 et dont le siège est à Yaoundé.

Lutte contre le jihadisme : le Niger s’arme en Turquie

Le président Mohamed Bazoum est depuis mercredi à Ankara pour visiter les principaux fleurons de l’industrie de l’armement turque.Ramener la sécurité au Niger. C’est la mission première de Mohamed Bazoum pour son quinquennat. Le successeur de Mahamadou Issoufou veut se donner les moyens de ses ambitions.

Voilà le motif de sa visite de cinq jours en Turquie. Dès son arrivée à Ankara, le chef de l’État nigérien s’est rendu dans d’importantes industries militaires. Mohamed Bazoum a ainsi eu « deux séances de travail avec les responsables des sociétés BAYKAR (drones TB2) et HAVELSAN (système de radar, de reconnaissance, de sécurité et de surveillance des frontières) », informe la Présidence nigérienne.

Niamey a déjà passé commande auprès de BAYKAR. Selon la source, plusieurs drones seront reçus dans les mois à venir et vont certainement permettre aux populations vivant dans certaines zones marquées par l’insécurité de vivre avec plus de sérénité. Ces armes modernes sont actuellement utilisées par les forces ukrainiennes pour détruire des véhicules blindés, des systèmes de missiles et des camions russes.

Dans le complexe industriel militaire d’Ankara, Mohamed Bazoum a aussi fait halte à TUSAS. Depuis quelques mois, un contrat d’acquisition pour la fourniture d’avions de guerre livrables « très bientôt » lie le Niger et cette entreprise.

En outre, NUROL a organisé pour ce chef suprême des armées « une démonstration du type de blindés commandés par le Niger et qui sont en cours de fabrication ». Ce n’est pas tout. Le pays sahélien figure également dans le carnet de commande de ROKETSAN spécialisée dans la fabrication de missiles et de roquettes intelligentes.

Les séances de travail de Mohamed Bazoum avec les Turcs se sont déroulées en présence notamment des ministres nigériens des Affaires étrangères, de la Défense et des Chefs d’Etat-Major des armées de l’air et de terre.

Niger : nouveau massacre de villageois dans la région de Diffa

Au moins cinq villages ont été victimes des attaques nocturnes des hommes armés de Boko Haram dans le lit du lac Tchad, non loin de la ville de Diffa.

 

Au Niger, une vingtaine de villageois ont été tués dans la nuit du 7 au 8 mars 2022 dans la région de Diffa, à l’extrême Est du pays. Des incursions d’hommes de Boko Haram dans plusieurs villages ont semé la désolation. Les assaillants auraient profité du tarissement des eaux du lac Tchad pour traverser à pied, atteindre les villages et massacrer des habitants.

Au moins cinq villages ont été victimes des attaques nocturnes des hommes armés de Boko Haram dans le lit du lac Tchad, non loin de la ville de Diffa. La vingtaine de morts est répartie entre les villages de Lada, Assaga, Ngarwa, Fiego et Belatumbé. Des blessés dont le nombre n’a pas été précisé ont été admis dans des centres hospitaliers.

Selon des sources régionales les assaillants répartis en plusieurs groupes ont traversé à pied et à cheval la rivière de la Komadougou Yobé asséchée, avant d’attaquer les villages et enlever une femme à Fiego.

La mort des villageois a choqué les populations, elle a même créé une panique dans le village de Lada, situé seulement à 4km de la ville de Diffa.

Ces incursions des éléments de Boko haram dans les villages situés au bord du Lac Tchad sont prévisibles selon les experts en sécurité, avec l’assèchement des eaux de la Komadougou Yobé, la frontière qui sépare dans cette partie le Niger et le Nigeria est poreuse : la traversée se fait à pied ou à cheval et à tout moment. Il en sera ainsi jusqu’au retour des grandes eaux en juillet prochain.

Un millier de jeunes sont recrutés dans la région de Diffa après leur formation, ils viendront renforcer l’armée dans le dispositif sécuritaire des villages riverains de la Komadougou Yobé.

Afrique : de nouveaux fonds dédiés aux startups

Microsoft vient d’annoncer un financement potentiel de 500 millions de dollars en partenariat avec des investisseurs en capital-risque pour soutenir les jeunes entreprises africaines.Les petits poucets africains bénéficient de plus en plus de la confiance des investisseurs. Dans un communiqué diffusé ce jeudi, la multinationale américaine Microsoft a fait savoir qu’elle apportera un demi milliards de dollars aux entrepreneurs du continent. Ce fonds permettra de soutenir 10 mille start-ups au cours des cinq prochaines années.

Le lancement de l’initiative est prévu en même temps que le Microsoft Startups Founders Hub. Ce dernier est un centre en libre-service qui fournit aux PME/PMI une très large palette de ressources comme l’accès à des formations spécifiques, ainsi que de nombreux outils tels que Microsoft Azure et GitHub, et de l’assistance.

Par ailleurs, Microsoft prévoit de signer de nouveaux partenariats avec des accélérateurs et des incubateurs pour fournir aux startups un accès aux marchés, des compétences techniques et des financements. La priorité sera donnée aux sociétés ayant une portée mondiale et des bases régionales solides.

UEMOA : Patrice Talon pressenti à la présidence

Le président de la République béninoise, Patrice Talon, serait le favori pour prendre la présidence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).Talon a émis le souhait de succéder à Roch Marc Christian Kaboré, renversé le 24 janvier dernier par une junte militaire, selon Jeune Afrique.

L’ex-président burkinabé en résidence surveillée depuis sa chute, avait été porté à la tête de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) le 25 mars 2021.

La nomination du président béninois pourrait être entérinée lors de la prochaine conférence extraordinaire des chefs d’État de l’instance qui devrait se tenir incessamment à Abidjan, la capitale ivoirienne, informe le média panafricain.

Considéré comme un îlot de stabilité depuis son indépendance, le Bénin est touché ces derniers mois par des attaques terroristes sanglantes attribuées à des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique (EI).

Les groupes jihadistes qui opèrent dans le Sahel notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso tentent d’étendre désormais leur influence vers les pays côtiers du Golfe de Guinée.

Le Niger condamne l’intervention militaire russe en Ukraine

Le Niger a condamné l’intervention militaire de la Russie en Ukraine, à travers sa mission diplomatique aux Nations-Unies.

 

« La situation qui prévaut actuellement en Ukraine constitue une véritable source d’inquiétude en ce sens qu’elle met en péril le consensus de San Francisco qui fonde le système international d’après les deux guerres », a indiqué l’ambassadeur du Niger à l’ONU Abdou Abarry dans une déclaration publiée sur le compte Twitter de la représentation diplomatique du Niger aux Nations-Unies.

« Le Niger, par ma voix, réaffirme sa ferme condamnation de l’utilisation de la force pour régler les différends entre États », a-t-il ajouté, précisant que « l’intervention militaire de la Russie en Ukraine constitue donc un acte que mon pays condamne ».

Affirmant que le Niger voterait en faveur de la résolution de l’ONU sur la situation en Ukraine, le diplomate nigérien a insisté que « l’opération militaire russe en Ukraine constitue, ni plus ni moins, une violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale d’un État membre de notre organisation, l’Ukraine ».

Le 24 février dernier, à l’aube, la Russie a lancé une opération militaire en Ukraine, suscitant des vives condamnations, notamment de la part des États-Unis et de l’Union européenne qui ont annoncé plusieurs sanctions économiques contre le régime de Vladimir Poutine.

Le Niger est un membre non permanent du conseil de sécurité de l’ONU.

Niger : la situation sécuritaire préoccupe

La situation sécuritaire au Niger ne cesse de se dégrader au jour le jour avec des attaques djihadistes contre les militaires et civils.

 

Le Niger est l’un des pays du Sahel les plus touchés par l’expansion djihadiste. Partageant ses frontières avec le Mali et le Burkina Faso, deux États qui font aussi face depuis des années à un virus d’insécurité qui a presque atteint le monde entier, le Niger compte des centaines des morts et plusieurs milliers de déplacés. Très récemment, une vingtaine de civils ont été tués lors d’une attaque qui a ciblée un camion dans la région de Tillabéry.

La situation sécuritaire au Niger ne cesse de se dégrader au jour le jour avec des attaques djihadistes contre les militaires et civils. Depuis 2015, le pays est confronté à une situation sécuritaire préoccupante avec des attaques de Boko Haram dans la région de Diffa (sud-est), des groupes terroristes basés au Mali dans les régions de Tillabéry (ouest) et Tahoua (nord-ouest) ainsi que des « bandits armés » sur la frontière entre le Nigeria et la région de Maradi (sud-est).

La dernière attaque date du dimanche surpassé. Au total une vingtaine des civils ont été tués par des hommes armés non identifiés lors d’une attaque ciblant un camion. Un drame qui survient après de plus deux mois d’accalmie dans le pays, notamment dans la région de Tillabéry située dans la zone dite « des trois frontières » fréquemment le théâtre des attaques terroristes. En effet, de novembre à décembre 2021, près d’une centaine des militaires nigériens et des milices d’autodéfense ont été tués dans la région de Tillabéry.

Le Niger pour accueillir les forces antiterroristes

Alors que la France et ses alliés européens, à travers le président Emmanuel Macron, ont annoncé, le « retrait ordonné » de leurs forces militaires du Mali, notamment Barkhane et Takuba, Paris compte accentuer sa collaboration militaire avec le Niger afin de poursuivre ses opérations au Sahel. Cela suite, aux tensions diplomatiques qui deviennent de plus en plus fortes entre Bamako et Paris. Une décision que les autorités nigériennes ont accueillie à bras ouvert, mais il reste à savoir si cette nouvelle coopération en vue entre Paris et Niamey pourrait calmer l’expansion djihadiste dans l’espace Sahel, notamment au Niger où la situation est toujours préoccupante. Surtout quand on sait que malgré la présence militaire étrangère la situation devient de plus en plus compliquée dans la zone. Une complication sécuritaire qui a créée plus d’ennemis à la France que d’amis, côté populations, car, le sentiment antifrançais s’installe, au jour le jour, dans les pays de l’Afrique subsaharienne, notamment le Niger.

En fin novembre 2021, un convoi militaire français parti de Côte d’Ivoire pour se rendre à Gao (Mali), en transitant par le Burkina Faso et le Niger, avait été bloqué par des manifestants dans la ville nigérienne de Téra. Ce même convoi avait été bloqué quelques jours plutôt à Kaya au Burkina Faso. Les critiques à l’égard de la présence militaire française se multiplient au Niger, au Mali et au Burkina Faso. Pour les populations, le bilan des forces françaises, après neuf ans de combat au Sahel, est « catastrophique ».

Crainte d’un coup d’État au Niger

Parmi les trois États du Sahel les plus touchés par l’expansion djihadiste, le Niger reste pour le moment le pays à ne pas subir un coup d’État militaire. En effet, le spectre du coup d’État inquiète de plus en plus les autorités du pays qui a connu quatre putschs depuis son indépendance. Surtout qu’on assiste depuis 2020, à un printemps ouest africain de renversement de pouvoir par la force. Des manifestations populaires qui aboutissent, très souvent, à des coups d’État militaire, comme celles du Mali en 2020, de la Guinée 2021 et du Burkina Faso 2022. Compte tenu de l’évolution de la situation dans le pays, les manifestations populaires sont depuis un certain moment au rendez-vous. Ces mobilisations sont très généralement interdites et réprimées par les autorités qui dénient les droits fondamentaux de leur peuple.